Today is David Gilmour's 80th birthday! 🎉
It’s also the 20th anniversary of his On an Island album, released on this day in 2006.
To celebrate, we’ll be sharing tracks from the 2006 AOL Session in New York over the next few days – starting today with the album's title track.
Watch the full performances on David’s YouTube channel (link in bio).
💫🔥Pink Floyd - "The Great Gig in the Sky" (Pulse Tour, 1994). Performed during Division Bell's 1994 tour and filmed for Pulse. The lead vocals in this version are sung by Sam Brown, with a soaring, controlled performance that became one of the highlight moments of the entire concert. Supported by Claudia Fontaine and Durga McBroom, this is one of the most famous live performances of the song.
Daddy's flown across the ocean
Leaving just a memory
A snapshot in the family album
Daddy, what else did you leave for me?
Daddy, what d'ya leave behind for me?
All in all it was just a brick in the wall
All in all it was all just bricks in the wall
Breathe, breathe in the air
Don't be afraid to care
Leave, but don't leave me
Look around, choose your own ground
Long you live and high you fly
Smiles you'll give and tears you'll cry
And all you touch and all you see
Is all your life will ever be
Bafouille du jour …
"De mon premier vélo à ma première DeLorean"
Je suis né en 1972.
Le monde tournait plus lentement. Les voitures avaient des phares jaunes, on fermait les portes avec une clé, et dans les cuisines, ça sentait le café filtre, la soupe du soir et parfois le plastique chaud de la radio posée sur le frigo.
Le téléphone trônait dans le couloir, relié par un fil qu’on tirait jusqu’à la limite du mur pour parler en cachette.
La télé avait trois chaînes, un bouton qu’on tournait en faisant "clac", et ce petit point lumineux qui restait après l’extinction hypnotisait les enfants.
Ce point, c’était un soleil miniature, le dernier avant la nuit.
Chez moi, on écoutait Joe Dassin, Claude François et Michel Sardou, mais aussi un peu de Beatles et de Simon & Garfunkel, quand mon père branchait le vieux Teppaz et que le son grésillait comme une cheminée.
Le dimanche, c’était "Intervilles" ou "La Piste aux étoiles", et on riait sans savoir pourquoi.
Les années 70, c’était ma première bande-son.
Mon premier vélo Peugeot bleu ciel, je l’ai eu pour mes six ans.
Avec ses petites roues, j’étais invincible, un cow-boy sur deux pneus, le roi du trottoir.
Puis un jour, mon père les a enlevées.
Et moi, persuadé d’être Han Solo, j’ai enfourché mon Faucon Millenium et filé tout droit dans le rosier de la voisine.
Les genoux en sang, mais le sourire jusqu’aux oreilles : j’étais libre.
L’après-midi, je m’installais devant "Récré A2".
Goldorak, Capitaine Flam, Candy, Albator … Des univers entiers débarquaient dans le salon.
On mangeait des BN, on suçait des glaces à l’eau, et on jurait de ne jamais grandir.
Et puis il y avait "Les Visiteurs du mercredi", "L’île aux enfants" avec Casimir, les pubs de l’époque : "Si j’ai bien compris, tu veux un BN ?", “On se lève tous pour Danette", "Banania".
Des phrases devenues des morceaux de mémoire.
Le samedi soir, mes parents regardaient "Intervilles" ou “Le Schmilblick”.
Je faisais semblant de dormir sur le canapé, bercé par les rires du public et les spots de variété.
Chaque sortie était un événement : "Les Dents de la mer" m’a fait craindre la mer, "Rocky" m’a donné envie de boxer mon oreiller, et "Star Wars" a ouvert une porte dans ma tête qui ne s’est jamais refermée.
Les salles sentaient le pop-corn rassis, la moquette humide et le parfum bon marché.
L’été, c’était les colonies de vacances.
Les jeux dans la forêt, les veillées autour du feu,la chasse au dahu, les histoires qui faisaient peur, et les parties de foot qui semblaient durer huit heures.
Le soir, les moniteurs grattouillaient "Hotel California" à la guitare et les étoiles avaient l’air plus proches.
Les repas au self, le pain en libre-service, et les lettres écrites à la maison sur du papier à carreaux avec un stylo Bic mâchouillé.
Les années 80, c’est l’explosion des couleurs et des rêves.
J’ai eu mon walkman Sony jaune Sport. Le clic du bouton "play" était un bruit magique.
Les piles ne tenaient pas, mais j’écoutais mes cassettes jusqu’à les user.
On s’échangeait des compilations enregistrées à la radio (avec tjs le présentateur qui commencé a parler avant la fin !!!) :
Queen, Michael Jackson, Madonna, Goldman, et parfois “Take On Me” en fin de face B.
Et puis il y avait "La Dernière Séance".
Chaque mardi soir, avec mon père, c’était notre rendez-vous sacré.
Il éteignait la lumière, on s’installait dans le canapé avec un bol de pop-corn fait maison, et le générique de "Eddie Constantine" ou "John Wayne" ouvrait la porte du passé.
C’est là, dans la lumière bleue du téléviseur, que j’ai appris à aimer le cinéma.
Les vieux films noir et blanc me fascinaient, les westerns me faisaient rêver, et mon père commentait les scènes comme un guide dans un musée.
Il me parlait d’acteurs disparus, de doublages mythiques, de répliques devenues légendes.
Je crois que c’est ce soir-là que j’ai compris que le cinéma n’était pas qu’un divertissement : c’était une mémoire vivante, un lien entre les générations.
Ma chambre ?
Un autel pop culture.
Posters de Stallone en "Rambo", Schwarzy dans "Commando", Bruce Lee en plein coup de pied, un E.T. plié en quatre punaisé au mur.
Les étagères croulaient sous les BD : Astérix, Tintin, Pif Gadget avec ses gadgets improbables, et les "Strange" pour les super-héros Marvel.
Le bureau sentait la colle Cléopâtre et la poussière de gomme.
La télé, c’était l’âge d’or : "L’Agence tous risques", "K2000", "Magnum", "MacGyver" …
On croyait qu’un briquet et un bout de scotch pouvaient sauver la planète.
Et côté japanimation : "Dragon Ball", "Cobra", "Les Chevaliers du Zodiaque", "Olive et Tom" avec ses terrains de foot infinis.
Les samedis soir, c’était "Champs-Élysées" ou "Sacrée soirée", et le dimanche, “Téléfoot” avec Thierry Roland et Jean-Michel Larqué.
Au cinéma, c’était la fête : "E.T.", "Gremlins", "Retour vers le futur", "Top Gun", "Indiana Jones", "Les Goonies", "Karate Kid".
Chaque film était un totem, une claque, un rêve éveillé.
Et quand le vidéoclub est arrivé, c’était comme une cathédrale moderne.
Je passais une heure à choisir entre "L’Arme fatale" et "Ghostbusters", entre "Predator" et "Crocodile Dundee".
Les jaquettes plastifiées, le bruit du clapet, l’autocollant “Pensez à rembobiner” … un rituel.
Le magnétoscope avalait la cassette comme une promesse.
L’été, c’était la Renault 21 bourrée de valises et la glacière rouge.
Sur l’autoroute, on voyait les panneaux pour "Marina Baie des Anges" et "Les Galeries Lafayette".
On jouait au "Qui suis-je ?", on chantait sur France Gall, et le vent chaud s’engouffrait par les fenêtres entrouvertes.
Les années 90, c’était la vitesse et les premiers grands virages.
Nirvana, Pearl Jam, IAM, NTM … Le grunge et le rap français entraient dans ma vie.
Mais il y avait aussi Guns N’ Roses, Metallica, AC/DC, Rage Against the Machine, Aerosmith, Bon Jovi, et même un peu de Red Hot Chili Peppers dans mon walkman.
Les CD remplaçaient les cassettes, les jeans 501 étaient rois, les chemises à carreaux faisaient cool, et les survêtements Adidas régnaient dans les cours de lycée.
Le cinéma me bombardait : "Terminator 2" en 1991, "Jurassic Park" en 1993, "Pulp Fiction" en 1994, "Heat" en 1995, "Matrix" en 1999.
Chaque film était un électrochoc.
Canal+ crypté, les soirées entre potes à deviner le film rien qu’aux formes floues.
Et puis "Friends", "X-Files", "Hélène et les garçons" pour le fun, "South Park" et "Les simpsons" qui cassaient tout.
Internet débarquait avec son modem 56k qui hurlait comme un insecte électronique.
Caramail, Napster, Emule … On téléchargeait un MP3 en trois heures, mais on se sentait pirates.
Les téléphones Nokia 3310 arrivaient, et envoyer un SMS était presque un exploit.
On jouait à Snake entre deux bus.
Et puis l’été 1998…
Y’a eu elle.
J’aurais voulu être Cabrel pour lui écrire des chansons, des vraies, avec des mots qui sentent le vent chaud et la mer salée.
Mon seul et unique grand amour.
C’était à San Francisco.
Le soleil descendait lentement derrière le Golden Gate, la brume glissait sur la baie, et tout paraissait suspendu.
On marchait sur les quais en mangeant des glaces qui fondaient trop vite, on riait pour rien, et chaque instant avait le goût d’un film qu’on ne voulait pas quitter.
Elle avait ce rire qui faisait vibrer l’air, et une façon de regarder le monde comme si elle en connaissait le secret.
On écoutait “Creep” de Radiohead sur un walkman fatigué, parfois “November Rain” de Guns N’ Roses, et on rêvait de traverser les États-Unis en décapotable sans jamais revenir.
Les soirs, on s’asseyait face à l’océan, les cheveux dans le vent, et je me disais que si le temps pouvait s’arrêter, ce serait là, dans cette lumière.
Je me souviens de son pull trop grand, du bruit des tramways sur Market Street, des odeurs de hot-dogs et de pluie tiède.
Les lettres pliées en quatre qu’elle me laissait dans le sac à dos, les mots maladroits, les promesses fragiles.
C’était plus qu’un été, c’était un rêve à deux, un film qu’on n’a jamais vraiment terminé ...
En 2002, j’ai 30 ans.
J’ai traversé trois décennies où la pop culture n’a pas seulement été un décor : elle a été ma boussole.
Les vinyles, les K7, les VHS, les CDs, les DVD.
Les films qui ont forgé mon imaginaire, les chansons qui ont accompagné mes hivers, les matchs de foot qui semblaient durer une vie.
Les odeurs de salle de classe, de vidéoclub, de gymnase.
Les gadgets Pif, les cartes Panini, les goûters BN, les premières consoles et les nuits blanches sur Mario, Zelda, Street Fighter II.
Les posters punaisés de travers, les piles de magazines "Joystick", "Tilt" et "Player One", les cassettes où s’entassaient des heures de clips enregistrés sur M6.
Parfois, je donnerais cher pour revenir en 1987, un samedi soir, hésitant dans un vidéoclub entre “Rambo II” et “Cobra”, un paquet de fraises Tagada dans la main, et cette sensation que tout était encore possible.
Le monde était petit, mais les rêves, eux, étaient immenses.
Illustration du grand : Rachid Lotf. 🎞️