Au Vénézuela, le salaire minimum est passé de 120 bolivars à plus de 7 millions de bolivars en moins d'une génération. Comme quoi, quand on veut, on peut.
Je dois avouer que la haine contre Marjane Satrapi me prend un peu au dépourvu, surtout de la part de gens qui se croient de gauche.
Que s’est-il passé ?
C'est touchant de voir Montebourg expliquer aujourd'hui que monter une boîte en France c'est l'enfer administratif et fiscal.
Mais il lui a fallu 40 ans de carrière politique pour s'en rendre compte.
Le problème c'est pas Montebourg, c'est que c'est symptomatique de toute la classe politique française. Des gens qui légifèrent sur un monde qu'ils n'ont jamais habité, et qui ne réalisent leurs erreurs que quand ils en sortent.
Pendant ce temps, le pays stagne. On accumule des décennies de décisions prises par des gens qui apprennent l'économie réelle après coup, quand le mal est fait.
On n'a pas les moyens de se payer ce luxe.
Il faut vraiment en parler de ça.
La TTF française (les 0.3% de frais quand vous achetez une action française) est un cas d'école d'impôt qui coûte plus qu'il ne rapporte.
Depuis son introduction en 2012, les volumes d'échange sur les actions françaises ont baissé de 15 à 20% par rapport aux marchés européens non taxés.
Les market makers et les traders haute fréquence ont migré vers Amsterdam, Frankfurt et Londres (moins de liquidité = spreads plus larges = coûts plus élevés pour tous les investisseurs y compris les petits porteurs).
L'État collecte 2 milliards avec la TTF et perd probablement 10x plus en attractivité boursière, en entreprises qui ne se cotent pas à Paris, et en investisseurs qui achètent du Nasdaq plutôt que du CAC.
C'est peut-être l'impôt le plus contre-productif de l'arsenal fiscal français.
Sur la retraite par capitalisation, sa faisabilité ou sa souhaitabilité, on peut poser tout un tas de questions macroéconomiques impersonnelles.
Mais pragmatiquement, en tant que jeune parent, je n'ai pas vu de meilleur emploi de mon argent que de placer 2500€ pour ma fille le jour de sa naissance, dans l'espoir qu'elle n'y touche pas avant d'avoir 18 ans selon ses coûts d'étude, ou 65 ans même.
Je n'aurais pas souhaité qu'on augmente ma cotisation retraite de 2500€, dans l'espoir qu'un jour ça lui revienne par simple maintien des règles, alors que ces règles ne correspondent pas à la démographie à venir.
Si votre réaction instinctive est de dire que tout le monde n'a pas 2500€, alors d'une part vous admettez l'utilité de cette décision parentale, d'autre part vous n'avez pas compris que l'on peut prendre cette décision à l'échelle du pays. Ca existe, vous pouvez choisir que l'Etat donne cet argent. D'autres le font. Vous pouvez même décider que cette subvention ne soit donnée qu'aux enfants de familles pauvres.
Comme vous le savez, le PS a empêché le report de l'âge de départ à la retraite. En 2027, cela devrait coûter 1,8 milliards d'euros Prenez ce montant. Consacrez-le à la création d'un compte retraite individualisé pour chaque nouveau né.
Rapporté au nombre de naissances de 2025, cela ferait 2800€ par bébé. Progression moyenne de capital, et le bébé devenu retraité s'y retrouve. Sur une échelle de temps très longue, il n'y a pas d'effondrement de l'activité humaine.
On peut aussi regarder 64 ans en arrière pour le mesurer. Le rendement du système par répartition n'est pas comparable. Et le problème central de la répartition est la pyramide des âges. C'est plutôt un entonnoir des âges, et il faudra trouver une solution. On ne peut pas dire à la fois qu'il faut libérer les personnes de la pression de faire des enfants, et laisser un système de retraite qui nécessite un grand nombre d'enfants.
Donc je pose la question. Est-ce que vous préférez donner du repos à la génération née en 1964, ou préférez-vous créer une somme pour la génération de 2025, qu'ils retrouveraient des décennies plus tard ?
Prenez la dépense de retraite française. Si nous décidions de la réduire de 3%, on économiserait 12 milliards. De quoi donner aux plus jeunes. Mais cela implique de regarder la politique en se demandant si nous avons la bonne répartition entre jeunes et vieux. Je ne le pense pas.
Tout ça ne résoud rien pour les générations intermédiaires, typiquement les quarantenaires. Mais cela les soulagera peut être au moins en tant que parents, ils seraient un peu moins inquiets de la facture qu'ils laissent derrière eux. La question la plus importante posée aux français est la protection des enfants davantage que la "protection des acquis". Ces acquis ont pire qu'à craindre la politique, ils peuvent craindre les mathématiques. Difficile de tenir quand il y a moins de partageurs et plus de bénéficiaires.
Gilles, je vais démonter ta prémisse de départ, parce que tout le reste de ton argument s'effondre avec elle.
Tu pars du principe qu'il faut une « sensibilité de gauche » pour ne pas laisser créver les gens de faim. C'est l'inverse total de ce que dit l'histoire économique des 50 dernières années.
Les chiffres bruts.
1990 : 2,3 milliards de personnes en pauvreté extrême. 38% de l'humanité.
2025 : 831 millions. Environ 10%.
1,5 milliard d'êtres humains sortis de la misère absolue en 35 ans. La plus grande réduction de souffrance humaine de toute l'histoire de l'espèce.
Qui a fait ça ?
Pas l'aide internationale. Pas les ONG. Pas les programmes de redistribution. Pas la « sensibilité de gauche ».
Le marché. L'ouverture commerciale. La Chine de Deng en 1978 qui abandonne le maoisme. L'Inde en 1991 qui libéralise. Le Vietnam, l'Indonésie, le Bangladesh qui s'ouvrent au capitalisme.
Les seuls endroits où l'extrême pauvreté a EXPLOSÉ sur la même période ? Le Vénézuela socialiste : de 27% de pauvres en 2008 à plus de 80% en 2018, avec une inflation de 130 000% et un Vénézuélien moyen qui a perdu 11 kilos par dénutrition. La Corée du Nord. Cuba. Le Zimbabwe de Mugabe.
La gauche ne nourrit pas les pauvres. Elle les fabrique.
Le capitalisme produit tellement de richesse que même ses « perdants » américains vivent mieux que la classe moyenne soviétique. Un pauvre US a un frigo, une voiture, un téléphone, l'air conditionné, internet. Un pauvre cubain attend du riz.
Ton argument selon lequel « le social aux USA est un désastre » repète une légende française. La réalité : le PIB par habitant américain est de 80 000$. Français : 45 000$. Un Mississippien — l'État US le plus pauvre — a un revenu médian supérieur au Français moyen.
La vérité que la gauche française refuse de regarder : dans un système libéral, il y a plus de richesse créée, plus largement distribuée, et beaucoup moins de pauvres. Partout. Sans exception. Sur toutes les périodes mesurées.
ÊTRE de gauche en 2026 face à ces données, ce n'est pas avoir de la « sensibilité ». C'est ignorer 35 ans de preuves accablantes. C'est préférer la posture morale au résultat.
La compassion sans résultats, ça s'appelle de la vanité.
Après 1h30 d'audition d'Arthur Mensch à l'Assemblée où un patron français pose ENFIN les vrais termes du débat IA, on espérait que les journalistes hexagonaux suivent le niveau.
Les Echos nous sort « un data center consomme jusqu'à 19 millions de L d'eau par jour ».
Démontons.
→ Le « jusqu'à ». Toujours le « jusqu'à ». 19M L/jour c'est le pire cas absolu d'un hyperscale géant en plein désert américain avec evaporative cooling.
La moyenne d'un data center Google : 2,1M L/jour.
Un Google air-cooled au Texas : 38 000 L/jour.
C'est l'équivalent de 250 Français.
→ Mettons le 19M dans le contexte français.
Agriculture France : 3,1 milliards de m³ consommés/an = 8,5 MILLIARDS de litres PAR JOUR. En été, 25 000 litres PAR SECONDE.
Un hyperscale worst-case = 0,22% de la conso agricole quotidienne française.
→ Le maïs irrigué seul (1/3 des surfaces irriguées FR) consomme l'équivalent de 160 data centers worst-case. Chaque jour. Pour nourrir du bétail.
→ Les FUITES du réseau d'eau potable français : ~1 milliard m³/an. Soit 140 data centers worst-case PERDUS dans les tuyaux. Personne n'écrit d'article là-dessus.
→ Le pire : ces chiffres viennent quasi-tous du désert US (Arizona, Nevada). En France, on a du nucléaire bas-carbone, du climat tempéré, du closed-loop cooling qui arrive (Microsoft Mt Pleasant : zéro évaporation).
Les data centers européens ne sont PAS des data centers du Nevada.
→ Pendant ce temps Mensch dit aux députés : les US ont 9 GW de surplus électrique européen dans leur viseur, c'est verrouillé pour 10-15 ans, ça se joue dans les 2 ans.
Et Les Echos titrent sur l'eau.
Le pays qui irrigue du maïs pour engraisser des vaches s'inquiète de l'eau des data centers.
On mérite ce qui nous arrive.
Bompard "décrypte la propagande des pétroliers". Démontons son décryptage, point par point. Spoiler : c'est un cours de comptabilité fiscale donné par quelqu'un qui n'en a manifestement jamais ouvert un manuel.
Argument 1 de Bompard : "Total ne paie pas ses impôts en France."
Faux. Total paie en France ce que la loi française lui demande de payer, sur les bénéfices qu'il y réalise. Total a une activité de raffinage et de distribution en France qui est structurellement peu rentable (marges raffinage faibles, parc de stations vieillissant, concurrence GMS). Les bénéfices du groupe viennent de l'amont (exploration-production) qui se fait... en Afrique, en mer du Nord, au Moyen-Orient. Pas à Levallois.
Demander à Total de payer l'impôt français sur des barils sortis du Nigeria, c'est demander à Carrefour de payer l'impôt français sur les tomates cultivées en Espagne. Personne ne fait ça. Parce que les États n'aiment pas trop qu'on leur pique leur assiette fiscale.
Argument 2 : "Total n'a pas de bénéfices en France, c'est louche."
Non, c'est juste comment fonctionne le raffinage européen depuis 20 ans. Demandez à Petroplus, à LyondellBasell Berre, à ExxonMobil Fos. Tous fermés ou en perte. La marge de raffinage européenne est structurellement écrasée par la concurrence asiatique et moyen-orientale qui raffine moins cher.
Si raffiner en France était si rentable, BP, Shell, Esso ouvriraient des raffineries. Ils en ferment.
Argument 3 : "Total fait du transfer pricing pour évacuer ses bénéfices."
Ah, le grand classique. Sauf que :
Le transfer pricing est encadré par l'OCDE (principe de pleine concurrence), audité par l'administration fiscale française, et Total est un des groupes les plus contrôlés de France. S'il y avait fraude, Bercy l'aurait redressé. Comme il l'a fait pour Google, Apple, McDonald's.
Bompard ne cite aucun chiffre, aucun rapport, aucune décision de redressement. C'est une accusation gratuite déguisée en révélation.
Au passage, depuis 2024, l'impôt minimum mondial OCDE à 15% (Pilier 2) ferme précisément cette porte. Total y est soumis.
Argument 4 : "Total a augmenté ses bénéfices de 51% sur le dos des Français."
C'est là que ça devient drôle. 4,96 Md€ de bénéfice trimestriel d'un groupe qui réalise moins de 10% de son CA en France. Donc 90% des "superprofits" que Bompard veut taxer ont été réalisés sur des consommateurs qui ne sont pas français.
Bompard veut taxer en France des profits faits ailleurs, par une entreprise qui paie déjà ses impôts là où elle opère. Et il appelle ça de la justice fiscale.
La vraie séquence si on l'écoute :
Taxe sur les "superprofits" → Total délocalise son siège (Total est déjà coté à Londres et NY, juridiquement c'est trivial) → la France perd les emplois du siège, les impôts français résiduels, et le plafonnement à 1,99€/litre (que Total a mis en place de son propre chef et qu'il a prévenu retirer en cas de taxe).
Résultat net pour le Français moyen : essence plus chère, moins d'emplois, moins de recettes fiscales. Triple perdant. Bravo.
Bonus : la nationalisation à 70 Md€.
Bompard propose de "racheter Total" pour 70 Md€ alors que sa capitalisation est de 174 Md€. C'est-à-dire spolier les 60% d'actionnaires restants. Le coût réel ne sera pas 70 Md€, ce sera 174 Md€ + procès internationaux + fuite immédiate des capitaux français + dégradation de la note souveraine. Sans parler du précédent : qui investit dans un pays qui exproprie ses entreprises à moitié prix ?
Le Venezuela a nationalisé son pétrole en 2007. Production divisée par 4 en 15 ans. Cuba a nationalisé son sucre en 1960. Production divisée par 3. La France a nationalisé Renault en 1945 : il a fallu 50 ans pour rentabiliser.
Conclusion : Bompard ne décrypte pas la propagande des pétroliers. Il en fabrique une autre, à destination de ceux qui ne comprennent pas comment fonctionne une multinationale, et qui veulent juste un coupable. Il leur en sert un sur un plateau. C'est plus simple que d'expliquer que la fiscalité internationale, c'est compliqué et que le populisme économique, ça coûte cher quand on l'applique.
Un "économiste" qui trouve le programme de Mélenchon pertinent, c'est comme un médecin qui prescrirait du mercure pour soigner la grippe. À un moment, il faut se poser des questions sur le diplôme.
Le chiffrage indépendant (IFRAP) du "programme sérieux" :
PIB : -1,3 point
Inflation : +7,9 points
Dette publique : 113% du PIB
250 Md€ de dépenses en plus par an
167 Md€ rien qu'en intérêts de la dette
Le "sérieux", visiblement, c'est de promettre l'argent des autres jusqu'à ce qu'il n'y en ait plus.
Le mécanisme est connu : SMIC à 1600€ + retraite à 60 ans + 1 million de fonctionnaires en plus + blocage des prix + "désobéissance européenne". Soit, dans l'ordre : explosion du coût du travail, destruction de l'emploi privé, fuite des capitaux, inflation, contrôle des changes, pénurie.
Le Venezuela a appliqué la même recette point par point. Le pays produit aujourd'hui moins de pétrole qu'en 1940. Les médecins fuient à pied. Les Vénézuéliens ont perdu en moyenne 11 kg pendant la "Révolution bolivarienne". Littéralement : ils ont mangé des cailloux.
Et après vient la phase qu'on oublie toujours de mentionner pendant la campagne.
Quand l'économie planifiée échoue (elle échoue toujours), il faut un coupable.
Ce ne peut pas être la doctrine.
Donc ce sont les "saboteurs", les "ennemis du peuple", les "spéculateurs", les "traîtres".
URSS 1928 : dékoulakisation, 6 millions de morts.
Chine 1958 : Grand Bond en avant, 30 millions de morts. Cambodge 1975 : année zéro, 1,7 million de morts. Venezuela 2017 : 7 millions d'exilés, opposants emprisonnés.
Cinq fois la même séquence en un siècle. Toujours commencée par des "économistes sérieux" qui trouvaient le programme "social et juste".
Mélenchon se trompe de siècle.
La partition de Staline a déjà été jouée, et rejouée, et re-rejouée. Le 21e siècle n'a pas besoin de son petit père des peuples.
Il a besoin de builders, pas de planificateurs frustrés qui rêvent encore de Soviet Suprême derrière une carte de France.
Le seul programme qui marche, c'est celui qui fait confiance aux individus pour créer de la valeur.
Tout le reste, on l'a déjà essayé. Ça finit en file d'attente devant un magasin vide.
Je ne sais pas qui veut vraiment la réponse, mais sur ces deux propositions :
1. les entreprises feraient juste le choix de ne pas verser de dividendes et les actionnaires retrouveraient le même montant non versé dans la valeur de leurs titres.
2. Les entreprises engageraient des dépenses pour faire disparaître leur bénéfice, et elles auraient sous forme immobilière des promesses de gain.
Si les LFIstes prenaient vraiment au sérieux la question du financement de nos services et de la force de notre pays, ils feraient mieux que poser des questions rhétoriques. C'est juste un positionnement pour attirer la sympathie d'un électorat, mais ce n'est pas une perspective permettant d'améliorer nos vies.
Donc résumons calmement.
Une société créée le 11 décembre 2025, sans salarié déclaré, remporte quasiment immédiatement un marché public de la Ville de Paris lié à la direction artistique de Nuit Blanche 2026. La société en question : BUTCH EVENTS (SIREN 995 075 017). Le marché est notifié le 18 décembre 2025.
Autrement dit, en une poignée de jours, cette structure aurait eu le temps de :
préparer un dossier,
être identifiée,
entrer dans une procédure avec négociation,
présenter des garanties suffisantes,
et finalement remporter un marché public.
Parce qu’en pratique, lorsqu’un acteur économique classique découvre un appel d’offres, il lui faut souvent des semaines pour constituer un dossier crédible, réunir les pièces administratives, construire une offre technique et financière cohérente et répondre aux exigences du marché.
Quand une société née quelques jours auparavant gagne immédiatement un marché public, beaucoup peuvent avoir le sentiment que le gagnant était connu avant même l’ouverture de la compétition.
Et si une enquête démontrait qu’un marché a été orienté ou construit pour favoriser un candidat déterminé, on entre alors dans le champ possible du délit de favoritisme prévu par l’article 432-14 du Code pénal.
Dans ce type de situation, j’adresse un signalement :
au @Prefet75_IDF dans le cadre du contrôle de légalité,
à la Chambre régionale des comptes,
ou au procureur de la République si des éléments plus graves apparaissent.
Le minimum, dans une démocratie normale, c’est que l’argent public puisse être attribué dans des conditions où les concurrents ont réellement une chance de concourir.
Mélenchon, le mec qui te promet la lune en cassant l'échelle.
"La dette n'existe pas, mettez ça à la poubelle". Ok mon pote, on va décortiquer pourquoi cette phrase, c'est exactement le genre de connerie populiste qui mène un pays au gouffre.
Thread. 🧵
D'abord, c'est quoi la dette publique ?
Quand l'État dépense plus qu'il ne récolte en impôts (ce qui arrive en France TOUS les ans depuis 1974), il doit combler le trou. Pour ça, il emprunte. Il émet des obligations (les fameuses OAT) que des investisseurs achètent.
En échange, l'État s'engage à rembourser, avec des intérêts.
La dette française aujourd'hui : 3 513 milliards d'euros. 117% du PIB. Soit environ 51 000€ par Français, bébés compris.
Et la charge d'intérêts ? 70 milliards d'euros en 2026. C'est le 2ème poste budgétaire du pays, devant la Défense, devant la Justice. Chaque année, on crame l'équivalent du budget de plusieurs ministères juste pour payer les intérêts.
Maintenant, comment notre système social est financé ?
Spoiler : il ne l'est pas. Du moins, pas par nos impôts.
En 2025, l'État a encaissé 311 milliards de recettes nettes. Il a dépensé 450 milliards. Déficit : 139 milliards. On finance la Sécu, les retraites, l'école, l'hôpital, les allocs… en partie à crédit. Chaque année.
Le modèle social français tient debout grâce à QUI ? Aux investisseurs qui acceptent de nous prêter. 53% sont étrangers. Fonds souverains norvégiens, banques centrales, fonds de pension japonais, américains, britanniques.
Ce sont eux qui achètent notre dette parce qu'ils nous font (encore) confiance.
Et c'est là qu'arrive Jean-Luc, le génie qui a découvert l'eau tiède : "ils sont étrangers, donc on s'en fout, on annule".
Mon vieux, t'as raté un cours d'économie. En fait, t'as raté toute la matière.
Conséquence n°1 d'un défaut souverain : tu ne peux plus emprunter. Personne ne te prête à un fou qui vient de rayer ses créances. Donc demain, plus 1 centime de nouvelle dette.
Or je te rappelle : on a besoin de 310 milliards d'emprunts en 2026 juste pour faire tourner la boutique.
Conséquence n°2 : 139 milliards de dépenses qu'on ne peut plus financer. Du jour au lendemain. Donc concrètement : tu ne paies plus les retraites, tu ne paies plus les fonctionnaires, tu ne paies plus les allocs, tu ne paies plus les hôpitaux. Choisis ton secteur, il crève.
Conséquence n°3 : effondrement bancaire. Les banques françaises détiennent une partie massive de cette dette. Tu l'effaces, tu déclenches des faillites en cascade. Tes économies, ton livret A, ton assurance-vie ? Vapeur.
Conséquence n°4 : fuite des capitaux, effondrement de l'euro (la France c'est 20% de la zone euro), inflation explosive sur tout ce qu'on importe (énergie, alimentation, médicaments). Le pouvoir d'achat des Français pulvérisé en 6 mois.
Regarde la Grèce en 2010-2012. Pas un défaut total, juste une restructuration. Résultat : 25% de chute du PIB, chômage à 28%, suicides en hausse, retraites coupées de moitié, hôpitaux sans matériel. Pendant 10 ans.
Et c'était avec l'aide de l'UE et du FMI. Imagine sans.
Mais Jean-Luc ne s'embarrasse pas de ces détails. Lui, il vend du rêve à des gens qui souffrent vraiment, en leur faisant croire qu'il existe un bouton magique pour tout régler.
C'est pas de la politique, c'est de la démagogie pure. Et c'est dangereux.
Le pire ? Il sait. Il n'est pas idiot. Il sait pertinemment qu'annuler la dette c'est condamner les classes populaires, celles qu'il prétend défendre, à la misère absolue. Les riches ont les moyens de partir. Les pauvres se prennent l'effondrement en pleine gueule.
La vraie question n'est pas "comment annuler la dette" (réponse : on peut pas sans tout détruire). La vraie question, c'est "comment arrêter d'en créer". Et ça, ça suppose de réduire la dépense publique, qui atteint 57% du PIB en France. Record mondial ou presque.
Mais réduire la dépense, ça veut dire dire non à des gens. Ça veut dire faire des choix. Ça demande du courage politique.
Mélenchon préfère vendre du fantasme. C'est plus facile, ça fait des votes. Et tant pis si le pays brûle après lui.
La dette existe, Jean-Luc. Et un jour ou l'autre, quelqu'un la paie. La seule question c'est : qui ?
Avec ton plan, ce sera tout le monde, en même temps, et brutalement.
SELECT
nom,
prenom,
date_naissance,
EXTRACT(YEAR FROM AGE(date_naissance)) AS age
FROM users
WHERE date_naissance < CURRENT_DATE - INTERVAL '110 years'
ORDER BY age DESC;
Coucou @AgircArrco
Voilà voilà.
Bisou
Tu mets en place un réseau, tu prends des pgp, t’achètes des puces, tu mets en place tout une logistique pour qu’un trou du cul qui lèche des pieds vient faire tomber tous le monde
Bonne question, je vais t'expliquer avec plaisir.
D'abord, ta question contient déjà l'erreur qu'on vient de démonter. Tu compares un salaire (rémunération du temps) à une création de valeur entrepreneuriale (rémunération du capital risqué et de la coordination). Ce ne sont pas les mêmes choses. C'est comme demander "pourquoi un kilo de safran coûte 4000 fois plus qu'un kilo de patates, ils pèsent pareil non ?". La quantité (de travail, de poids) ne détermine pas la valeur.
Ensuite, Arnault ne "gagne" pas 4000 SMIC en cash chaque mois. Sa fortune, c'est la valorisation boursière des actions qu'il détient dans les boîtes qu'il a construites ou rachetées. S'il vendait tout demain, le marché s'effondrerait et la "fortune" disparaîtrait. Cette valeur n'existe que parce que des millions de gens, librement, achètent des produits LVMH parce qu'ils les valorisent plus que l'argent qu'ils dépensent. Personne n'est forcé d'acheter un sac Vuitton.
Maintenant, la coordination concrètement. Arnault dirige un groupe de 213 000 employés, 75 maisons, présent dans 80 pays. Il a transformé une boîte de textile au bord de la faillite (Boussac, 1984) en numéro un mondial du luxe. Ça implique de prendre des décisions stratégiques sur des décennies, lever et allouer du capital sur des paris à 10-20 ans, recruter et garder des talents qui valent des fortunes ailleurs, anticiper des tendances culturelles globales, gérer des crises (2008, Covid, guerre commerciale Chine), arbitrer entre des milliers de priorités contradictoires chaque semaine.
Cette compétence est extraordinairement rare. C'est pour ça qu'elle est extraordinairement rémunérée. Pas par décret, par le marché. Si c'était facile, il y en aurait des milliers. Il y en a une poignée dans le monde.
Et surtout, le point que tout le monde rate. Quand Arnault crée 100 milliards de valeur, il n'en "prend" pas 100 aux travailleurs. Il en garde une fraction (sa part au capital), les employés gagnent leurs salaires (qui sont parmi les plus élevés du secteur), l'État prélève des dizaines de milliards en impôts et cotisations, les fournisseurs sont payés, les clients reçoivent des produits qu'ils valorisent plus que ce qu'ils paient (sinon ils n'achèteraient pas), et les actionnaires (dont des millions de retraités via leurs fonds de pension) reçoivent des dividendes.
C'est un jeu à somme positive. Tout le monde y gagne. Sinon personne ne participerait volontairement.
Le raisonnement marxiste à somme nulle ("s'il a beaucoup, c'est qu'il a pris aux autres") repose sur une vision pré-industrielle de l'économie où le gâteau était fixe. Depuis 200 ans, le gâteau grossit. Le PIB mondial par habitant a été multiplié par 15 depuis 1820. Ce n'est pas en redistribuant un gâteau fixe qu'on y est arrivé, c'est en laissant des entrepreneurs créer de nouveaux gâteaux.
Pour finir : des Bernard Arnault en France, on n'en a pas assez. On devrait en avoir des dizaines de plus, surtout dans la tech. Aujourd'hui le seul qui a vraiment réussi dans la tech française, c'est Xavier Niel, et il est très, très seul. Si on avait des dizaines de Xavier Niel, on aurait plusieurs Station F, on aurait beaucoup plus de startups financées, on aurait un écosystème beaucoup plus sain, et surtout on aurait des centaines de milliers d'emplois bien payés en plus.
Le problème de la France ce n'est pas qu'on a trop de riches. C'est qu'on n'en a pas assez.
Hello Julia, sans aucune ironie, c'est top que tu prennes le temps de te renseigner. Mais le problème quand on lit Marx aujourd'hui, c'est qu'on prend pour acquis sa prémisse de départ, alors qu'elle a été démontée scientifiquement il y a plus de 150 ans.
Toute la pensée de Marx repose sur la théorie de la valeur-travail. L'idée que la valeur d'un bien vient de la quantité de travail nécessaire pour le produire. Si tu acceptes cette prémisse, alors oui, tout son raisonnement tient. Le capitaliste "vole" la plus-value du travailleur, l'exploitation est mathématique, la révolution est inévitable.
Sauf qu'en 1871, trois économistes (Menger en Autriche, Jevons en Angleterre, Walras en Suisse) découvrent indépendamment la même chose : la valeur n'est pas objective, elle est subjective et marginale.
Un verre d'eau dans le désert vaut une fortune. Le même verre à côté d'une rivière ne vaut rien. Le travail incorporé est identique. Donc le travail ne détermine pas la valeur. C'est le consommateur qui valorise un bien selon son utilité marginale dans un contexte donné.
Exemple concret : tu peux passer 1000 heures à tricoter un pull moche que personne ne veut. Selon Marx, ce pull a énormément de valeur (beaucoup de travail incorporé). Selon la réalité, il ne vaut rien. Parce que personne n'en veut.
À l'inverse, Bernard Arnault crée des milliards de valeur non pas parce qu'il "exploite" mais parce qu'il a su anticiper et organiser des désirs humains à grande échelle. La valeur est créée par la coordination, pas extraite par le vol.
Cette découverte (la révolution marginaliste) a invalidé tout l'édifice marxiste. Pas pour des raisons idéologiques, pour des raisons scientifiques. C'est pour ça que plus aucun département d'économie sérieux au monde n'enseigne Marx comme un cadre d'analyse valide. On l'enseigne en histoire de la pensée.
Maintenant, le truc important. Si ton intention en lisant Marx c'est d'aider les pauvres (c'est une intention noble), alors tu vas être surprise par ce qui suit.
Regarde les chiffres de la Banque mondiale. En 1820, 90% de l'humanité vivait dans l'extrême pauvreté. Aujourd'hui, moins de 9%. Cette chute historique ne s'est PAS produite dans les pays qui ont appliqué Marx. Elle s'est produite dans les pays qui ont libéralisé leur économie.
Chine post-1978, Vietnam post-1986, Inde post-1991, Pologne post-1989. À chaque fois qu'un pays libéralise, des centaines de millions de gens sortent de la pauvreté en une génération. À chaque fois qu'un pays applique Marx (URSS, Cambodge, Corée du Nord, Venezuela), c'est la famine et les goulags.
Ce n'est pas une opinion, c'est l'expérience la plus massive jamais menée en sciences sociales. Plusieurs milliards de cobayes humains, sur un siècle.
Donc paradoxalement, si tu aimes vraiment les pauvres, la position la plus cohérente n'est pas d'être marxiste. C'est d'être pour la liberté économique. Parce que c'est empiriquement la seule chose qui a jamais sorti massivement les gens de la misère.
Pour creuser, je te recommande trois lectures qui vont changer ta vision :
"La Loi" de Frédéric Bastiat (court, lumineux, gratuit en ligne)
"La Route de la Servitude" de Hayek
"Économie en une leçon" de Henry Hazlitt
Bonne lecture, et vraiment chapeau de chercher à comprendre plutôt que de rester dans tes certitudes. C'est rare.