Le problème de la crise de la natalité est surtout politique : les enfants qui n'existent pas encore ne votant pas, il est impossible de leur consacrer durablement autant que ce que l'on consacre aux personnes âgées qui elles votent.
Alors que puisqu'il s'agit d'une question existentielle - la survie tout court du pays - il serait légitime et rationnel, dans un pays qui aurait les institutions politiques capables de penser à long terme, de consacrer 15% de son PIB à ce que ses habitants produisent la génération d'après.
Bon, j’ai lu beaucoup trop de bêtises sur Mistral, la crise IA géopolitique et les enjeux cruciaux du moment.
Il faut rétablir des vérités ignorées par 99 % des commentateurs.
Le moment Fable 5 est important pour 3 raisons :
1.Celle que tout le monde a captée : ça montre que sans IA de frontière sur laquelle elles ont la main, les nations sont à poil. Et que les États-Unis n’en ont rien à faire de l’Europe. L’Occident est un mythe géopolitique. In fine c’est America First. Si rien n’est fait, l’histoire du monde ce sera USA vs Chine et le reste en spectateur au mieux, vassal au pire.
2.Celle que les gens captent moins : nous sommes arrivés à un niveau où les IA les plus avancées peuvent trouver des failles de cybersécurité inconnues. Elles sont donc d’ores et déjà des armes géopolitiques qui déterminent qui est puissant et qui est à poil. On ne parle pas d’un futur hypothétique avec des terminators autonomes, on parle d’un présent où nos concurrents géopolitiques peuvent trouver des accès à tous nos systèmes informatiques, et donc potentiellement à tous nos secrets, et désactiver toutes nos défenses.
3.Nous sommes potentiellement à l’aube de l’auto-récursivité, c’est-à-dire le moment où l’IA permet de créer le modèle d’IA suivant et ainsi de suite. Conséquence : un écart technologique de quelques mois se met à représenter des années voire des décennies en termes de puissance et de capacités. La qualité exceptionnelle des derniers modèles d’Anthropic laisse penser que la phase d’accélération a peut-être déjà commencé.
Pourquoi nous ne sommes pas foutus :
1.Les non-spécialistes ignorent sans doute qu’est sorti hier un modèle open weight chinois, GLM-5.2, qui semble être du niveau de Fable. Or si Anthropic fait grosso modo 40 fois la taille de Mistral, ce qui est super décourageant sur le papier, GLM ne fait que deux fois la taille de Mistral.
2.GLM-5 est probablement le fruit de 70 MW de compute, là où Mistral est à 44 MW, mais en progression rapide. Les deux sociétés ont le même ordre de grandeur de techos de très haut niveau. Dans les centaines.
3.Nous ne sommes donc pas si loin de la frontière en termes de potentiel ! Il faut noter que Mistral est la seule entité européenne qui a l’argent, les talents et les centres de calcul pour ne pas être totalement larguée. Je comprends bien ceux qui disent qu’ils veulent un projet pan-européen, qu’il faut plusieurs acteurs différents, que c’est toujours dangereux la politique du champion unique. Mais en gros, on n’a plus le temps. Fallait se poser la question dans les années 2000 quand on a décidé qu’on allait lâcher tout notre système numérique aux GAFAM. Les politiciens se réveillent 25 ans trop tard sur les questions de souveraineté numérique.
Pourquoi les modèles Mistral ne sont pas à la frontière attendue, si leur potentiel n’est pas si degueu ?
1.Mistral a initialement fait le pari de faire des modèles plus petits, plus spécialisés, tournant en local pour les grandes entreprises européennes qui ne veulent pas filer leurs data aux Américains. Stratégie initiale logique quand on voit à quel point personne en Europe ne s’est jamais battu sérieusement contre les GAFAM. Stratégie des interstices donc.
2.Sauf qu’entre-temps l’agentique est arrivé, qui permet aux IA de faire de longs travaux en autonomie. C’est grâce à l’agentique que l’on peut faire des armes cyber redoutables, grâce à l’agentique que l’on peut créer des chercheurs en IA auto-améliorants. Mistral a donc ajouté cette corde à son arc, tout en continuant à engranger des sous sur le marché biz souverain. Mais beaucoup de retard a été accumulé.
3.Aujourd’hui ce qu’il manque à Mistral, et qui fait que les Chinois à moyens similaires sont devant, ce n’est que partiellement du calcul supplémentaire, mais surtout plus de talents spécialisés en agentique, plus de data de qualité et plus de boucles de feedback en données réelles.
Bonne nouvelle, on peut régler tout ça facilement :
1. Plus de talents agentiques, faut aller les débaucher. Et si on ne veut pas qu’ils soient débauchés très loin, mais qu’ils rejoignent l’équipe cœur à Paris, c’est facile : on crée un régime social d’exception pour les chercheurs et ingénieurs en IA et robotique qui plafonne les cotisations sociales au-delà de 150k de salaire. Comme ça, embaucher un talent à Paris ne coûte pas deux fois le prix américain.
2. Plus de data, il faut que la France donne toute la data de qualité dont regorgent ses administrations. Data santé, data cyber, etc. Pour garder la confidentialité, il faut anonymiser. Il faut que seul l’entraînement ait accès aux données. Et pour que ce soit légal dans un cadre européen, il faut réserver l’accès à ces données aux seules entreprises européennes disposant d’une certaine puissance de calcul et capacité de sécurisation, et l’interdire aux entreprises non européennes.
3. Plus de feedback de données en conditions réelles : on fait passer l’intégralité des administrations françaises sur Mistral. Oui c’est moins bien que Claude au début, mais en même temps on n’a pas envie que les données des Français soient aux US, et ce n’est pas comme si les administrations françaises allaient perdre des parts de marché si elles étaient temporairement moins performantes. C’est d’ailleurs comme ça qu’a fait la Chine : pendant des années, avant que leurs systèmes s’améliorent, leurs administrations tournaient sur des logiciels locaux sous-optimaux.
Donc on récapitule :
Si la France n’a pas rapidement d’IA de frontière, elle est cuite pour ce siècle.
Elle n’est pas si en retard que certains voudraient le faire croire, par volonté de décourager ou par simple réflexe d’auto-flagellation bien gaulois.
On peut se mettre au niveau avec quelques mesures simples, juridiquement peu compliquées et qui ont fait leurs preuves ailleurs.
Faut arrêter de pleurer et se bouger maintenant.
Cette vidéo de Cyrielle Chatelain est une catastrophe.
Pas parce que la rapporteure de la commission d’enquête sur les dépendances structurelles et les vulnérabilités systémiques dans le secteur du numérique et les risques pour l’indépendance de la France est en désaccord avec ce que dit @arthurmensch, c’est son droit le plus strict et le débat sur l’IA est nécessaire.
Non, cette vidéo est désespérante pour qu’elle dit de la pauvreté abyssale du débat public.
L’audition d’Arthur portait sur des sujets existentiels pour l’Europe, à l’heure où la capacité à maîtriser l’intelligence artificielle est un enjeu économique, géopolitique et stratégique majeur.
Cyrielle Chatelain est rapporteure de la commission, par ailleurs Présidente du groupe écologiste à l’Assemblée Nationale. Elle est donc garante non seulement de la qualité des débats, mais plus globalement d’une certaine idée de ce qu’est le travail parlementaire.
Cette audition, où les (rares) parlementaires présents ont joué pleinement leur rôle et dont chacun pourra juger de la qualité (lien en commentaire), méritait infiniment mieux que ce short inepte sur ce qui n’est qu’une erreur de traduction (entre trillion et trilliard).
C’est une tendance désormais quasi systématique en politique de ne pas débattre du fond mais d’essayer de décrédibiliser son opposant en se moquant d’une hésitation ou d’une erreur. Sauf qu’Arthur n’est pas un opposant politique. C’est un entrepreneur qui se bat pour l’indépendance européenne, et qui essaie d’expliquer les tenants de la compétition mondiale à laquelle il est confronté.
C’est aussi pour cela que j’ai quitté la politique.
The moment of one of today’s Russian strikes on Kyiv.
I can see that fewer and fewer people are reading news from Ukraine. I understand that on a Sunday morning, people don’t want to read about war. They want to sleep a little longer, drink good coffee, and sit in the sun. I understand that. The algorithms on X limit content about war, destruction, and suffering. You have to make an effort to even see this information.
All of this is understandable on a human level. But unfortunately, if you remove Putin and the war from your information feed, they do not disappear from reality.
Putin is a sadist and a maniac. He is a threat to all of humanity.
There needs to be active resistance. News from Ukraine needs to be shared. People need to keep their focus.
Despite a sleepless night, I’m still here. And I’m grateful to everyone who continues to stand with us.
One day, we’ll drink morning coffee together in a beautiful, peaceful Kyiv.
Reminder that among the many issues with this graph, the silliest methodological one is that many social transfers register as increasing the tax rate at the lower end of the income distribution.
This is why nowadays the same methodology gives a tax rate above 100% for the poor in France.
In the case of the US, programs like the earned income tax credit (EITC) and child tax credit (CTC), which reduce the tax bill of the poor, register as doing the opposite under this methodology.
Why? Essentially because the credits are not netted out of the tax bill, while the sales tax on the increased consumption they fund is added to it. The denominator, meanwhile, is pre-tax, pre-transfer income.
The more you receive transfers from the government, the highest will be the cost of sales tax relative to your pre-transfer income.
If you apply this methodology to retirees, their tax rate can also be extremely high since they pay income tax and sales taxes on their social security benefits, which is not part of their pre-transfer income at the denominator.
A more complicated issue is the inclusion of payroll taxes that fund Social Security and represent the biggest chunk of taxes on the lower half of the distribution.
When workers (employer share is allocated to workers on this graph) pay Social Security taxes, they accumulate individualized claims to future Social Security benefits. The true tax is the differential between the actuarial value of the claim obtained and the tax paid to obtain it. Here the entire tax is counted without regard for the claim.
If you take these graphs seriously, you'd therefore conclude that privatizing Social Security, Medicare and Medicaid would make the fiscal system much more progressive since it would massively lower taxes in the bottom 80%.
Of course, that's a silly conclusion. But at the end of the day, this is what this graph is about: welfare state denialism.
Ma réponse aux réactionnaires du sénat : « Personne n’est obligé de se marier avec quelqu’un du même sexe, ni d’avorter, ni de recourir à l’aide à mourir. N’imposez pas vos convictions. Laissez les gens choisir leur propre vie ». #Senat
Il tape constamment sur les États-Unis qu'il accuse d'être les responsables de tous les problèmes du monde et pourtant il utilise exactement les mêmes procédés que Trump.
Mélenchon président, ce serait une catastrophe géopolitique pour l'Europe et un don du ciel pour Moscou et Pékin.
Bon on a déjà gagné la première bataille : tout le monde se réveille sur la crise de la natalité.
En revanche la deuxième bataille ne fait que commencer : faire la chasse aux idées débiles.
Oui le logement est un des meilleurs leviers sur la natalité. Mais le problème n'est pas du côté de la demande mais de l'offre.
Le problème c'est qu'on ne construit pas du tout assez. Les taux zéro on sait ce que ça fait : ça augmente le prix de l'immobilier, une grande partie de l'avantage est capté par les proprios et l'effets sur la natalité est nul. (cf les évaluations du PTZ par Beaubrun-Diant et Maury)
Le RU a tenté ça avec le help to buy. Zéro effet sur la construction, maxi effet sur le patrimoine des vendeurs.
Donc non seulement ça sert à rien, mais c'est même une mesure régressive : ça transfère de l'argent public vers les riches propriétaires qui vendent, sans passer par la case jeunes couples.
Il faut vraiment que tous les politiques lisent Couillard 2025 pour arrêter de proférer des âneries : ce n'est pas la solvabilisation qui fait la fécondité, c'est l'offre de logements familiaux.
Donc la solution c'est libération du foncier, suppression du ZAN dans les couronnes périurbaines, simplification des recours, dérogations PLU automatiques au-delà d'un seuil de tension locative, etc.
Il faut vraiment que tous les candidat pour 2027 aient bien ça en tête et sortent des propositions moins médiocres qu'aujourd'hui.
Travaillez un peu plus, le futur de la France en dépend !
Je réagis enfin au fameux sondage IFOP que j'ai vu passer et je dois dire que je trouve que l'enthousiasme est très exagéré. @latribune a tort d'écrire que "52 % des retraités seraient favorables à une baisse de leur pension pour redresser les finances publiques."
Dans ce sondage, on ne demande pas aux gens :
"Êtes-vous prêts à baisser votre pension ?"
On leur demande :
"Peut-on réduire le déficit public SANS toucher aux retraites, à la santé ou aux salaires des fonctionnaires ? »
C’est une question macro, abstraite, et sans coût individuel donc quand 52 % des retraités répondent "Non", ils disent que ce sera difficile de réduire le déficit sans toucher aux pensions. Ils ne disent pas du tout qu'ils sont prêts à y perdre personnellement.
Pour autant, il y a quand même une bonne nouvelle dans ce sondage. Les retraites sont le poste le moins protégé dans l’opinion alors que les salaires des fonctionnaires et les dépenses de santé sont davantage préservées.
C'est le premier poste de dépenses publiques donc c'est plutôt rassurant de voir que les gens en sont conscients.
En revanche, ça ne veut pas dire qu'il y a un soutien clair pour baisser les pensions. On est globalement autour de 50 / 50.
La réalité est qu'il y a une confusion majeure entre deux choses :
- reconnaître une contrainte au niveau macro
- accepter un effort au niveau micro
Ce sondage mesure la contrainte mais il ne mesure pas un consentement à l'effort.
Je rappelle que le dernier sondage d'OpinionWay que j'avais commenté en janvier posait une question très claire aux retraités :
"Seriez-vous prêt à accepter une baisse de votre pension si cela garantissait aux générations suivantes d’avoir une retraite ?"
Et la réponse était également très claire avec 74 % de "non" surtout 33 % de "non, certainement pas"
Quand je combine les deux sondages, j'interprète cela comme le fait que les gens disent qu'il faudra probablement toucher aux retraites en théorie, mais non à la leur dans la pratique.
D'ailleurs quand on regarde les résultat du sondage IFOP, même les actifs ne sont un moteur clair (51 oui vs 49 non) et ce n'est pas non plus incroyablement marqué dans le sens de l'effort des retraités quand on regarde les réponses par âge.
Par conséquent, moi je ne vois pas de majorité incontestable pour baisser les pensions dans ce sondage.
D'ailleurs, je pointe également les limites du concept de baisse des pensions. Il y a énormément de manières de baisser les pensions qui ne demandent pas le même effort pour chaque retraité.
Dire qu'on baisse de 2 % ou de 25 % les pensions n''a pas du tout le même impact que ce soit au niveau macro ou micro.
Je rappelle que je viserais idéalement 25 % au global ce qui est probablement très loin de ce que les gens imaginent en répondant.
De plus, il faut également interroger la raison de la baisse. Ici le sondage parle de réduire le déficit public ce qui est utile dans l'absolu mais ce qui n'est pas mon option idéale. En effet, je souhaiterais qu'on baisse drastiquement les pensions de retraite au global pour diminuer les cotisations retraite et augmenter le net des actifs.
Si on mettait ça dans la balance, il y a fort à parier que l'acceptabilité ne serait pas du tout la même entre actifs et retraités.
En conclusion, ce sondage ne montre pas une acceptation de la baisse des retraites. Il montre simplement une lucidité abstraite, sans consentement concret.
Dans ces conditions, je suis très sceptique sur le fait que la majorité des retraités accepte une baisse de leurs pensions, surtout si elle est conséquente et les quelques réactions véhémentes que j'ai pu lire ces derniers jours me renforcent dans cette conviction.
Je maintiens donc ce que j'ai écrit à l'occasion du dernier sondage. Je doute que l'ajustement sur les pensions soit volontaire, même si on peut toujours continuer à faire preuve de pédagogie. Il devra donc vraisemblablement être imposé, par une majorité politique qui osera en assumer la responsabilité, et le plus tôt sera le mieux.
THEY SENT FOUR HUMAN BEINGS 452,000 KILOMETRES BEHIND THE MOON AND BROUGHT THEM BACK TO SPLASH DOWN IN THE EXACT SPOT THEY CALCULATED BEFORE THEY EVER LEFT THE GROUND
THE MATHEMATICS WORKED. THE PHYSICS HELD. THE SILENCE ENDED.
EVERY ENGINEER, MATHEMATICIAN, PHYSICIST, AND PROGRAMMER WHO TOUCHED THIS MISSION IS THE COOLEST PERSON ALIVE AND THEY KNOW IT
WELCOME HOME
« Sur le fond, un exemple. Les retraites, c'est un quart de la dépense publique. C'est la moitié de la dette depuis 2017. Un politique qui promet de redresser les comptes sans régler ce sujet MENT. »
— @guillaumekasba https://t.co/G0SxOIW2wD
There are similarities with COVID. We first had complacency, then daily case runs, and finally market panic. We know about upcoming fuel issues, but soon we will have daily stats of # of pumps, airlines, or even countries without fuel. At some point recession will appear unavoidable. And is not a trade war to be called off with a tweet.
Une fois de plus, des journalistes français (qui ne sont déjà pas bien incisifs avec les responsables nationaux), pensent qu’avec une préparation superficielle ils peuvent échanger avec des professionnels du mensonge et de la manipulation.
Tout comme l’interview totalement irresponsable de Douguine sur @franceculture il y a quelques mois, cette interview n’est qu’un cadeau offert à des gens qui nous considèrent comme des ennemis.
France Télévisions défend l’interview de Léa Salamé comme « solide sur le fond » : c’est une blague ! Non, ce n’est pas « solide sur le fond ». C’est de la complaisance pure et simple. Une véritable plateforme offerte à la propagande russe..., diffusée en prime time sur le service public... Léa Salamé a interrogé Sergueï Lavrov jeudi 26 mars 2026 sur France 2. Face au vieux briscard de la diplomatie poutinienne, la journaliste a posé des questions… mais sans jamais vraiment les imposer. Léa Salamé a posé des questions (sur l’Ukraine, l’Iran, l’Europe), mais beaucoup d’analystes estiment qu’elle n’a pas « fact-checké » en temps réel ni relancé sur les contradictions évidentes avec les preuves internationales. Lavrov, rompu à l’exercice, a pu flatter la journaliste et dérouler son discours sans être vraiment mis en difficulté. Résultat : pour beaucoup, cela ressemble plus à une tribune qu’à un entretien exigeant de journalisme. Lavrov a pu dérouler tranquillement son narratif habituel, sans être suffisamment contré par des faits précis ou des relances insistantes sur ces preuves internationales. Des experts (comme Dimitri Minic de l’IFRI ou Antoine Bondaz) ont qualifié cela de « catastrophique » ou « inutile et dangereux », Où étaient les relances incisives sur les crimes de guerre documentés par l’ONU ? Sur les bombardements systématiques de civils, les hôpitaux et les écoles ? Sur la déportation forcée de milliers d’enfants ukrainiens, leur russification forcée et le mandat d’arrêt de la CPI contre Vladimir Poutine ? Lavrov a nié ou minimisé, et on l’a laissé faire sans lui opposer fermement les rapports internationaux accablants. Sur l’Iran ? Lavrov a admis sans broncher que la Russie défend les « intérêts » de Téhéran et lui fournit du matériel militaire, tout en niant transmettre du renseignement pour localiser des cibles américaines. Or, des sources de renseignement occidentales (Wall Street Journal, intelligence européenne et américaine) confirment une coopération approfondie : transfert de technologies Shahed améliorées (navigation, brouillage), partage d’imagerie satellite, conseils tactiques issus de l’expérience ukrainienne, et production conjointe. Aucune confrontation sérieuse sur le transfert de technologies, le partage d’imagerie satellite ou la coopération tactique entre Moscou et Téhéran, pourtant confirmée par les renseignements occidentaux. Et sur les ingérences russes en France cyberattaques, campagnes de désinformation, tentatives d’influence ? Le même schéma : éléments de langage russes servis sur un plateau, sans contradiction robuste. France Télévisions ose pourtant défendre cet exercice en parlant d’un entretien « solide sur le fond ». C’est risible. Les spécialistes de la Russie et de la guerre en Ukraine français comme ukrainiens parlent d’une interview « honteuse », « catastrophique », « inutile et dangereuse ». L’ambassadeur d’Ukraine en France y voit une « tribune offerte à un criminel de guerre ». Ils ont raison. Dans un contexte de guerre hybride où la Russie déploie désinformation, cybermenaces et ingérences à grande échelle contre la France et l’Europe, donner une telle visibilité à l’un des principaux relais de la propagande du Kremlin, sans armature factuelle implacable, n’est pas du journalisme exigeant. C’est de la complaisance. C’est offrir une caisse de résonance à un régime qui bombarde des civils, déporte des enfants et arme ceux qui attaquent nos alliés. Le service public a mieux à faire que de transformer son 20 Heures en tribune pour Sergueï Lavrov. Poser des questions ne suffit pas quand on laisse les mensonges se déployer sans les clouer au pilori des faits. Dans un contexte de guerre hybride (désinformation russe massive, cybermenaces, ingérences), donner une telle visibilité à un haut responsable d’un régime sous sanctions et accusé de crimes de guerre sans armature factuelle plus robuste pose question sur le rôle du service public. Ce n’est pas « solide ». C’est faible. c’est grave et dangereuse...
@france2 En une heure, ils ont ruiné des mois d'efforts de la part de toutes celles et tous ceux, à commencer par nos diplomates, qui s'emploient, avec une certaine efficacité, à contrer la propagande du Kremlin. Je ne me suis pas exprimé à chaud mais même à froid ma colère ne retombe pas
Je ne vois pas comment, à moins d'être dénué d'honneur, on peut dénoncer l'antisémitisme des uns en semaine paire et s'abandonner à des "unions techniques" avec les mêmes en semaines impaires.
Je continue dans la lignée des billets de 500 euros qui traînent par terre et qu'on ne prend pas la peine de ramasser, trop occupés à pleurer sur le déclin du pays.
Si je vous disais que j'ai une autre méthode gratuite pour obtenir 20 000 naissances de plus par an, plus d'un demi-million en une génération, et que le seul prix à pays c'est... des gens plus contents de travailler et en meilleure santé ?...
Étude très robuste d'Aksoy, Bloom et al. (King's College London / Stanford, 2025, 38 pays) : quand les deux partenaires d'un couple télétravaillent au moins un jour par semaine, la fécondité augmente de 0,32 enfant par femme. Aux États-Unis, les niveaux actuels de télétravail expliquent 8,1% des naissances en 2024, soit 291 000 bébés.
Lyman Stone (Institute for Family Studies, 2022) : les femmes travaillant à distance avaient 40% de chances en plus d'être enceintes ou d'essayer de l'être. Bailey, Currie et Schwandt : le baby bump post-COVID de 2021 (+50 000 naissances chez les diplômées mariées) était concentré chez celles qui avaient accès au télétravail.
La preuve en négatif : la Corée du Sud a un TFR de 0,72 (le plus bas du monde) malgré des milliards de dépenses natalistes. Raison identifiée : journées de 12 heures, présentéisme absolu, incompatible avec la parentalité. Sans flexibilité du travail, même l'argent ne sert à rien.
POURQUOI ÇA MARCHE
Trois mécanismes. Le temps de trajet disparaît : un Francilien perd 1h20/jour en transport, deux jours de télétravail c'est 6 semaines de temps libre récupérées par an. Le coût d'opportunité d'un enfant baisse : on gère un enfant malade, des devoirs, une livraison entre deux réunions, la charge mentale diminue. La géographie se libère : le couple qui télétravaille accepte 30 minutes de trajet en plus, accède à des logements familiaux deux fois moins chers.
LE CALCUL POUR LA FRANCE
27 millions d'actifs. 30% d'emplois télétravaillables (DARES), soit 8 millions. Aujourd'hui, 25-30% télétravaillent régulièrement. Les autres ne le font pas par refus managérial, pas par impossibilité technique. En passant de 30% à 80% de télétravailleurs parmi les éligibles, avec l'élasticité de Bloom (+0,18 enfant/couple, estimation conservatrice US), on arrive à 15 000 à 25 000 naissances/an.
Coût économique : nul ou positif. Bloom a montré que si le total télétravail faisait baisser la productivité de 20 à 30%, le télétravail hybride jusqu'à deux jours ne réduit pas la productivité et diminue le turnover de 35%. L'essai islandais (2015-2019, fonction publique) a confirmé : productivité stable, salariés en meilleure santé.
CE QU'IL FAUT FAIRE
Une seule mesure. Un droit opposable au télétravail, 2 jours/semaine, pour les métiers qui le permettent. L'employeur peut refuser mais doit motiver par écrit avec des raisons objectives. On ne force personne. On inverse la charge de la preuve.
Une loi. Un article. Pas de budget. Juste l'inscription dans le Code du travail d'un droit qui existe déjà de fait pour des millions de salariés depuis 2020, mais qui dépend encore du conservatisme d'un manager.
Le Royaume-Uni (2024) et les Pays-Bas (2023) ont déjà inscrit dans la loi un droit de demander le travail flexible dès le premier jour. C'est encore trop récent pour mesurer l'effet sur la fécondité, mais ça montre que le principe est politiquement faisable dans des démocraties européennes.
Transparence totale : dans ma boîte, nous avons décidé d'être en total télétravail 5 jours par semaine + pas d'obligation de localisation (si tu veux travailler depuis le Lot, tant que tu as du haut débit, c'est ton choix) dès 2018. Personne ne voudrait revenir en arrière, et particulièrement pas les dirigeants.
Alors voilà, pas la peine de pleurnicher sur l'effondrement démographique, la crise du logement et l'économie atone.
Avec quelques lois gratuites, on fait baisser le coût du logement de 40%, on augmente le PIB de 50 milliards par an, on améliore la qualité de vie et le pouvoir d'achat des Français, et on produit en une génération 1,6 millions d'habitants en plus.
On continue à se plaindre, ou on ramasse les billets ?