Monsieur Bolloré,
Vous vous trompez complètement lorsque vous qualifiez les troupes soviétiques de « russes ». Près d'un tiers des soldats de l'Armée rouge étaient des Ukrainiens. Berlin n'a pas été libérée uniquement par des Russes, mais aussi par des Ukrainiens. Que ce soit intentionnel ou non, vous, Éric Zemmour, Ksenia Fedorova et Marine Le Pen reprenez tous un récit qui correspond à celui du Kremlin, lequel s'est approprié les mérites de l'URSS.
Vladimir Poutine sait parfaitement flatter les « idiots utiles » en Occident. Puisque Emmanuel Macron soutient l'Ukraine, vous adoptez la position inverse. Si Macron dit blanc, vous dites noir. Aujourd'hui, Laura Loomer, comme de nombreux militants du mouvement MAGA, découvre à son tour à quel point la propagande russe peut être habile et sophistiquée.
Le fait que Poutine soutienne votre camp et la droite française ne signifie en rien qu'il ait raison dans les guerres qu'il mène contre ses voisins. Pourquoi ne demandez-vous jamais à votre invitée favorite, Ksenia Fedorova, pourquoi, en Russie, un simple « j'aime » sur un réseau social peut conduire à plusieurs années de prison ? Pourquoi les opposants politiques y sont-ils assassinés ou emprisonnés ? Et pourquoi existe-t-il tant d'autres atteintes aux libertés fondamentales ?
Vous vous présentez comme un défenseur de la liberté d'expression, mais vous passez sous silence l'absence quasi totale de liberté d'expression en Russie. Vous vivez dans une société ouverte tout en cherchant à blanchir le régime autoritaire de Vladimir Poutine.
Et puisqu'il est souvent question du régiment Azov : ses membres sont des nationalistes, pas des nazis. Le Kremlin entretient volontairement la confusion entre nationalisme et nazisme.
Vous devriez également faire preuve de davantage de mesure lorsque vous évoquez l'histoire de l'Ukraine. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la France a elle aussi connu le régime de Vichy ainsi qu'une division de la Waffen-SS composée de volontaires français. Quant à la Russie, elle a vu naître l'Armée de Vlassov, qui a combattu aux côtés de l'Allemagne nazie.
Le temps finira par remettre les choses à leur place. Peut-être que le Rassemblement national remportera un jour l'élection présidentielle et que votre groupe de médias passera du statut d'opposant à celui de courant dominant, comme le mouvement MAGA aux États-Unis. Mais je pense que, dans un an ou deux, vous réaliserez à quel point vous vous êtes trompé en soutenant Vladimir Poutine.
J'espère sincèrement que si vous vous trouvez aujourd'hui du mauvais côté de l'Histoire, ce n'est pas par conviction, mais par erreur de jugement.
Parce que Trump a raison lorsqu'il dit que certains gouvernements de gauche, comme celui de l'Espagne, ne veulent pas aider les États-Unis ni l'Occident, dont ils font pourtant partie, face à des fanatiques complètement dérangés. Et oui, l'Iran fournit des drones à la Russie pour sa guerre contre l'Ukraine, tandis que la Russie aide l'Iran à mener des attaques contre des bases américaines. Au final, la Russie s'est retrouvée contre l'Ukraine et l'Iran contre les États-Unis. Les États-Unis sont donc devenus, qu'on le veuille ou non, le partenaire naturel de l'Ukraine et l'adversaire de la Russie, même si Donald Trump souhaitait au départ se rapprocher de Vladimir Poutine.
Le pouvoir en Russie, c'est la propriété. L'exemple de Wildberries. À cause des frappes de drones ukrainiens, des entrepreneurs russes ont perdu leurs marchandises, et le Kremlin n'a aucune intention de dédommager qui que ce soit — de nombreux hommes d'affaires sont furieux. Les dirigeants ukrainiens estiment que le mécontentement des Russes finira, tôt ou tard, par se transformer en protestation. Le Kremlin, lui, est convaincu que le peuple supportera tout. On verra bien qui a raison. Poutine refuse à son propre peuple toute capacité d'agir — l'histoire de Wildberries le confirme. Les propriétaires nominaux de l'entreprise étaient Tatiana Bakaltchouk et son mari. Il y a deux ans, lors de leur divorce, ils se sont disputé l'entreprise : du côté du mari se trouvait Ramzan Kadyrov, du côté de Bakaltchouk, un oligarque proche de Poutine, Souleïman Kerimov. En plein centre de Moscou, l'affaire a même dégénéré en un véritable règlement de comptes mafieux, faisant un mort. Poutine a pris le parti de Kerimov — et l'entreprise lui est revenue, ainsi qu'à Vaïno et Gromov, deux hauts fonctionnaires extrêmement influents de l'administration présidentielle. En 2025, la totalité des bénéfices de l'entreprise est revenue aux structures de Kerimov (qui a prêté publiquement allégeance à Poutine), ainsi qu'à Gromov — le principal idéologue du Kremlin — et à Vaïno. En Russie, pouvoir = propriété. C'est pourquoi le clan de Poutine s'accroche au pouvoir à tout prix : en cas de changement, ses membres risquent de perdre non seulement leurs revenus, mais aussi leur vie. Ce n'est pas l'Europe civilisée — empoisonnements, balles et « chutes » de fenêtres restent ici les méthodes privilégiées pour changer de propriétaire.
Parce qu'hier, les Russes ont tué des civils ukrainiens. Je ne veux pas paraître sanguinaire, mais Poutine ne comprend qu'une seule logique : œil pour œil, dent pour dent. Et j'espère que cet hiver, lorsque les températures tomberont à −30 °C, il n'y aura pas que Kyiv qui souffrira du froid, mais aussi Moscou.
Le pouvoir en Russie, c'est la propriété. L'exemple de Wildberries
À cause des frappes de drones ukrainiens, des entrepreneurs russes ont perdu leurs marchandises, et le Kremlin n'a aucune intention de dédommager qui que ce soit — de nombreux hommes d'affaires sont furieux. Les dirigeants ukrainiens estiment que le mécontentement des Russes finira, tôt ou tard, par se transformer en protestation. Le Kremlin, lui, est convaincu que le peuple supportera tout. On verra bien qui a raison.
Poutine refuse à son propre peuple toute capacité d'agir — l'histoire de Wildberries le confirme. Les propriétaires nominaux de l'entreprise étaient Tatiana Bakaltchouk et son mari. Il y a deux ans, lors de leur divorce, ils se sont disputé l'entreprise : du côté du mari se trouvait Ramzan Kadyrov, du côté de Bakaltchouk, un oligarque proche de Poutine, Souleïman Kerimov. En plein centre de Moscou, l'affaire a même dégénéré en un véritable règlement de comptes mafieux, faisant un mort.
Poutine a pris le parti de Kerimov — et l'entreprise lui est revenue, ainsi qu'à Vaïno et Gromov, deux hauts fonctionnaires extrêmement influents de l'administration présidentielle. En 2025, la totalité des bénéfices de l'entreprise est revenue aux structures de Kerimov (qui a prêté publiquement allégeance à Poutine), ainsi qu'à Gromov — le principal idéologue du Kremlin — et à Vaïno.
En Russie, pouvoir = propriété. C'est pourquoi le clan de Poutine s'accroche au pouvoir à tout prix : en cas de changement, ses membres risquent de perdre non seulement leurs revenus, mais aussi leur vie. Ce n'est pas l'Europe civilisée — empoisonnements, balles et « chutes » de fenêtres restent ici les méthodes privilégiées pour changer de propriétaire.
@LEXPRESS@CharlesCarrasco Tous les populistes qui promettent de résoudre des problèmes complexes par des solutions simplistes finiront de la même manière.
Parce que la guerre est le seul moyen pour Poutine de légitimer son règne à vie. Il se voit comme un grand homme d'État appelé à entrer dans l'Histoire. En réalité, ce n'est qu'un personnage médiocre, propulsé au sommet du pouvoir par les circonstances. Un ancien officier du KGB gris, sans charisme et rongé par ses complexes.
@LEXPRESS@HaquetCharles Ce ne sont pas de véritables élections. Le Kremlin affichera le pourcentage qu'il voudra. Le vote électronique est en place depuis plusieurs années en Russie. Il est donc extrêmement facile pour le Kremlin de falsifier les résultats.
L'erreur de Trump sur Poutine
La guerre est définitivement entrée dans les foyers russes. Elle n'est plus cette « opération militaire spéciale » cantonnée à la périphérie : elle est devenue une guerre totale, qui frappe tout le monde. Les sondages s'effondrent, plus personne ne veut aller au front, le mécontentement grandit sur les réseaux sociaux. Si Poutine se sentait redevable envers ses électeurs, il réagirait à ces signaux. Il n'en fait rien — et c'est précisément là que se trouve la clé pour comprendre toute sa politique.
L'erreur de la plupart des analystes est de vouloir appliquer à Poutine la logique d'un homme politique. En réalité, il n'est politicien que de titre : mentalement, dans son comportement, c'est le chef d'une organisation criminelle. Ce n'est pas une métaphore, mais une philosophie du pouvoir fondamentalement différente.
Un chef de gang se reconnaît à trois traits. D'abord, le mépris pour sa propre base sociale : les gens ne sont pas pour lui des sujets, mais une matière première à exploiter, envers laquelle aucune obligation n'existe. Tromper et manipuler n'est pas une simple méthode de gouvernement, c'est une fin en soi. Aucune souffrance infligée à ces gens ne saurait le faire reculer. Ensuite, un pouvoir absolu, y compris sur son propre entourage : pour Poutine, l'autoritarisme n'est pas un moyen, il est la fin elle-même, le seul mode d'accomplissement personnel. Le moindre doute sur son droit à décider seul constitue déjà une trahison. Enfin, et c'est le trait décisif, le pari sur la peur comme unique source de légitimité. Le talent d'affaires est apprécié, mais reste secondaire ; quand les choses sérieuses commencent, c'est la peur qui tranche. L'exécution de Prigojine en est l'illustration : malgré les accords conclus et l'utilité pratique de l'homme pour les intérêts russes en Afrique, il importait davantage à Poutine de montrer qu'on ne le défie pas impunément. Plus le prix de la décision est élevé, plus la leçon porte pour les autres. Une irrationalité qui serait suicidaire pour un politique devient, pour un chef de bande, une ressource : moins on peut calculer sa logique, plus on le craint. Dans ce système de valeurs, le compromis est un aveu de faiblesse — il est donc, par principe, exclu.
Trump avait promis de mettre fin à la guerre en vingt-quatre heures parce qu'il jugeait Poutine à son image, celle d'un homme d'affaires. Le raisonnement semblait limpide : proposer un accord plus rentable que ce que la guerre rapporte à la Russie, déduire le coût des sanctions, et un interlocuteur rationnel finirait par accepter. Mais Poutine n'est pas un homme d'affaires, c'est un bandit. L'argent compte pour lui, mais seulement jusqu'à un certain point : ce qui prime, c'est le statut de maître absolu. Tant que ce statut tient, tout le reste suit ; s'il vient à le perdre, on le dévorera, fortune ou pas. Se transformer en simple négociant est aussi impensable pour un bandit que pour un berger de devenir volontairement l'une des bêtes qu'il garde.
Cette logique se retrouve dans ses rapports avec l'extérieur : l'agression permanente, l'art de rejeter la faute sur l'autre et de le rendre redevable. Un bandit ne s'excuse jamais. D'où ce double standard sur la souveraineté ukrainienne, à qui l'on conteste le droit de mener sa propre politique étrangère, alors que des exigences symétriques adressées à la Russie seraient aussitôt dénoncées comme une atteinte insupportable à sa souveraineté. Il n'existe pas, chez les bandits, de morale universelle, seulement des droits liés au rang : la corruption est tolérée chez les uns, punie chez les autres, et les proches d'hier deviennent les accusés du lendemain. La même logique pousse l'État à rejeter sur les entreprises la responsabilité de leur propre défense face aux attaques, plutôt que d'admettre que protéger le pays est précisément la mission pour laquelle l'État prélève l'impôt. La règle est simple : n'importe qui peut être fautif, sauf ceux qui détiennent le pouvoir.
Un tel mode de commandement crée une hiérarchie, mais pas de communauté. L'obéissance n'y est pas librement consentie, elle est subie — et le jour où le chef faiblit, on l'abandonne : le contrat implicite qui le lie aux siens ne prévoit aucune loyauté une fois que la peur a disparu. Le grand banditisme classique dispose d'une assurance contre cela : un code d'honneur, une instance collective supérieure à tout chef particulier, qui dissuade la trahison gratuite. Le système poutinien, lui, ne connaît pas d'arbitre extérieur de cette sorte. Poutine ne se soumet pas au milieu, c'est lui qui le définit : c'est lui seul qui décide qui est patriote et qui ne l'est pas, indépendamment des mérites réels de chacun — ce qui explique que certains se retrouvent en prison quand d'autres restent libres et prospères. La structure contrôle le milieu, non l'inverse ; renverser un chef affaibli et prendre sa place peut donc se faire sans jugement d'aucune sorte, les fidèles d'hier étant les premiers à courir prêter allégeance au nouveau maître.
Le degré de centralisation de ces structures évolue avec le temps. Tant que dure l'expansion et la guerre, le pouvoir du chef s'accroît ; une fois les hostilités terminées et l'organisation entrée dans une phase de légalisation, la décentralisation s'amorce — une forme d'« oligarchisation ». C'est ce schéma qui prévalait sous Poutine en temps de paix. Mais la guerre a brutalement inversé la tendance : les décisions clés lui reviennent désormais seul, son entourage n'ayant plus qu'à approuver. Le problème, c'est qu'il porte désormais seul, aussi, tout le poids de l'échec.
Le système repose sur un paradoxe fondateur. Pour que son pouvoir reste personnel et sans intermédiaire, le chef détruit les institutions autonomes ; mais gouverner un pays de cette taille sans elles reste impossible. Les institutions survivent donc formellement, tout en étant réduites, dans les faits, à une seule tâche : deviner les désirs du chef. Cela ne mine pas seulement leur indépendance, mais la capacité même du système à percevoir le réel : le fonctionnaire ne pense plus à ce qui se passe vraiment, mais à la manière de le présenter à sa hiérarchie. Le trait le plus destructeur du pouvoir personnel n'est donc pas la cruauté en soi, mais la perte de la remontée d'information.
Trump partait du principe que Poutine était un négociateur rationnel, convertible par l'appât du gain. Mais Poutine obéit à une logique qui n'est ni celle d'un politicien ni celle d'un homme d'affaires : c'est celle d'un chef de bande, dont le pouvoir repose sur la peur et non sur des institutions, pour qui le compromis est une faiblesse et l'irrationalité un instrument d'intimidation. Tant que cette logique tient, aucun accord fondé sur le calcul d'un intérêt mutuel n'a la moindre chance d'aboutir.
While allies discussed the impossibility of controlling the Black Sea, Ukraine took control of it. Allies bought oil, Ukraine bombed refineries. Now allies avoid sanctioning the shadow fleet, so Ukraine sinks it. Maybe we should stop pretending we are in the driving seat here.
@AmourskyCyrille Памятаю ваш репортаж з України, коли росіяни бомбардували склад Епіцентр, сьогодні українці атакували 2 склади Вайлберріз. Поясніть будь-ласка що це удари у відповідь, адже росіяни давно розбивають наші склади Епіцентра, Нової Пошти, Склади ліків, автотрейдерів, та інше
Désormais, Trump lâche Israël et le met en difficulté, comme il l'avait déjà fait avec l'Ukraine. Il cherche à conclure un accord avec l'Iran au détriment d'Israël, tout comme il avait auparavant voulu conclure un accord avec Poutine au détriment de l'Ukraine.