Ce qui m’inquiète dans l’école française, c’est la possibilité qu’un enfant puisse changer de classe pendant des années sans que personne ne règle ses difficultés. À chaque rentrée, il avance dans le bâtiment. Dans les apprentissages, c’est moins évident.
Le recul scolaire se mesure. Sur une même dictée de CM2, le nombre moyen d’erreurs est passé de 10,7 en 1987 à 19,4 en 2021. En calcul, les évaluations comparables entre 1987 et 2017 montrent aussi une dégradation, qui touche toutes les catégories sociales. On peut discuter des causes. Les copies, elles, ne sont pas nostalgiques.
C’est dans ce contexte qu’il faut parler d’immigration. Une politique d’accueil engage aussi l’école : des places, des enseignants, du français à apprendre, parfois une scolarité interrompue à reprendre. Tout cela exige du temps et des compétences. Une déclaration de bonnes intentions ne les fournit pas.
En France, PISA 2022 mesure un écart de 51 points en mathématiques entre les élèves issus de l’immigration et les autres. Cet écart descend à 17 points après prise en compte du profil socio-économique. La différence est considérable : une grande partie du problème se superpose aux difficultés sociales. Le reste appelle une enquête, pas une explication automatique par l’origine.
Ces catégories comprennent les enfants dont les deux parents sont nés à l’étranger, y compris ceux qui sont eux-mêmes nés en France. On ne compare donc pas simplement des étrangers avec des Français.
La Suède apporte une précision essentielle. Sur la période 2011–2015, environ 90 % des élèves nés dans le pays remplissaient les conditions d’accès au secondaire supérieur. Parmi les élèves nés hors d’Europe, cette proportion était d’environ 85 % pour ceux arrivés avant sept ans, contre un peu plus de 20 % pour ceux arrivés à treize ans ou après.
Dire seulement « immigré » laisse donc de côté une information déterminante : à quel âge l’enfant arrive et avec quelle scolarité derrière lui. Le même système n’a pas le même travail à accomplir dans les deux cas.
Et ses difficultés peuvent-elles affecter ses camarades ? Une étude italienne publiée en 2018 identifie un effet négatif de l’augmentation du nombre d’élèves immigrés dans une classe sur les résultats des élèves natifs, dans le contexte étudié. Une étude danoise publiée en 2023 ne trouve, elle, pas de dégradation significative des résultats des élèves natifs après l’arrivée d’enfants réfugiés.
Cette différence mérite mieux qu’un tri entre les études qui nous arrangent et les autres. Elle oblige à regarder les conditions d’accueil, les établissements concernés et l’organisation de l’enseignement.
C’est là que commence mon hypothèse sur l’école française : lorsque les difficultés s’accumulent et que les moyens de les traiter manquent, une certaine conception gauchiste de la pédagogie peut fournir une justification morale au renoncement.
Prenons cette prof qui veut tellement éviter de stigmatiser l’élève immigré qu’elle finit par lui demander moins. Dans cette logique, constater une lacune devient presque une offense. Elle simplifie les exercices, tolère ce qui devrait être corrigé et accepte le passage dans la classe supérieure sans maîtrise suffisante.
Si cette indulgence finit par déterminer le travail demandé à toute la classe, le problème devient collectif. Les élèves qui pourraient avancer davantage risquent de travailler moins. Ceux qui ont besoin d’une aide précise continuent avec leurs lacunes. L’enfant qu’on voulait protéger se retrouve un an plus tard devant des exercices encore moins accessibles.
Je trouve ce paternalisme profondément méprisant. Décider qu’un enfant doit bénéficier d’exigences réduites en raison de son origine, c’est lui assigner une limite avant même de savoir jusqu’où il pourrait aller.
Adapter temporairement un exercice pour lui permettre d’apprendre a un sens. Installer durablement une attente plus faible et appeler cela de la bienveillance en a un autre. Toute la question est de savoir si l’adaptation permet réellement de rattraper le niveau attendu.
Cette hypothèse doit être vérifiée dans les pratiques : le contenu des évaluations, les connaissances acquises, les critères de passage et les progrès effectifs. Les statistiques sur l’immigration ne prouvent pas, à elles seules, les intentions politiques d’une enseignante.
La responsabilité du système se situe aussi là. Que demande-t-il aux professeurs ? Quels moyens leur donne-t-il ? Comment repère-t-il un élève qui passe sans apprendre ? Une institution qui laisse les difficultés s’accumuler prépare le travail impossible de l’enseignant suivant.
Les mobilisations actuelles devant les lycées rendent ces questions concrètes. Le manque de professeurs et la dégradation des conditions d’étude justifient des demandes de comptes. Les incendies et les affrontements observés devant certains établissements ne rendent aucun cours aux élèves. Brûler une poubelle ne remplace toujours pas un professeur de mathématiques.
Les enseignants qui tiennent leur classe et maintiennent leurs exigences ont eux aussi besoin d’être soutenus. Ils subissent les postes vacants, les lacunes accumulées et les décisions prises au-dessus d’eux. Leur demander de tout absorber, puis les juger sur les conséquences, serait encore une manière pour l’institution de se défausser.
Ce que je conteste, c’est la facilité avec laquelle on peut se satisfaire d’avoir accueilli, accompagné et fait passer un enfant, sans vérifier suffisamment ce qu’il sait faire.
Les conséquences concernent tout le monde : l’élève immigré qui avait besoin d’apprendre le français, son camarade né ici qui avait besoin d’avancer, l’enfant en difficulté qu’on laisse décrocher et le professeur qui récupère la classe suivante.
Faire passer un enfant avec ses lacunes, c’est lui donner rendez-vous avec elles plus tard. Avec quelques années de retard et beaucoup moins de temps pour les corriger.
Ton idéologie a fait des centaines de millions de morts au XXeme siècle. Sur ses bases , ton parti aurait dû être interdit depuis longtemps comme on interdit les mouvements néonazis.
2k+ followers en 48h
Merci aux gauchistes.
Ce compte génère entre 6 000 et 10 000 euros en moyenne par mois.
Je transforme les larmes de gauchistes low IQ en €.
Les vases communicants.
APL > Rage sur X > €
Le mouvement perpétuel 🔁
On continue les camarades ✊🏿✊🏾✊🏽✊🏼✊🏻✊🔻
Ce qui m’inquiète dans l’école française, c’est la possibilité qu’un enfant puisse changer de classe pendant des années sans que personne ne règle ses difficultés. À chaque rentrée, il avance dans le bâtiment. Dans les apprentissages, c’est moins évident.
Le recul scolaire se mesure. Sur une même dictée de CM2, le nombre moyen d’erreurs est passé de 10,7 en 1987 à 19,4 en 2021. En calcul, les évaluations comparables entre 1987 et 2017 montrent aussi une dégradation, qui touche toutes les catégories sociales. On peut discuter des causes. Les copies, elles, ne sont pas nostalgiques.
C’est dans ce contexte qu’il faut parler d’immigration. Une politique d’accueil engage aussi l’école : des places, des enseignants, du français à apprendre, parfois une scolarité interrompue à reprendre. Tout cela exige du temps et des compétences. Une déclaration de bonnes intentions ne les fournit pas.
En France, PISA 2022 mesure un écart de 51 points en mathématiques entre les élèves issus de l’immigration et les autres. Cet écart descend à 17 points après prise en compte du profil socio-économique. La différence est considérable : une grande partie du problème se superpose aux difficultés sociales. Le reste appelle une enquête, pas une explication automatique par l’origine.
Ces catégories comprennent les enfants dont les deux parents sont nés à l’étranger, y compris ceux qui sont eux-mêmes nés en France. On ne compare donc pas simplement des étrangers avec des Français.
La Suède apporte une précision essentielle. Sur la période 2011–2015, environ 90 % des élèves nés dans le pays remplissaient les conditions d’accès au secondaire supérieur. Parmi les élèves nés hors d’Europe, cette proportion était d’environ 85 % pour ceux arrivés avant sept ans, contre un peu plus de 20 % pour ceux arrivés à treize ans ou après.
Dire seulement « immigré » laisse donc de côté une information déterminante : à quel âge l’enfant arrive et avec quelle scolarité derrière lui. Le même système n’a pas le même travail à accomplir dans les deux cas.
Et ses difficultés peuvent-elles affecter ses camarades ? Une étude italienne publiée en 2018 identifie un effet négatif de l’augmentation du nombre d’élèves immigrés dans une classe sur les résultats des élèves natifs, dans le contexte étudié. Une étude danoise publiée en 2023 ne trouve, elle, pas de dégradation significative des résultats des élèves natifs après l’arrivée d’enfants réfugiés.
Cette différence mérite mieux qu’un tri entre les études qui nous arrangent et les autres. Elle oblige à regarder les conditions d’accueil, les établissements concernés et l’organisation de l’enseignement.
C’est là que commence mon hypothèse sur l’école française : lorsque les difficultés s’accumulent et que les moyens de les traiter manquent, une certaine conception gauchiste de la pédagogie peut fournir une justification morale au renoncement.
Prenons cette prof qui veut tellement éviter de stigmatiser l’élève immigré qu’elle finit par lui demander moins. Dans cette logique, constater une lacune devient presque une offense. Elle simplifie les exercices, tolère ce qui devrait être corrigé et accepte le passage dans la classe supérieure sans maîtrise suffisante.
Si cette indulgence finit par déterminer le travail demandé à toute la classe, le problème devient collectif. Les élèves qui pourraient avancer davantage risquent de travailler moins. Ceux qui ont besoin d’une aide précise continuent avec leurs lacunes. L’enfant qu’on voulait protéger se retrouve un an plus tard devant des exercices encore moins accessibles.
Je trouve ce paternalisme profondément méprisant. Décider qu’un enfant doit bénéficier d’exigences réduites en raison de son origine, c’est lui assigner une limite avant même de savoir jusqu’où il pourrait aller.
Adapter temporairement un exercice pour lui permettre d’apprendre a un sens. Installer durablement une attente plus faible et appeler cela de la bienveillance en a un autre. Toute la question est de savoir si l’adaptation permet réellement de rattraper le niveau attendu.
Cette hypothèse doit être vérifiée dans les pratiques : le contenu des évaluations, les connaissances acquises, les critères de passage et les progrès effectifs. Les statistiques sur l’immigration ne prouvent pas, à elles seules, les intentions politiques d’une enseignante.
La responsabilité du système se situe aussi là. Que demande-t-il aux professeurs ? Quels moyens leur donne-t-il ? Comment repère-t-il un élève qui passe sans apprendre ? Une institution qui laisse les difficultés s’accumuler prépare le travail impossible de l’enseignant suivant.
Les mobilisations actuelles devant les lycées rendent ces questions concrètes. Le manque de professeurs et la dégradation des conditions d’étude justifient des demandes de comptes. Les incendies et les affrontements observés devant certains établissements ne rendent aucun cours aux élèves. Brûler une poubelle ne remplace toujours pas un professeur de mathématiques.
Les enseignants qui tiennent leur classe et maintiennent leurs exigences ont eux aussi besoin d’être soutenus. Ils subissent les postes vacants, les lacunes accumulées et les décisions prises au-dessus d’eux. Leur demander de tout absorber, puis les juger sur les conséquences, serait encore une manière pour l’institution de se défausser.
Ce que je conteste, c’est la facilité avec laquelle on peut se satisfaire d’avoir accueilli, accompagné et fait passer un enfant, sans vérifier suffisamment ce qu’il sait faire.
Les conséquences concernent tout le monde : l’élève immigré qui avait besoin d’apprendre le français, son camarade né ici qui avait besoin d’avancer, l’enfant en difficulté qu’on laisse décrocher et le professeur qui récupère la classe suivante.
Faire passer un enfant avec ses lacunes, c’est lui donner rendez-vous avec elles plus tard. Avec quelques années de retard et beaucoup moins de temps pour les corriger.