#7Octobre Victimes, on vous croit… sauf les juives
Dans l’histoire du féminisme français, il y a plusieurs points de rupture. La fracture la plus récente est celle qui s’est produite après le pogrom du 7 octobre 2023 perpétré par les terroristes du Hamas qui a fait 1 200 morts et 4 800 blessés en Israël.
Dans un premier temps, les crimes contre les femmes assassinées ou otages ont été niés. Dans un second, les militantes néo-féministes, et des élus qui se revendiquent comme telles, ont refusé d’être solidaires de ces victimes. Parce que la plupart des radicaux considèrent que l’attaque du 7 octobre était un acte de résistance, les crimes dans leur globalité n’en seraient donc pas.
Le 7 octobre, des femmes ont été violées (vivantes, parfois mortes), massacrées, démembrées, brûlées parmi elles des femmes, des adolescentes, des petites filles ou des personnes âgées. D’autres de tous âges ont été enlevées.
Les rares survivants témoins de l’attaque du Hamas ont fait état de violences sexuelles, de viols en réunion, de mutilations génitales pour la plupart commis face à des membres de la famille, des voisins ou des proches de la victime. Un déchaînement de cruauté insoutenable.
Tous ces témoignages n’ont pas suffi pour que ces crimes soient considérés comme tels. Ni les images - filmées par les terroristes - des femmes otages au pantalon ensanglantés. Le slogan féministe “Victimes, on vous croit” a été brisé !
En ce qui concerne le mouvement féministe universaliste et humaniste #JamaisSansElles, il a condamné “avec la plus grande fermeté les atrocités qui ont été commises, particulièrement envers les femmes et les enfants”.
Dans la société, une vague de haine et d’antisémitisme a déferlé sur ceux qui dénonçaient - juifs ou non - ces atrocités et crimes sexuels, et depuis sur les réseaux des attaques en meute ciblent pour injurier et menacer ceux s’expriment sur le sujet. La violence est permanente.
Les viols de masse sont souvent utilisés comme arme de guerre dans les conflits, mais dans ce cas les ONG et organisations internationales, les personnalités et même les artistes n’ont pas dénoncé ces actes atroces visant des femmes. Pendant des mois, les organisations référentes ont gardé le silence. Ce qui a conduit à faciliter la contestation des preuves, à relativiser l’importance des crimes sexuels dans l’attaque, voire d’effacer leur réalité.
À tel point que lors de la manifestation contre les violences faites aux femmes du 25 novembre 2023 à Paris 300 femmes qui dénonçaient les viols barbares commis le 7 octobre, et alors même qu’il y avait des otages français séquestrés, ont été agressées et n’ont pas pu défiler. Quelques mois plus tard, le 8 mars dernier à Paris, des manifestantes ont été insultées, frappées à coups de poing, visées par des jets de projectile. Elles ont dû être exfiltrées. Le droit de manifester leur a été retiré. Certains groupes veulent trier, en fonction de leur grille idéologique, d’un côté les bonnes, de l’autre les mauvaises victimes, idem pour les militantes.
Pour la première fois, des femmes qui défendent des victimes de viol ont été agressées et expulsées de manifestations féministes afin de les intimider et tenter de leur imposer le silence. Pourquoi cette violence ? Et pourquoi est-elle admise par la plupart des militants ? Parce que les victimes soutenues étaient juives. C’est #MeToo sauf pour les juives. Les féministes radicales ne représentent pas toutes les féministes et ne défendent pas toutes les femmes, elles les opposent entre elles et acceptent la violence et l’usage du cyberharcèlement contre des femmes, c’est une dérive très inquiétante qui peut, si rien n’est fait, détruire les principes de solidarité.
Les Israéliennes ne sont pas les seules effacées, il y a aussi celles qui vivent dans des régimes autoritaires, les Iraniennes qui luttent contre les mollahs qui emprisonnent et assassinent des femmes qui veulent se libérer, les 20 millions d’Afghanes emmurées vivantes entre les murs du régime taliban et bien d’autres… Dans les pays occidentaux, elles n’ont même plus droit à de grandes manifestations pour les soutenir !
Les féministes universalistes, dont je suis, défendent les droits de toutes les femmes sans exclusion, dénoncent sans distinction les oppressions et violences subies, déplorent toutes les pertes civiles dans les conflits. Malgré les attaques virulentes désormais permanentes, parfois les menaces physiques, les universalistes ne se taisent pas et ne laisseront pas oublier les victimes du 7 octobre. Jamais !
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