Je vais prendre le temps de répondre sérieusement parce que ce tweet est un excellent résumé de pourquoi le débat économique tourne en rond en France. C'est un raisonnement qui a l'air logique, qui sonne juste intuitivement, et qui est faux. Et comprendre pourquoi il est faux c'est comprendre 80% de l'économie.
L'argument repose sur un axiome : "seul le travail crée la richesse." Ça vient de Marx, qui l'a lui-même hérité de Ricardo et Smith (ironie du pseudo). C'est la théorie de la valeur-travail. Et c'est le socle de tout le raisonnement. Si cet axiome est vrai, alors oui, logiquement, le capitaliste "vole" le travailleur. Si cet axiome est faux, tout l'édifice s'effondre. Spoiler : il est faux. Et on le sait depuis 1871.
Premier problème : la valeur ne vient pas du travail, elle vient de l'utilité. Si je passe 10 000 heures à peindre un tableau que personne ne veut acheter, j'ai travaillé, mais j'ai créé zéro richesse. Si je trouve un diamant par terre en 2 secondes, j'ai créé énormément de valeur sans presque aucun travail. La valeur d'un bien est déterminée par ce que quelqu'un est prêt à payer pour l'obtenir, pas par le temps qu'il a fallu pour le produire. C'est la révolution marginaliste de 1871 (Jevons, Menger, Walras), et aucun économiste sérieux dans le monde ne la conteste aujourd'hui.
Deuxième problème : "le capital ne fait que multiplier la productivité du travail." C'est présenté comme si c'était anodin. Mais multiplier la productivité du travail c'est littéralement la chose la plus importante de l'histoire économique humaine. Un ouvrier avec une pelle déplace 1 tonne de terre par jour. Le même ouvrier avec une pelleteuse en déplace 500. La différence c'est quoi ? Le capital. Quelqu'un a investi de l'argent pour concevoir, fabriquer et mettre à disposition cette pelleteuse. Sans ce capital, l'ouvrier est toujours à la pelle. La pelleteuse n'est pas tombée du ciel. Elle existe parce que quelqu'un a renoncé à consommer son argent aujourd'hui pour l'investir dans un outil productif. Ce sacrifice s'appelle l'épargne, et sa mise en oeuvre productive s'appelle le capital. Et c'est ça qui transforme une heure de travail humain en quelque chose de 500 fois plus productif.
Troisième problème : "il y a toujours un travailleur pour actionner la machine." Oui. Et il y a toujours quelqu'un qui a conçu la machine, quelqu'un qui a financé sa fabrication, quelqu'un qui a identifié le besoin du marché, quelqu'un qui a organisé la production, quelqu'un qui a trouvé les clients, quelqu'un qui a pris le risque que tout ça foire. Le travailleur qui actionne la machine est un maillon indispensable de la chaîne. Mais il n'est pas le seul maillon. Et dire que seul son maillon compte c'est nier l'existence de tous les autres.
Quatrième problème : "le milliardaire s'accapare les fruits d'un travail qu'il n'a pas réalisé." Le milliardaire n'a pas réalisé le travail manuel. Mais il a réalisé autre chose : l'allocation du capital. C'est-à-dire décider où investir les ressources pour qu'elles produisent le maximum de valeur. Et c'est un travail extraordinairement difficile et rare. Si c'était facile, tout le monde serait milliardaire. Pour chaque Elon Musk qui réussit, il y a 10 000 entrepreneurs qui ont tout perdu. Le milliardaire qui reste milliardaire c'est celui qui alloue le capital mieux que les autres, c'est-à-dire celui qui prédit mieux que les autres ce dont la société a besoin. Quand il se trompe, il perd tout. Quand le salarié se trompe, il touche quand même son salaire.
Et c'est ça la réalité que cet axiome de départ masque. Le capitaliste ne "prend" pas au travailleur. Le capitaliste fournit au travailleur les outils sans lesquels son travail ne vaudrait presque rien. L'ouvrier à la pelleteuse est 500 fois plus productif qu'à la pelle. Le "profit" du capitaliste c'est une fraction de ces 499 unités de productivité supplémentaire qu'il a rendues possibles en fournissant la pelleteuse. Sans lui, l'ouvrier a toujours sa pelle et sa tonne de terre par jour.
La vraie question c'est pas "est-ce que le milliardaire mérite sa fortune." C'est "est-ce que le système qui produit des milliardaires produit aussi une amélioration des conditions de vie de tout le monde." Et la réponse, factuelle, empirique, répliquée sur 200 ans de données dans tous les pays du monde, c'est oui.
Et un dernier mot pour les plus jeunes qui lisent ça. Je sais que le marxisme est séduisant quand t'as 18 ans. J'y suis passé aussi. L'idée que le monde se divise en exploiteurs et exploités, c'est simple, c'est beau, ça donne un sens, ça désigne un ennemi. C'est confortable intellectuellement. Et quand t'as jamais eu de thune, quand tu vois des gens riches et que tu comprends pas comment ils le sont devenus, c'est tentant de conclure qu'ils ont forcément volé quelqu'un.
Mais la réalité est plus complexe et plus intéressante que ça. Et le meilleur service que vous pouvez vous rendre c'est de lire les deux camps. Lisez Marx, oui. Mais lisez aussi Hayek, Bastiat, Mises, Friedman, Sowell. Lisez les marginalistes. Lisez l'histoire économique réelle des pays qui ont essayé le socialisme. Pas les versions romancées, les faits. Confrontez les théories au réel. Et faites-vous votre propre avis avec toutes les cartes en main, pas avec la moitié du jeu.
On passe presque tous par une phase où on croit que le système est contre nous. Et puis un jour tu te mets à créer, à entreprendre, à prendre des risques, et tu comprends. Le capital c'est pas ton ennemi, c'est l'outil qui te manque. Et le capitalisme c'est le seul système qui te laisse aller le chercher.
merci à tous les gens qui postent à fond sur twitter c'est super intéressant de vous lire en shadow tous les jours depuis des années.
j'hésite souvent à me mettre à poster moi-même des opinions mais j'ai peur d'avoir plus à perdre qu'à gagner.
L’intervention décidée par le Président Trump au Venezuela commande avant tout lucidité et pragmatisme de notre part.
Comme lors des réactions à l’opération américaine en Iran de juin dernier, il y a une forme d’hypocrisie derrière les atermoiements à réagir, les déclarations de façade et les condamnations sans effet. Nicolas Maduro est un dictateur qui a opprimé son peuple et ruiné son pays, contre les aspirations des Vénézuéliens à vivre libres.
Alors je le dis sans ambages : je ne regrette pas son départ. Ce qui importe le plus pour les jours et les mois à venir, c’est que ce soit la liberté du peuple vénézuélien qui prime, et non les intérêts économiques et pétroliers des États-Unis. La France, l’Europe, doivent s’en assurer.
Regardons cliniquement les choses : ces événements sont surtout un signe supplémentaire que le monde est désormais régi par la force.
Dans ce monde dangereux et violent, les Européens ont évidemment des valeurs à défendre. Mais ils le font aujourd’hui en spectateurs impuissants du délitement de toute forme de règle, et trop souvent en défenseurs béats d’institutions désormais totalement dépassées.
Se contenter d’être les derniers à défendre et respecter la Charte des Nations unies, ou encore les règles de l’OMC quand il s’agit du commerce international, c’est sans doute être cohérents avec notre Histoire et fidèles à notre doctrine. Mais c’est surtout être complètement effacés. À ces responsables européens et français pétris de bonnes intentions, je le dis clairement : hélas, nous n'avons plus les moyens de ces indignations. Le monde, les grandes puissances, ne nous attendent pas, ni à Washington, ni même à Pékin.
Cela peut et doit changer. Pour cela, même les démocraties doivent retrouver la voie de la force si elles veulent continuer d'espérer que le droit prévale de nouveau. Et pour la France, la force c'est notre capacité militaire à renforcer plus que jamais, notre refus de nous laisser effacer, et c'est l'Europe, seule à même d’hisser notre continent à la hauteur des défis qui viennent.
📊 L’exécutif vient de publier un classement des meilleurs modèles d’IA dont @MistralAI est sorti grand vainqueur, suscitant scepticisme et moqueries. Si le résultat n’est pas trafiqué, il masque un réel décrochage du champion français. Décryptage ⤵
@sc_cath Exactement. C’est ce type d’argument fallacieux qui dessert le débat public. Et les auteurs sont assez intelligents pour savoir ce qu’ils font mais feraient tout pour défendre leur opinion — même donner des arguments qu’ils savent mauvais.
Tout à fait : lorsqu’on parle des conséquences d’un ajustement budgétaire, le sujet doit être la dépense marginale. Si l’on vous dit « les crèches, les écoles », c’est qu’on considère que ces dépenses sont les moins prioritaires, les moins productives — celles qu’on couperait en premier.
Ou alors, c’est qu’on vous prend pour des débiles afin d’éviter de parler de la vraie nature de la dépense marginale, parce que vous seriez probablement favorables à sa suppression.
J’ai vécu dans une Europe où on avait toutes les features d’un produit. Puis des features en moins. Le next step est là : plutôt que de soumettre aux lois hors sol de l’Europe, on nous enlève des features.
Tu crées une niche fiscale pour forcer les entreprises à payer une partie des salaires dans une sous-monnaie administrée par des entreprises privées qui se payent une commission en échange de leur service, qui consiste à restreindre la liberté du consommateur, et ensuite tu crées une taxe sur cette monnaie de singe tout en maintenant une baisse de TVA sur l’activité vers laquelle elle est fléchée.
FYI. Voice memos drive me crazy. They shift all the work from sender to receiver.
You hit record and ramble for 3 minutes while I’m stuck listening with no way to skim.
You’re trading YOUR efficiency for MY time, and if you keep choosing your convenience over mine, don’t be surprised when I stop opening your messages altogether.
124.000 J'aime. 17.200 Commentaires qui saluent ces gens.
2500 partages.
Faut bien vous dire un truc, les gens qui commentent ça, ils votent. Et pire, ils sont ceux qui votent le plus et ceux qui sont le premier lobby politique.
Les BOOMERS.
D'accord, mais le @CNRS est il au courant pour :
- L'adresse IP de https://t.co/GfrMnRvesD qui pointe sur leurs serveurs de @CNRS_IN2P3
https://t.co/yzVCVlzyJR
- La développeuse principale qui travaille pour l'ISC-PIF (unité du CNRS dirigée par David Chavalarias). Et dont les horaires de contribution peuvent poser question.
https://t.co/YEkP4VhoGj
- L'utilisation qui est faite des données et sa conformité RGPD.
https://t.co/UFACkaGtcq
- La promotion de HelloQuitteX qui a été faite sur le site de l'ISC-PIF.
https://t.co/b0pIksPifT
- L'utilisation de leur logo dont il reste encore des traces.
https://t.co/GcvgiPYL3C
https://t.co/jilXEM6toe
quand ses collègues font des fautes de français (syntaxe, vocabulaire) …
Est-ce qu’on peut leur dire et si oui comment ?
Et quand c’est son boss / son n-1 ?
@quatremer J’avais le même problème, j’ai changé un paramètre obscur sur mon routeur wifi (faudrait fouiller dans des forums pour savoir lequel) et c’était réglé. Depuis c’est une expérience sincèrement géniale chez moi.