Djougourou jette un pavé dans la marre
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C’est la première fois, à ma connaissance, qu’un haut fonctionnaire (encore récemment en poste) accuse nommément et publiquement le Président de la République d’avoir ordonné une opération illégale (descente armée contre des contrôleurs de l’AILC), de couvrir des détournements massifs de ressources pétrolières et d’avoir potentiellement commis un acte de « haute trahison ».
L’accusation d’intervention de « gangs armés » sur ordre présidentiel est particulièrement explosive.
La menace de rendre publics les documents et les écarts de prix du brut peut être perçue comme un chantage déstabilisateur.
Acte de courage extrême… ou de désespoir.
L'impasse des clivages : pourquoi la gouvernance de "Fifty-fifty" ou "Nouss-nous" prônée par Masara est une fausse rupture ?
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À peine sorti de prison grâce à une clémence présidentielle qu'il a lui-même sollicitée, le leader des Transformateurs replonge dans ses pires travers en proposant un gouvernement de partage confessionnel à « 50/50 ». Mais quelle est sa boussole morale ?
Tour à tour opposant radical, exilé, puis Premier ministre d’un pouvoir qu’il combattait, Masra a retourné sa veste en 2023 pour appeler à voter « OUI » à la nouvelle Constitution. Aujourd'hui, avec sa formule communautariste «50/50 ou nouss-nouss» (en contradiction flagrante avec sa proposition de "deux Tchad" [...] Le deuxième Tchad constitué des Tchadiens de tous les horizons, peu importe leur religion, leur région, etc. » https://t.co/LEuiegmfli ), il semble être le tout premier à piétiner le texte de la Loi fondamentale qu’il demandait aux Tchadiens de sanctuariser.
En effet, la proposition du « 50/50 » confessionnel de Succès Masra entre en tension avec les principes juridiques de l'article 5 de la Constitution qui pose deux limites à l'action politique : l'interdiction de la propagande confessionnelle et le maintien de la laïcité de l'État.
La laïcité de l’État implique la neutralité absolue du pouvoir public vis-à-vis des religions. Assigner des quotas fixes fondés sur la foi (50 % chrétiens, 50 % musulmans) au sein d'un gouvernement revient à institutionnaliser le fait religieux dans la répartition du pouvoir politique au mépris de la Constitution.
Par ailleurs, bien que la démarche de Succès Masra soit présentée comme une solution de réconciliation et d'équilibre, utiliser l'identité religieuse comme critère d'accès aux fonctions ministérielles s'apparente à un discours confessionnel. Cela peut être interprété comme une violation de l'article 5, car une telle répartition fragmente la citoyenneté tchadienne unique en deux blocs distincts.
La question se pose de savoir si pour Masra, les lois de la République ne seraient-elles que des outils jetables au service de sa communication ?
Après avoir purgé plus d'un an de prison à la suite de sa condamnation à 20 années de réclusion criminelle pour diffusion de messages haineux ayant mené au sanglant massacre de Mandakao, l’homme reste égal à lui-même et semble persuadé que seule la manipulation des fibres sensibles du pays permet d'exister politiquement.
Certes, le Tchad subit la gestion d'un pouvoir clanique et exclusif depuis 36 ans, une confiscation de l'État qui suscite la colère légitime des citoyens. Cependant, cette inacceptable réalité ne saurait en aucun cas justifier le recours à une propagande ethnique ou confessionnelle. En voulant diviser le pouvoir selon des quotas de religion, Masra adopte la même logique mortifère de repli identitaire qu'il prétend combattre. À ce jeu, à force de manier les divisions pour exister, on finit par ressembler trait pour trait au pouvoir dynastique qu'on critique, en remplaçant un clan par un autre front de division.
Le changement doit être l'affaire d’hommes d’État constants, guidés par l’intérêt général et le respect des lois.
🚨 #Alerteinfo Succès Masra gracié ! Condamné à 20 ans de prison, l’ancien Premier ministre bénéficie de la grâce présidentielle. Sa libération interviendra après les formalités du ministère de la Justice. Les condamnations civiles restent toutefois applicables. #Tchad 🇹🇩
Ces nouveaux amis du régime en savent-ils plus que ne veulent le dire ?
Il n’y a pas de détenus politiques au Tchad. Point.
Dr Succès Masra, le général Idriss Youssouf Boy, le Professeur Avocksouma et ses collègues du GCAP, ainsi que tous les autres acteurs politiques actuellement incarcérés le sont pour des infractions précises au Code pénal (meutres, détournement de fonds publics, association de malfaiteurs, mouvement insurrectionnel, violences, dégradations, etc.). Ils ont été jugés par des tribunaux de droit commun.
À moins que, comme l’avait déjà concédé le porte-parole du gouvernement, que les procès de certains d'entre eux ne sont que des mascarades destinées à cacher une pure répression politique.
Cela étant dit, en politique, mieux vaut parler simple et clair, même sur un sujet qu’on croit maîtriser.
Le jargon technique fragilise la crédibilité dès qu’un expert relève le moindre contresens. Il exclut la majorité des citoyens. Le peuple n’attend pas d’un dirigeant qu’il joue à l’expert. Il attend une direction morale et politique.
Quelle mouche a piqué le porte-parole du gouvernement ?
1) « N'importe quel quidam » qui s'exprime sur les réseaux sociaux « s'érige en économiste, en politicien, en géopolitologue » et « ce désordre doit s'arrêter ».
2) « Vous êtes qui pour noter si le gouvernement s'exprime mal ou pas ? […] Au nom de quoi ils s'érigent en maîtres des élégances ? Au nom de quoi ils s'érigent en compétence sacrée pour dire que le gouvernement a failli ? »
La réponse, elle, ne souffre aucune ambiguïté. La Constitution du Tchad, adoptée par référendum le 17 décembre 2023, consacre sans détour la liberté d'expression et affirme le droit de regard citoyen sur l'action gouvernementale. Une relecture de ses articles 3, 7, 15, 28 et 32 aurait épargné bien des invectives.
Les citoyens tchadiens ne s'érigent en rien. Ils exercent un droit. Un droit constitutionnel. Le droit de critiquer l'action gouvernementale, d'en juger la communication, d'en contester les choix économiques, sécuritaires ou diplomatiques, n'est le privilège d'aucune caste titrée. C'est une prérogative attachée à la seule qualité de citoyen, dans tout État qui se targue d'être républicain et démocratique. Elle ne se sollicite pas, ne se quémande pas, et ne dépend ni d'un diplôme, ni d'une nomination, ni d'une quelconque autorisation.
Le ministre de la Communication a pour fonction d'expliquer l'action du pouvoir; non d'en arbitrer les commentateurs légitimes.
En qualifiant la critique citoyenne de « désordre » à endiguer, il confond l'État avec le pouvoir qui l'occupe temporairement. Une confusion inadmissible au regard de ses fonctions.
Un gouvernement sûr de sa légitimité ne redoute pas les « quidams » : il les écoute, fussent-ils rudes, fussent-ils maladroits, fussent-ils dans l'erreur.
Il y a deux mois à peine, le président Maréchal du Tchad réaffirmait lui-même que tout citoyen a le droit de s'exprimer « sans exclusion ». Car la légitimité d'un pouvoir ne se mesure jamais à la courtoisie de ses détracteurs, mais à sa capacité à répondre de ses actes.
Aucun ministre n'est dépositaire d'une « compétence sacrée ». Il n'est qu'un responsable politique de passage, nommé ; donc, par construction même, soumis au contrôle permanent de ceux qu'il sert.
Tant que des citoyens pourront dire que le gouvernement communique mal, qu'il a failli, qu'il doit faire mieux, la République se portera bien. Le jour où ce droit s'éteindra sous couvert de « désordre », ce ne sera plus une République ; ce n'en sera que le décor.
Ainsi, juger la communication ou l'action gouvernementale ne relève pas du désordre : c'est l'exercice, pur et simple, de droits constitutionnellement garantis. La critique citoyenne, fût-elle sévère, demeure la respiration même du contrôle démocratique voulu par la Constitution.
Tout le respect dû à la fonction ; et aucun à l'idée que la critique serait un désordre.
🎉 Fierté africaine ! 🇧🇫🇹🇩
Formée au Burkina Faso, Dr Macka Ahmat Hassan devient la 3ᵉ femme ophtalmologiste de l’histoire du Tchad ! 👁️✨
Un parcours exemplaire Cuba ➡️ Tchad ➡️ Burkina Faso qui prouve le renforcement des systèmes de santé sur le continent Bravo à elle ! 👏
géopolitique du foot pour la finale CdM.L’Espagne de @sanchezcastejon ou Argentine de @JMilei ? Ils devraient tous deux faire le déplacement . Je veux voir la tête de Trump remettant la Coupe à l’ Espagne sous les yeux @sanchezcastejon et de Lamine Yamal
La résilience des Tchadiens force le respect. ce que nous considérons parfois comme acquis est 1luxe pr bcp. Voir des familles avancer avec si peu, sous des conditions extrêmement difficiles, oblige à relativiser nos propres plaintes. Cette réalité m'a trop marquée.##Tchad