Yann LeCun va probablement gagner le débat scientifique sur l'IA.
Et ça n'aura aucune importance. 👇
Le résumé tient en deux lignes : l'un des pères de l'IA quitte Meta, lève un milliard de dollars, et part prouver que les LLM, ChatGPT, Claude, Grok, sont une impasse vers l'intelligence réelle.
Sur le fond, il a sans doute raison. Un LLM ne comprend pas le monde, il prédit le mot suivant. Ni mémoire, ni modèle du réel, ni vraie planification. LeCun le dit crûment : c'est moins intelligent qu'un chat. Techniquement, dur de lui donner tort.
Sauf qu'il répond à la mauvaise question.
LeCun demande : « qu'est-ce que l'intelligence réelle ? »
Le marché, lui, demande : « qu'est-ce qui est utile, maintenant ? »
Ce ne sont pas la même question. Et les confondre, c'est l'erreur classique du chercheur.
Le marché n'a jamais payé pour de l'intelligence. Il paie pour de l'utilité.
On n'a jamais appris aux avions à battre des ailes. On se fichait de reproduire le vol « réel » des oiseaux, on voulait juste voler. Résultat : des machines qui ne comprennent rien à l'aérodynamique d'un moineau transportent des millions de gens par jour.
Les LLM, c'est pareil. Ils ne comprennent pas le monde. Et ça ne les empêche pas de réécrire ton code, rédiger ton contrat, avaler des métiers entiers. Un outil n'a pas besoin d'un modèle du monde pour valoir des trillions.
Je build avec ces modèles tous les jours. Ils sont « bêtes » au sens de LeCun. Ça ne m'a jamais empêché de shipper quoi que ce soit.
LeCun construit peut-être ce qui comptera en 2035. Mais pour les dix prochaines années, les utilisateurs, la valeur, l'argent, tout est sur les modèles « stupides ».
On confond toujours avoir raison et gagner.
LeCun aura peut-être raison. Les LLM, eux, ont déjà gagné.
Sur la peur – Khalil Gibran
"On dit que, juste avant d’entrer dans la mer,
une rivière tremble de peur.
Elle regarde en arrière le chemin qu’elle a parcouru,
depuis les sommets des montagnes,
la longue route sinueuse à travers forêts et villages.
Et devant elle,
elle voit un océan si vaste
que s’y engager
revient à disparaître à jamais.
Mais il n’y a pas d’autre choix.
La rivière ne peut pas faire demi-tour.
Personne ne peut revenir en arrière.
Reculer est impossible dans l’existence.
La rivière doit prendre le risque
d’entrer dans l’océan,
car ce n’est qu’alors que la peur disparaîtra,
car c’est là que la rivière comprendra
qu’il ne s’agit pas de disparaître dans l’océan,
mais de devenir l’océan."