📖Je suis très heureux de vous annoncer la publication de mon livre Retraites : un blocage français, édité chez @EditionsPlon, qui sera disponible demain dans toutes les bonnes librairies (et plateformes) !
Blocage, chacun peut l’observer ces dernières heures, mais ils se sont en réalité succédés depuis une trentaine d’années, nourrissant un psychodrame permanent dans le pays, et un supplice chinois pour les Français.
Je tente de l’expliquer dans cet ouvrage et de dessiner une perspective pour sortir de l’impasse, et renouer la confiance dans notre système⤵️
Précieuse note du @StrategiePlan sur les enjeux de la transition démographique en cours en France.
Elle a le mérite de fixer des repères certes connus des spécialistes mais utiles pour éclairer le débat public :
➡️ En 2025, pour la première fois depuis 1945, le nombre de naissances a été inférieur en France au nombre de décès.
Seul le solde migratoire positif permet à notre pays de continuer à croître en population. D’autres pays européens comme l’Italie voient leur population baisser depuis plusieurs années.
➡️ La dénatalité est un phénomène européen qui fragilise nos modèles sociaux.
L’indicateur conjoncturel de fécondité est passé en France de 2,0 en 2014 à 1,56 en 2025 : il converge vers la moyenne européenne (1,38). D’ailleurs, plus de la moitié des pays dans le monde se situent désormais sous le seuil de remplacement des générations.
En toute hypothèse, le nombre d’enfants reste inférieur au désir d’enfant (2,3 chez les jeunes générations). Parmi les multiples causes : niveau et stabilité des revenus, coût du logement, qualité de l’emploi, mais aussi confiance dans l’avenir.
Les projections du Conseil d’orientation des retraites montrent que le déséquilibre entre montant des pensions et ressources pour les financer, à modèle constant, ne fera que s’accroître (1,4 point de PIB d’écart à horizon 2070 dans le scénario de référence).
➡️ Historiquement, certaines politiques natalistes peuvent s’accompagner de contraintes sur les droits sexuels et reproductifs des femmes.
Au-delà de la réprobation morale et politique, la littérature académique montre également que les restrictions légales aux droits reproductifs (IVG, contraception, etc.) se traduisent par un report vers des avortements non sécurisés, une dégradation de la santé des femmes, ainsi que des effets négatifs sur leur éducation et leur participation au marché de l'emploi.
Les pays européens où l'accès à l'IVG est le plus restreint (Malte et la Pologne) comptent aussi parmi les indices de fécondité les plus faibles.
Dans une démocratie libérale, la politique familiale doit donc redonner une liberté de choix aux individus, en allégeant les contraintes économiques, professionnelles ou sociales qui pèsent sur la décision d’avoir des enfants, sans imposer de normes coercitives.
Idéalement, le nombre d'enfants devrait converger vers le désir d'enfants.
➡️ La France dépense plus que ses voisins pour la politique familiale et majoritairement via des transferts monétaires.
La politique familiale stricto sensu (maternité, parentalité, garde d'enfant) représente un effort budgétaire de 45 milliards d'euros par an. Il s'élève à 60 milliards si l'on y ajoute le quotient familial pour le calcul de l'impôt sur le revenu.
70 % de cet effort opère par transferts monétaires pour soutenir la maternité et le revenu des familles (allocations et allègements fiscaux), tandis que seulement 30 % financent des services aux familles (garde d'enfant).
➡️ Pourtant, les transferts monétaires en faveur des familles ont peu d'impact sur la natalité.
Selon la littérature académique, les prestations permanentes comme les allocations familiales ont un effet positif mais modeste sur le nombre d'enfants [Laroque et Salanié, 2014 ; Gauthier, 2017], tandis que les prestations temporaires (ex. baby bonus) entraînent surtout un effet d'anticipation mais pas d'effet permanent sur la natalité [Milligan, 2005]. Il en va de même pour les incitations fiscales [Landais, 2004].
Ce ne sont donc pas les transferts monétaires qui permettent d'inverser les tendances démographiques. L'exemple hongrois le montre, dont l'indice de fécondité reste dans la moyenne européenne (1,38), malgré un effort budgétaire 2x à 3x supérieur (selon le périmètre retenu).
Ces transferts peuvent en revanche soutenir les revenus des familles et réduire en particulier la pauvreté.
➡️ Une voie plus prometteuse consiste à garantir des congés de naissance courts, partagés et bien indemnisés, ainsi qu'une offre de garde abondante et adaptée.
Augmenter l'indemnisation des congés parentaux augmente le nombre d'enfants au sein des foyers plus aisés [Raute, 2019], tandis que des congés trop longs pèsent durablement sur la trajectoire professionnelle des mères [Kleven, Langais et Søgaard, 2019].
Fixer des droits non transférables entre parents ("use it or lose it") et accroître les congés paternité renforcent en outre l'implication des pères dans l'éducation des enfants et réduisent le coût d'opportunité d'un enfant supplémentaire pour les mères.
Certaines études montrent qu'une augmentation de l’offre publique de garde peut accroître la probabilité d’une naissance supplémentaire, surtout quand l’accès est initialement limité [Bauernschuster, Hener et Rainer, 2016].
➡️ C'est donc en combinant congés parentaux et accueil du jeune enfant que des résultats plus durables peuvent être obtenus sur le nombre d'enfants.
Or les modes de garde formels en France (crèches, assistants maternels) ne couvrent que 57 % des enfants de moins de 3 ans (même si c'est 20 points de plus qu'en moyenne européenne).
Avec un fort gradient social : 4 familles sur 5 vivant sous le seuil de pauvreté gardent elles-mêmes leur enfant à la maison.
Et un enjeu RH majeur : les métiers de la petite enfance vont être confrontés à une vague de départs en retraite dans les prochaines années compte tenu de leur pyramide des âges (un tiers de départs d'ici 5 ans).
A noter enfin que la note n'aborde pas les politiques du logement mais aussi la question de l'isolement soulignée par @Damon_Julien, qui montre que la baisse de la natalité est aussi corrélée à une baisse du nombre de personnes en couple.
Exemple concret: un actif en emploi ayant un niveau de vie très modeste contribue une part plus importante de son revenu disponible au financement de l’assurance maladie qu’un retraité très aisé. Alors que le second a un niveau de vie plus de trois fois supérieur.
À niveau de vie comparable, les actifs contribuent le double.
🧐J'ai lu avec intérêt le livre d'Hippolyte d'Albis qui tâche de démonter l'idée d'une génération de baby-boomers privilégiée au détriment des jeunes d'aujourd'hui.
Derrière un constat intéressant sur l'évolution du niveau de vie, l'auteur fait l'impasse sur d'autres réalités pourtant majeures : accès à la propriété, travail qui ne paye plus, poids des dépenses de protection sociale sur les actuels actifs, iniquité intergénérationnelle....
Un petit fil 🧵⤵️
L'économiste Hyppolyte d’Albis publie Economie des âges de la vie, pour en finir avec la guerre des générations, chez Odile Jacob, au titre évocateur. Il s’oppose à l’idée que les retraités seraient favorisés, statistiques à l’appui. https://t.co/M3GSXhe2Kp @lopinion_fr
10/ Ce serait d'autant plus juste que les actuels retraités ont tiré les fruits du système par répartition à une époque où ils étaient bien plus nombreux à cotiser pour moins de retraités.
@sc_cath Oui, d'où la minoration par un *coefficient démographique* qui permet de prendre en compte le ratio de dépendance dans le calcul de la pension, au moment de la liquidation (salaires portés au compte ou points) puis des revalorisations.
Oui, reindexer les pensions sur les salaires rendrait en effet le système bien mieux pilotable en faisant évoluer recettes et dépenses selon le même sous-jacent.
Mais, contrairement à ce qui est dit, il n'est pas nécessaire de compenser le coût d'une telle mesure par une baisse majeure du taux de remplacement à la liquidation. Il est tout à fait possible de garder la maîtrise des dépenses en indexant les pensions sur la croissance des salaires *minorée d'un coefficient démographique*. C'est ce mode de revalorisation qui est en vigueur en Allemagne ou, en France, à l'Agirc-Arrco de 2019 à 2024 : la valeur de service du point était alors indexée sur la croissance des salaires minorée d'un coefficient de 1,16.
@LEGENRA@HeyerEric
Retraite : peut-on éviter un passage à 65 ans ? 👴
"Le déficit dépend de la productivité : à 0,7%, il reste contenu ; à 1,4%, il disparaît. Mais la vraie réforme serait de réindexer les pensions sur les salaires plutôt que sur l’inflation"
💬 Éric Heyer, OFCE
"Nous les #boomers avons fait chier nos parents comme nos enfants"
C'est Thierry Lhermitte qui le dit!
Il a voulu m'interviewer après avoir lu "Les Balançoires Vides". Merci à @LEXPRESS d'avoir retranscrit nos 2h d'échanges dont je garde un souvenir ému. https://t.co/2UHY4b70iO
Le poids important des retraites dans la dépense publique freine le développement économique du pays, tout en alourdissant fortement le coût du travail.
Il faut en sortir, pour revaloriser le travail et renouer avec les investissements d'avenir.
Interview pour @Le_Figaro
Je ne pense pas que ce sera vrai en euro constants. Par contre la différence ne sera pas énorme alors qu’ils auront cotisé le double (à nouveau en euro).
Le problème central du système de retraite pour les actifs ce n’est pas tant ce qu’ils toucheront dans vingt ou trente ans que ce qu’ils payent aujourd’hui. Et des implications que cela a aujourd’hui sur le dynamisme du pays.
Since the 1970s, old age govt spending has increased while public investment has fallen in many rich countries. By @jburnmurdoch
https://t.co/JFCJHrms98