Une députée européenne vient d'expliquer que la capitalisation c'est "payer 2 fois" et que la retraite à points c'est "refaire la tuyauterie quand on a un problème de chaudière".
Vu le niveau, je vais prendre le temps de rendre ça digeste pour un enfant de 8 ans.
Commençons par la définition d'un schéma de Ponzi : un système où les gains des anciens entrants sont payés par l'argent des nouveaux entrants. Il ne produit rien. Il tient tant que la base de nouveaux entrants grossit. Quand elle rétrécit, il s'effondre.
La retraite par répartition : les pensions des retraités d'aujourd'hui sont payées par les cotisations des actifs d'aujourd'hui. Rien n'est investi. Rien n'est épargné. Le système tient tant qu'il y a assez de nouveaux cotisants.
C'est la même structure. La seule différence avec Madoff, c'est que Madoff ne pouvait pas vous forcer à entrer.
Maintenant les chiffres. Cotisants par retraité : 4 en 1960. 2,1 en 2000. 1,7 aujourd'hui. 1,4 en 2070 selon le COR. La base de la pyramide rétrécit, exactement le scénario de mort d'un Ponzi.
Et ça vient d'empirer. Le COR a révisé cette semaine son hypothèse de fécondité de 1,8 à 1,45 enfant par femme (le renouvellement c'est 2,1). Résultat : déficit projeté à 2,4% du PIB en 2070, contre 1,4% estimé il y a un an. Le trou a quasiment doublé en une seule révision.
La math du rendement maintenant. Dans un système par répartition, votre "rendement" est mécaniquement égal à la croissance de la masse salariale : démographie + productivité. C'est Samuelson, 1958. En France aujourd'hui : environ 1% réel par an. Et ça baisse.
Dans un système par capitalisation, votre rendement est celui du capital productif mondial : 5 à 7% réel par an sur tout horizon de 40 ans depuis un siècle, guerres mondiales incluses.
Concrètement : 200€ par mois pendant une carrière de 42 ans.
À 1% réel (répartition) : environ 125 000€. À 5% réel (capitalisation) : environ 325 000€.
Mêmes cotisations. Presque le triple à l'arrivée. Voilà ce que le système actuel confisque à chaque salarié français.
"Mais la capitalisation c'est payer 2 fois !"
Réfléchissez deux secondes à ce que cet argument avoue. Si sortir du système oblige à payer deux fois, c'est que votre argent n'existe plus. Vos 40 ans de cotisations n'ont pas été épargnés, ils ont déjà été dépensés.
Dans un vrai système d'épargne, sortir ne coûte rien : votre capital est là, il vous appartient. Le "coût de sortie" n'existe que dans un Ponzi, parce qu'il faut bien que quelqu'un paie les promesses faites avec de l'argent qui a disparu. Et ce coût grossit chaque année qu'on attend.
"La retraite à points c'est refaire la tuyauterie quand la chaudière est cassée."
Pour une fois, presque d'accord. La chaudière, c'est la démographie : 1,45 enfant par femme. Aucune tuyauterie ne crée de chaleur. Mais la capitalisation, ce n'est pas une tuyauterie : c'est brancher le logement sur une autre source d'énergie, le capital productif mondial, qui ne dépend pas du nombre de bébés français.
"Les conditions de travail ne permettent pas de repousser l'âge."
La démographie ne négocie pas avec vos états d'âme. Si vous refusez de toucher à l'âge, de capitaliser et de réformer, il reste une seule variable d'ajustement : baisser les pensions. Le COR le dit déjà : le niveau de vie relatif des retraités va chuter de 12,5 points d'ici 2070. C'est votre plan par défaut.
Le plus beau pour la fin. Les sénateurs français bénéficient d'une caisse de retraite par capitalisation. Les fonctionnaires cotisent à l'ERAFP, un fonds par capitalisation, depuis 2005. La Banque de France aussi.
La capitalisation pour eux. Le Ponzi pour vous. Et ils appellent ça la solidarité.
Piketty refait surface pour proposer de confisquer la fortune des milliardaires et la mettre dans un "fonds public".
Toute son œuvre repose sur une seule formule : r > g. Le rendement du capital dépasserait la croissance, donc les riches deviendraient mécaniquement toujours plus riches, donc il faut confisquer.
Laissez-moi vous expliquer pourquoi cette prémisse est fausse, au niveau d'un enfant de 8 ans, puisque c'est apparemment le niveau requis pour la croire.
Imagine que Kevin a un coffre magique. Piketty te dit : le coffre de Kevin grossit de 5% par an tout seul, la boulangerie de papa grandit de 2% par an, donc dans 100 ans Kevin possédera toute la ville. C'est ça, r > g. Tout son livre de 970 pages, c'est ça.
Le petit problème : le coffre magique n'existe pas.
Dans la vraie vie, le capital ne se reproduit pas tout seul. Il faut l'allouer. Chaque année, il faut redécider où va chaque euro, et la plupart des gens décident mal. Le "r" de Piketty est une moyenne qui cache un champ de ruines : pour un Bernard Arnault, des milliers d'héritiers qui dilapident, des fonds qui sous-performent, des empires qui s'évaporent.
Vérifions avec le test le plus simple du monde. Si r > g était une loi mécanique, les fortunes de 1900 domineraient toujours. Où sont les Vanderbilt ? Les Carnegie ? En 1987, le Top 10 mondial était dominé par des héritiers et des propriétaires fonciers japonais. Aujourd'hui : Musk, Bezos, Page, Huang. Des gars qui codaient dans leur chambre. La liste Forbes est une machine à laver, pas une dynastie.
L'homme qui est devenu trillionnaire ce matin n'a pas hérité d'un coffre. Il a failli faire faillite deux fois en 2008. Son "r" est passé par -100% avant de passer par l'hyperespace. Voilà ce que la formule de Piketty ne peut pas voir : le rendement du capital est la rémunération du risque et du génie d'allocation, pas un loyer automatique.
Et le plus drôle : quand le capital reste vraiment passif, comme dans le modèle de Piketty, il fond. Inflation, frais, impôts, érosion concurrentielle. Le capital qui dort meurt. La seule façon d'obtenir du "r", c'est de créer de la valeur pour quelqu'un. La formule décrit un monde qui n'existe nulle part, sauf dans les amphis de l'École d'économie de Paris.
D'ailleurs même ses données ont craqué. Le Financial Times a relevé des erreurs de calcul dans ses séries dès 2014. Et les travaux de Piketty-Saez-Zucman sur l'explosion des inégalités américaines ont été méthodiquement démontés par Auten et Splinter dans le Journal of Political Economy : une fois les transferts et impôts correctement comptés, l'inégalité après redistribution n'a presque pas bougé en 60 ans. Toute la panique repose sur des choix méthodologiques militants.
Ce qui m'amène à Zucman. L'ironie est délicieuse : l'homme qui a passé sa vie à dénoncer l'héritage a produit un héritier. Même méthode, même biais, mêmes données contestées, ambition fiscale en plus. Sa fameuse taxe sur le patrimoine des "ultra-riches" taxerait des plus-values qui n'existent que sur le papier.
Concrètement, la taxe Zucman forcerait chaque fondateur français à vendre des morceaux de sa boîte chaque année pour payer l'impôt sur une valorisation qu'il n'a jamais encaissée. Vendre à qui ? Des fonds étrangers. Résultat garanti : les dernières entreprises françaises passent sous pavillon américain ou qatari, au nom de la justice sociale. Du génie.
Et la proposition finale de Piketty est la meilleure partie : prendre l'argent investi dans des entreprises qui produisent, emploient et innovent, pour le confier à un "fonds public" géré par l'entité qui a accumulé 3 400 milliards de dette et qui perd de l'argent sur à peu près tout ce qu'elle touche depuis 50 ans. C'est demander au cancre de la classe de corriger les copies.
Récapitulons. La formule est fausse empiriquement, les données sont contestées dans les meilleures revues du monde, la prescription détruirait les seuls acteurs qui créent, et le gestionnaire proposé est en faillite technique. Dans n'importe quelle science, on appellerait ça une théorie réfutée. En économie française, on appelle ça un best-seller.
r > g n'a jamais été une loi économique. C'est un alibi mathématique pour le plus vieux programme politique du monde : prendre l'argent des autres.
🔴💸 INSOLITE | Voici un exemple des projets les plus lunaires voulus et reconduits par Emmanuel Grégoire dans l’écosystème migrants / réfugiés :
• 5 000 € à MADERA pour un projet de santé mentale des exilés associant notamment Yoga & Sport with Refugees : sport, culture, psychothérapie… et donc yoga pour réfugiés.
• 5 000 € au Collectif M.U pour “L’Air de Repos”, destiné notamment à des jeunes hommes en cours de reconnaissance de minorité ou pris en charge par l’ASE : radio, dessin, film, sérigraphie, photo, jardinage, cuisine, réparation de vélo, groupes de parole et consultations psy.
• 30 000 € à Unis-Cité pour “Solidarité Migrants” : 20 jeunes en service civique mobilisés auprès de migrants pour animations culturelles, sportives, ludiques, ateliers de français, accompagnement administratif et distribution de vêtements.
• 10 000 € à l’Atelier des Artistes en Exil pour accompagner des artistes exilés dans leurs démarches administratives, leur offrir des espaces de travail et les connecter au monde culturel.