Il faut prendre au sérieux ce qui pourrait sembler dérisoire. Quand des #influenceuses expliquent que Maupassant ou d’autres classiques français ne seraient plus « compatibles » avec leurs valeurs religieuses, il ne s’agit plus seulement de goût littéraire. Une frontière vient d’être franchie lorsque la #religion prétend décider non plus seulement de ce que l’on croit, mais de ce que l’on peut lire, transmettre, enseigner ou admirer.
Depuis plusieurs années, l’#islamisme politique avance précisément sur ce terrain, rarement par la contrainte brutale, beaucoup plus souvent par l’accoutumance. Une revendication devient une habitude, l’habitude devient une norme et la norme finit par paraître naturelle. Le sport, l’école, les associations, les réseaux sociaux, certaines pratiques culturelles deviennent alors autant de lieux où se négocie, morceau après morceau, ce qui relevait autrefois du bien commun.
Le phénomène prospère aussi sur les faiblesses de la politique. Certains élus ferment les yeux par prudence, d’autres par calcul électoral, d’autres encore parce qu’ils redoutent davantage l’accusation d’intolérance que le recul des principes qu’ils devraient défendre. Et lorsque l’État hésite, temporise ou renonce à faire respecter clairement la règle commune, chaque recul prépare le suivant.
Refuser cette évolution ne signifie ni rejeter les musulmans ni combattre une foi. C’est au contraire défendre le cadre qui permet à toutes les croyances de coexister sans que l’une d’elles impose ses prescriptions aux autres. Le véritable danger commence lorsque, par clientélisme, lassitude ou lâcheté, une démocratie accepte de négocier ce qu’elle n’aurait jamais dû mettre en discussion.
Car une civilisation ne disparaît pas nécessairement dans le fracas. Elle peut aussi s’effacer silencieusement, chaque fois qu’elle renonce à transmettre ce qu’elle n’ose plus défendre.
Source : https://t.co/F134pV53ZF
‘A Hamas that accepts disarmament is effectively admitting that almost forty years of armed struggle failed to defeat Israel, failed to erase the Jewish state, and inflicted catastrophic damage on the Palestinian national project. Had Hamas never bothered with its suicidal nihilism, Palestinians might well have had a functioning state by now.’
Despite the enormous challenges of implementing the proposed disarmament of Hamas in Gaza, the fact that the group has even agreed in principle to a gradual, partial process carries major implications. It undercuts years of rhetoric from parts of the “pro‑Palestine” industrial complex that celebrated or excused Hamas and tried to frame its violence as an organic resistance response to 1948, Nakba, occupation, or blockade. A Hamas that accepts disarmament is effectively admitting that almost forty years of armed struggle failed to defeat Israel, failed to erase the Jewish state, and inflicted catastrophic damage on the Palestinian national project. Had Hamas never bothered with its suicidal nihilism, Palestinians might well have had a functioning state by now.
Before the Jihadi fascistic organization that so many Western “pro-Palestine” imbeciles have been quick to celebrate, the Palestine Liberation Organization (PLO) came to the realization that armed resistance was not only useless and futile, but it had fundamentally failed to deliver any strategic gains for the Palestinian people, such as freedom, self-rule, and a pathway to statehood. Regardless of what went wrong with Oslo later on, the PLO and Fatah realized what Hamas would eventually come to acknowledge decades later: armed resistance will not work; the two-state solution is the only viable option; and a political process is supremely preferable to alignment with the Islamic Republic of Iran and the Muslim Brotherhood.
Hamas ultimately devastated Gaza, looted its resources, halted its development, and radicalized its society, only to face a predictable and humiliating defeat. On October 7, it carried out the worst single-day attack on Jews since the Holocaust with barbaric & shameful brutality. Still, its arsenal never posed a strategic threat to Israel. Its real weapon was the suffering of Gazans, used as human shields to generate casualties and manufacture outrage around the world.
If disarmament proceeds, even partially, it will collapse the narratives of thousands of social media activists, academics, journalists, students, politicians, Arab and Muslim American grifters, Palestinian American imbeciles and countless leftist demagogues who went out of their way to outright support or excuse Hamas’s October 7 attack, refusing to condemn the group or critique its actions and never calling for the Jihadi organization to surrender and give up the hostages much earlier in the war as would have been the sound and sane thing to do to spare Gaza the devastation and save Palestinian lives.
Hamas’s disarmament would collapse the propaganda that portrayed the group as a powerful guerrilla force capable of challenging Israel. Outlets like Al Jazeera amplified an image of Hamas that never matched reality. Many people misunderstood the short‑term tactical success of October 7, enabled by Israeli negligence, as proof of Hamas’s strength. That misreading fueled a wave of delusion and mass psychosis across parts of the “pro‑Palestine” and anti‑Zionist movements.
If disarmament proceeds, even partially, it will thoroughly invalidate the armed‑resistance narrative and expose how hollow Hamas’s strategy has been. Beyond Gaza’s future, the symbolic impact matters: it strips away the mythology that sustained Hamas’s appeal and forces a reckoning with the immense damage the group inflicted on Palestinians themselves. And remember: 44% of American Muslims surveyed a month ago just told Pew Research that they support Hamas.
Merci à Christophe Clavé pour cet éclairage sur l’appauvrissement de la langue et la ruine de la pensée 🙌
"La disparition progressive des temps (subjonctif, passé simple, imparfait, formes composées du futur, participe passé…) donne lieu à une pensée au présent, limitée à l’instant, incapable de projections dans le temps.
La généralisation du tutoiement, la disparition des majuscules et de la ponctuation sont autant de coups mortels portés à la subtilité de l’expression.
Supprimer le mot «mademoiselle» est non seulement renoncer à l’esthétique d’un mot, mais également promouvoir l’idée qu’entre une petite fille et une femme il n’y a rien.
Moins de mots et moins de verbes conjugués c’est moins de capacités à exprimer les émotions et moins de possibilité d’élaborer une pensée.
Des études ont montré qu’une partie de la violence dans la sphère publique et privée provient directement de l’incapacité à mettre des mots sur les émotions.
Sans mot pour construire un raisonnement, la pensée complexe chère à Edgar Morin est entravée, rendue impossible.
Plus le langage est pauvre, moins la pensée existe.
L’histoire est riche d’exemples et les écrits sont nombreux de Georges Orwell dans « 1984 » à Ray Bradbury dans « Fahrenheit 451 » qui ont relaté comment les dictatures de toutes obédiences entravaient la pensée en réduisant et tordant le nombre et le sens des mots.
Il n’y a pas de pensée critique sans pensée. Et il n’y a pas de pensée sans mots.
Comment construire une pensée hypothético-déductive sans maîtrise du conditionnel ? Comment envisager l’avenir sans conjugaison au futur ? Comment appréhender une temporalité, une succession d’éléments dans le temps, qu’ils soient passés ou à venir, ainsi que leur durée relative, sans une langue qui fait la différence entre ce qui aurait pu être, ce qui a été, ce qui est, ce qui pourrait advenir, et ce qui sera après que ce qui pourrait advenir soit advenu ? Si un cri de ralliement devait se faire entendre aujourd’hui, ce serait celui, adressé aux parents et aux enseignants : faites parler, lire et écrire vos enfants, vos élèves, vos étudiants.
Enseignez et pratiquez la langue dans ses formes les plus variées, même si elle semble compliquée, surtout si elle est compliquée. Parce que dans cet effort se trouve la liberté. Ceux qui expliquent à longueur de temps qu’il faut simplifier l’orthographe, purger la langue de ses «défauts», abolir les genres, les temps, les nuances, tout ce qui crée de la complexité sont les fossoyeurs de l’esprit humain. Il n’est pas de liberté sans exigences. Il n’est pas de beauté sans la pensée de la beauté."
Christophe Clavé
L'écologisme mourra comme est mort le marxisme, et de la même maladie : un diagnostic juste, greffé sur une prophétie fausse et un mauvais remède.
Marx avait vu juste sur la condition ouvrière du XIXe siècle. Mais il s’est trompé sur la suite : le capitalisme devait appauvrir toujours plus le prolétariat jusqu’à la rupture. Or, en Occident, c’est largement l’inverse qui s’est produit : l’ouvrier est devenu salarié protégé, consommateur, parfois propriétaire. Et le remède marxiste, l’abolition du marché, visait précisément l’un des instruments qui allaient enrichir les masses.
L’écologisme suit la même pente. Le réchauffement climatique est réel. Mais la prophétie de l’effondrement, le retour des “limites de la croissance” et l’obsession décroissante relèvent du même réflexe malthusien. Là encore, le remède proposé va souvent contre la solution efficace : défiance envers le nucléaire, la technique, l’industrie et l’abondance décarbonée.
Deux fois le même syllogisme boiteux : bon diagnostic, fausse prophétie, mauvais remède.
Quand le marxisme a été démenti par l’enrichissement du prolétariat occidental, il n’a pas disparu : il a changé de terrain. De l’usine vers la culture, de la classe vers l’identité, de l’économie vers la morale. La gauche radicale parle de moins en moins du travail, des salaires, de la production ou de la propriété. Son vocabulaire central est devenu celui de la race, du genre, des privilèges, des discriminations et de la déconstruction. Faute de pouvoir changer le monde, la gauche radicale a entrepris de le déconstruire.
L'écologisme militant suit la même fuite. Plus le climat devient technique (tonnes de CO₂, mégawatts, rendements), plus une partie du mouvement se réfugie dans le procès moral du confort et du mode de vie occidental. La décroissance cesse d'être une stratégie climatique : elle devient une ascèse anti-moderne.
L'ironie se répète. Le capitalisme a généré l'abondance qui a enterré le marxisme ; la civilisation industrielle produit aujourd'hui les technologies de sa propre décarbonation.
L'écologisme se scindera donc comme le socialisme. Son aile catastrophiste, faute de révolution, dépérira dans la prophétie. Son aile technophile sera absorbée par la politique industrielle ordinaire. L'écomodernisme sera la social-démocratie de notre siècle.
George Orwell, born Eric Arthur Blair on June 25 in 1903, grew up in a modestly prosperous British family. Educated at Eton, he later joined the Indian Imperial Police in Burma, where his disillusionment with imperialism took root. This experience, chronicled in his essay Shooting an Elephant (1936), was the beginning of his lifelong opposition to all oppressive systems of power.
Rejecting the privilege of his upbringing, Orwell turned to the downtrodden. He lived among the poor in Paris and London, writing Down and Out in Paris and London (1933), a searing account of urban poverty. This experience, including his time in northern England during the Great Depression, documented in The Road to Wigan Pier (1937), solidified his commitment to socialism. Orwell saw socialism as the moral answer to the inequities of capitalism and empire, believing, at first, in its potential to lift the working class out of poverty and create a just society. Yet, even in this early period, Orwell’s writing reflected a critical eye, as he criticized the left-wing British intelligentsia for their detachment from the struggles of ordinary people.
His experience in the Spanish Civil War marked a turning point. Orwell had gone to Spain in 1936, fired with idealism to fight against the fascist forces of General Franco. He joined the POUM militia, a small Marxist faction, and fought on the front lines. But the war, which he detailed in Homage to Catalonia (1938), shattered his illusions about the purity of leftist ideals. Instead of solidarity, he found deep divisions among the anti-fascist forces. Stalinist communists, backed by the Soviet Union, turned violently against their socialist allies, including Orwell’s comrades. He narrowly escaped arrest and execution by fleeing to France, deeply shaken by the experience.
The political infighting he witnessed in Spain opened his eyes to the dangers lurking within all rigid, ideological movements. “I have seen wonderful things,” he wrote, “but also I have seen horrors.” From this point onward, Orwell’s critiques sharpened. He now saw the capacity for tyranny not just in fascism, but in any form of authoritarianism—whether it came from the right or the left.
In his later years, Orwell’s writings became an impassioned warning about the corruption of power and the dangers of totalitarianism. Animal Farm (1945), a satire of the Russian Revolution, exposed how revolutionary ideals could be perverted by the pursuit of power. The novel famously portrays the pigs, who lead the rebellion, slowly becoming indistinguishable from the oppressive humans they overthrew. But it was 1984 (1949) that cemented Orwell’s legacy.
Written in the aftermath of World War II, as the Cold War began, the novel depicts a dystopian future where totalitarian regimes, like those he had seen in Nazi Germany and Soviet Russia, control every aspect of life. “Big Brother is watching you,” Orwell wrote, a phrase that has since become synonymous with surveillance and state control.
By this point, Orwell had moved beyond the simplistic dichotomy of socialism versus capitalism. He did remain a democratic socialist, but now believed that any unchecked ideology, if wielded by those in power, would lead to oppression.
In the final years of his life, Orwell battled a relentless foe: tuberculosis. The disease slowly consumed him even as he poured his last strength into finishing 1984, often writing in bed through fits of coughing and fever. He sought rest on the remote Scottish island of Jura, but the isolation could not heal him. By January 1950, at just 46 years old, he was dead.
Orwell did not live to see the world he feared—but he wrote so that we might recognize it.
#archaeohistories
Mélenchon n’est pas un intellectuel.
C’est un acteur de boulevard qui débite des brèves de comptoir devant un public qui confond aisance oratoire et maîtrise des faits.
Son cursus est modeste : bac L en 1969, deux licences (lettres modernes et philosophie) à Besançon en 1972, CAPES de lettres modernes. Enseignant de français dans un lycée technique après un passage comme surveillant et maître auxiliaire.
Pas d’agrégation, pas de maîtrise confirmée, pas de doctorat, pas d’enseignement universitaire.
L’image de « professeur philosophe » est une construction politique, pas un titre académique.
Les erreurs factuelles s’accumulent dès qu’il quitte le registre rhétorique pour l’histoire ou la géopolitique.
Sur la Seconde Guerre mondiale, il a affirmé qu’Édouard Daladier avait fini « collabo » et avait été fusillé. Réalité : Daladier fut arrêté par Vichy pour refus de capitulation, déporté par les nazis, survécut et reprit une carrière politique sous la IVe République. Confusion grossière avec Pierre Laval.
Sur les origines nationales, il répète que « il n’y avait pas de France avant la République ». Cette formule efface un millénaire d’histoire du royaume de France, de ses institutions capétiennes à la monarchie absolue, de sa langue et de sa conscience nationale antérieures à 1789-1792. C’est une thèse idéologique, pas un exposé historique.
Sur les Templiers, en juin 2026, il a déclaré que Jacques de Molay avait été brûlé en présence du roi et du pape et les avait cités devant le tribunal de Dieu. Ni Philippe le Bel ni Clément V n’assistaient à l’exécution du 18 mars 1314 sur l’île aux Juifs. La malédiction spectaculaire est une légende tardive popularisée par les romans de Maurice Druon, non par les chroniques contemporaines.
Sur la Chine et Taïwan, il affirme « Taïwan, c’est la Chine » et que les problèmes de la région relèvent de Pékin seul. Il nie ou minimise les pratiques impérialistes chinoises (militarisation de la mer de Chine du Sud contre l’arbitrage de La Haye, endettement stratégique via les Nouvelles Routes de la Soie, camps du Xinjiang, base de Djibouti). Il concentre le feu sur les « provocations américaines » et prône un « pacte » de coopération. Géométrie variable : l’impérialisme n’existe que quand il est occidental.
Sur le Venezuela, il a qualifié en 2017 le régime de « démocratie plus avancée que la nôtre ». Il attribue la crise humanitaire quasi-exclusivement aux sanctions et à l’impérialisme américain. Or la contraction du PIB (divisé par environ quatre depuis 2013) et l’hyperinflation ont commencé avant les sanctions pétrolières les plus dures, portées par les nationalisations, les contrôles des prix et la dépendance pétrolière non diversifiée. Des millions de Vénézuéliens ont fui. Il continue de défendre la légitimité de Maduro et de qualifier les contestations de « coup » soutenu par Washington. Même sélectivité sur Cuba : en 2011, il refusait de le qualifier de dictature « dans le contexte sud-américain ».
Le schéma est constant. Il mobilise l’histoire et la géopolitique avec l’aisance d’un comédien de boulevard, cite des références, construit des oppositions binaires (impérialisme vs peuples, Occident vs reste du monde).
Mais dès qu’on vérifie les faits primaires : archives judiciaires des Templiers, chroniques du XIVe siècle, données économiques du Venezuela avant 2017, statu quo de facto de Taïwan, rapports sur la mer de Chine du Sud, les approximations et les dénis apparaissent.
Le raisonnement repose sur un filtre campiste : critique systématique de l’Occident et des États-Unis, indulgence ou silence sur les régimes autoritaires qui se revendiquent anti-occidentaux.
L’écart entre l’émetteur et les récepteurs fait le reste. L’auditoire qui prend ces performances pour de la culture profonde confond fluidité rhétorique et rigueur.
@JLMelenchon excelle dans le rôle du tribun érudit. Il ne tient pas celui de l’intellectuel qui soumet ses affirmations à la vérification factuelle et qui accepte de corriger quand les sources contredisent le récit.
C’est du théâtre politique, pas de la pensée.
Sartre, ce fossoyeur en gants blancs. Il a tenu la main de Staline pendant que le Goulag tournait à plein régime. Il a chanté les louanges de Mao tandis que la Révolution culturelle broyait les crânes et les âmes. Sartre a préfacé Fanon avec une gourmandise de théoricien du crime : abattre un Européen, voyez-vous, c’était « faire d’une pierre deux coups . En 1974, il s’est rendu à Stammheim pour caresser de sa prose la joue d’Andreas Baader, terroriste chéri, et en est ressorti plus flamboyant que jamais. 1977, aux côtés de Beauvoir, Foucault, Derrida, Barthes et autres …, il signait la pétition demandant la dépénalisation des relations sexuelles entre adultes et enfants , cette liste est sidérante. Il n’existe pas, dans tout le XXe siècle, 1 seul grand abattoir idéologique que Sartre n’ait pas, à un moment ou un autre, oint de son verbe, justifié, excusé ou, au minimum, refusé de condamner. Chaque fois que l’Histoire fabriquait un cauchemar, Sartre se précipitait pour tenir la porte, avec le sourire complice du grand intellectuel qui sait.
Et pourtant. On l’enseigne. Au bac, à l’agrégation, dans les manuels, dans les thèses. Il a sa rue à Paris, ses cendres au Montparnasse en lieu de pèlerinage laïque, sa statue intacte, son aura de prophète. On serine L’Existentialisme est un humanisme à des gamins de seconde comme on jadis récitait Bossuet. Le scandale n’est plus Sartre ce n’était qu’un homme, pétri de lâchetés, de vanités, de radicalité de salon et de mauvaise foi érigée en système.
Le scandale c’est cette civilisation qui a décidé, dans un silence assourdissant et collectif, qu’être systématiquement du côté des bourreaux, des camps, des massacres, des enfants violés au nom de la Libération, ne constituait pas un motif de disqualification pour devenir le phare intellectuel d’une nation.
Comparez donc avec Raymond Aron.
Aron a eu raison. Sur tout. Sur Staline, sur Mao, sur les goulags, sur le totalitarisme, sur la décolonisation réelle, sur la guerre froide, sur l’économie, sur l’Europe. Tout. Il a publié L’Opium des intellectuels en 1955, soit trente ans avant que la gauche caviar ne découvre, un peu gênée aux entournures, que Soljenitsyne n’avait pas tout à fait exagéré. Une lucidité de siècle entier concentrée dans une prose d’une précision chirurgicale, sans effets de manche, sans trémolos, sans mensonge.
Aron n’est pas au programme. Aron n’a pas de rue. Aron n’a pas de Panthéon. On parle de lui avec ce petit haussement d’épaules mondain : « Oui, intéressant… un peu froid, un peu libéral, vous savez ce que c’est. »
Sartre, lui, c’est la flamme, l’engagement, la jeunesse éternelle, l’incandescence. La fameuse phrase de Merleau-Ponty reste gravée comme un aveu : « Mieux vaut avoir tort avec Sartre que raison avec Aron. » Phrase abominable et décisive. Elle dit tout. Elle dit que la vérité est un détail bourgeois, que la justesse est secondaire, que ce qui importe est d’être du bon côté, de vibrer avec le bon camp, de porter la bonne veste. Elle est l’aveu cynique de soixante-dix ans de mauvaise foi nationale.
Car une civilisation se définit par les prophètes qu’elle choisit. La France a choisi le brillant flatteur des bourreaux contre le sobre analyste du réel. Elle a choisi le théâtre de la radicalité contre la lucidité. Et elle paie encore l’addition.
Toute la pathologie de l’intellectuel français contemporain est déjà contenue dans ce choix originel : l’engagement prime sur l’exactitude, la posture sur la conséquence, l’amour théorique du « peuple » sur le mépris pratique des gens réels. On est passé du culte de Sartre à la culture du signalement vertueux sans même changer de logiciel toujours la même ivresse : être du côté de l’Histoire, même quand l’Histoire pue le sang et le mensonge nous sommes les héritiers consentants d’une imposture qui ne veut surtout pas mourir.
Chipie de C
Mai 2019
En quoi le 7 octobre 2023 est une rupture bénie pour les antisémites
Cette vidéo récente du gourou Mélenchon a suscité quelques messages de réprobation, mais assez peu finalement, parce que tout le monde est maintenant habitué. Dans cette vidéo, Mélenchon explique à ses adorateurs que le 7 octobre ne serait pas véritablement une action terroriste, ou en tout cas qu’il faudrait la comprendre autrement, la replacer dans un contexte, lui redonner une signification politique. Il redonne ainsi de l’épaisseur à la thèse défendue par les plus extrêmes : celle d’un « acte de résistance ».
J’ai décider de cesser de me révolter contre ces prises de position. Elles sont devenues tellement fréquentes à gauche qu’il vaut mieux essayer de comprendre ce qu’elles sous-tendent. Il y a surtout une chose que j’ai finalement comprise : sur le sujet de l’antisémitisme, les Juifs sont devenus inaudibles. Ils peuvent parler, témoigner, documenter, alerter ; cela ne porte presque plus. Les seuls qui soient encore écoutés en France sont les non-Juifs, trop rares, qui prennent la peine de défendre les Juifs. C’est une situation étrange, mais elle dit quelque chose de l’époque : les Juifs ne sont plus considérés comme les meilleurs témoins de ce qui les concerne.
C’est à partir de là qu’il faut comprendre le 7 octobre. Dans l’histoire plurimillénaire juive, il faut accepter une idée difficile : le 7 octobre est, par le nombre de victimes, un séisme de magnitude moyenne. Les massacres de Khmelnytsky, entre 1648 et 1657, auraient fait entre 40 000 et 100 000 morts et détruit de nombreuses communautés juives. Les pogroms commis durant la guerre civile russe, entre 1918 et 1921, auraient fait eux aussi entre 50 000 et 100 000 morts. Et ne parlons pas de la Shoah et de ses six millions de morts. À côté de ces catastrophes, le 7 octobre peut sembler presque banal dans la longue histoire du malheur juif.
Et pourtant, cette date constitue bien une rupture majeure pour notre époque. Pas parce qu’elle aurait été le massacre le plus meurtrier, elle ne l’a pas été. Pas même parce qu’elle aurait révélé l’existence de la haine antisémite, qui n’avait jamais disparu. La rupture est ailleurs : le 7 octobre a modifié le rapport des antisémites à leur propre parole. Il leur a donné le sentiment que quelque chose était redevenu possible.
Je ne parlerai pas ici du point de vue israélien, ou seulement à la marge : le traumatisme d’un pays qui se croyait à l’abri et qui a vu déferler des hommes tuant, torturant, brûlant, violant, enlevant, sans retenue et sans exception, toute âme qu’ils pouvaient trouver sur leur passage. Ce traumatisme appartient d’abord aux Israéliens. Ce qui m’intéresse ici est autre chose : ce que cet événement a produit dans le reste du monde, dans la diaspora juive, et dans le monde non-juif.
Pour la diaspora, l’événement a été une secousse majeure. Je l'ai vécu ainsi, mon sommeil n'est plus le même, et je sais n'être pas le seul. Les Juifs ont toujours fait l’objet d’attaques, depuis les plus anodines jusqu’aux plus violentes. Il y a la petite phrase de bureau, prononcée l’air de rien : « En s’appelant Lévy, il doit savoir y faire avec l’argent », phrase que j’avais entendue à la BNP il y a une grosse vingtaine d’années. Et puis il y a les actes de violence extrême : Ilan Halimi, l’école Ozar Hatorah, l’Hyper Cacher, et d’autres. La situation s’est aggravée avec la seconde intifada : violence terroriste palestinienne, réaction militaire israélienne, accusations contre Israël, puis, par association immédiate, menace contre tous les Juifs. À chaque soubresaut du conflit israélo-palestinien, les actes antisémites remontent en flèche dans le monde occidental.
Le 7 octobre s’inscrit dans cette continuité, mais il la dépasse. Peu de gens savent réellement ce qui s’est passé ce jour-là, parce que peu de gens ont été confrontés aux vidéos que les terroristes du Hamas et leurs alliés ont eux-mêmes tournées et publiées avec joie et fierté. Peu de gens savent le degré de barbarie atteint. Peu savent l’aspect systématique de la volonté d’extermination, les tortures infligées à des familles entières, les violences sexuelles, les corps mutilés, les enfants assassinés, les vieillards enlevés, et le reste. Peu de gens le savent parce que peu ont envie de savoir, et je peux le comprendre. S’exposer à ces images est avilissant. Elles remettent en question notre espérance dans l’espèce humaine, espérance pourtant nécessaire si nous voulons continuer à vivre. Les Juifs ont probablement su un peu plus que les autres, parce qu’ils se sont sentis les premiers visés. Chez beaucoup d’entre eux, l’espérance a faibli.
Il y a eu de belles voix dans le monde non-juif. Je ne serai jamais assez reconnaissant envers ceux qui ont exprimé leur horreur sans chercher immédiatement à l’équilibrer, à la contextualiser ou à la neutraliser. Je suis particulièrement reconnaissant envers les Musulmans qui se sont dressés pour dire leur horreur. Ils ne sont pas nombreux, et c’est précisément pour cela que leur courage compte. Je n'oublierai pas.
Il y a ensuite tous ceux qui ne se sentent pas concernés. Je ne saurais complètement le leur reprocher. Le monde est rempli de massacres. Pourquoi s’émouvoir de celui-là plus que d’un autre ? Chacun hiérarchise l’horreur comme il peut, selon sa proximité, sa mémoire, son histoire, sa fatigue. Je suis réaliste.
Et puis il y a enfin ceux qui se sont réjouis. C’est là que commence vraiment la rupture. Jean-Luc Mélenchon et son mouvement s’inscrivent dans cette zone-là, non pas nécessairement parce qu’ils auraient tous célébré explicitement les massacres, mais parce qu’ils ont très vite travaillé à leur requalification morale. Pour eux, la date importante n’est pas seulement le 7 octobre. C’est aussi le 8 octobre. Dès le lendemain, il est apparu que la puissance israélienne, qui protégeait symboliquement les Juifs, avait volé en éclats. L’État juif, dont l’existence rappelait depuis des décennies que les Juifs n’étaient plus entièrement à la merci des autres, venait d’apparaître vulnérable, surpris, blessé, incapable pendant plusieurs heures de protéger les siens.
C’est cela qui a changé quelque chose.
Les accusations de génocide, les slogans ignobles, les appels à la haine, les « gas the Jews » et autres formules du même genre n’ont pas attendu l’intervention de l’armée israélienne à Gaza pour apparaître. Elles ont surgi immédiatement. Ce n’est donc pas seulement la guerre ultérieure qui a produit les débordements. C’est la faiblesse apparente des Juifs, symbolisée par la faiblesse temporaire d’Israël. Pour une partie du monde, le 7 octobre n’a pas seulement été le massacre de Juifs. Il a été la preuve que les Juifs pouvaient de nouveau être frappés, humiliés, enlevés, massacrés, et que cette violence pouvait être immédiatement recouverte par un discours politique acceptable.
Il y a eu ensuite un effet de caisse de résonance. Les voix manifestement antisémites devenant de plus en plus audibles sans conséquences réelles, le surmoi des antisémites a craqué. C’est peut-être l’idée centrale. Pendant longtemps, beaucoup se retenaient. Ils n’aimaient pas les Juifs, ou Israël, ou les deux, mais ils savaient qu’il existait encore un coût social à certaines paroles. Ils se faisaient discrets. Après le 7 octobre, ce coût a baissé. L’effet de foule a joué. Quand des esprits faibles s’y mettent à plusieurs, les barrières mentales sautent plus aisément. On découvre que d’autres pensent comme soi, ou disent plus fort ce que l’on n’osait pas formuler. On s’autorise. On se dédouane. On se défoule en groupe.
Les antisémites ont alors pu constater qu’ils pouvaient se lâcher sans que rien ne leur arrive, à part quelques rares exemples. En France, la justice s’est occupée de quelques cas visibles, mais elle a laissé passer la masse. C’est cette combinaison — faiblesse perçue des Juifs, effet de foule, chute du coût social de la parole antisémite, passivité relative du monde occidental — qui permet aujourd’hui à un Mélenchon d’affirmer sans broncher que le 7 octobre relèverait d’une forme de résistance. Une page s’est tournée.
Je veux ajouter un point qui pourrait sembler étranger à cette discussion, mais qui ne l’est pas. On vient de panthéoniser Marc Bloch, historien juif. Les troupes LFI se sont fait prendre en photo au Panthéon avec la petite-fille de l’historien, qui semble faire partie de leur univers politique. On parle souvent de « greenwashing » ou de « pinkwashing ». Il y a là quelque chose que l’on pourrait appeler, avec une formule volontairement brutale, du « yellowwashing », par référence à l’étoile jaune. Le parasitage de Marc Bloch n’est pas neutre.
Marc Bloch était juif, mais il n’était pas inséré dans la communauté juive. Il se disait essentiellement français et, comme il l’écrivait lui-même, ne se sentait juif que face à un antisémite. En réalité, Marc Bloch est devenu pour une partie de la gauche le Juif parfait : mort, héroïque, français avant tout, sans judaïsme visible, en bref juif mais pas trop, différent de ces Juifs qui affirment être juifs autrement que dans le regard des antisémites, qui vont à la synagogue, font shabbat, transmettent une histoire, une mémoire, une langue, des rites, des fidélités.
La gauche aime cette idée du Juif qui n’existe que dans le regard de l’autre. On retrouve cela chez Sartre, dans sa Question juive : le Juif comme produit de l’antisémite, le Juif comme assignation extérieure, le Juif qui ne serait pas vraiment porteur d’une identité propre, mais seulement d’une marque collée sur lui par ceux qui le haïssent. Je soupçonne que ce soit également l’une des motivations inconscientes d’Emmanuel Macron dans cette panthéonisation. Au fond, pour ces gens, le Juif n’existe pas vraiment comme sujet historique autonome. Il serait une sorte d’étiquette, une trace ancienne, une survivance d’une vieille histoire que l’on aurait plus ou moins oubliée, ou que l’on préfère commémorer quand elle ne dérange plus.
Or c’est précisément là que se situe l’un des nœuds de la haine contemporaine d’Israël. Israël affirme une identité juive vivante, politique, militaire, historique, religieuse parfois, nationale toujours. Israël ne dit pas : « Je suis juif seulement parce que l’antisémite me regarde. » Israël dit : « Je suis juif parce que j’ai une histoire, une langue, une terre, une mémoire, une continuité, une souveraineté. » C’est insupportable pour une partie de la gauche contemporaine, notamment pour les mouvements qui prônent la désidentification sous les noms plus aimables de « métissage » ou de « créolisation ». Le but implicite est que l’individu abdique son histoire pour se fondre dans un grand mélange informe, avec cette contradiction majeure que le même mouvement valorise, lorsqu’il y trouve un intérêt électoral, les racines islamiques, les blessures coloniales, les appartenances communautaires et les identités minoritaires.
Les Juifs posent donc un problème particulier. Quand ils sont morts, abstraits, assimilés, panthéonisés, ils peuvent être célébrés. Quand ils sont vivants, organisés, religieux, sionistes, attachés à leur histoire, ils deviennent suspects. Quand ils sont victimes dans le passé, ils sont utiles à la morale républicaine. Quand ils se défendent dans le présent, ils deviennent gênants. Quand ils rappellent qu’ils existent autrement que comme symbole de la barbarie européenne, ils dérangent.
Voilà pourquoi le 7 octobre est une rupture favorable aux antisémites. Non parce qu’il aurait créé l’antisémitisme. Non parce qu’il aurait révélé une haine inconnue. Non parce qu’il aurait été le plus grand massacre de l’histoire juive. Mais parce qu’il a ouvert une brèche. Il a donné à certains le sentiment que les Juifs étaient redevenus vulnérables. Il a montré que l’on pouvait immédiatement transformer le massacre de Juifs en débat sur la résistance. Il a permis aux antisémites de tester les limites, puis de constater qu’elles avaient reculé. Il a révélé que les Juifs pouvaient crier, témoigner, documenter, et demeurer inaudibles.
C’est cela, la rupture. Le 7 octobre n’a pas seulement été une tragédie israélienne. Il a été, pour la diaspora, la découverte brutale que la protection symbolique acquise après la Shoah avait disparu et que cela représente, pour les antisémites, un moment d’autorisation.
PIERRE DESPROGES...
- Je ne bois jamais à outrance, je ne sais même pas où c'est.
- L’ouverture d'esprit n'est pas une fracture du crâne.
- Je n'ai jamais abusé de l'alcool, il a toujours été consentant.
- Si vous parlez à Dieu, vous êtes croyant... S'il vous répond, vous êtes schizophrène.
- 5 fruits et légumes par jour, ils me font marrer... Moi, à la troisième pastèque, je cale.
- L’alcool tue, mais combien sont nés grâce à lui ?
- Un jour j'irai vivre en Théorie, car en Théorie tout se passe bien.
- La médecine du travail est la preuve que le travail est bien une maladie !
- Le lundi, je suis comme Robinson Crusoé, j'attends Vendredi.
- IKEA est le meilleur prénom pour une femme :
suédoise, bon marché, à emmener aussitôt chez soi et facile à monter.
- Dieu a donné un cerveau et un sexe à l'homme mais pas assez de sang pour irriguer les deux à la fois.
- La lampe torche. Le PQ aussi.
- La pression, il vaut mieux la boire que la subir.
- Jésus changeait l'eau en vin, et tu t'étonnes que 12 mecs le suivaient partout !
- Si la violence ne résout pas ton problème, c'est que tu ne frappes pas assez fort.
- Travailler n'a jamais tué personne mais pourquoi prendre le risque ?
Merci Desproges !
Le boycott de l’IA signé par 150 personnalités culturelles, dont #AnnieErnaux et #EnkiBilal, n’est pas un geste héroïque, c’est un réflexe de caste, un combat d’arrière-garde, la panique de vieux intellectuels qui sentent que le monde leur échappe. Ils prétendent sauver l’humain en refusant l’outil le plus puissant jamais offert à sa pensée. C’est vertigineux de contradiction. On crie au péril pour l’esprit, mais on commence par lui interdire une machine capable de l’augmenter.
Qu’on ne me fasse pas dire ce que je n'ai pas dit, mes abonnés me connaissent, les dangers sont réels, et même considérables, chaque dimanche, je les mets en garde. L’IA peut lisser les textes jusqu’à l’ennui, raboter les aspérités, gommer les écarts d’où jaillissent les idées, effacer les longues phrases proustiennes, les accidents de syntaxe, les ruptures de ton, les bizarreries magnifiques qui font qu’un écrivain est un écrivain et non un générateur de prose tiède. Elle conjugue principalement au présent et ressasse inlassablement les mêmes « mots-fétiches » : « déplacement, souverain, là où, tisser, âme, au cœur de, résonance, horizon, singularité » ; tout ce vocabulaire sans profondeur. Je les reconnais tous les jours, par centaines ces mots, sur X, glissés dans des textes signés de la main d’auteurs célèbres qui rougiraient si on les citait. Car l’IA, utilisée ainsi, fabrique une langue qui ne saigne pas, ne trébuche pas, ne désobéit pas, une langue déjà morte. Oui, ce risque existe, celui d’une création pasteurisée, d’une intelligence moyenne produisant des textes moyens pour des lecteurs moyens. L’ignorer serait absurde.
Mais boycotter ? Sérieusement ? Autant interdire l’imprimerie pour sauver la calligraphie monastique, casser l’appareil photo pour défendre le portrait à l’huile, brûler les ordinateurs pour protéger la machine à écrire. Ce n’est pas une pensée, c’est une aberration. L’IA n’est pas le problème, c’est l’usage que nous en faisons. Elle ne doit jamais écrire à notre place. Elle doit être l’atelier, pas l’auteur. Car là où elle devient prodigieuse, c’est dans ce que l’humain seul ne peut pas faire à cette vitesse, rechercher, croiser, comparer, traduire, vérifier, identifier, cartographier des sources, faire surgir des liens inattendus, visualiser une idée abstraite, générer une image qui éclaire en une seconde ce qu’un paragraphe mettrait une page à expliquer. Elle peut simuler un débat, produire des objections féroces, tester une hypothèse, débusquer les angles morts, faire parler les adversaires dans notre propre tête. Utilisée comme domestique, elle abêtit. Utilisée comme adversaire, elle aiguise.
Alors oui, gardons nos aspérités. Gardons nos longues phrases tarabiscotées, nos excès, nos colères, nos ruptures, nos maladresses, nos incendies intérieurs. Mais donnons-leur plus de savoir, plus d’images, plus de portée, plus de muscles. L’IA n’est pas l’ennemie de la pensée, elle est son accélérateur, à condition que nous restions les deux mains sur le volant et pas endormis sur le siège arrière.
Le vrai scandale, c’est d’appeler au boycott pour abandonner l’outil aux médiocres. Ils laissent l’IA aux communicants pressés, aux étudiants paresseux, aux fabricants de contenu, aux machines à produire du plat. Au lieu d’entrer dans l’arène pour imposer des usages exigeants, ils désertent ! (Illustration réalisée par ChatGPT représentant Enki-Bilal et Annie-Ernaux.) https://t.co/NXlu5pdMfB