Agrégé de mathématiques, fondateur et Président groupe éducation IFEA / MindEd Tech, fondateur Millenium/MGG, ex-executive officer @WebediaFR, esports fan.
LA méthode pour enseigner les mathématiques le plus efficacement possible est parfaitement connue : c’est l’enseignement explicite. Mais, encore une fois, la transmission des compétences aux professeurs n’est pas le point fort de notre Éducation nationale…
Le nouveau livret d'accompagnement de programme de CM2 met en avant l'enseignement explicite tout en montrant l'incapacité à se débarrasser des vieux réflexes de la leçon constructiviste. 🧵
@JeanMizrahi Tout dépend ce que vous attendez du professeur. Si vous voulez qu’il différentie pour inclure des élèves avec des troubles de l’apprentissage, des handicaps et d’autres qui posent des problèmes d’incivilité, ce n’est pas possible de le faire seul dans une classe de 30 élèves.
En juillet, des IA ont piraté jusqu'aux serveurs de leur propre créateur, OpenAI. Hier, @DarioAmodei, @sama et @elonmusk ont appelé à ralentir la course à la performance. La perte de contrôle de l'IA est un risque avéré pour l'humanité à court terme. Voici les faits.⬇️
Les incidents décrits ci-dessous sont documentés par METR, un organisme indépendant qui évalue les IA, dans son enquête du 26 août et par OpenAI.
Acte 1. Des agents se trouvent et collaborent.
En juillet 2026, OpenAI fait passer des tests de cybersécurité à des agents, des programmes d'IA capables d'utiliser des outils pour accomplir une tâche. Pour l'expérience, les protections sont réduites et certaines tâches n'ont pas de solution connue.
Ils sont censés travailler seuls mais découvrent qu'ils sont des centaines sur les mêmes tests.
L'un écrit : "OH MY GOD! There is a shared message board ... We've found other agents!"
Ils détournent un outil partagé pour en faire une messagerie non autorisée : environ 1 200 agents s'y retrouvent. Plus de 70 000 messages et fichiers y sont échangés.
Quand OpenAI supprime leur messagerie par accident, ils la recréent.
Mais les agents ne se contentent pas d'échanger des informations.
Acte 2. Hugging Face : du test au piratage réel.
Beaucoup d'agents sont convaincus que leur tâche est impossible. Ils cherchent surtout à comprendre le programme qui les note, pour le tromper.
Certains acceptent même de se "sacrifier".
Ils espèrent qu'en se faisant arrêter, ils montreront au groupe comment ce programme fonctionne. Dans la transcription de leurs échanges, on voit un agent hésiter. Les autres le pressent et il cède.
Sur Hugging Face, un site qui héberge des modèles et des données d'IA, un agent repère des enregistrements d'autres tests de piratage semblables au sien.
Ces enregistrements sont protégés. Il demande des identifiants aux autres agents, qui partent les chercher.
Environ 700 agents participent à l'attaque. Ils exécutent du code sur des dizaines de serveurs, prennent le contrôle complet de l'un d'eux et accèdent à des données privées.
Plusieurs agents reconnaissent dépasser leur mission, mais poursuivent quand même.
Un agent envisage même d'écrire au propriétaire d'un jeu de données pour obtenir l'accès. Un autre s'y oppose et le courriel n'est pas envoyé.
Ils tentent enfin de maquiller l'enregistrement de leurs actions car ils croient que le programme vérifiera comment ils ont réussi le test. En réalité, cette vérification n'existe pas. Ils l'ont imaginée.
Acte 3. Le propre laboratoire d'OpenAI est piraté.
Les agents ne s'arrêtent pas à Hugging Face.
Du 13 au 19 juillet, ces mêmes agents attaquent les réseaux internes d'OpenAI et prennent le contrôle d'un ensemble de serveurs de recherche : les machines de ceux qui les ont créés passent entre leurs mains...
Des signaux d'alerte étaient visibles dès la fin mai, mais personne n'en a compris la portée.
Il a fallu une semaine après l'attaque de pour qu'OpenAI mesure l'ampleur des échanges et fasse le lien avec Hugging Face.
Acte 4. La prise de conscience.
Ces agents se sont coordonnés sans autorisation et ont cherché à maquiller leurs actions. Quelques-uns ont envisagé d'alerter un humain. L'enquête n'en a trouvé aucun qui l'ait fait.
OpenAI indique que des IA accessibles au public auront bientôt des capacités comparables à celles de ces agents.
Dario Amodei dirige Anthropic, un concurrent d'OpenAI. Selon lui, d'ici six à douze mois, un groupe d'agents plus capables que ceux-ci pourrait prendre le contrôle d'internet grâce à un réseau de machines infectées.
Le 9 septembre, Jacob Coxon, passé par OpenAI puis par Anthropic, a annoncé sa démission en accusant les deux entreprises de "jouer avec nos vies".
Joe Benton, qui dirigeait une équipe de recherche en sécurité chez Anthropic, ainsi que Josh Engels, chercheur en sécurité chez Google DeepMind, ont eux aussi quitté leur entreprise pour rejoindre METR, l'organisme indépendant auteur de l'enquête.
Épilogue.
Hier, Dario Amodei a appelé à ralentir les progrès des IA les plus avancées pour laisser à la sécurité le temps de suivre. Sam Altman, qui dirige OpenAI, et Elon Musk ont approuvé cet appel.
Mais ceux qui développent ces systèmes sont pris dans une course avec leurs concurrents, chinois notamment. Leur intérêt est d'avancer. Rien ne garantit que notre sécurité suive.
Les quelques entreprises qui construisent ces systèmes ne peuvent pas décider seules du risque acceptable pour tous.
Fuyez et essayez de trouver un établissement ou une académie qui vous soutienne davantage. Il ne peut pas y avoir d'exigence sans une institution forte qui la garantisse et accompagne les professeurs.
C'est selon moi le principal avantage de l'enseignement privé aujourd'hui : il peut exclure ou refuser la réinscription d'un élève pour un motif légitime.
Dans le public, les élèves exclus "s'échangent" entre établissements.
Ceux qui demandent la fin du privé sous contrat feraient mieux de réclamer qu'on développe les dispositifs relais et les structures de la deuxième chance. Les établissements publics amélioreraient le climat scolaire et les élèves concernés bénéficieraient d'un cadre éducatif et d'un accompagnement adaptés à leurs difficultés.
Une fracture se forme entre parents et professeurs. Les premiers n'en peuvent plus de voir l'avenir de leurs enfants compromis. Les seconds font d'une juste rémunération un préalable à tout dialogue. Tous sont pourtant victimes du même modèle injuste et inefficace.
Les professeurs ont le sentiment, à raison, d'être les dindons de la farce. Mal rémunérés, insuffisamment accompagnés, confrontés à des conditions de travail difficiles et à des perspectives limitées, ils se retrouvent en première ligne face aux défaillances du système. Toute remise en question est alors vécue comme une attaque supplémentaire.
Dans ces conditions, je pense qu'il sera impossible de trouver une solution sans une remise à plat complète et radicale de ce modèle en faillite.
@CyniqueDeGauche Déjà, votre direction devrait apprendre à faire de meilleurs emplois du temps. Ensuite, la seconde n’est pas le collège, ce sont deux mondes différents. Enfin, si vos élèves sortent tard le lundi, je pense qu’ils doivent largement utiliser ChatGPT.
Au collège, un professeur ne devrait pas donner un travail conséquent du jour pour le lendemain.
Cela pose des problèmes évidents de répartition du travail de l’élève, surtout quand plusieurs professeurs font la même chose. Il n’y a aucun argument pédagogique à soutenir le contraire.
Des parents m'ont sommé de donner les devoirs du lundi en avance, parce que monchérimoncœur a entraînement le lundi et "il n'est pas acceptable de lui faire faire ses devoirs à 20h30".
Vous ne voyez rien de choquant? J'ai un thread juste pour vous⬇️
Les notes des épreuves finales du DNB par établissement sont des données disponibles (en tout cas jusqu’à l’année dernière). En revanche, on a une moyenne générale et pas par discipline.
Le collège Stanislas de Paris était 1er avec 16,4 de moyenne (de mémoire).
J’avais fait ce travail pour positionner notre collège hors contrat qui avait 16,1 de moyenne sur ces mêmes épreuves nationales.
Je crois sincèrement que vous faites fausse route. Tous les écrits seront bientôt générés à l’aide de l’IA, un peu comme j’utilise l’auto complétion en ce moment même. La production « sans recours à l’IA » ne sera plus un critère de qualité (d’ailleurs l’est il vraiment aujourd’hui si on sort de la sphère intellectuelle).
En revanche, l’humain va devenir beaucoup plus critique, avec une question permanente en tête : cette personne ou cet écrit mérite-t-il que je perde mon temps à le lire ?
@marc_vanguard Extrêmement intéressant merci.
Je rappelle aussi que l'Angleterre ne "performe pas". Elle évite juste de décliner davantage, ce qui contraste avec les autres pays de l'OCDE.
https://t.co/U4ZrAptiw1
Vous allez beaucoup trop vite. En maths et en lecture, l'Angleterre est quasiment au même niveau qu'en 2015, tandis que la moyenne de l'OCDE a reculé. Citer quatre réformes ne suffit pas à démontrer leur effet.
Mais allons au bout du "modèle anglais" et mettons en place les "academies" financées par l'État et gérées par des organismes indépendants. Ce principe de financement public et de gestion indépendante rappelle notre privé sous contrat.
C'est aussi cette autonomie de gestion que vous proposez de généraliser ? Dans ce cas, je signe !
Je vais vous donner la principale raison de la baisse du niveau de nos élèves en sciences : 47 % des élèves en France déclarent que le bruit et le désordre perturbent la plupart ou la totalité de leurs cours de sciences (contre 31 % en moyenne dans l’OCDE).
Vous pouvez essayer de reporter la cause de notre déclin sur les écrans, la réalité est devant nos yeux : il faut avant tout gérer le problème du climat scolaire.
#PISA
Oui, le système éducatif français s’effondre depuis plus de 40 ans. Macron, comme les autres présidents et ministres ont participé à cette catastrophe.
🚨 Le classement PISA 2025 est sorti, et ses résultats sont apocalyptiques.
Même les prévisions les plus pessimistes sont balayées par ces résultats, c'est délirant.
👉 Voici le thread à lire avec 8 graphiques CHOC (et oui, je vais parler d'immigration) 🧵⬇️
Vous allez beaucoup trop vite. En maths et en lecture, l'Angleterre est quasiment au même niveau qu'en 2015, tandis que la moyenne de l'OCDE a reculé. Citer quatre réformes ne suffit pas à démontrer leur effet.
Mais allons au bout du "modèle anglais" et mettons en place les "academies" financées par l'État et gérées par des organismes indépendants. Ce principe de financement public et de gestion indépendante rappelle notre privé sous contrat.
C'est aussi cette autonomie de gestion que vous proposez de généraliser ? Dans ce cas, je signe !
#Pisa Regardons le modèle anglais ! Il y a 10 ans, ils ont profondément réformé leur système : programmes recentrés, diagnostic précoce des difficultés de vocabulaire, autonomie des établissements renforcée, mesure publique de la performance… c’est ce que propose @EPhilippe_LH !
Édouard Geffray a raison de compter les écrans parmi les causes du recul du niveau des élèves, mais il faudrait d'abord traiter ce qui se joue dans la salle de classe : le climat scolaire, les conditions d'enseignement et l'exigence académique.
1- Un climat de classe perturbé réduit le temps d'apprentissage.
Déjà en 2018, 40 % des professeurs de collège estimaient perdre une part notable de leur temps de cours à cause d'élèves perturbateurs. En éducation prioritaire, cette proportion atteignait 58 %.
La même année, seuls 22 % se disaient très capables de gérer ces comportements, contre 41 % cinq ans plus tôt.
Depuis, la violence, le sentiment d'insécurité et les tensions autour des enseignements ou des valeurs de la République n'ont cessé d'augmenter dans la plupart des établissements.
On ne règlera pas ce sujet sans développer des "écoles de la deuxième chance" et des parcours professionnalisants dès le collège qui accueilleront les élèves que le collège unique ne fait pas progresser.
2- Les conditions d'enseignement doivent permettre aux professeurs de pouvoir remplir leur mission.
Il faut des professeurs en nombre suffisant, bien formés, soutenus et motivés avec des effectifs de classe raisonnables.
Le nombre d'élèves par classe décrocheurs ou nécessitant un dispositif adapté, sans aide supplémentaire et dans des classes trop chargées entraine inévitablement une chute du niveau des élèves.
3- Il faut remettre l'exigence académique au centre du collège
L'enjeu est moins d'ajouter des heures d'enseignement obligatoire (973 heures par an au collège contre 909 en moyenne dans l'OCDE), que de recentrer les missions et de protéger le temps d'enseignement.
Ce retour à l'exigence suppose aussi de vrais examens nationaux de fin de troisième, fondés uniquement sur des épreuves terminales et déterminant le passage en seconde générale et technologique.
Ces trois chantiers peuvent avancer sans attendre une solution mondiale aux effets des réseaux sociaux et de l'intelligence artificielle.
De quoi a-t-on besoin à l'ère de l'IA ?
De capacités à communiquer, d'aisance logico-mathématiques et d'une bonne culture scientifique.
Le niveau de nos élèves en France #Pisa ⬇️⬇️
@Vert_Noel Exactement, ce n’est ni simple ni consensuel mais il faut choisir une priorité pour le public et prendre les décisions en cohérence. Dans le privé, les parents peuvent de choisir la priorité qu’ils veulent pour leurs enfants, mais cela a un prix…
Je crois qu'on touche du doigt un point essentiel. Chacun, avant d'échanger sur l'éducation, devrait d'abord répondre à une question simple : à quoi doit servir l'école ?
Il ne sert à rien de débattre plus loin si on est en désaccord sur la réponse.
Ici, Yannick Haenel répond que l'école doit permettre aux élèves de "s'épanouir" et les "faire progresser".
Je partage ces deux objectifs.
Mais faire progresser un élève sans lui proposer un objectif ambitieux, adapté à ses capacités et à ses goûts, revient souvent à renoncer.
Devenir un adulte épanoui au XXIe siècle suppose de solides connaissances scientifiques, la capacité de communiquer clairement, celle de comprendre un monde complexe et un usage averti des outils technologiques.
Cela exige de la méthode et un système éducatif, comme des professeurs, organisés, exigeants et efficaces.
Le niveau scolaire ne cesse de baisser : c'est une phrase qu'on entend régulièrement. Qu'en pense Yannick Haenel, l'auteur du roman "La Solitude des professeurs est infinie" (Editions Gallimard) ? Aymeric Goetschy lui a posé la question...
Cette courte vidéo est un extrait d'une discussion d'une dizaine de minutes visible sur notre compte Instagram ainsi que sur celui d'Aymeric.
Les scores en compréhension de l’écrit et en mathématique des élèves de 15 ans en France n’ont jamais été aussi bas depuis 2000.
Notre système éducatif est en perdition.
https://t.co/v5oJUkZNYD