POURQUOI CE COMPTE ?
J’ai commencé à traiter les produits dérivés actions au Crédit Lyonnais, puis à la Commerzbank.
J’ai ensuite passé une grande partie de ma carrière dans le courtage et le sales trading chez Carr Futures et Newedge, entre Paris, Londres et Hong Kong.
Je me suis parfois éloigné des salles de marché. Jamais vraiment des marchés.
En vingt-cinq ans, j’ai vu disparaître les pits, les NIP et une partie des anciens métiers. J’ai vu arriver les plateformes électroniques, les algorithmes, les néobrokers, les réseaux sociaux et une nouvelle génération d’investisseurs particuliers.
Les outils ont changé. Les comportements humains, beaucoup moins.
J’ouvre ce compte pour parler des marchés, des options, de la volatilité, du risque, mais aussi de ceux qui les font vivre.
Je partagerai mes réflexions, celles des autres lorsqu’elles me paraissent pertinentes, et je réagirai parfois aux certitudes que l’on rencontre ici. Sans agressivité, mais pas nécessairement sans désaccord.
Je ne vends ni formation, ni signaux, ni méthode miracle. Je ne prétends pas davantage connaître le prochain mouvement du marché.
Je veux simplement retrouver ce qui m’a toujours passionné : observer, comprendre, discuter… et essayer de savoir si je prends ou si J’AIIIIII !
Petit détail quand même 👇
Après -36,6 %, il faut +57,7 % pour revenir à zéro.
Et il a fallu plusieurs années pour se refaire, comme après l’éclatement de la bulle Internet au début des années 2000.
Les marchés finissent souvent par remonter, mais le temps pour revenir à zéro compte aussi.
Donc attention aux chiffres 😉
Les Français commencent enfin à mieux investir.
Ils délaissent progressivement les placements peu rémunérateurs, découvrent les actions, les ETF et investissent davantage à l’international.
C’est probablement une bonne nouvelle pour leur patrimoine.
Mais peut-être une moins bonne nouvelle pour la France…
Car pendant longtemps, notre épargne a financé, souvent sans que nous le sachions, le logement social, les entreprises françaises et les besoins de l’État.
Alors que la France aura de plus en plus besoin d’argent, les Français pourraient progressivement lui en prêter de moins en moins.
Quelles peuvent être les conséquences à moyen terme ?
Prochain article :
« Et si les Français apprenaient à mieux investir… au détriment de la France ? »
SpaceX va prendre beaucoup plus de place dans le Nasdaq 100.
À partir de lundi, $SPCX représentera 2,82 % du Nasdaq 100, contre environ 1,28 % actuellement.
Soit plus du double.
SpaceX est désormais la 6e plus grosse capitalisation mondiale, avec une valorisation de plus de 2 000 Md$.
Son poids dans l’indice était pourtant artificiellement faible depuis son introduction en Bourse.
Le rééquilibrage va donc obliger les fonds qui répliquent le Nasdaq 100 à augmenter mécaniquement leur exposition à SpaceX.
Nvidia : j’ai crié « je prends »… mais je n’ai rien acheté.
On est en 2017.
Je suis courtier en options sur indices à Paris, fraîchement rentré de Hong Kong. À mes heures perdues, je joue régulièrement à Call of Duty.
Grâce à ce hobby, je crée des liens avec les gamers et je me rends compte qu’ils parlent tous de la même chose : leur carte graphique Nvidia.
Un jour, je me lève en pleine salle des marchés et je crie vraiment :
« Nvidia, je prends ! C’est l’action du futur ! »
Tout le monde m’entend.
Le problème, c’est que j’ai crié… mais que je n’ai rien acheté.
En février 2017, Nvidia vaut environ 100 dollars, soit 2,50 dollars en cours ajusté des splits.
Je suis convaincu que le titre va monter. Mais, comme souvent, je réfléchis beaucoup et je n’agis pas.
Deux ans plus tard, en février 2019, Nvidia vaut environ 153 dollars, soit 3,82 dollars ajustés : une hausse de plus de 50 %.
Je me dis alors que c’est trop tard.
Et je n’achète toujours pas.
Aujourd’hui, Nvidia vaut environ 227 dollars en cours ajusté et dépasse les 5 000 milliards de dollars de capitalisation.
Si j’avais investi 10 000 € en février 2017, ils vaudraient aujourd’hui autour de 840 000 €, en tenant compte de l’évolution du dollar.
Mais soyons honnêtes : est-ce que j’aurais réellement conservé mes actions pendant presque dix ans ?
Probablement pas.
Sauf si j’étais parti, dès le premier jour, avec cette contrainte : je ne touche pas à cette position pendant dix ans.
C’est peut-être cela, la vraie leçon.
Quand on a une conviction forte, il faut la traiter. Même avec une petite position.
Et après une hausse spectaculaire, rien ne dit que la hausse est terminée. Il vaut parfois mieux agir modestement que réfléchir jusqu’à ne plus rien faire.
Cette fois, je pense qu’il faut s’y mettre.
Choisissez une entreprise dans laquelle vous croyez vraiment. Investissez une somme dont vous n’avez pas besoin et que vous êtes prêts à voir fortement baisser. Puis partez avec une règle simple : ne plus y toucher pendant dix ans.
Le plus difficile en Bourse n’est pas toujours d’avoir raison.
C’est d’acheter… puis de savoir attendre.
La dette française reste sous pression malgré le rebond des actions.
Le pétrole proche de 100 $ redonne de l’air à l’Europe.
Le Nasdaq inscrit un record grâce au retour brutal du thème IA.
Rebond très fort des valeurs Rare earth.
On parle souvent du rendement de Warren Buffett. Et parfois, j’ai l’impression qu’on le compare à de jeunes « traders » qui viennent d’ouvrir un compte chez un courtier en ligne et rêvent de faire 50 % par an. Mais Berkshire est progressivement devenu une immense machine financière, avec un accès à des opérations totalement inaccessibles aux particuliers. Par exemple, la vente de puts OTC sur indices, à 15 ou 20 ans : Berkshire encaissait immédiatement les primes, pouvait les investir en attendant l'échéance lointaine, sans appels de marge significatifs entre-temps (oui des banques acceptées cela à l'époque). Ou encore, en 2011, les 5 milliards de dollars investis dans Bank of America : actions préférentielles rémunérées à 6 %, accompagnées de warrants permettant d’acheter 700 millions d’actions à 7,14 dollars. Imaginez qu’on vous confie des milliards pendant quinze ans, sans véritable appel de marge. Ou qu’une grande banque en difficulté vous propose un rendement de 6 %, avec une énorme option gratuite sur son redressement… Étudier les performances de Warren Buffett est passionnant. Mais se comparer à lui n’a aucun sens : nous ne jouons tout simplement pas avec les mêmes cartes.
Il y a quelques jours, nous avions préparé une étude sur OVHcloud.
Avec tout le buzz autour de l’IA, je m’étonnais que cette action ne soit pas davantage mise en avant.
Notre conclusion était assez simple : le dossier est intéressant. OVHcloud bénéficie de la croissance du cloud, possède ses propres infrastructures et pourrait profiter de la volonté européenne de renforcer sa souveraineté numérique. Le potentiel existe, même si la dette, les investissements importants et une croissance encore modérée restent à surveiller.
J’avais participé à l’IPO. J’attendais donc avec une certaine impatience ce retour à mon prix d’entrée.
Break-even atteint… mais je reste bullish sur OVHcloud.
Ceci n’est évidemment pas un conseil en investissement. #Ovh
On parle souvent du rendement de Warren Buffett.
Et parfois, j’ai l’impression qu’on le compare à de jeunes « traders » qui viennent d’ouvrir un compte chez un courtier en ligne et rêvent de faire 50 % par an.
Mais Berkshire est progressivement devenu une immense machine financière, avec un accès à des opérations totalement inaccessibles aux particuliers.
Par exemple, la vente de puts OTC sur indices, à 15 ou 20 ans : Berkshire encaissait immédiatement les primes, pouvait les investir en attendant l'échéance lointaine, sans appels de marge significatifs entre-temps (oui des banques acceptées cela à l'époque).
Ou encore, en 2011, les 5 milliards de dollars investis dans Bank of America : actions préférentielles rémunérées à 6 %, accompagnées de warrants permettant d’acheter 700 millions d’actions à 7,14 dollars.
Imaginez qu’on vous confie des milliards pendant quinze ans, sans véritable appel de marge. Ou qu’une grande banque en difficulté vous propose un rendement de 6 %, avec une énorme option gratuite sur son redressement…
Étudier les performances de Warren Buffett est passionnant.
Mais se comparer à lui n’a aucun sens : nous ne jouons tout simplement pas avec les mêmes cartes.
@NCheron_bourse Je viens de le voir, et je suis content d'avoir eu le même sentiment. Pour moi Air liquide est une position qui se construit sur chaque petite baisse.
Aujourd’hui, pétrole en baisse, taux longs qui se détendent… je prends.
Pour une fois, ça va dans le bon sens.
Mais on est vendredi, et en ce moment les week-ends peuvent être longs… 😅
Malheureusement, le monde de la finance sur X n’est pas représentatif de la France.
Il suffit de regarder autour de soi et d’écouter les Français pour comprendre que le pays n’est pas encore prêt à accepter des changements aussi profonds. Et pourtant, ils deviennent chaque jour plus nécessaires.
18 % par an en vendant des puts ? Vraiment ?
Je vois passer de plus en plus de choses sur la vente de puts.
Le trade est souvent présenté comme ça :
« J'ai vendu un put, j'ai pris 1,5 % en un mois. Ça fait 18 % annualisé. »
18 %.
Pas mal.
Mais il manque quand même une petite information :
pour gagner ces 1,5 %, j'ai pris quel risque ?
Prenons un exemple très simple.
Une société totalement fictive : Space Y, dirigée par un certain Elon Tusk.
Space Y cote 100.
J'aime bien la boîte, mais à 100 je la trouve un peu chère.
À 95, en revanche, je prends.
Je peux attendre tranquillement que Space Y baisse à 95.
Ou je peux vendre un put.
J'ai du put 95 à un mois. Je le vends 1,40.
Pour ceux qui n'ont jamais traité une option, c'est assez simple.
J'encaisse 1,40 aujourd'hui et, en échange, je m'engage à acheter Space Y à 95 si l'action termine sous ce niveau à l'échéance.
Si Space Y reste à 100, monte à 110 ou termine simplement au-dessus de 95, parfait.
Je garde mes 1,40.
Sur 95 de capital engagé, j'ai gagné environ 1,5 % en un mois.
Je multiplie par douze :
18 % de rendement annualisé.
Et voilà.
J'ai presque inventé le Livret A sous stéroïdes.
Sauf que non.
Je n'ai pas trouvé un placement qui rapporte 18 %.
J'ai vendu un risque.
Et on m'a payé 1,40 pour le prendre.
« De toute façon, à 95 je voulais acheter »
C'est la phrase qui revient tout le temps.
Et elle n'est pas fausse.
À 95, je voulais effectivement acheter Space Y.
Mais il manque un mot :
aujourd'hui.
Aujourd'hui, avec les informations dont je dispose, je considère que Space Y vaut largement 95.
Maintenant imaginons que cette nuit, Elon Tusk disparaisse.
Demain matin, Space Y ouvre à 70.
Et là, le problème n'est pas seulement que l'action a perdu 30 %.
Le problème, c'est que l'information a changé.
Hier, à 95, je prenais.
Aujourd'hui, avec ce que je viens d'apprendre, je n'en veux peut-être même plus à 70.
Sauf que mon put, lui, existe toujours.
Je me suis engagé à prendre à 95.
Bien sûr, j'ai encaissé mes 1,40.
Mon prix de revient est donc de 93,60.
C'est toujours mieux que 95.
Mais quand l'action en vaut 70, la consolation est assez relative.
La fameuse phrase :
« Au pire, je serai assigné sur une action que je voulais acheter »
mériterait donc peut-être d'être complétée :
« ...à condition que les raisons pour lesquelles je voulais l'acheter soient toujours valables. »
Et ça, personne ne peut le garantir.
Oui, mon exemple est extrême
Elon Tusk ne disparaît pas tous les quatre matins.
Heureusement pour lui.
On appelle ce genre d'événement improbable un Black Swan.
Le problème avec les événements improbables, c'est qu'ils ont une fâcheuse tendance à arriver un peu plus souvent que prévu.
J'ai connu quelques crises de marché.
À chaque fois, avant qu'elles arrivent, elles étaient très improbables.
Après, tout le monde trouvait parfaitement logique qu'elles aient eu lieu.
C'est aussi ça, les marchés.
Revenons à notre put
Notre trade possède une caractéristique très simple.
Je sais exactement combien je peux gagner : 1,40.
Space Y peut monter à 110, 150 ou 300.
Je garderai toujours mes 1,40.
Dans l'autre sens, en revanche :
Space Y termine à 90 : je perds 3,60.
À 80 : 13,60.
À 70 : 23,60.
À 50 : 43,60.
Alors évidemment, présenter les choses comme ça serait également malhonnête.
Parce qu'un mouvement de 100 à 50 n'a pas la même probabilité qu'un mouvement de 100 à 98.
Dire :
« Je peux perdre 43,60 pour gagner 1,40 »
n'est donc pas beaucoup plus intelligent que d'annoncer :
« Je fais 18 % annualisé avec mes ventes de puts. »
Dans les deux cas, il manque l'essentiel.
Le risque et sa probabilité.
Et c'est précisément ce que j'aimerais essayer de mesurer.
Combien suis-je réellement payé pour le risque que je prends ?
Est-ce que 1,40 est beaucoup ?
Pas assez ?
Est-ce que deux puts qui me rapportent exactement la même prime présentent réellement le même risque ?
Et surtout, est-ce qu'on peut mettre un chiffre en face de ce fameux 18 % annualisé ?
Oui.
On peut même le faire sans être trader d'options.
On va parler de volatilité, de probabilités, de Sharpe et d'Expected Shortfall.
Des noms un peu barbares pour des idées finalement assez simples.
Et le gamma ?
On le gardera pour une autre fois.
Parce que là, il faudra ressortir les vieux réflexes de trader options.
Bull. Bear. Neutre.
NOTRE GÉNÉRATION AURAIT DÛ NOUS RENDRE TOUS MILLIONNAIRES
J’ai commencé dans le trading professionnel en 2000. J’avais 24 ans.
Avec le recul, je me demande souvent pourquoi je ne plaçais pas progressivement une partie de mon argent en Bourse.
Notre génération a vu apparaître les premiers iPod, puis l’iPhone. Nous avons connu les débuts de Google, de Facebook et des réseaux sociaux. Nous avons vu naître sous nos yeux des entreprises qui allaient transformer le monde.
Alors pourquoi ne pas avoir acheté toutes ces valeurs ? Pourquoi ne pas avoir fait all-in sur Apple, Google ou Amazon ?
Pendant longtemps, j’ai pensé que la réponse était simple : la bêtise.
Avec le recul, je crois que c’est plus compliqué.
À l’époque, ouvrir un compte-titres et acheter régulièrement des actions n’était pas aussi simple qu’aujourd’hui. Il n’y avait ni néobrokers, ni applications permettant d’investir en quelques secondes. Les taux étaient également beaucoup plus élevés : conserver du cash ou acheter des obligations avait encore un véritable intérêt.
Mais la raison principale était ailleurs.
Notre perception du risque avait été façonnée par ce que nous venions de vivre.
Nous avions connu la bulle Internet, puis le wash-out de nombreuses valeurs technologiques. Certaines entreprises présentées comme l’avenir avaient perdu 80 %, 90 %, voire totalement disparu.
Puis il y eut le 11 septembre, les guerres, les tensions géopolitiques et les crises pétrolières.
Après quelques années de relative accalmie, la crise des subprimes est arrivée en 2008.
Nous avons vu des indices perdre près de 10 % en une séance. Nous avons vu Citigroup, autrefois considérée comme l’une des banques les plus solides du monde, tomber autour de 1 dollar. Nous avons vu Lehman Brothers disparaître et tout le système financier menacer de s’effondrer.
Entre 2000 et 2010, il y a finalement eu tellement de baisses, de crises et de chaos que notre vision du risque en a été profondément modifiée.
Aujourd’hui, il paraît évident qu’il fallait acheter Apple, Amazon ou Google et ne plus y toucher.
Mais c’est évident parce que nous connaissons la fin de l’histoire.
À l’époque, après avoir vu tant de valeurs prétendument révolutionnaires finir à zéro, rien ne garantissait que les gagnants d’aujourd’hui ne connaîtraient pas le même sort.
Nous n’étions peut-être pas idiots. Nous étions simplement influencés par les marchés que nous venions de traverser.
On n’investit jamais seulement avec des chiffres. On investit aussi avec ses souvenirs, ses blessures et les crises que l’on a vécues.
Je suis d'accord sur le fond, mais je nuancerais. Même avec la connaissance, beaucoup de Français préfèrent la sécurité. C'est frappant : des personnes de 40 ans, avec un patrimoine confortable, choisissent souvent un fonds garanti plutôt qu'un ETF Nasdaq. Ce n'est pas qu'une question de savoir, c'est une question de rapport au risque.
Il faut aussi que le sujet intéresse. Certaines personnes ne veulent simplement pas s'en occuper et préfèrent la sérénité d'un livret ou d'une assurance-vie peu risquée. Et ce n'est pas forcément irrationnel.
Cela dit, oui, un module de finance au lycée serait utile. Mais aujourd'hui, avec l'IA et tout ce qui est disponible en ligne, celui qui veut vraiment apprendre peut le faire en quelques heures. Le vrai frein n'est peut-être pas tant l'accès à l'information que l'envie de s'y intéresser.