Ersilia Soudet à la tribune : cinq zéros
Hier à l'Assemblée nationale, LFI a bloqué pour la deuxième année consécutive le vote d'une loi visant à lutter contre les mariages frauduleux.
La méthode : des centaines de sous-amendements, des rappels au règlement en série, des suspensions de séance. Et des prises de parole. Beaucoup de prises de parole.
Ersilia Soudet en a produit une emblématique. Voilà ce qu'elle a dit, et ce que ça révèle au plan rhétorique.
Premier mouvement : l'ignoratio elenchi
Elle ouvre ainsi : "Je pense qu'en fait l'extrême droite ne comprend rien à l'amour. C'est bien dommage. C'est pour ça qu'on se retrouve avec des propositions de loi comme ça parce que l'extrême droite n'est que haine."
Aristote décrivait déjà ce sophisme dans les Réfutations sophistiques sous le nom d'ignoratio elenchi : la réfutation hors sujet. Le débat porte sur les mariages frauduleux. Soudet répond à une autre question : la droite aime-t-elle ? Elle ne change pas d'argument. Elle change de question. Et personne dans l'hémicycle ne le nomme.
Deuxième mouvement : la captatio benevolentiae inversée
Elle enchaîne : "On a pu le voir encore hier avec des débats absolument abominables en commission des lois avec des propos extrêmement racistes à l'encontre des gens du voyage."
Traditionnellement, un orateur commence par conquérir la bienveillance de son auditoire en s'y incluant. Soudet fait l'inverse : elle l'obtient en expulsant symboliquement l'adversaire hors du cercle de ceux qui méritent d'être entendus. Tant que l'autre est moralement disqualifié, ses arguments n'ont pas à être réfutés. C'est une mise hors-jeu, pas une réponse.
Troisième mouvement : la dilation
Elle annonce ensuite : "Dommage que l'extrême droite ne soit pas là. On aurait pu leur insuffler un petit peu d'amour. Moi je suis professeur de français à l'origine et en fait il se trouve qu'en 4e, on fait des cours sur l'amour. Je fais étudier à mes élèves le poème de Éluard qui s'appelle Je t'aime et je pense que ça ferait du bien aux fascistes de l'entendre."
Et elle lit le poème. Plusieurs minutes.
Les Romains appelaient ça la dilation : le bavardage délibéré pour épuiser le temps imparti et empêcher le vote. Cicéron en décrit l'usage dans ses traités sur l'art oratoire.
C'était considéré comme un déshonneur précisément parce que ça substitue le volume au fond. Ici la dilation prend la forme d'un poème d'amour lu à la tribune d'une assemblée parlementaire dans le cadre d'un débat sur les mariages frauduleux.
Le poème n'est pas un argument raté. C'est un aveu.
Les cinq canons : zéro partout
Les Anciens avaient formalisé cinq compétences de l'orateur. L'invention : trouver des arguments. La disposition : les organiser. Le style : les formuler. La mémoire : les maîtriser. L'action : les incarner.
Soudet échoue sur les cinq.
Zéro en invention parce qu'elle ne produit aucun argument sur le fond du texte.
Zéro en disposition parce qu'elle saute de la haine de la droite aux gens du voyage à un souvenir de cours de français sans aucune structure.
Zéro en style parce qu'elle récite les mots d'une autre personne.
Zéro en mémoire parce qu'elle lit.
Zéro en action parce qu'elle n'est pas dans le ton.
Ce que ça révèle
La gauche n'a pas de contre-arguments sur ce texte. Elle ne peut pas démontrer que les mariages frauduleux n'existent pas, que les maires ne sont pas dans une situation absurde, que les chiffres sont fabriqués. Alors elle disqualifie, elle dilate, elle lit des poèmes.
Ce niveau d'argumentation est payé par vos impôts pour faire la loi. Et hier soir, LFI a appelé ça une victoire.
Non, madame Soudais, comme je vous l’ai expliqué, j’assume simplement de m’adresser à tous les camps politiques et de privilégier l’information à l’affrontement.
Je continuerai à faire mon travail et à placer les enjeux environnementaux au-dessus des clivages partisans.
je suis dehors, je me suis enfuie de table. je peux pas gérer. j’y arrive pas. je suis seule à pleurer dehors parce que putain c’est le floodcast et j’ai l’impression de crever
"On est vraiment heureux on gagné cet Euro, une compétition qu'on avait pas gagné depuis 10 ans, on est vraiment contents pour le hand français, après les filles aussi" @LudovicFabregas#FRADAN