Aujourd’hui, l’Assemblée ne va pas voter sur la fin de vie : elle va voter sur la vie. La question de la mort révèle en fait la valeur qu’une société donne à toute vie humaine.
Les promoteurs de l’euthanasie défendent un droit à « mourir dans la dignité. » Cette expression implique que des vies souffrantes, dépendantes, vieillissantes, ne sont plus dignes d’être vécues, et que la solidarité humaine implique alors d’aider à mourir.
Je sais que des élus croiront sincèrement faire un choix de progrès en votant pour ce texte. Mais parmi tant de Français, en particulier tant de soignants, de personnes atteintes par la maladie ou le handicap dont les témoignages m’ont bouleversé, je voudrais leur redire, comme nous l’avons répété tout au long des derniers mois, le danger absolu qui menace notre société.
Si un ami qui souffre me confie qu’il pense au suicide, quel est mon devoir ? Lui tendre la main, ou lui tendre une seringue ? L’aider à mourir, ou l’aider à vivre ? Où se trouve l’humanité ? Là est la question fondamentale.
Nietzsche, le philosophe de la volonté de puissance, a laissé cet aphorisme d’une clarté glaçante : « Les faibles et les ratés doivent périr, et nous devons les aider en cela : c’est le principe de notre charité. »
Est-ce vraiment la définition de la fraternité que notre parlement veut adopter aujourd’hui ?
Si nous acceptons qu’il est juste de tuer un vivant parce qu’il souffre, alors il est inutile d’espérer des « gardes-fous » pour « encadrer » la mort administrée. Et cette loi le montre déjà : la rencontre avec un psychiatre, l’examen par une commission, la protection du malade contre de possibles pressions, la liberté pour les établissements de soin de ne pas organiser le suicide de leurs patients, tout cela a été refusé. Demain, les dernières limites disparaîtront : avec cette loi, une personne sous tutelle, incapable d’un acte administratif, peut déjà demander la mort ; au nom de quoi un mineur ne le pourrait-il pas demain ? Dans les pays qui ont voté le même principe, on euthanasie aujourd’hui des enfants, des dépressifs, des SDF, des prisonniers... Et tout récemment, en Belgique, une jeune victime des attentats de Bruxelles, qui se remettait difficilement du traumatisme subi : quand l’État termine le travail des terroristes, peut-on célébrer un progrès ?
À la question essentielle posée aujourd’hui, nous sommes nombreux - de droite, de gauche, de partout, croyants ou non - à répondre : toute vie est digne d’être vécue. D’être soignée, entourée, accompagnée. La dépendance n’est pas un accident qui diminue la valeur de la vie : elle est la vie humaine, de la fragilité de l’enfance à celle de la vieillesse, et c’est la brèche qui nous ouvre à toute relation à autrui. S’il m’arrive un jour de souffrir au point de vouloir mourir, j’espère que je croiserai quelqu’un qui m’épaulera pour retrouver goût à la vie, pas pour me montrer la sortie.
Le paradoxe révoltant de ce débat, c’est qu’il intervient en effet au moment où nous savons soulager la souffrance comme jamais dans l’histoire humaine. Tuer est un acte assez rudimentaire, que les humains pratiquent hélas depuis les périodes les plus archaïques. Le vrai progrès est au contraire dans les découvertes les plus avancées de la médecine, et des soins palliatifs en particulier, dont tant de patients restent aujourd’hui privés. Un Français sur deux n’a pas accès aux soins palliatifs : voilà le défi crucial qui devrait tous nous impliquer, pour relever enfin notre système de santé. Offrir le suicide à la place, ce n’est pas proposer un droit, c’est (mal) masquer un abandon.
Aucune vie, jamais, n’est indigne ; c’est notre société qui le devient quand elle renonce à accompagner tous les siens. Merci infiniment aux élus courageux qui ont mené ce combat essentiel depuis des mois, à l’Assemblée comme au Sénat, et qui voteront de nouveau contre ce texte aujourd’hui, pour rappeler simplement la valeur infinie de toute vie.
Le toujours drôle @mbompard, ingénieur Ensimag et docteur en mathématiques appliquées, affirme que la climatisation aggrave les îlots de chaleur urbains et ne constitue donc pas une réponse aux canicules.
Sur le plan physique, il n’a pas entièrement tort : un climatiseur extrait de la chaleur intérieure pour la rejeter dehors, amplifiée par le COP (environ 3 pour une machine standard). Cela signifie qu’on injecte dans l’air extérieur environ 1,33 kWh de chaleur pour chaque kWh refroidi à l’intérieur. À grande échelle, dans une ville dense, cet effet cumulatif existe et est mesuré.
Mais l’Ensimag forme des ingénieurs en maths appliquées et informatique, pas en génie thermique. Surtout, l’argument de Bompard relève du sophisme de la solution parfaite : sous prétexte que la climatisation a un effet marginal négatif sur la température extérieure, il faudrait renoncer à climatiser les EHPAD. Pendant ce temps, les résidents suffoquent à 40 °C dans leurs chambres.
Tokyo est massivement climatisée. Madrid aussi. Séville également. Ces villes subissent des îlots de chaleur, mais y maintiennent des personnes âgées en vie. La thermodynamique n’est pas le vrai problème. Le problème, c’est qu’un mathématicien reconverti en politique instrumentalise une vérité scientifique partielle pour justifier l’inaction, alors même que cette inaction tue.
Hello Julia, sans aucune ironie, c'est top que tu prennes le temps de te renseigner. Mais le problème quand on lit Marx aujourd'hui, c'est qu'on prend pour acquis sa prémisse de départ, alors qu'elle a été démontée scientifiquement il y a plus de 150 ans.
Toute la pensée de Marx repose sur la théorie de la valeur-travail. L'idée que la valeur d'un bien vient de la quantité de travail nécessaire pour le produire. Si tu acceptes cette prémisse, alors oui, tout son raisonnement tient. Le capitaliste "vole" la plus-value du travailleur, l'exploitation est mathématique, la révolution est inévitable.
Sauf qu'en 1871, trois économistes (Menger en Autriche, Jevons en Angleterre, Walras en Suisse) découvrent indépendamment la même chose : la valeur n'est pas objective, elle est subjective et marginale.
Un verre d'eau dans le désert vaut une fortune. Le même verre à côté d'une rivière ne vaut rien. Le travail incorporé est identique. Donc le travail ne détermine pas la valeur. C'est le consommateur qui valorise un bien selon son utilité marginale dans un contexte donné.
Exemple concret : tu peux passer 1000 heures à tricoter un pull moche que personne ne veut. Selon Marx, ce pull a énormément de valeur (beaucoup de travail incorporé). Selon la réalité, il ne vaut rien. Parce que personne n'en veut.
À l'inverse, Bernard Arnault crée des milliards de valeur non pas parce qu'il "exploite" mais parce qu'il a su anticiper et organiser des désirs humains à grande échelle. La valeur est créée par la coordination, pas extraite par le vol.
Cette découverte (la révolution marginaliste) a invalidé tout l'édifice marxiste. Pas pour des raisons idéologiques, pour des raisons scientifiques. C'est pour ça que plus aucun département d'économie sérieux au monde n'enseigne Marx comme un cadre d'analyse valide. On l'enseigne en histoire de la pensée.
Maintenant, le truc important. Si ton intention en lisant Marx c'est d'aider les pauvres (c'est une intention noble), alors tu vas être surprise par ce qui suit.
Regarde les chiffres de la Banque mondiale. En 1820, 90% de l'humanité vivait dans l'extrême pauvreté. Aujourd'hui, moins de 9%. Cette chute historique ne s'est PAS produite dans les pays qui ont appliqué Marx. Elle s'est produite dans les pays qui ont libéralisé leur économie.
Chine post-1978, Vietnam post-1986, Inde post-1991, Pologne post-1989. À chaque fois qu'un pays libéralise, des centaines de millions de gens sortent de la pauvreté en une génération. À chaque fois qu'un pays applique Marx (URSS, Cambodge, Corée du Nord, Venezuela), c'est la famine et les goulags.
Ce n'est pas une opinion, c'est l'expérience la plus massive jamais menée en sciences sociales. Plusieurs milliards de cobayes humains, sur un siècle.
Donc paradoxalement, si tu aimes vraiment les pauvres, la position la plus cohérente n'est pas d'être marxiste. C'est d'être pour la liberté économique. Parce que c'est empiriquement la seule chose qui a jamais sorti massivement les gens de la misère.
Pour creuser, je te recommande trois lectures qui vont changer ta vision :
"La Loi" de Frédéric Bastiat (court, lumineux, gratuit en ligne)
"La Route de la Servitude" de Hayek
"Économie en une leçon" de Henry Hazlitt
Bonne lecture, et vraiment chapeau de chercher à comprendre plutôt que de rester dans tes certitudes. C'est rare.
@charlesrodwell_@GDarmanin La communication c'est beau... mais quand on regarde les chiffres de plus près, on voit que vous êtes juste incompétent. Vivement le retour de la droite au pouvoir !
@PascalThevenot@lesRepublicains@BrunoRetailleau Tant que LR ne sera pas clair sur sa ligne vis à vis de LREM et associés, ça n’avancera pas. Si c’est pour rejoindre Horizon ca ne fait pas rêver. Je ne ferai jamais campagne pour Barrot à Velizy par exemple
@Maitre_Eolas@chiffonniere Sur le site service-public, je comprends que la partie civile ne peut faire appel que des impacts civils de la décision pénale non? Mais c’est peut être plus subtil?
J’aimerais parler du gavage des filles en #Mauritanie.
On appelle cette pratique “leblouh”. Et contrairement à ce que beaucoup veulent faire croire, ce n’est pas une vieille pratique du passé. Ça existe encore. Aujourd’hui. Dans notre pays.
Il s’agit d’un gavage forcé de filles, de très jeunes filles, dans le but de les faire grossir rapidement afin qu’elles deviennent “mariables”. Concrètement, des fillettes peuvent être contraintes de boire des litres de lait chaque jour, d’ingérer des quantités énormes de couscous, de millet, de beurre ou d’huile, parfois jusqu’à atteindre 14 000 à 16 000 calories quotidiennes, soit plusieurs fois les besoins normaux pour une enfant.
Quand les filles refusent de manger ou n’arrivent plus à avaler, elles subissent des violences physiques terrifiantes. La technique (plutôt torture) appelée “Azayar” consiste à coincer leurs orteils entre des bâtons, infligeant une douleur INTENSE pour les forcer à continuer à avaler. Et parfois quand certaines vomissent, on les oblige à réavaler leur propre vomi. Imaginez une enfant en larmes, le corps tordu de souffrance, forcée chaque jour à subir cela…
Pourquoi cette pratique existe-t-elle ?
À l’origine, dans les sociétés nomades sahariennes, un corps féminin volumineux n’était pas seulement valorisé, il était utilisé comme preuve de richesse et de prestige, réduisant les corps féminins à des marqueurs de statut.
Au fil du temps, l’obésité est devenue le critère de beauté officiel ! seule une femme corpulente est considérée belle et “mariable” selon les attentes de la société…
Mais ce n’est pas qu’une question d’apparence… le “leblouh” entretient le statut inférieur des filles en Mauritanie. Il est directement lié aux mariages précoces ! selon l’UNICEF, plus d’un tiers des filles sont mariées avant 18 ans et près d’un quart avant 15 ans…..
Il faut aussi dire clairement une chose : le “leblouh” n’a pas disparu. Il a reculé dans certains milieux urbains, oui. Mais il existe encore, notamment dans des zones rurales. et il s’est même modernisé…. Des filles et femmes sont désormais contraintes de prendre des médicaments à base de corticoïdes, des stimulateurs de l’appétit ou des hormones de croissance, pour atteindre plus rapidement le corps “désiré”, car la pression familiale et sociale continue d’exiger qu’elles grossissent.
Et surtout, il n’existe toujours pas de loi spécifique en Mauritanie qui interdise explicitement cette pratique. Elle n’est pas clairement nommée ni criminalisée…
Mes pensées vont à ma grand-mère, dont les jambes portent encore les marques du “Azayar”. Et je pense à toutes ces filles qui ont perdu la vie à cause de cette horrifique pratique, ainsi qu’à celles qui ont survécu, portants leurs blessures chaque jour….
@frauleinmei
Hier au JT de France 2, Édouard Philippe a jugé que j’avais été avec Bruno Retailleau d’une ambiguïté coupable, parce que nous avons assumé ne pas soutenir un candidat Horizons qui marchandait des postes pour obtenir les voix de l’extrême-gauche. Je me sens peu concerné par les leçons de morale d’un candidat qui se fait manifestement une tout autre idée que moi du « barrage républicain » – et dont le bilan à Matignon aura essentiellement consisté à faire monter dans le pays la colère qu’il déplore ensuite.