La République dominicaine ouvrira en février 2027 un aéroport international à Pedernales, près de Jacmel
Par Thomas Lalime
Le Nouvelliste Haiti, 24 août 2026
Dans un article publié le 22 mai 2026, le journal dominicain Dominican Today annonçait que la République dominicaine s’apprête à ouvrir un nouvel aéroport international à Pedernales, une province frontalière du département du Sud-Est d’Haïti. Selon les autorités dominicaines, l’aéroport international de Cabo Rojo devrait accueillir ses premiers avions en février 2027. Cette échéance a été confirmée à l’issue d’une visite d’inspection effectuée par des responsables du gouvernement dominicain pour constater l’état d’avancement des travaux.
Lors de cette visite de supervision, José Ignacio Paliza avait confirmé que l’aéroport fonctionnera initialement avec un nombre limité de vols, qui augmentera progressivement à mesure que le tourisme et la demande de passagers se développeront dans la zone de Cabo Rojo. Il a également indiqué que les premiers hôtels de cette nouvelle destination touristique devraient ouvrir leurs portes plus tard en 2027.
De son côté, Víctor Pichardo, cité par Dominican Today, avait fait savoir que les principales infrastructures de l’aéroport sont à un stade avancé de construction, la piste ayant déjà entamé la phase de revêtement. Les autorités avaient également examiné l’avancement de la tour de contrôle, de la voie de circulation des avions, des systèmes de drainage, de l’aérogare ainsi que des autres installations complémentaires du complexe aéroportuaire. Les ingénieurs responsables du projet avaient précisé que le calendrier général demeure respecté et devrait permettre de respecter la date prévue de mise en service. Avant l’inspection, les entrepreneurs et les équipes techniques avaient présenté un état d’avancement détaillé de chacune des phases du projet.
L’aéroport international de Cabo Rojo est considéré comme un élément clé de la stratégie du gouvernement dominicain visant à développer le tourisme dans le sud-ouest du pays. Le projet s’inscrit dans l’ambition de transformer Pedernales en une importante destination touristique et économique de la Caraïbe.
Cabo Rojo : une nouvelle donne pour l’aviation et l’économie haïtiennes
L’ouverture de l’aéroport international de Cabo Rojo, prévue pour février 2027, ne constitue pas seulement un événement majeur pour la République dominicaine. Elle pourrait également modifier progressivement les équilibres économiques et aériens dans le sud de l’île d’Haïti. Situé dans la province de Pedernales, à proximité de la frontière haïtienne, cet aéroport accompagne l’ambitieux projet de développement touristique de Cabo Rojo. Les autorités dominicaines souhaitent transformer cette région longtemps marginalisée en une nouvelle destination touristique et en un pôle économique majeur de la Caraïbe.
Cette stratégie mérite une attention particulière en Haïti. Elle illustre une approche dans laquelle l'aéroport précède et accompagne le développement économique, plutôt que de simplement répondre à une activité déjà existante. C’est une concurrence nouvelle pour l'aviation haïtienne. L'arrivée de Cabo Rojo pourrait modifier la géographie aérienne du sud de l'île. Pendant longtemps, les principales portes d'entrée aériennes de la région ont été Santo Domingo et Punta Cana. Avec Cabo Rojo, la République dominicaine disposera d'une nouvelle infrastructure internationale située beaucoup plus près de la frontière haïtienne. Cette proximité pourrait exercer une pression supplémentaire sur les aéroports haïtiens, particulièrement celui des Cayes.
Avec la suspension des vols internationaux à l’aéroport international de Port-au-Prince, beaucoup d’Haïtiens de la diaspora transitent par la République dominicaine pour se rendre dans le Grand-Sud et le Grand-Nord. Ils prennent un vol pour Santo Domingo (Las Americas) ou Punta Cana et ensuite un taxi ou un autobus pour Pedernales, Elías Piña, Jimani ou Dajabón.
Selon les témoignages de l’économiste Pierre Willy Henry qui a récemment effectué le trajet pour se rendre à Jacmel, sa ville natale, la course, de Las Americas à Pedernales, coûte environ 300 américains en taxi et beaucoup moins en autobus. Lorsque trois ou quatre personnes voyagent ensemble, elles se partagent les frais de 300 dollars, ce qui permet de réduire le coût du transport pour chacune. Ces voyageurs attendent l’aéroport Cabo Rojo avec impatience.
Pour de nombreux membres de diaspora originaires de Léogâne, Jacmel, Miragoâne, des Cayes ou de Jérémie, la frontière de Pedernales constitue déjà une voie d’accès importante pour visiter leur terre natale. Certains, notamment ceux qui voyagent vers les États-Unis ou le Canada, prennent un vol à destination de Las Américas, à Santo Domingo, avant de poursuivre leur trajet par voie terrestre jusqu’à Pedernales comme M. Henry. Le déplacement en autobus peut prendre jusqu’à sept heures, notamment en raison des nombreux arrêts aux postes de contrôle de police, tandis qu’un trajet en voiture ou en taxi peut être effectué en environ cinq heures, selon les conditions de circulation et les contrôles routiers. Une fois la frontière franchie, les voyageurs peuvent poursuivre leur déplacement à bord de tricycles motorisés jusqu’à la côte d’Anse-à-Pitres, où ils peuvent ensuite emprunter une embarcation pour poursuivre leur trajet (deux ou trois heures de temps) vers Haïti.
Cette réalité illustre l’importance stratégique que pourrait revêtir l’ouverture de l’aéroport de Cabo Rojo pour les populations du Grand Sud d’Haïti. Même si tous les vols internationaux se rétablissent à Port-au-Prince, il pourrait s’avérer moins couteux pour la diaspora haïtienne de transiter par la République dominicaine. Mais, le problème ne réside pas uniquement dans la concurrence entre aéroports. Il concerne également la capacité d'Haïti à attirer les compagnies aériennes, à offrir des infrastructures fiables et à garantir aux voyageurs un environnement suffisamment sûr et prévisible. Le principal risque pour Haïti pourrait toutefois se situer au-delà de l'aviation. Un aéroport international moderne constitue une porte d'entrée pour les capitaux, les touristes, les travailleurs, les marchandises et les services. Lorsqu'il est associé à des hôtels, des routes et des infrastructures touristiques, il peut provoquer une transformation profonde de l'économie locale.
Cabo Rojo pourrait donc attirer non seulement des touristes, mais également des investisseurs, des entreprises de transport, des fournisseurs, des restaurants, des commerces et des prestataires de services. La question est alors de savoir si les populations et les entreprises haïtiennes situées de l'autre côté de la frontière pourront participer à cette nouvelle dynamique. Sans amélioration substantielle des infrastructures et de l'environnement des affaires en Haïti, notamment à l’aéroport international Antoine Simon, le risque est que la croissance économique se concentre presque exclusivement du côté dominicain de la frontière. La République dominicaine pourrait ainsi bénéficier d'une nouvelle source de devises et d'emplois tandis que les régions haïtiennes voisines resteraient essentiellement spectatrices du développement.
Menace ou opportunité pour le Grand Sud ?
La proximité de l'aéroport peut également représenter une opportunité pour le Grand Sud d'Haïti. Le Sud-Est haïtien dispose de nombreux atouts touristiques : plages, montagnes, patrimoine historique, artisanat, gastronomie et sites naturels. Jacmel, notamment, possède un patrimoine culturel qui pourrait être valorisé davantage dans une stratégie touristique régionale. La question fondamentale est donc celle de la connectivité.
Si les infrastructures routières permettent un déplacement relativement rapide et sécurisé entre la frontière, Anse-à-Pitres, Jacmel et les autres destinations du Sud-Est, l'aéroport de Cabo Rojo pourrait indirectement contribuer à élargir le marché touristique accessible à cette partie d'Haïti. Mais cela exige une condition préalable : Haïti doit disposer de corridors de transport fonctionnels et sécurisés. Un aéroport moderne situé à quelques dizaines de kilomètres de la frontière ne constitue pas automatiquement une opportunité pour le territoire voisin si celui-ci reste difficilement accessible.
Le développement de Cabo Rojo devrait également conduire Haïti à réfléchir au rôle futur de ses propres infrastructures aéroportuaires. Le Cap-Haïtien pourrait notamment jouer un rôle beaucoup plus important dans la desserte du nord du pays et dans les échanges avec la République dominicaine.
Le projet de Cabo Rojo offre également une leçon importante sur la manière dont un pays peut utiliser le tourisme comme instrument de développement régional. La République dominicaine a progressivement construit son avantage touristique autour d'un ensemble cohérent : aéroports, routes, hôtels, plages, ports, services, promotion internationale et environnement des affaires.
Haïti possède des ressources touristiques considérables, mais leur potentiel reste largement sous-exploité. Le problème n'est donc pas nécessairement l'absence d'atouts. Il réside plutôt dans l'incapacité à transformer ces atouts en produits touristiques accessibles, sécurisés et commercialisables à l'échelle nationale et internationale. Cabo Rojo rappelle ainsi qu'un site touristique sans infrastructure demeure un potentiel, alors qu'un site relié à un aéroport, à des routes, à des hôtels et à des services devient une destination économique.
Le développement de Cabo Rojo pose une question plus large : quel avenir voulons-nous pour la frontière haïtiano-dominicaine ? La frontière peut être considérée comme une ligne qui sépare deux territoires. Mais elle peut également devenir un espace d'échanges, de complémentarités et de création de richesse. L'essor de Cabo Rojo pourra accélérer les transformations économiques dans cette partie de l'île. Haïti doit donc éviter de subir passivement cette évolution.
Une politique économique ambitieuse pourrait chercher à développer des zones économiques et touristiques complémentaires de part et d'autre de la frontière, à améliorer les infrastructures routières et douanières et à faciliter les échanges légaux entre les deux pays. Il s'agit pour Haïti de construire ses propres capacités afin de pouvoir tirer profit de la croissance de son voisin.
L'ouverture de Cabo Rojo constitue un miroir dans lequel Haïti devrait accepter de se regarder. À quelques kilomètres de la frontière, la République dominicaine construit un nouvel aéroport international, développe une nouvelle destination touristique et mobilise des investissements importants pour transformer une région jusque-là relativement périphérique. La question pour Haïti n'est donc pas uniquement de savoir si Cabo Rojo représente une menace. Il représente une réalité nouvelle avec laquelle il faudra composer.
Si Haïti ne réagit pas, le développement de Pedernales pourrait accentuer les disparités économiques de part et d'autre de la frontière. Mais si le pays améliore ses infrastructures, rétablit la sécurité, modernise ses aéroports, développe son tourisme et facilite les échanges commerciaux, Cabo Rojo pourrait au contraire devenir un facteur de dynamisation du Grand Sud. Le véritable enjeu dépasse donc largement l'aviation. Cabo Rojo pose à Haïti une question de stratégie économique : sommes-nous capables de transformer la proximité avec une économie en pleine expansion en avantage pour notre propre développement ?
La réponse dépendra moins de la construction d'un nouvel aéroport que de la capacité d'Haïti à construire, autour de ses propres infrastructures, une véritable politique de développement régional. À l'heure où la République dominicaine prépare l'entrée en service de Cabo Rojo, Haïti ne devrait pas attendre février 2027 pour réfléchir à cette nouvelle donne. Le compte à rebours a déjà commencé.
Thomas Lalime
[email protected]
Haïti incarne un véritable kaléidoscope géopolitique, où s’entrecroisent influences régionales, rivalités internationales et dynamiques internes complexes qui redéfinissent sans cesse son destin politique.
ER
On n’achète pas le leadership et l’on ne le décroche ni par nomination ni par élection. Le leadership se construit dans la durée : il n’est ni un héritage, ni le fruit de l’improvisation.
ER
Un homme politique pense aux échéances à venir ; un homme d’État, lui, pense aux générations à venir. Le premier cherche l’approbation du moment ; le second bâtit la mémoire de l'avenir !
Aujourd'hui, l'engagement politique ne saurait être un champ de guerres ni une arène d'egos déchaînés, mais bien un sanctuaire de responsabilité partagée.
ER
Transformons notre chimie mentale collective : refusons la haine et la manipulation, exerçons le discernement pour que la vérité, la responsabilité et la bienveillance deviennent enfin notre force politique.
ER
Votre vie actuelle reflète le cercle que vous avez toléré hier.
Votre vie de demain sera façonnée par le cercle que vous choisissez aujourd’hui.
Protégez votre énergie, entourez vous de personnes qui vous élèvent, pas de celles qui vous épuisent.
Je conseille la nouvelle transition politique de redressement national à gouverner avec lucidité et discernement, en se concentrant sur l’essentiel : restaurer l’autorité de l’État, en affermir l’effectivité et en assurer le plein exercice sur l’ensemble du territoire national.
En Haïti, nous comptons une multitude de politiciens, mais rares sont ceux qui incarnent le véritable esprit de la République, dotés d’un sens élevé de la responsabilité politique et de la vocation d’homme d’État.
ER
Je ne cherche plus à aller vite.
Je choisis d’avancer alignée.
✨ Que 2026 soit une année d’équilibre, de clarté et de confiance.
Une année pour grandir sans se presser,
créer sans se comparer,
et suivre le rythme juste
celui du cœur, de la paix et du sens.
2026
La véritable confiance ne s'exprime pas par la voix qui crie, mais par la maîtrise calme et souveraine de soi.
Un leader affirmé sait parler avec clarté, fermeté et autorité, car c’est dans la sérénité de son discours que réside la force de son influence.
Comment revisiter et réactualiser l’héritage du Dessalinisme pour poser les bases d’un projet national haïtien contemporain, capable de concilier souveraineté, justice sociale, et développement intégral face aux défis internes et mondiaux du XXIe ?
ER
Le Dr @claudejoseph03 a reçu un accueil des plus chaleureux de la part des membres, partisans et sympathisants du Parti EDE vivant en France. Dans un message partagé sur son compte X, il a exprimé toute sa reconnaissance envers la communauté EDE de France pour l’accueil fraternel et l’ambiance conviviale qui ont marqué cette rencontre.
Les rencontres constructives tenues ce jeudi 23 octobre 2025 ont, selon lui, mis en lumière la volonté claire et résolue de la diaspora haïtienne de contribuer activement au renouveau, au progrès et au développement durable d’Haïti.
#GlobalInfos
Le Dr @claudejoseph03 a été accueilli avec enthousiasme par les membres, partisans et sympathisants du Parti EDE établis en France. Dans un message publié sur son compte X, il a exprimé toute sa gratitude envers la communauté EDE de France pour l’accueil chaleureux et fraternel qui lui a été réservé. Les rencontres enrichissantes tenues ce jeudi 23 octobre 2025 ont, selon lui, permis de mettre en lumière la volonté ferme de la diaspora haïtienne de participer activement au changement, au progrès et au développement durable de notre pays.
En ce 17 octobre, rendons hommage à Jean-Jacques Dessalines, père fondateur d’Haïti, symbole éternel de dignité, d’unité et de courage.
Puissions-nous retrouver la fierté et la flamme qu’il nous a léguées pour relever la tête et honorer son héritage.
Enorck RAPHAELkotakotAyiti
Quand la jeunesse s’organise et prend ses responsabilités, aucun obstacle n’est assez grand : elle devient l’énergie qui transforme Haïti en une nation de progrès et de justice.
ER 👌
La démocratie ne donne pas le droit de tout faire ; elle impose le devoir d’écouter et d’agir ensemble pour construire les meilleures solutions.
Bon lundi à tous !
👌