Si la droite veut gagner la bataille des valeurs, il va falloir qu'elle comprenne que le relativisme du "vivre et laisser vivre" ne constitue en rien une neutralité morale : l'absence de préférence affichée entre des comportements distincts et concurrents revient à consacrer leur équivalence et donc à légitimer ceux d'entre eux qui ne l'étaient pas encore. Cela repose sur l'illusion que toutes les pratiques, tous les goûts et tous les styles de vie seraient également représentés dans la société, et que s'abstenir d'édicter des prescriptions morales (c'est-à-dire in fine en généraliser certains et en limiter d'autres) permettrait de maintenir un équilibre au nom de la liberté individuelle. Comme s'il y avait un équilibre.
En réalité, l'indifférence aux préférences individuelles constitue déjà un choix moral en faveur des pratiques les plus marginales au détriment des pratiques les plus partagées, auxquelles elle dénie finalement leur supériorité intrinsèque - cette supériorité étant bel et bien objectivable, puisque ces pratiques ont été développées, préservées et transmises au gré d'un long processus de sélection collective précisément en fonction de leur efficacité ou de leurs bienfaits pour la société et pour l'individu. Ne pas choisir entre le majoritaire et le minoritaire, c'est choisir le minoritaire. (De la même manière, la prétendue neutralité de l'État en matière religieuse a évidemment lésé le christianisme tout en favorisant les autres cultes.)
Ce que la droite omet de comprendre, c'est que cette confusion entre neutralité et objectivité permet aujourd'hui à l'État de produire des jugements de valeur tout en revendiquant de ne pas le faire. Chaque fois qu'il renonce à promouvoir la fidélité conjugale parce que "chacun fait ce qu'il veut dans son lit", chaque fois qu'il refuse de combattre le rap parce que "tous les goûts sont dans la nature", il légitime de fait l'adultère et disqualifie la musique savante. C'est un programme militant déguisé en non-interventionnisme. Et ce glissement par lequel l'intervention morale de l'État est parvenue à se travestir en neutralité libérale est peut-être la ruse la plus diablement efficace qu'ait trouvée la morale de gauche pour mettre en œuvre son idéal matérialiste et égalitariste.
De manière ironique, la prétendue neutralité morale de l'État au nom de la protection de la liberté individuelle menace aujourd'hui la liberté individuelle : contredire le principe d'équivalence générale des valeurs en affichant sa préférence pour l'une d'elles, voire pire, en affirmant la supériorité de celle-ci sur les autres, c'est défier l'État lui-même. Si la droite veut défendre ses valeurs morales, elle doit arrêter de croire à l'illusion paresseuse selon laquelle il suffirait de reprendre le contrôle de l'État pour ensuite inverser la tendance en appuyant sur un bouton. La droite doit renoncer à la tentation constructiviste, ce vieux penchant gauchiste inavoué qui la pousse à vouloir transformer la société pour réformer l'individu. Elle doit au contraire compter sur les individus pour s'organiser, s'influencer et élever la société.
C'est peut-être cet enseignement qu'il faut tirer des travaux sur les environnements non partagés : puisqu'une part décisive de ce que deviennent les individus dépend d'influences exercées hors de la famille et des grandes institutions publiques, alors la bataille à venir ne se gagnera pas par la conquête d'une morale publique officielle destinée à améliorer les individus en masse et par le haut, mais par la reconquête des institutions indépendantes de l'État et capables de défendre, produire et diffuser des normes morales concurrentes des siennes : écoles, paroisses, entreprises, clubs sportifs, réseaux sociaux...
Les paroisses de villages occitans de 400 habitants avec un prêtre pour 7 églises qui n’ont pas mis à jour leur https://t.co/V0zQygPRNC depuis 2007.
Enculer une demi-heure de bagnole pour se retrouver devant une porte fermée.
Mon fils va vers ses dix ans et commence à poser beaucoup de questions précises. Par exemple, il était question il y a peu de la Tour Eiffel, et il m'a demandé si elle était faite en aluminium, car il avait vu ça dans une émission. Je lui ai dit que non, qu'elle était en fer puddlé, un processus chimique très ingénieux. Puis, j'ai regardé rapidement sur internet, et j'ai été surpris que Copilot de Microsoft réponde qu'elle était faite en fer algérien, ce qui est évidemment complètement faux (ChatGPT d'ailleurs ne dit pas des bêtises pareilles).
Alors les questions gênantes sont arrivées : « Mais pourquoi ils disent qu'elle est faite en fer algérien alors que ce n'est pas vrai ? » Hum. Alors je lui ai expliqué ceci.
À l'intérieur de lui, il y a une sorte de livre, qui s'appelle l'identité. Et une manière très simple de changer le comportement de quelqu'un, de le faire agir contre lui-même, est de réécrire ce qui est dans ce livre. C'est une arme souvent utilisée par des pays qui veulent obtenir quelque chose de nous. C'est une arme très utilisée aussi par les sectes qui peuvent radicalement changer des personnes en réécrivant ce qui est écrit à l'intérieur d'elles. Par la culpabilisation, par les confessions publiques, par la réinterprétation ou la fabrication de souvenirs. Je lui ai dit qu'il existait, par exemple, des gens capables de réécrire ce qu'il y a à l'intérieur de toi au point que tu te prendrais pour une petite fille.
De manière générale, je lui ai dit que tout un tas de gens dans sa vie allaient essayer de réécrire ce qu'il y a dans ce livre à l'intérieur de lui pour en tirer avantage. Que la plupart des gens qu'il rencontrera seront des gens qui auront été réécrits eux-mêmes, et que c'est probablement pour ça qu'ils se comporteront de manière aussi incompréhensible, et chercheront à réécrire les autres.
Je lui ai dit une deuxième chose, qui est que ce livre qui est à l'intérieur de lui est une chose précieuse qu'il doit apprendre à protéger. Qu'il pouvait se protéger contre ces attaques en lisant, déjà, beaucoup, par lui-même. Que c'était pour cette raison qu'il y avait dans sa chambre des tas de livres et que je l'obligeais toujours à bien parler. Que je faisais tout ça pour qu'il puisse se défendre plus tard. Que c'était comme ça que j'avais pu moi-même retirer ce qu'on avait écrit par-dessus moi.
Tout ça a eu l'air d'avoir du sens pour lui. Au moins, il sera plus motivé à lire. Peut-être que d'autres parents se retrouveront dans la même situation que moi, et que cela les aidera peut-être. Comment auriez vous géré la situation, sans pervertir l'innocence d'un enfant ?
J’ai connu le monde d’avant Internet et les réseaux sociaux : Le Monde fixait l’agenda le soir, Libération le reformulait le matin, les radios le diffusaient, les télévisions l’amplifiaient et les responsables politiques y répondaient. Quelques rédactions choisissaient ainsi les sujets, les mots et les priorités du débat public.
Je ne caricature pas : c’était réellement ainsi. Il est donc logique que ceux qui détenaient les clés de ce système le regrettent. Ils faisaient la pluie et le beau temps. Mais pour le plus grand nombre, et pour la société tout entière, la chute de ce monopole constitue une libération.
J’ai encore dû masquer un compte de gamine stupide avec le feu au cul et une DA douteuse parce que vous ne pouvez pas vous empêcher de les renifler et d’interagir avec le moindre de leur babillage comme si c’était un manuscrit perdu de la bible
Il faut avoir un melon énooOOorme et un mépris profond des autres pour tenir des propos pareils... comme si Le Monde n'était pas un instrument de désinformation de propagation de l'irrationnel anti-science et d’abêtissement... visiblement elle ne lit pas les pages de son journal consacrées aux pesticides et à la chimie...
Il y a 11 ans, Sciences & Vie sortait LE poisson d'avril du siècle.
Faites l'expérience :
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La trace indélébile d'un gag de 2015.
Ce projet de pisciculture a été lancé en janvier 2022. On est en mars 2026... plus de 4 ans pour avoir un avis favorable à une production piscicole. Ce pays est dingue...