Bravo à Camille Galtier, maire de Manosque.
Après 30 000 euros de dégradations lors des mobilisations lycéennes du 1er octobre, il supprime la soirée jeune rap du festival Musiks 2027.
Décision courageuse, qui l'honore.
Certes, il n'y a pas de lien direct entre le festival et les dégâts.
Mais le rap s'adresse d'abord à la jeunesse, et ce sont des lycéens qui ont cassé : le public visé recoupe en partie celui des casseurs.
C'est logique, et c'est intelligent.
« L'argent public n'est pas magique », rappelle-t-il : c'est le fruit du travail.
Enfin un élu qui montre que casser a un prix.
Haenel a trouvé la formule magique pour absoudre l’école de ses échecs : transformer chaque renoncement en geste d’émancipation. L’affaiblissement des exigences devient authenticité, la contestation de l’autorité, vitalité intellectuelle, et l’incapacité à transmettre, ouverture à l’autre.
Mais que transmet-on, au juste ? Accueillir la parole des élèves ne suffit pas à les instruire. Former, c’est aussi transmettre des savoirs, imposer des exigences, confronter les intuitions aux œuvres, apprendre l’effort et le jugement. Sans cela, la célébration de la parole risque de n’être que le masque flatteur d’un abandon pédagogique.
Chez Haenel, la beauté du récit semble tenir lieu de bilan : l’émotion dispense de mesurer les acquis, la générosité de nommer les échecs, et la posture morale de répondre à la question des résultats.
Son tour de force est là : habiller le renoncement aux exigences du prestige de l’émancipation. À force de poétiser l’impuissance à transmettre, il fait du naufrage de l’école une victoire de l’esprit. Mais donner la parole n’est pas transmettre les moyens de penser — et célébrer l’émancipation ne prouve pas qu’on l’a rendue possible. Chipie de C. https://t.co/xc3WgdzI09
Bon sang, il est littéralement IMPOSSIBLE de discuter avec les gens dans la rue sur les manifs s'ils sont pro-manif.
J'étais à un carrefour au milieu de gens, on voit à 100 m une masse de manifestants se mettre à courir, puis la police fait exploser des gaz, les gens autour de moi se mettent à gueuler "Ils n'ont pas le droit !", je demande "ils n'ont pas le droit de quoi ?" de ma voix la plus douce, la plus social-démocrate – et là, tout est parti très vite en vrille, en 3 minutes j'étais entourés de gens furieux m'expliquant que les manifestants ont des bras arrachés, que la police est ultra-violente, qu'ils sont contre les violences en théorie mais que là les violences sont bien méritées, que c'est pas grave que les commerces soient saccagés car les gens de toute façon n'ont plus d'argent – partout des regards de haine posés sur moi, personne ne m'a laissé faire une phrase complète, je suis parti désabusé.
Pendant les émeutes du 17 octobre, nous avions publié la vidéo de cette commerçante, paniquée, qui se faisait piller son établissement.
Nous apprenons dans Actu Lyon que l’établissement FERME DÉFINITIVEMENT suite au PILLAGE.
Ces images sont surréalistes ! jamais de mémoire de françaises je n'avais vu mon pays dans cet état là.
Nos magasins obligés de se protéger contre des torrents de casseurs venus d'ailleurs.
C'est effrayant
#17octobre2026#24octobre2026
@cpasdeslol_X 🔴😳 Parmi les personnes ayant violemment pris à partie les équipes de CNews à Trappes se trouve Kévin « gardien d’immeuble » et militant LFI qui intervient très régulièrement sur BFM TV. 🙄
#24octobre
Bally Bagayoko lors de la Manif anti RN à Orléans (village antifa).
"Je viens ici en tant que Français, originaire du Mali, musulman...la France n'a eu de cesse...que de piller les richesses de ces pays..."
🇫🇷 Je suis nommé président du @groupeRN_off à l’Assemblée nationale.
Je remercie @MLP_officiel et @J_Bardella pour leur confiance.
J’aborde cette nouvelle responsabilité avec détermination et fidélité à nos convictions.
« Il est très probable que Vladimir Nabokov n’ait pas eu plus de manies et d’antipathies que n’importe quel autre écrivain, mais c’est l’impression qu’il donne car il a osé les reconnaître, les proclamer et les nourrir continuellement. Ceci lui valut une certaine réputation de misanthropie, comme il fallait s’y attendre dans un pays aussi convaincu de sa droiture et de sa tolérance que celui qui l’accueillit pendant les années cruciales de sa vie littéraire : aux États-Unis, surtout en Nouvelle-Angleterre, il n’est pas très bien vu que les étrangers aient des opinions tranchées, encore moins qu’ils les expriment avec désinvolture. « Ce vieux grincheux » est la phrase qui revient le plus souvent chez ceux qui fréquentèrent superficiellement Nabokov.
Nabokov passa dans cette région plusieurs années, toujours comme professeur de littérature. Il enseigna d’abord au Wellesley College, une des rares universités exclusivement féminines qui soient encore au monde, appréciable relique. C’est un endroit idyllique, dominé par le beau lac Waban et l’automne éternel de ses immenses arbres changeants peuplés d’écureuils. »
Viesécrites
Marias, Javier
Dans l’inconscient de la République, se défendre, c’est déjà basculer du côté du mal. Le peuple de France a refoulé la guerre si profondément qu’il ne sait plus répondre à une violence ouverte autrement que par des gaz et des sommations : tirer, même dans les jambes, réveillerait le réel qu’il a passé quarante ans à déclarer dépassé. Ce n’est pas d’abord une question de droit — l’article L435-1 autorise l’arme dès qu’il y a menace grave et absolue nécessité — c’est une question de structure psychique. La société a besoin de se vivre comme purement réactive et innocente ; elle jouit obscurément de sa propre impuissance, parce que cette impuissance confirme qu’elle est restée du bon côté.
Les policiers sont donc condamnés à encaisser, à « contenir », à laisser les rues se vider sous leurs yeux, non par manque d’armes, mais parce que toute riposte franche serait vécue comme une régression, un aveu que le mal n’a pas disparu. Le citoyen, lui, intériorise la même interdiction : légitime défense oui, mais à voix basse, presque honteuse. Ce que vous ressentez comme une absurdité est le symptôme d’un déni collectif : tant qu’on ne pourra pas nommer ce qui casse, pille et menace sans le traduire immédiatement en « colère sociale » ou en « frange », on continuera à opposer des bombes lacrymogènes à des scènes qui ressemblent de plus en plus à autre chose.
Le 17 octobre 2026 a rendu ce déni plus criant encore. Ce jour-là, dans plusieurs villes, ce n’était plus seulement des débordements de cortèges : c’était une guerre des rues — pillages méthodiques, incendies de bâtiments publics, barricades, mortiers, centres-villes abandonnés aux casseurs pendant des heures. Une guerre que des acteurs politiques avaient, à leur manière, annoncée ou légitimée d’avance : les rhétoriques de rupture et de confrontation portées par Jean-Luc Mélenchon et son courant, les déclarations du maire LFI de Saint-Denis (Bally Bagayoko) sur la légitimité de certaines violences ou le risque d’« insurrection populaire » en cas de victoire du RN, les promesses plus ou moins ouvertes d’affrontement venues de diverses franges. Ça arrive, et la consigne reste la même : les forces de l’ordre doivent « contenir », rentrer dans leurs véhicules, encaisser, laisser passer, ne pas répondre à hauteur de l’agression ouverte.
Nous sommes en guerre — ou du moins face à des scènes qui en ont tous les traits — et quand on est en guerre, on se sert de ses armes. Que cela ne se fasse pas, que l’interdit psychique tienne encore alors que les rues brûlent et que les commerces sont éventrés sous les yeux des habitants, confirme précisément le diagnostic : la République préfère encore l’impuissance déclarée innocente à la reconnaissance du réel. Le changement, s’il vient, ne viendra pas d’une nouvelle circulaire. Il viendra le jour où l’interdit psychique sera levé — et ce jour-là, beaucoup découvriront qu’ils avaient plus peur de se défendre que d’être attaqués.
Chipie de C
L’État, a naguère invité les citoyens à déposer les armes, à renoncer à cette pratique archaïque, consistant à se défendre soi-même, contre la promesse solennelle de sa protection tutélaire, de cette bienveillante et omniprésente tutelle dont on sait désormais qu’elle n’est qu’un mot creux.
Mais que reste-t-i lorsque la protection fait défaut et que le droit de se défendre n’a jamais été aussi étroitement corseté, réglementé, judiciarisé et finalement proscrit au nom même de la sécurité collective — au point que se défendre soit devenu le dernier des crimes, le plus impardonnable, dans l’âge de la France désarmé ?
Je prends un taxi via la gare . À peine assise, le chauffeur m’annonce avec véhémence qqu’il en a soupé de la France et qu’il va rentrer dans son pays, je lui demande lequel ? L’Algérie où les Français et vivent heureux comme dans un Éden retrouvé. Je lui fais observer, non sans quelque malice, qu’il a bien raison de rejoindre cette république si désirable et de nous abandonner à notre sort de damnés.
C’est alors que s’ouvre la séance. Il me fait entendre des témoignages d’anciens soldats français de la guerre d’Algérie : les Français y apparaissent comme des salauds, des violeurs, des égorgeurs ; les fellagas, comme de purs libérateurs. Toute la colonisation se réduit à cette distribution sommaire des rôles, digne d’un western de série B où l’on sait d’avance qui sont les bons et qui sont les monstres.
Je lui demande de couper le son. Je lui rappelle que viols, égorgements et massacres n’ont été le monopole d’aucun camp, et que des Français ont eux aussi connu l’atroce. Il me répond que c’est faux. Me voilà donc, dans l’habitacle, promue révisionniste de service par un homme qui entend m’instruire à coups de haut-parleur, comme si l’Histoire n’était plus qu’un tribunal permanent où le verdict précède toujours l’examen des faits.
Je reste stupéfaite devant ce discours lunaire, devant cette haine qui affleure sous chaque phrase et devant cette étrange manière de vivre parmi nous tout en vouant aux gémonies ceux qui partagent le même trottoir. Nous autres, les colonialistes, serions par essence des tueurs ; les autres, par définition, des victimes innocentes. L’Histoire, dépouillée de ses nuances, devient le terrain d’un manichéisme qui n’a plus rien à voir avec la mémoire et tout à voir avec une liturgie contemporaine de la culpabilité.
Je lui fais remarquer que ce partage des rôles n’est guère propice à la paix sur le sol français, surtout lorsqu’on entend y demeurer parmi ceux que l’on désigne comme des salauds. Peut-être faudrait-il, lui dis-je, consentir à un peu de silence, à défaut de parvenir à un peu de complexité.
Je me retiens. Sa haine est si à fleur de peau que je n’ai aucune envie de transformer ce trajet en champ de bataille. Je lui demande simplement de s’arrêter et de me laisser descendre.
Me voilà sur le trottoir, valise à la main, avec cette impression assez nette qu’il ne s’agissait plus de raconter une guerre, mais de la poursuivre dans l’habitacle d’un taxi, des décennies après, entre deux feux rouges. La réconciliation a décidément encore quelques kilomètres à parcourir — et peut-être même quelques siècles.
Chipie de C