Le mur du çon, c'est le bruit du çon s'écrasant sur le mur de faits. Alliance subtile de balistique, physique des matériaux inertes et biologie darwinienne.
@mnt_sim@arnauddassier Moi, mes collègues et nos 60 à 70 h de travail hebdomadaire chacun, payés un peu moins de 40, on te dit bien de choses.
Avant de parler, regarde la réalité, bon nombre d'administrations sont à l'os.
Pas assez de personnels pour remplir l'ensemble des missions.
@Nickybelgo46@arnauddassier Mouaip, l'Allemagne a deux niveaux : federal et les landers . Seuls les chiffres du premier sont comptabilisés
Bref, sinon
De rien .
https://t.co/e0eZwu1eRl
https://t.co/n7jbvq7Ua7
Sources : eurostat , fipeco
Existe-t-il des "Canadair" russes ou chinois que nos autorités auraient ignoré par dogmatisme ?
Focus sur le Beriev 200🇷🇺 et l'AG600🇨🇳, en extrait de ma vidéo du jour dédiée aux avions bombardiers d'eau (lien vers la vidéo complète dans le tweet suivant👇).
#Incendies #FeuxDeForêt
@tawkha 1/ si les fonctionnaires étaient si peivilegiés, passe un concours et ne vie t pas les faire braire avec tes chiffres
2/ ils bossent 1680h par an pour la très grande majorités
3/ un fonctionnaire perçoit en moy. 2530€ contre 2735 dans le privé, qu'il ne peut pas renégocier
@cortisquared 50 %?
Sachant que cette administration comme d'autres a déjà bien été dégraissé depuis Sarkozy: 133000 -> 90000 ETP
Admettons pour la forme.
Mais sur quelles bases ?
Quels paramètres ?
Quels sont les faits ou points vous permettant de conclure qu'il faudrait en supprimer 50% ?
Mr découvre tardivement le concept d'impôts progressif. Progressif est le terme important ici.
Pour toute réclamation relatif au code général des impôts, donc sur les taux d'imposition, veuillez vous rapprocher de votre député, compétent en matière législative. C'est son job.
Je vous explique l’injustice fiscale.
C'est très simple à comprendre.
▪️Un contribuable qui déclare 24 000 € de revenus paie 1 376 € d'impôt.
▪️un contribuable qui déclare 5 fois plus paie 32 399 €. C'est 23 fois plus !
▪️Un contribuable qui déclare 10 fois plus paie 84 570 €. C'est 61 fois plus !
@wargonm@Chamchamat Les gars, jouez pas à celui qui a la plus longue sur la table . C'est pas beau.
Et d'abord c'est @idrissaberkane le gagnant : cf Ph.D x3 waaoooouuuh.
Je sais, j'irai en enfer, mais au moins c'est chauffé.
😁😁
40 000 milliards : pourquoi la dette américaine est à la fois moins effrayante… et plus inquiétante qu’elle en a l’air
La dette publique américaine vient de franchir les 40 000 milliards de dollars. À lire ce chiffre, on pourrait croire que les États-Unis vont recevoir demain matin un SMS de leur banque demandant de régulariser leur découvert. Ce n’est pas ainsi que fonctionne la dette d’un État. Mais une fois qu’on a écarté les mauvaises raisons de paniquer, il en reste quelques très bonnes.
Il y a des nombres que notre cerveau comprend. Dix euros, nous savons ce que c’est. Dix mille euros, nous pouvons encore visualiser une voiture, quelques vacances ou une soirée raisonnablement catastrophique à Monaco. Dix millions commencent déjà à devenir abstraits. Quant à 40 000 milliards de dollars, autant nous annoncer la distance entre deux galaxies en grains de riz : le cerveau acquiesce poliment et retourne penser au dîner.
Pourtant, c’est bien le chiffre que la dette fédérale brute des États-Unis vient de franchir. Les 40 000 milliards ont été dépassés le 19 août 2026, cinq mois seulement après les 39 000 milliards ; le seuil des 38 000 milliards avait lui-même été franchi cinq mois auparavant.
Et comme souvent lorsqu’un nombre monstrueux apparaît, deux camps se forment immédiatement. D’un côté, ceux qui annoncent l’effondrement de l’empire américain avant jeudi, généralement à l’aide d’une miniature YouTube montrant la Statue de la Liberté en flammes. De l’autre, ceux qui expliquent tranquillement que ce n’est finalement pas très grave puisque les États-Unis peuvent toujours emprunter et émettent la monnaie la plus utilisée au monde.
Les deux simplifient.
Et pour une fois, j’aimerais tenter quelque chose de révolutionnaire sur Internet : expliquer ce que signifie réellement le chiffre avant de choisir si nous devons courir en cercle en agitant les bras.
Non, les États-Unis n’ont pas besoin de trouver 40 000 milliards
Commençons par la première idée qui vient naturellement à l’esprit : si les États-Unis doivent 40 000 milliards de dollars, comment vont-ils les rembourser ?
Réponse courte : ils ne vont probablement jamais rembourser ces 40 000 milliards au sens où vous remboursez votre crédit automobile. Et ce n’est pas anormal.
Un État comme les États-Unis emprunte en permanence en émettant des titres du Trésor. Certains arrivent à échéance dans quelques semaines, d’autres dans deux ans, dix ans ou trente ans. Lorsqu’un titre arrive à échéance, le Trésor le rembourse, mais il peut parallèlement émettre de nouveaux titres et donc refinancer sa dette.
Imaginez un restaurant rentable qui existe depuis cent ans. Il possède un emprunt permanent utilisé pour financer ses locaux, ses équipements et son activité. Lorsqu’un crédit arrive à échéance, il en souscrit un nouveau. Tant que ses revenus sont solides, que ses créanciers lui font confiance et que le coût du crédit reste supportable, personne ne demande que le patron vende toutes les tables mardi prochain pour revenir à zéro dette.
Un État dispose en plus d’avantages dont votre ménage ne bénéficie malheureusement pas, sauf réforme bancaire particulièrement audacieuse : il prélève des impôts sur une économie entière, il peut continuer d’exister théoriquement indéfiniment et, dans le cas américain, il emprunte dans une monnaie dont il contrôle l’émission et qui reste au cœur du système financier mondial.
Voilà pourquoi comparer directement la dette fédérale américaine à la carte de crédit d’une famille est trompeur.
Mais attention au moment où certains experts autoproclamés commencent à sourire avec l’air satisfait de celui qui vient de démontrer que 40 000 milliards ne comptent donc pas.
Parce que le fait qu’une dette n’ait pas besoin d’être intégralement remboursée ne signifie absolument pas que sa taille soit sans importance.
Sinon, j’ai une excellente nouvelle pour tous ceux qui possèdent une hypothèque : arrêtez de regarder les intérêts, On vient d’abolir la comptabilité.
Le chiffre important n’est pas seulement la dette. C’est ce qu’elle fait.
Il faut distinguer deux choses que les gros titres mélangent souvent. Les fameux 40 000 milliards correspondent à la dette fédérale brute. Une partie est détenue à l’intérieur même du gouvernement américain, notamment par certains fonds publics ; l’autre, appelée dette détenue par le public, correspond principalement aux titres détenus par des investisseurs, banques, fonds de pension, particuliers, gouvernements étrangers et par la Réserve fédérale.
Pour analyser la pression économique et financière, les économistes regardent beaucoup cette seconde catégorie ainsi que son rapport à la taille de l’économie. Selon le Congressional Budget Office, la dette détenue par le public représente déjà environ 101 % du PIB américain en 2026. Si les lois actuelles restent globalement en place, le CBO la voit atteindre 120 % du PIB en 2036, davantage que le précédent record atteint juste après la Seconde Guerre mondiale.
Mais surtout, les États-Unis continuent à creuser le trou.
Le CBO prévoit pour l’exercice 2026 environ 5 600 milliards de dollars de recettes pour 7 400 milliards de dépenses. Le déficit devrait donc tourner autour de 1 900 milliards de dollars en une seule année. Et le CBO ne prévoit pas un retour miraculeux à l’équilibre : le déficit atteindrait environ 3 100 milliards en 2036 dans son scénario de référence.
Voilà où se trouve le véritable problème.
Vous pouvez vivre longtemps avec une dette énorme si votre économie grossit suffisamment et si vous cessez d’ajouter des montagnes de nouvelles dettes par-dessus.
Mais si vous avez déjà une dette énorme, que vous continuez chaque année à dépenser beaucoup plus que vous n’encaissez et que le coût auquel vous empruntez augmente, la petite musique devient nettement moins relaxante.
Pour donner une image volontairement simplifiée, prenons un ménage. Pas parce qu’un État fonctionne comme une famille ( il ne fonctionne pas comme une famille), mais simplement pour que les proportions cessent de ressembler à des coordonnées astronomiques.
Imaginez quelqu’un qui encaisse environ 56 000 francs par an, en dépense 74 000, emprunte donc près de 19 000 francs supplémentaires tous les ans, possède déjà plus de 300 000 francs de dettes et consacre désormais environ 10 000 francs annuels rien qu’aux intérêts.
Vous ne lui dites pas forcément : « Tu seras en faillite lundi. »
Mais vous évitez probablement de conclure : « Fantastique, tout va bien, reprends des sushis. »
Et voilà le vrai monstre : les intérêts
C’est ici que le chiffre de 40 000 milliards devient réellement inquiétant.
Le Congressional Budget Office prévoit environ 1 000 milliards de dollars de charges nettes d’intérêt pour la seule année 2026. Ces intérêts représentent déjà environ 3,3 % du PIB ; selon les projections du CBO, ils grimperaient à 4,6 % en 2036 et absorberaient alors près d’un cinquième de toutes les dépenses fédérales. Le CBO estime d’ailleurs que la hausse des intérêts sera l’un des principaux moteurs de l’augmentation future des déficits.
Le mécanisme est d’une simplicité presque insultante.
Supposons que vous ayez emprunté 100 dollars à 2 %. Cela vous coûte 2 dollars par an.
Votre dette arrive à échéance. Vous devez la refinancer, mais le marché exige maintenant 5 %.
Vous devez toujours 100 dollars.
Vous n’avez pas emprunté un centime supplémentaire.
Et pourtant, votre facture annuelle est passée de 2 à 5 dollars.
Maintenant, remplacez les 100 dollars par des dizaines de milliers de milliards.
Et vous commencez à comprendre pourquoi les gens du Trésor américain ont probablement des abonnements familiaux au Xanax.
Toute la dette américaine ne se refinance évidemment pas le même jour et pas au même taux. Le processus se fait progressivement, au fil des échéances. Mais précisément parce que le stock est gigantesque, chaque année une masse énorme de titres doit être remplacée. Lorsque les nouveaux titres coûtent plus cher que les anciens, le taux moyen payé par le gouvernement remonte progressivement.
Le CBO estime qu’environ la moitié de l’augmentation prévue des charges d’intérêt au cours de la prochaine décennie proviendra précisément de la hausse du taux moyen payé sur la dette, l’autre grande cause étant simplement… qu’il y aura davantage de dette.
C’est un peu le principe du régime où l’on mange davantage tout en découvrant que les calories deviennent plus caloriques.
« Mais ils peuvent imprimer des dollars ! »
Oui.
Techniquement.
Et techniquement, je peux également chauffer mon appartement en mettant le salon en feu. Le problème n’est jamais de savoir si une solution produit de la chaleur ; c’est de regarder ce qu’elle produit autour.
Les États-Unis bénéficient d’un privilège immense : leur dette est libellée en dollars et le dollar reste la principale monnaie de réserve mondiale. Ils ne risquent donc pas exactement la même crise qu’un État ayant massivement emprunté dans une monnaie étrangère qu’il ne peut pas créer.
Mais monétiser sans limite une dette publique ne fait pas disparaître son coût. Si la création monétaire devient excessive par rapport à la capacité productive de l’économie, elle peut nourrir l’inflation, détériorer la valeur de la monnaie et, surtout, convaincre les investisseurs qu’ils doivent être davantage rémunérés pour conserver des obligations pendant vingt ou trente ans.
Et devinez ce qu’ils demandent alors ?
Des taux plus élevés.
Ce qui augmente les intérêts.
Ce qui augmente le déficit.
Ce qui exige davantage d’emprunts.
Ce qui peut pousser les investisseurs à demander encore davantage de rémunération.
Vous voyez le petit cercle vicieux qui commence à dessiner une tête de mort au milieu du tableau ?
Ce que le marché est en train de dire
C’est probablement l’un des aspects les plus intéressants de la situation actuelle.
Le 18 août, le rendement de l’obligation américaine à trente ans a atteint environ 5,34 %, son plus haut niveau depuis 2007. Le mouvement ne s’explique pas uniquement par la dette : inflation, prix de l’énergie, politique de la Fed et situation géopolitique jouent également. Mais les préoccupations budgétaires font explicitement partie des raisons citées par les investisseurs.
Pourquoi est-ce important ?
Parce qu’un rendement obligataire n’est pas simplement un chiffre décoratif permettant à Bloomberg de remplir le bas de l’écran.
Lorsque vous achetez une obligation à très long terme, vous acceptez de confier votre argent pendant des décennies. Vous demandez donc une rémunération suffisante pour compenser l’inflation future, l’incertitude et le fait que votre argent restera immobilisé.
Les obligations indexées sur l’inflation permettent même d’observer approximativement ce qu’on appelle le taux réel, c’est-à-dire la rémunération restant une fois l’inflation anticipée prise en compte. Mi-août, les rendements réels à trente ans tournaient autour de 3 %.
Traduit du langage obligataire vers le français parlé par des êtres humains :
« Même après avoir essayé de me protéger contre l’inflation, je veux être très bien payé pour te prêter pendant trente ans. »
Et le « te », ici, c’est le gouvernement des États-Unis.
Ce n’est pas un vote de défiance définitif contre l’Amérique. Les obligations américaines restent parmi les actifs les plus importants et les plus liquides de la planète.
Mais ce n’est pas non plus exactement une standing ovation.
Puis le Trésor a sorti son petit extincteur
C’est là qu’intervient l’épisode qui m’a donné envie d’écrire cet article.
Alors que les taux longs grimpaient fortement, le Trésor américain a annoncé qu’il allait augmenter ses rachats d’obligations à long terme. La vidéo qui m’a fait découvrir l’histoire résumait l’opération avec une image spectaculaire : quelques milliards de rachats face à une dette dépassant 40 000 milliards, soit environ 0,01 %, autant dire une bouteille d’Evian lancée sur Notre-Dame en feu.
C’est drôle.
Mais ce n’est pas tout à fait ce que fait le Trésor.
Et c’est ici qu’une précision technique devient importante.
Ces rachats ne sont pas principalement conçus pour réduire le niveau de la dette américaine. Le Treasury explique lui-même que ses opérations de buyback servent notamment à améliorer la liquidité du marché : en simplifiant, il rachète certaines anciennes obligations devenues moins faciles à négocier et finance parallèlement ses besoins par de nouvelles émissions. Le département du Trésor précise même que ces rachats ne devraient pas réduire significativement ses besoins nets d’emprunt puisque de nouvelles émissions remplacent les titres rachetés.
Donc calculer « 4 milliards sur 40 000 milliards » pour montrer que le Trésor rembourse une part ridiculement faible de sa dette revient un peu à observer quelqu’un changer les pneus de sa voiture et lui reprocher que les quatre pneus ne représentent que 2 % du poids du véhicule.
C’est vrai.
Mais il n’essayait pas d’alléger la voiture.
En revanche, la réaction du marché, elle, est intéressante. Après l’annonce d’un relèvement des capacités de rachat sur certaines maturités longues, les rendements à long terme ont temporairement reculé. Les investisseurs n’ont donc pas célébré la disparition de quatre milliards de dette ; ils ont surtout intégré le signal que le Trésor était prêt à intervenir davantage pour améliorer le fonctionnement du marché obligataire et limiter certaines tensions.
Voilà la fameuse « pirouette ».
Elle n’est pas nécessairement frauduleuse.
Elle ne règle simplement pas le problème dont tout le monde parle.
Le médecin vient d’améliorer la circulation sanguine du patient.
C’est bien.
Le patient pèse toujours 240 kilos et commande une raclette.
Et trois heures plus tard, il fallait toujours emprunter
Le contraste devient assez savoureux lorsque, parallèlement, le gouvernement continue évidemment à vendre de nouvelles obligations pour se financer.
Le 19 août, le Trésor a placé 16 milliards de dollars de titres à vingt ans avec un rendement de 5,204 %. Le marché a bien absorbé l’émission, mais les investisseurs ont demandé un rendement supérieur à celui observé juste avant l’adjudication et nettement supérieur à la moyenne des six opérations précédentes.
Cela ne signifie pas que « personne ne veut plus de dette américaine ». Au contraire, il y avait des acheteurs.
Mais ils disent essentiellement :
« Bien sûr que je veux bien te prêter de l’argent. À ce prix-là. »
Et lorsque vous devez emprunter des milliers de milliards, les mots « à ce prix-là » peuvent devenir extrêmement coûteux.
Alors, quand est-ce que tout explose ?
Voici le moment préféré des experts autoproclamés.
Normalement, je dois maintenant annoncer une date.
« 2028 : LE DOLLAR S’EFFONDRE. »
Avec éventuellement une flèche rouge et Donald Trump regardant horrifié une calculatrice.
Malheureusement, la vraie réponse est beaucoup moins sexy :
personne ne sait.
Une trajectoire budgétaire insoutenable n’implique pas nécessairement une crise soudaine l’année suivante. Une grande économie peut conserver pendant très longtemps des niveaux de dette élevés, surtout lorsque sa monnaie et ses marchés financiers occupent une place aussi centrale que ceux des États-Unis.
Le danger ressemble davantage à une lente perte de liberté.
Plus vous consacrez d’argent aux intérêts, moins vous pouvez en consacrer au reste sans augmenter les impôts ou emprunter encore.
Si une récession arrive, vous disposez de moins de marge budgétaire pour réagir.
Si une guerre éclate ; scénario totalement théorique, évidemment, puisque Donald Trump est connu pour sa délicatesse géopolitique ; les dépenses supplémentaires viennent se superposer à une situation déjà tendue.
Si les investisseurs exigent une prime plus élevée pour prêter longtemps, le coût du financement augmente.
Et comme les taux des bons du Trésor servent de référence à énormément de crédits privés, la hausse finit par toucher les hypothèques, les entreprises, les investissements et, finalement, des gens qui n’ont jamais acheté une obligation de leur vie et pensent qu’un « TIPS » est simplement quelque chose qu’on laisse au serveur.
C’est ce que signifie réellement le risque.
Pas nécessairement :
« Les États-Unis font faillite. »
Mais plutôt :
« Une partie toujours plus importante de leur puissance économique sert à payer les conséquences des décisions passées. »
Non, ce n’est pas uniquement la faute de Trump
Voilà également une précision qui me paraît indispensable, parce que sinon nous allons transformer un problème structurel vieux de plusieurs décennies en nouvel épisode de « Donald fait encore n’importe quoi », discipline dans laquelle il existe pourtant suffisamment de matière première sans avoir besoin de tricher.
La dette américaine s’est construite sous des présidents et des Congrès des deux partis. La crise financière, les guerres, les réductions d’impôts, les programmes sociaux, le vieillissement de la population et surtout la pandémie ont produit des déficits énormes sous plusieurs administrations. L’Associated Press rappelle notamment que Washington a massivement emprunté sous le premier mandat de Trump comme sous celui de Joe Biden pour faire face au Covid et à ses conséquences économiques.
Cela ne signifie évidemment pas que les décisions actuelles seraient sans conséquence. Le CBO estime que la grande loi budgétaire adoptée en 2025 a augmenté ses projections de déficits de 4 700 milliards de dollars sur la période étudiée, tandis que les hausses de droits de douane en réduiraient une partie via de nouvelles recettes.
On peut donc parfaitement critiquer la politique budgétaire de Donald Trump sans lui attribuer l’invention de la dette publique, qui remonte légèrement avant Truth Social.
Le problème le plus inquiétant est justement celui-là : la dette américaine n’a pas besoin de Trump pour exister, et elle ne disparaîtra pas avec lui.
Ce qu’il faut retenir si vous ne voulez pas devenir expert obligataire
Si ma mère me demandait finalement : « Bon, après tout ça, qu’est-ce que je dois comprendre ? », je lui répondrais quelque chose d’assez simple.
Les 40 000 milliards de dollars ne signifient pas que les États-Unis doivent réunir 40 000 milliards demain matin pour éviter qu’un huissier ne reparte avec la Maison-Blanche.
Ils signifient qu’un pays ayant accumulé une quantité gigantesque de dette continue à enregistrer des déficits très élevés, alors que le coût de cette dette devient de plus en plus lourd.
Le problème n’est pas le compteur. C’est la trajectoire.
C’est la différence entre quelqu’un qui possède une hypothèque de 500 000 francs avec un revenu en forte croissance, un budget équilibré et un taux confortable, et quelqu’un possédant la même hypothèque qui dépense chaque année 20 % de plus qu’il ne gagne et découvre progressivement que sa banque veut doubler son taux.
Même dette apparente.
Histoire totalement différente.
Les États-Unis possèdent encore d’immenses avantages : une économie extraordinairement productive, une capacité fiscale considérable, les marchés financiers les plus profonds du monde et une monnaie que la planète utilise comme refuge dès que la planète commence à brûler ... ce qui, ces dernières années, constitue pratiquement un programme de fidélité.
C’est pourquoi ceux qui annoncent l’effondrement imminent de l’Amérique depuis leur chaîne YouTube devraient probablement attendre avant de convertir l’intégralité de leur patrimoine en boîtes de thon et en lingots d’or enterrés dans le jardin.
Mais l’argument inverse : « ils peuvent continuer à emprunter, donc tout va bien » , est tout aussi idiot.
Parce que la dette n’a pas besoin de provoquer une faillite pour devenir un problème.
Elle doit simplement coûter suffisamment cher pour commencer à dévorer les choix futurs.
Et lorsque votre gouvernement dépense déjà environ un millier de milliards de dollars par an uniquement pour payer les intérêts, continue d’ajouter près de deux mille milliards de déficit annuel et doit désormais offrir autour de 5 % pour convaincre certains investisseurs de lui prêter à très long terme, la réponse raisonnable n’est ni « apocalypse demain » ni « circulez, il n’y a rien à voir ».
C’est beaucoup moins spectaculaire.
Et beaucoup plus sérieux :
les États-Unis ne sont pas au bord de la faillite. Ils sont en train de rendre chaque année leur problème plus difficile "et plus cher " à résoudre.
Ce qui est nettement moins pratique à écrire en lettres rouges sur une miniature YouTube.
Mais, contrairement à beaucoup d’experts autoproclamés, la comptabilité se fout complètement du taux de clic.