"Les gens qui lisent sont moins cons que les autres, c’est une affaire entendue. Cela ne signifie pas que les lecteurs de littérature ne comptent pas d’imbéciles et qu’il n’y a pas de brillantes personnalités chez les non-lecteurs. Mais, en gros, ça s’entend, ça se voit, ça se renifle, les personnes qui lisent sont plus ouvertes, plus captivantes, mieux armées dans la vie que les personnes qui dédaignent les livres.
C’est logique, après tout. Le lecteur développe son intelligence au contact des raisonnements, au frottement des idées, au heurt des chimères ou des apories. Il devient l’intime de héros de fiction dont il a suivi les aventures avec curiosité, souvent avec passion. Il range dans sa mémoire des morceaux d’histoire de France ou d’ailleurs, des vies de personnages illustres, des récits de découvertes, d’exploits, de faits divers, d’existences obscures ou infortunées, de peuples en majesté ou en servitude, de civilisations défuntes. Bref, il collectionne des éclats de ce qui constitue la culture générale dont le livre, même s’il a aujourd’hui des concurrents, reste le principal pourvoyeur.
Beaucoup trop d’hommes politiques, de chefs d’entreprise, de hauts fonctionnaires, de manageurs, de responsables de tout poil ne lisent que des livres utiles à l’exercice de leur profession. La littérature ? Perte de temps. Les romans ? C’est bon pour les femmes. Pauvres types ! (Pas sûr qu’au même niveau de responsabilités les femmes lisent plus et mieux.) Eux qui vivent dans un monde clos de privilégiés et en connaissent les protocoles, ignorent tout de l’évolution des comportements dans les différentes strates de la population dont ils ont directement ou indirectement la charge. Romans et récits leur apprendraient bien des choses. Sur le clair-obscur des mentalités. Sur les raisons des volte-face et des fidélités. Sur les fiertés minuscules et les détresses inavouables. Sur le grand bazar du commerce des corps et des âmes. Et donc, par comparaison, par confrontation, sur eux-mêmes.
Lire des romans, c’est prendre des nouvelles des autres.
Barack Obama : « Grâce à la littérature, j’ai pu imaginer ce qui se passait dans la vie des gens. »
Milan Kundera : « La bêtise des hommes vient de ce qu’ils ont réponse à tout. La sagesse du roman, c’est d’avoir question à tout. »
Lire de la poésie, c’est soulever des chapeaux, des couvercles, des tapis, le ciel.
Lire n’est pas se retirer du monde, c’est entrer dans le monde par d’autres portes.
Lire, c’est prendre Voltaire comme professeur, Proust comme oncle de la ville et Vialatte comme tonton des champs, Duras comme cousine, Stendhal, Dumas, Camus et Semprun comme amis, La Fontaine et Vincenot comme gardes-chasse, Louise Labé comme amante, Colette comme cuisinière, Montaigne, Jean Giono et Julien Gracq comme voisins.
Lire, c’est agrandir sa famille, engager du personnel, se faire des amis, multiplier ses relations, se constituer un fabuleux carnet d’adresses.
Lire, c’est faire entrer un peu de lumière dans le dédale piégeux de nos existences.
Mais si l’on comprend mieux le monde en lisant, la lecture peut aussi le complexifier, le rendre plus énigmatique. Il y a des livres qui décoiffent, qui dérangent, dont on sort troublé et même chamboulé. Ce sont peut-être les meilleurs puisqu’ils nous atteignent au plus profond et qu’ils modifient nos façons de voir et de ressentir. Ils nous poussent à des examens de conscience.
Ils nous encouragent à prendre des résolutions, à tenter des expériences. Ce sont des perturbateurs existentiels.
Lire, c’est courir le risque de se remettre en cause.
Enfin, la lecture est l’une des dernières activités humaines – avec, entre autres, la conversation et l’amour – où il n’y a nulle nécessité de retenir des codes, d’appuyer sur des touches, de consulter des écrans. Technologie nulle, simplicité du contact avec les mots (à condition, bien sûr, de continuer de préférer le papier à la tablette).
Lire, c’est avoir de l’esprit jusqu’au bout des doigts."
Bernard Pivot
🧵My last week in Europe this summer. Still one trip and one conference, but I'm slowly beginning to pack up. And my overarching impression is that the security environment on the Old Continent has been deteriorating faster than folks in major capitals here seem to realize. 1/10
@Gabriele_Corno It doesn't matter that this is faked. What matters is that someone imagined this scensrio and brought some joy to a world of rage and anger. If it can be be imagined, it can be achieved and the world can change.
"Intelligence and stupidity turn out to be chronometrical. A brilliant heuristic and a fatal one can be the same heuristic, separated by an unexpected shift in the world."
Ten years ago, David C. Krakauer, President at @sfiscience , warned Nautilus that the world's greatest problem was stupidity: applying outdated rules to new realities. Now he's expanded that idea in a remarkable new essay, What Makes Humans Stupid. https://t.co/qLkdTcagiQ
I would encourage everyone to listen to this.
Then, compare it to the absolute bile you’re going to hear from Trump tonight.
Our government doesn’t have to be a walking clown show. Vote accordingly.
“There is no ultimate insurer of the total future. That doesn’t mean chaos. It means something more unsettling: Order exists, but it is partly made. Therefore, we are participants rather than spectators, co-creators rather than controllers.”
“The world is not a machine. We have no dominion. We must learn to collaborate with the rest of nature, living & abiotic.”
—Stuart Kauffman
https://t.co/AOj9PJ4bwv
This is absolutely horrifying footage from Sumy. It's not for the faint of heart, but it needs to be shared so people around the world can see what Russia is doing to Ukrainian civilians.
This is not war. It's terrorism!
"To say that there must be no criticism of the president, or that we are to stand by the president, right or wrong, is not only unpatriotic and servile, but is morally treasonable to the American public." - Teddy Roosevelt
#26 in Salvatore Catalano's new series of American Presidents
https://t.co/Z6avE07vPd
#America250
#TRLibrary
The scale of destruction and suffering in Venezuela is overwhelming. But that is no reason to stand on the sidelines. @WCKitchen We can take the small steps to help: meals for the rescue teams, sandwiches for the families, conversations with the people doing the hard work. To share the message: the world stands with you. #ChefsForVenezuela
“The most prized future workers will be those who can decode a sea of outputs, spot the meaningful signal and translate it into action that others understand and trust.”
“For decades, the prevailing career advice was simple & utilitarian: Abandon the squishy subjects of the arts & humanities & embrace STEM. That advice is all but obsolete.”
—Nils Gilman
https://t.co/hokXv1pZlB
Massie: "I think it's ironic that we control the House, Senate, Supreme Court, and the White House, and we're yelling 'election fraud'? I mean, we won all the damn elections."
@ConsWahoo Quick Eyeball math suggests the trend lines are basically flat.
He's got his base locked and everyone else is not buying into the story he's selling.