Encore une fois, l’extrême droite instrumentalise une pratique culturelle émergente des quartiers populaires pour fabriquer un récit anxiogène.
Ces jeunes "n’agressent personne. Ils développent une forme spontanée de régulation thermique collective en période de fortes chaleurs. Arroser passants, cyclistes et automobilistes, c’est aussi recréer du lien social et introduire de la fraîcheur dans un espace urbain minéral et déshumanisé.
Les sociologues un minimum sérieux savent que les fêtes de l’eau existent dans de nombreuses cultures traditionnelles : Songkran en Thaïlande, Holi en Inde, carnavals aquatiques méditerranéens, etc.
Mais quand cette créativité populaire émerge à Bagnolet grâce à des enfants issus de l’immigration, soudainement cela devient une "incivilité".
Nous assistons à la naissance d’une culture française contemporaine, hybride, festive, dynamique. Et certains réactionnaires ne le supportent pas.
@NADNERD78GIN@beeblebrox_uk@Hekapute_ Quel opportunité saisit ce film ? En quoi le film est biaisé ? Quel agenda politique remplit-il ? Tu ne répondras à aucune de ces questions car tu es incapable de déblatérer autre chose que des éléments de langage victimisants.
@fngfze@Klemm38 C'est tellement facile de se cacher derrière des arguments d'autorité et de recracher le discours de la bande à Piketty et Zucman. Le niveau d'endoctrinement est assez fascinant
@bichoc_vi@Marto076@JojoLeGaucho2@Naimro26 Aucun élément n'est cité dans le clip justement. Mais je ne doute pas qu'un demeuré comme toi pourra m'expliquer en quoi le film est "dangereux "
@JojoLeGaucho2@Naimro26 On attend toujours un exemple d'élément qui ne serait pas fidèle. Pour l'instant, rien n'a été cité à part des "impressions" où la "façon dont le film est fait", ce qui ne veut rien dire.
Vu hier soir, je comprends pourquoi une partie de la gauche s’affole à ce point sur ce film, même s'il n'a absolument rien d’extrême. Commençons par les défauts. La réalisation est sommaire, très téléfilm : on sent tout de suite qu’il n’y a rien d’innovant à attendre de ce côté-là. Quelques choix m’ont gêné, à commencer par la scène d’ouverture. J’aurais aimé une mise en scène plus nerveuse et claustrophobique, qui nous enferme vraiment avec Paty, comme d’autres films l’ont brillamment réussi. Ce ne sera pas celui-ci. Le deuxième gros défaut, c’est le jeu d’acteurs globalement médiocre. Heureusement, quelques interprètes sortent du lot dont Antoine Reinartz tout à fait crédible en Samuel Paty.
Du côté positif, le film est réaliste, précis et fidèle aux faits. Pour beaucoup de spectateurs qui ignorent encore les détails de cette affaire, il y a de véritables découvertes à faire. On voit clairement comment Paty a été abandonné par une machine bureaucratique étatique, une véritable usine à gaz incapable de réagir face au danger : procédurière, archaïque, où les services communiquent mal et où personne n’agit parce que « ce n’est pas de son ressort ». Le film le montre sans complaisance. Samuel Paty y apparaît comme un quadragénaire divorcé tout à fait ordinaire : garde partagée de son fils, cours au collège, soirées avec son ami d’origine musulmane. Le film insiste plusieurs fois sur le fait qu’il n’est absolument pas raciste (le message passe cinq sur cinq).
La scène centrale du film est celle du fameux cours. On y ressent d’abord un vrai malaise dans la classe pendant que Paty dispense un cours tout à fait classique, parfaitement inscrit au programme officiel. Il y fait un choix (que certains considèrent comme une erreur) en proposant à ceux qui le souhaitent de sortir de la salle pendant qu'il montre les fameuses caricatures. Cette séparation visible est immédiatement exploitée pour l’accuser de discrimination. Paty se défend en affirmant qu’il ne ciblait personne, mais il était évident que c’étaient les élèves musulmans de la classe qui allaient sortir. Naïveté d’un républicain pur souche.
Sans refaire toute l’histoire, une élève commence à mentir et accuse Paty de racisme. La machine s’emballe. Un autre point faible du film : les personnages musulmans sont traités comme des figurants, ils n'ont aucune épaisseur. On a soit le « bon » musulman qui sort un discours républicain totalement artificiel, soit le « méchant » peu crédible. Le salafiste à l’origine de l’affaire est bien décrit comme un petit raté frustré et narcissique, mais il est très mal incarné : dialogues plats, allure de méchant de bande dessinée. Sa fille, censée faire contraste (elle déteste son père), reste elle aussi peu convaincante. Le père de l’élève qui a menti (et qui a donc indirectement causé la mort de Paty) sonne plus juste : homme dont l’honneur a été bafoué, qui ne parvient plus à s’arrêter, ne remet jamais en question sa fille (le concept d’« enfant roi » est bien rendu) et rejette toute responsabilité sur des institutions forcément racistes. On sent aussi son addiction aux réseaux sociaux : les milliers de likes, l’attention soudaine, les « frères » et « sœurs » qui le flattent. Un homme qui « n’était rien » devient subitement quelqu’un grâce à Facebook et aux boucles de communication.
Le film n’insiste pas assez sur les lâches du quotidien, ces collègues qui ont lâché Paty. On montre ce professeur absent qui, se fiant à la rumeur, intervient pendant le cours pour traiter Paty de raciste et se désolidariser. C’est montré, mais j’aurais aimé qu’on appuie davantage sur ces petites trahisons ordinaires : elles font pleinement partie du problème.
Enfin, un Tchétchène qui n’aurait pas dû se trouver en France décide de passer à l’acte. L’inévitable arrive. Oui, on voit la tête coupée, en flou. Ce choix sera sûrement critiqué, mais je le valide : beaucoup oublient trop facilement que Samuel Paty a été décapité, et cette précision compte. Le film se termine sur un discours républicain auquel plus personne ne croit vraiment, et on pense inévitablement aux prochains Paty potentiels.
@QuigneBapt Votre profil dit "livres, musique, films et baballes", j'espère que c'est un mensonge et que vous ne vous exprimez pas sur ces sujets car vous ne semblez être ni auteur, ni musicien, ni réalisateur, ni sportif professionnel.