Voilà le genre de prises de position faites non pas pour rassembler, mais pour diviser le peuple français, et qui révèlent de surcroît une vision caricaturale des classes qu'elles veulent séduire.
L'immense majorité des Français, quelle que soit leur origine, est consternée par la petite partie de la jeunesse qui profite de la foule des soirs de grand match pour casser et violenter. De même que l'immense majorité des habitants des "quartiers" avait été désespérée de l'explosion de violences gratuites de 2023, qui avait pris pour cibles leurs voitures, leurs équipements publics, leur cadre de vie.
Mme Guetté croit séduire la France des "quartiers" en magnifiant le comportement d'une minorité dévoyée de sa jeunesse dans laquelle cette France ne se retrouve pas. Ce faisant, elle l’insulte.
Elle prouve qu'elle ne connaît pas ces gens, qui travaillent dur, qui cherchent à bien élever leurs enfants, qui ont la dignité et le respect comme principes de vie.
Seuls des esprits déformés, aveuglés par une idéologie calquée sur la gauche anglo-saxonne, peut croire en une solidarité quelconque entre des millions de familles travailleuses et respectueuses des lois et quelques milliers d'individus violents marqués par l'anomie.
En les confondant, elle est finalement d'accord avec l'extrême droite, qui pense que ces actes inacceptables sont la preuve d'une "invasion des barbares".
Il n'y a ni "nouvelle France", ni "invasion des barbares". Il y a la France, qui se désespère de voir qu'une partie de sa jeunesse des "quartiers" manque à ce point de repères moraux et de maîtrise de soi qu'elle casse et violente dès qu'elle le peut.
Paul Seixas a écrasé la concurrence sur cette deuxième étape du Tour du Pays Basque. Quelle incroyable performance du prodige de 19 ans et il est Français 💅
Raconter Jean Luchaire, homme de centre gauche, humaniste, pacifiste, entraîné par son pacifisme dans la réconciliation franco-allemande puis dans la Collaboration, c’est un choix audacieux.
Mais attention à ne pas tordre le sens du film. Il est aussi absurde de dire que ce film est complaisant avec le fascisme que d’affirmer qu’il prouve que la collaboration fut de gauche. Ceux qui s’en servent pour réécrire l’histoire de la Seconde Guerre mondiale se trompent.
Bien sûr, il y eut des collaborateurs venus de la gauche, Pierre Laval en tête. Simon Epstein a montré, dans Un paradoxe français, qu’il y eut des philosémites à Vichy comme des antisémites dans la Résistance. Mais ce ne furent pas les plus nombreux.
La grande force de Giannoli, c’est précisément de ne pas raconter cette histoire en noir et blanc. Il montre le glissement progressif d’un pacifiste vers la compromission, puis vers la Collaboration, sous l’effet de la faiblesse, de l’ambition, de l’appât du gain. Et il montre aussi la violence de l’Épuration, ce que le cinéma français fait assez rarement, à l’exception peut-être d’Uranus de Claude Berri.
Ce n’est pas un film démonstratif. Comme Lacombe lucien, chef d’œuvre de Louis Malle qui montrait l’itinéraire d’un jeune paysan ordinaire enrôlé dans la Milice, le film de Giannolli n’est ni complaisant ni manichéen, il explore les ressorts de la lâcheté et de l’indifférence au mal. Il ne sombre jamais dans le pathos, mais endosse une complexité à rebours des mentalités binaires contemporaines.
Il s’appelle Saleh Mohammadi.
Il avait participé aux manifestations de janvier en Iran.
Ce jeudi, il a été exécuté par les autorités iraniennes.
Saleh n’avait que 18 ans.
Extrait de mon intervention à @Ccesoir :
« Qui est capable aujourd'hui, quel pays est capable de dire : On va protéger nos ressortissants. On va protéger nos alliés. On va monter une coalition pour aller garantir la liberté de circulation maritime ? Ce ne sont pas des postures. Ce ne sont pas que des mots. Ce sont des bateaux. Ce sont des avions. Ce sont des ordres militaires qui sont donnés. Ça s'appelle la puissance. »
Réduire le rendement de l’épargne retraite des jeunes pour payer un rendement plus élevé à la retraite par répartition des personnes âgées… alors même que les retraités bénéficient déjà d’un rendement sur cotisation très supérieur aux cohortes suivantes (et au rendement naturel d’un système par répartition, qu’est la croissance économique).
Tout ça pour que les retraités… épargnent!
On marche totalement sur la tête
L'occident ressemble de plus en plus à un banque de famille où tout le monde, embarrassé, parle poliment au vieil oncle bourré parce qu'il a le plus gros chéquier, les clés de la bagnole et est réputé impulsif, avec son fusil de chasse accroché au mur du salon.
Le droit international est souvent jugé à partir d’un critère qui n’est pas le sien : sa capacité à empêcher les crises.
Cette approche est trompeuse, car elle transpose au niveau international des attentes propres au droit interne, alors que les deux systèmes reposent sur des logiques radicalement différentes.
Le droit interne est bâti sur une architecture hiérarchique : une autorité centrale édicte la norme et dispose des moyens matériels pour en assurer l’exécution. Le droit international, lui, s’inscrit dans un espace décentralisé, composé d’États souverains qui ne reconnaissent aucune autorité supérieure permanente. Il ne peut donc fonctionner ni comme un droit pénal global, ni comme un système de commandement, mais comme un cadre d’organisation des relations entre acteurs indépendants.
Dans ce contexte, la question n’est pas celle de la sanction immédiate, mais celle de l’incitation. Les règles internationales sont respectées non parce qu’un État y serait moralement tenu, mais parce qu’elles structurent un environnement prévisible dont tous tirent bénéfice. La stabilité juridique réduit les coûts de transaction, limite les risques d’escalade et permet aux États de concentrer leurs ressources sur autre chose que la gestion permanente de conflits.
Ce mécanisme est particulièrement visible dans les domaines où l’on ne parle jamais de “crise” : aviation civile, navigation maritime, échanges commerciaux, télécommunications, diplomatie. Ces espaces ne fonctionnent pas par la contrainte, mais par l’adhésion continue à des normes communes, précisément parce que leur effondrement serait immédiatement contre-productif pour l’ensemble des acteurs, y compris les plus puissants.
L’erreur fréquente consiste alors à déduire de l’existence de violations que la norme serait dépourvue d’effet. Or, une règle n’est pas inefficace parce qu’elle est transgressée. Elle l’est lorsqu’elle cesse d’être pertinente dans le calcul des acteurs. Or c’est l’inverse qui se produit : même lorsqu’ils s’en écartent, les États continuent de se référer au droit, de le mobiliser, de le tordre ou de le justifier. Ce simple fait indique que la norme conserve une valeur structurante.
La force brute, à elle seule, est un instrument instable. Elle permet de produire un résultat immédiat, mais elle ne suffit pas à en assurer la durabilité. Une action fondée exclusivement sur la contrainte expose son auteur à des réactions en chaîne qu’il ne maîtrise pas toujours. Le droit, en revanche, permet de transformer une situation de fait en situation acceptable, ou du moins tolérable, pour les autres acteurs du système international.
Ainsi compris, le droit international ne fait pas disparaître les rapports de force ; il les encadre. Il ne prétend pas moraliser la politique mondiale, mais en limiter les effets les plus destructeurs. Il agit moins comme une barrière que comme un amortisseur, réduisant le risque que chaque désaccord dégénère en confrontation ouverte.
L’absence d’une autorité mondiale chargée de l’imposer donne parfois l’illusion que le droit international serait une construction fragile ou purement symbolique.
En réalité, il constitue une technologie de stabilisation : imparfaite, souvent contournée, mais indispensable. Les systèmes internationaux qui ont tenté de s’en affranchir durablement ont fini par être minés par l’arbitraire, l’imprévisibilité et la défiance généralisée.
Le droit international n’est donc ni un idéal naïf ni une morale universelle. Il est un outil pragmatique, forgé par les États eux-mêmes, pour rendre la rivalité supportable et éviter que la puissance ne se retourne systématiquement contre ceux qui l’exercent.
You cannot make sense of Nicolás Maduro’s removal without grasping the enormous financial interests involved with regime change in Caracas — and the long history of staggering cross-border wealth extraction from Venezuela to the US🧵
🧵 Quelques réflexions à chaud :
Le discours russe de politique étrangère est de plus en plus intenable : soit Trump incarne un Occident jugé plus raisonnable et isolationniste, avec lequel un rapprochement serait possible, soit il est une menace impérialiste directe pour la souveraineté des pays du Sud Global. Cette contradiction discursive ne peut être maintenue indéfiniment et risque d'éroder l'image d'une Russie se posant en rempart héroïque contre l'impérialisme occidental.
La réaction de la Russie est bien faible. Ses avertissements des derniers mois, alors que la tension montait autour du Venezuela, étaient purement formels. Comme en Syrie et en Iran, la séquence vénézuélienne met en évidence l'affaiblissement géopolitique de la Russie, enlisée depuis bientôt 4 ans dans une guerre longue, coûteuse et meurtrière imprévue en Ukraine.
Moscou se trouve dans une situation paradoxale d'impuissance stratégique : d'un côté, elle s'efforce de ménager Trump dans l'espoir que celui-ci abandonne l'Ukraine ou, à tout le moins, qu'il n'en revienne pas à la politique de Biden ; de l'autre, Trump affaiblit par ses actions le réseau d'alliés et de partenaires privilégiés de Moscou (Iran, Venezuela), et donc la position géopolitique régionale et mondiale de la Russie, qui est incapable de les défendre à cause de la guerre en Ukraine.
Ironiquement, là où le Kremlin voyait dans l’« opération militaire spéciale » la confirmation d’un statut de grande puissance, la guerre en Ukraine tend au contraire à marginaliser la Russie et à l’enfermer dans un horizon géopolitique de plus en plus régional.
🎙️"C'est un piège dans lequel tombent pas mal de personnallités médiatiques"
Ce samedi 20 décembre, c'est le chanteur @jdoreofficiel qui est l'invité de "Variétés", au micro d'@ATrapenard sur #RTL
Alors, sans vouloir vous commander, écoutez ce troisième épisode, il est passionnant.
Je vous rembourse si vous n’êtes pas satisfaits. (Oui, c’est gratuit)
L’Ukraine, la Russie, Trump et l’Europe, avec Olivier Zajec, c’est à partir de maintenant sur la chaîne YouTube de @LEXPRESS, ainsi que sur toutes les plateformes de Podcast. Et c’est passionnant (quoi ? Je l’ai déjà dit ?)
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