J'ai quand même une pensée émue ce matin pour tous les gros malins qui nous expliquent depuis des années que le souverainisme, c'est ringard et qu'on peut changer l'Europe de l'intérieur. Je lance une cagnotte Lychee pour leur offrir de la vaseline. Non, je déconne. Qu'ils se la paient tous seuls. On raque déjà suffisamment à cause de leur clairvoyance légendaire.
#FREXIT
Le baccalauréat n'a plus aucune valeur. Je répète : le baccalauréat n'a plus aucune valeur. C'est devenu un certificat de scolarité.
Il manque des places à l'Université c'est un fait mais trois questions subsistent :
1) Pour y faire quoi ? Sur 150 étudiants inscrits en L1 de philosophie, combien valideront une licence de philosophie - en sachant que cette licence ne garantit aucun travail. Je me souviens déjà en 1999 de la réponse qui a été faite à un ami qui avait un DEA de philosophie et qui pointait à l'ANPE. "Avez-vous d'autres compétences" ? "Je parle couramment l'italien." Réponse : "ça je le note, c'est utile."
2) Faire des études supérieures devrait être un droit pour tous à partir du moment où vous obtenez le diplôme pour y accéder. Un droit qui n'a pas être limité par un manque de moyen. C'est le sens du baccalauréat. Sur le papier. Sauf que ce diplôme n'a plus de valeur certifiante. C'est devenu un vaste simulacre. Encore plus après la réforme #Blanquer. Sans compter que faire des études supérieures à l'Université demande une détermination sans faille. Tout le monde ne veut pas passer des années sur les bancs d'une Université sans aucune certitude pour son avenir dans des conditions économiques souvent difficiles.
Une minorité des élèves que nous envoyons dans le supérieur a les moyens de suivre un cursus à l'Université. Ce n'est pas eux qu'il faut incriminer mais une formation générale qui ne tient pas debout. Mal pensée, mal structurée, avec des moyens réels en berne, des professeurs démotivés, mal payés, dans un non sens administratif de plus en plus patent. Une formation au rabais qui a progressivement perdu ses exigences de formation. Faute de moyens, aussi. De moyens aux bons endroits.
Oui l'école #Blanquer est une calamité car elle a détruit de la qualité pour le plus grand nombre et a renforcé les inégalités en favorisant l'agilité et la connaissance d'un système de sélection largement opaque.
Le contrôle continu a été en partie voulu par les élèves et les parents. Je m'y suis toujours opposé. Sauf qu'il a été mis en place parce que le baccalauréat n'avait déjà plus aucun sens dans un système où la qualité et la sens de ce qui est transmis ne sont plus pensés.
3) Reste les universités publiques. C'est un massacre. Elles tiennent avec des vacataires très mal payés - à la limite du bénévolat. Elles doivent gérer l'ingérable avec des moyens en baisse. Des formations sont fermées. C'est intenable. Là encore, tout doit être pensé dans le sens de la qualité. La formation des futurs professeurs est catastrophique. Qui en parle ?
Tout centrer sur #Parcoursup en mettant en avant le tri social est une entourloupe séduisante mais qui se heurte au mur de la réalité.
#Parcoursup #Blanquer #Geffray #lyceens #blocusuniversites
@R_DeCastelnau Ils sont tous dans une bulle qui les persuade que le peuple est dans la rue alors qu'il n'y a dans ́a rue que des racailles, des petits bourgeois de gauche et des professionnels de ́la contestation. Le peuple lui, s'arme et veut qu'on tire à vue sur les pillards...
@raphaeldoan Et je relance du décret du Sovnarkom de Lénine du 22 février 1918 :
8) Les agents ennemis, les spéculateurs, les pillards, les hooligans, les agitateurs contre-révolutionnaires et les espions allemands sont fusillés sur le lieu du crime.
Lénine n'était pas informé sur TikTok
@LimonovEdouard C'est la tenaille des enfers entre les boomers et les Z, les deux générations les plus parasitaires et destructrices de l'histoire. Ils veulent tout gratos sans bosser sur le dos de la sueur des deux générations actives intermédiaires. Sale engeance.
@anatolium Oui. Et c'est pour ça que tout mouvement révolutionnaire qui ne promet pas un retour à l'ordre et la neutralisation de la racaille est voué à l'échec.
Il faut comprendre que trois peuples vivent désormais en France.
Les boomers, mentalement bloqués en 1991, dans ce que Fukuyama appelait la fin de l’histoire. Ils croient qu’on a mis l’histoire sur pause, que tout va bien. Certains croient encore que la Chine est un pays pauvre en voie de développement, c’est dire.
Le second peuple, c’est la nouvelle France. La France des jeunes LFIstes et des migrants. Les deux allient leurs forces, à savoir leur bêtise, leur ressentiment et leur sauvagerie, pour construire le shithole que sera la France demain.
Le dernier peuple, descendant des boomers, c’est la France des Nicolas qui paient. Ceux qui sont pris entre le marteau et l’enclume, dernier rempart avant l’effondrement global du pays. Sans eux, tout s’effondre. C’est la population docile et travailleuse, celle sur laquelle l’État compte plus que tout pour faire durer son système. Ce sont, à bien des égards, les derniers des Mohicans.
Détail subtil et important : c’est le seul des trois peuples qui n’apparaît pas sur la vidéo.
Comme prévu, les gauchistes pensent que les hommes en noirs sont le peuple qui se révolte.
Les droitartés pensent que la police subit les hordes d'islamogauchistes.
Madame Michu a peur et demande au parti de l'ordre d'amener le calme.
Il n'y a aucune issue politique.
Mélenchon et l'agriculture : le délire d'un fou
Cette intervention de Jean-Luc Mélenchon sur l'agriculture biologique et les cantines scolaires fait peur. Car elle est révélatrice de sa conception de l'économie. En quelques minutes, il propose de recruter 400 000 agriculteurs, de développer massivement le bio, de nourrir gratuitement les enfants dans les écoles et, pour couronner le tout, de réaliser des milliards d'euros d'économies sur les dépenses de santé. Tout cela sans le moindre travail sérieux de chiffrage. Les bonnes intentions tiennent lieu de raisonnement économique.
Il rappelle qu'il y avait sept millions de paysans après la Seconde Guerre mondiale, contre environ 400 000 exploitants aujourd'hui. Il semble voir dans cette diminution une régression. C'est exactement le contraire. L'histoire de l'agriculture depuis deux siècles est celle d'une extraordinaire augmentation de la productivité. Grâce à la mécanisation, aux progrès agronomiques et à l'amélioration des techniques, une fraction toujours plus faible de la population a pu nourrir un nombre toujours plus grand d'habitants. C'est précisément ce progrès qui a libéré des millions de travailleurs et permis le développement du reste de notre économie. En réalité, cette nostalgie d'une France agricole et peu industrielle a un nom : REACTIONNAIRE, PETAINISTE.
Mélenchon veut recruter 400 000 agriculteurs supplémentaires. Pourquoi 400 000 ? Pourquoi pas 200 000 ou un million ? Sur quelles terres ces personnes travailleraient-elles ? Avec quels capitaux, quels équipements, quels débouchés et quels revenus ? Rien. Le chiffre tombe du ciel et devient un objectif politique. probablement parce que quand on veut, on peut...
Qui va recruter ces 400 000 personnes ? Dans une économie agricole normale, ce sont les exploitants qui décident d'embaucher, ou des entrepreneurs qui décident de s'installer, en fonction des besoins de production, des marchés et de leurs capacités d'investissement. Ce n'est pas au gouvernement de fixer le nombre de personnes qui doivent travailler dans les fermes. À moins, évidemment, que l'État ne décide de devenir lui-même agriculteur. J'adorerais voir Mélenchon ramasser les tomates.
Quelle st la logique profonde de ce discours: Mélenchon ne propose pas explicitement de nationaliser les exploitations, mais sa démarche relève bien d'une forme de dirigisme économique. Le pouvoir politique déciderait du nombre d'agriculteurs nécessaires, orienterait la production, organiserait la formation et garantirait les débouchés. Et puisque ces décisions ne reposeraient pas nécessairement sur la rentabilité des exploitations, il faudrait bien que la puissance publique finance les écarts. On finirait par administrer une large partie de l'activité agricole sans même avoir besoin d'en nationaliser les terres. Autant créer tout de suite France Kolkhoze.
Cette vision est d'autant plus hallucinante que nous sommes à l'aube d'une nouvelle révolution agricole. Après la mécanisation, voici la robotique et l'intelligence artificielle : désherbage automatisé, pulvérisation ciblée, machines autonomes, surveillance intelligente des cultures et des élevages. Des technologies qui peuvent simultanément réduire la pénibilité, améliorer la productivité et limiter l'utilisation d'intrants chimiques. C'est cela qu'il faudrait encourager : l'investissement, l'innovation, la modernisation des exploitations et la diffusion des nouvelles technologies. Pas le recrutement de bras.
Quant à la taille des exploitations, elle doit être déterminée par les réalités économiques, pas par une préférence idéologique pour les petites fermes. La France a déjà connu une forte concentration agricole, mais il reste des économies d'échelle à rechercher, des équipements à mutualiser et des gains de productivité à réaliser. La question est de savoir comment produire mieux et à moindre coût, pas comment employer le maximum de personnes pour effectuer le même travail. parce que Mélenchon oublie une chose : plus on emploiera de monde dans l'agriculture, et plus les produits agricoles coûteront cher. Dans une Europe ouverte, cela signifie un flux d'importations appelé à exploser, avec à la clef l'effondrement de nos exportations.
Passons maintenant aux milliards d'économies sur la santé. Mélenchon nous explique que les repas biologiques permettront d'économiser des milliards sur le diabète et les cancers. Mais où est la démonstration ? Quelle étude permet d'affirmer que quelques repas biologiques par semaine feront disparaître une part déterminée de ces maladies ? Et à quelle échéance ?
La confusion est grossière. Une alimentation équilibrée peut contribuer à prévenir certaines maladies, mais le bio n'est pas synonyme d'équilibre nutritionnel. Un sucre biologique reste un sucre. Un plat biologique trop salé reste trop salé. Quant aux pesticides, leurs risques sanitaires méritent évidemment d'être pris au sérieux, mais les études disponibles ne permettent pas de transformer le passage des cantines au bio en milliards d'euros d'économies garanties. La bêtise et la grossièreté de l'argument sont effrayantes, et plus effrayante encore cette masse de membres de la secte qui applaudissent enchantés par leur gourou.
Même tour de passe-passe avec la gratuité. Que les enfants pauvres puissent manger correctement à l'école est une exigence parfaitement légitime. Mais gratuit pour les familles ne signifie pas gratuit pour la collectivité. Il faut acheter les aliments, payer ceux qui les préparent, financer les locaux et les équipements. Tout cela a un coût que Mélenchon se garde bien de calculer. Il préfère annoncer que les dépenses d'aujourd'hui seront miraculeusement compensées par les économies de demain. Il appelle cela les « dividendes du bonheur ». La formule est jolie, mais elle ne remplace pas un budget. or notre budget est déjà atteint par un grave déficit.
Au fond, ce discours résume une conception entière de l'économie. On commence par une intention généreuse, on fixe ensuite des objectifs imbéciles, on mobilise l'État pour les atteindre et l'on suppose que les conséquences économiques seront nécessairement favorables. La productivité, les prix, les investissements, la concurrence, les contraintes budgétaires et les décisions des entrepreneurs deviennent des considérations secondaires. Il suffirait que le pouvoir politique décide pour que la réalité économique s'organise.
C'est une vision profondément stupide, dans laquelle la création d'emplois devient une fin en soi, indépendamment de la valeur produite. Comme si une économie devenait plus prospère en mobilisant deux personnes pour accomplir ce qu'une seule pourrait réaliser avec une machine.
La France a besoin d'agriculteurs correctement rémunérés, d'exploitations performantes, de progrès technologiques et d'une alimentation accessible à tous. Elle a besoin de renouveler les générations agricoles, pas de décréter un doublement de leurs effectifs sans se demander ce qu'ils produiront ni comment ils vivront.
Ce qui frappe finalement chez Mélenchon, c'est cette manière de traiter les contraintes économiques comme des obstacles idéologiques que la volonté politique suffirait à surmonter. Il ne démontre pas que son système fonctionnerait. Il affirme qu'il serait souhaitable, et il considère que c'est suffisant.
Malheureusement, l'économie a cette particularité désagréable : elle ne se plie pas aux discours. Et lorsqu'on prétend ignorer ses contraintes, ce sont généralement les contribuables, les entreprises et les consommateurs qui finissent par en payer le prix. L'enfer est pavé de bonnes intentions.