@TheAliceSmith There is no such thing as “magic ground” that makes some places prosperous and some not!
If you teleported the people of Japan to anywhere else, that place would become Japan.
La catastrophe démographique occidentale n'est pas un mystère, ni même une fatalité. C'est une sélection naturelle d'un genre nouveau.
L'idée est assez simple : l'enfant a toujours été une assurance vieillesse. L'État l'a collectivisée, et l'enfant est devenu inutile.
On peut poursuivre l'argument ci-dessous et dire que ceux qui continueront à faire des enfants sont précisément ceux qui tombent le moins facilement dans les pièges sémantiques de l'État.
C'est une sélection naturelle d'un genre nouveau, moins fondée sur le primat de la survie biologique que sur la perméabilité au discours consensuel et au "tout État" dans sa propre vie.
L'essentiel du troupeau capturé par l'État dans ses organisations disparaîtra, car on lui a fait comprendre que l'enfant n'était plus nécessaire : aide sociale, retraite, dépendance totale à la providence étatique.
Mais pas les autres.
Il faut comprendre que l'enfant est une assurance vieillesse. Et quand l'État a nationalisé et collectivisé cette "assurance", la demande d'enfants s'est effondrée.
Ceux qui ne disparaîtront pas, ce sont les autres troupeaux, les adversarial thinkers historiques, qui n'ont jamais adhéré à la proposition de valeur de l'État. Les amish, les mormons, les gitans, les cathos tradis...
Quoique, ils ne pensent pas "contre" le discours dominant, ils ne l'écoutent en fait tout simplement pas.
Ils n'ont tout simplement jamais délégué à l'État ce que la famille faisait, la vieillesse, l'école, l'entraide, l'assurance.
Chez les amish, le recensement du Young Center d'Elizabethtown College donne 177 910 personnes en 2000 et 410 955 en 2025, soit un doublement tous les vingt ans environ.
Et le taux de baptême, la proportion d'enfants qui rejoignent l'Église à l'âge adulte, est passé de moins de 60% dans les années soixante à 85 ou 90% aujourd'hui. Le modèle est résilient et traverse les générations et les incertitudes de l'époque.
Elles seront même mathématiquement plus nombreuses demain que la grande communauté nationale et étatisée qui, bien que majoritaire, est en voie d'extinction.
D'un certain côté, l'État se sabote lui-même en n'incitant pas son bétail tenu en captivité à se reproduire.
Je suis ravi de vous annoncer ma collaboration avec Libertis ! 🚀
Une initiative européenne pour faire avancer les idées de liberté sur le vieux continent.
Mes deux premiers articles sur sont en ligne :
Pourquoi tous les dirigeants occidentaux devraient lire The Blank Slate de @sapinker, le meilleur livre jamais écrit sur la nature humaine.
Pourquoi les belles intentions progressistes aggravent-elles si souvent les maux qu'elles prétendent guérir ? Parce qu’elles accouchent de politiques publiques qui reposent sur une mauvaise compréhension de la nature humaine. Bien gouverner, ce n'est pas afficher des objectifs vertueux, mais réussir à mettre en place les incitations (parfois cruelles en apparence) qui font converger des millions de volontés vers la paix civile et la prospérité. Or cela n'est possible que si l'on comprend ce qui meut l'individu. Voilà pourquoi l'élite occidentale ferait bien de lire le meilleur livre jamais écrit sur la nature humaine : The Blank Slate de Steven Pinker. Dans cet essai époustouflant, l’auteur montre qu’un dogme s'est emparé de notre intelligentsia : le mythe selon lequel le cerveau humain est une page blanche sur laquelle la société imprime sa marque. C'est cette croyance qui s’exprime lorsque l’on affirme que tout écart de représentation entre les sexes trahit une discrimination, que nos goûts ne sont que des conventions culturelles arbitraires, que l’échec scolaire d’un enfant est toujours imputable à son environnement, que les stéréotypes culturels sont la cause (et non le reflet) des comportements humains, ou qu'il suffirait de reconstruire la société pour façonner un homme nouveau.
Proposer une recension exhaustive d’un livre aussi riche serait impossible ; concentrons-nous donc sur l’une des manifestations les plus tenaces de la théorie de la page blanche : l’idée selon laquelle la « cause première » de la violence réside toujours dans des facteurs sociaux. « Tout le monde sait, déclarait Lyndon Johnson en 1967, que ce qui construit la violence est l’ignorance, la discrimination, la pauvreté, les maladies, le manque d’emplois. » Cette idée présuppose une anthropologie : celle du bon sauvage, pour qui la violence n'est jamais inscrite dans l'homme mais toujours dans nos institutions. Dans le monde académique, contester ce présupposé peut coûter cher. Pinker raconte en effet, parmi d’autres anecdotes édifiantes, que l'anthropologue Napoleon Chagnon fut victime d'une cabale académique après avoir documenté la fréquence des guerres et des raids chez les Yanomamö (société de chasseurs-horticulteurs en Amazonie). Il avait montré que les hommes qui tuaient le plus avaient davantage d'épouses et de descendants que les autres, ce qui impliquait que leur violence était « rationnelle » d’un point de vue évolutif (et donc que la sélection naturelle façonne peut-être autre chose que des bons sauvages). Chagnon fut accusé (à tort) d'avoir fabriqué ses données, fomenté les guerres qu'il décrivait, et même d’avoir contribué à un génocide !
Ce que ces campagnes d’intimidation cherchaient à étouffer n'était pourtant qu'un constat scientifique. Rassemblant les données, Pinker démontre que la violence est une stratégie inscrite dans le répertoire de la nature humaine. Pour ne citer que quelques éléments : le meurtre délibéré de congénères existe chez la plupart des chimpanzés ; une corrélation entre testostérone, dominance et agressivité est établie ; la taille et la force supérieures des hommes sont la signature d'un passé évolutif de compétition violente entre mâles ; l'âge le plus violent n'est pas l'adolescence mais la petite enfance (la moitié des garçons de deux ans frappent, mordent et donnent des coups de pied). Quand on observe ce dernier fait, remarque le professeur de sciences cognitives à Harvard, on comprend que la bonne question n'est pas « comment les enfants apprennent-ils à agresser » mais « comment apprennent-ils à ne pas agresser ? »
Pourquoi tant de gens rejettent-ils l’idée que la violence puisse être « naturelle » ? Premièrement parce qu’ils croient qu’admettre cela reviendrait à la cautionner. Pourtant, répond Pinker, « la violence humaine n’a pas besoin d’être une maladie pour mériter qu’on la combatte. Au contraire, l’idée que la violence est une aberration est sans doute dangereuse, car elle nous conduit à oublier la facilité avec laquelle elle peut éclater ». D’autant qu’aujourd’hui, ajoute-t-il, la culture de l’excuse ne vient pas d’une foi dans un déterminisme biologique mais d'une foi dans un déterminisme environnemental. En effet, lorsque l’on considère que le criminel est la victime impuissante de son conditionnement social, on tend à transférer la responsabilité du mal de l’individu à la société (incriminée tout entière pour les comportements déviants de certains de ses membres) et à abolir partiellement la responsabilité individuelle (chaque acte de violence étant « expliqué » par des facteurs sociaux antérieurs).
La deuxième raison pour laquelle les progressistes rechignent à localiser le mal dans le cœur humain tient à leur volonté de croire qu’il est possible « d’éliminer la violence par de bienveillants programmes sociaux plutôt que par une dissuasion punitive ». Ramsey Clark, ministre de la Justice de l'administration Johnson, exprimait cette vision dans un best-seller des années 1970 : « Des individus sains et rationnels comprendront qu’ils sont le mieux servis par une conduite qui ne cause aucun tort. Réhabilité, un individu ne pourra plus se résoudre à blesser autrui. »
Contre cette vision naïve, Pinker propose un modèle de la nature humaine où la violence n’est pas une pathologie mais souvent un choix rationnel auquel peuvent se résoudre même des individus sains (« pourquoi les gens dévalisent les banques ? Parce que c’est là que se trouve l’argent »). De même, contre la doxa néo-féministe, popularisée par Susan Brownmiller en 1975, qui veut que le viol n’ait « rien à voir » avec le sexe et soit le produit d’une construction culturelle patriarcale, Pinker montre que le mobile sexuel des violeurs est central.
Dès lors, les politiques publiques les plus efficaces contre la violence (sexuelle ou non) ne sont ni les campagnes de rééducation culturelle, ni les ateliers de déconstruction de la masculinité toxique, ni les cours d’empathie, mais celles qui « frappent directement les incitations rationnelles : une forte probabilité de sanction déplaisante élève le coût anticipé du délit ». Les psychologues évolutifs Martin Daly et Margo Wilson décrivent d'ailleurs la soif de vengeance comme le produit d'un mécanisme mental dont la fonction adaptative est « de faire en sorte que les contrevenants ne tirent aucun bénéfice de leurs méfaits » ; cet instinct humain augmente le coût individuel de la déviance (car le déviant s’expose à des représailles), et rend possible une société pacifiée. Si cet instinct n’est pas institutionnalisé, civilisé par l’État, il réapparaît sous la forme d’une culture de l’honneur souvent sanglante.
Un autre totem progressiste que Pinker réfute est l’idée selon laquelle nous serions tous prédisposés de la même façon à la violence. « Certains individus, écrit-il, sont par leur constitution plus portés que d’autres à la violence. […] Les individus enclins à la violence ont tendance à être impulsifs, d’intelligence réduite, hyperactifs et peu attentifs. Ils sont vindicatifs, prompts à la colère, rebelles à l’autorité, perturbateurs, et ils tendent à tout mettre sur le dos des autres. Ces traits apparaissent tôt dans l’enfance, persistent tout au long de la vie et sont fortement héritables. » De là une conséquence que l'on oublie trop souvent : la prison ne sert pas seulement à dissuader. Elle sert aussi à mettre hors d'état de nuire cette petite minorité d'individus au tempérament (en partie héréditaire) très criminogène. Le bénéfice de la neutralisation de ces récidivistes, parce qu'ils concentrent une part disproportionnée des actes violents (7 % des jeunes hommes commettent 79 % des délits de violence avec récidive, rapporte Pinker) est immense.
En outre, l'héritabilité partielle de la prédisposition à la violence invite à bien sélectionner les individus que l'on accueille dans notre pays : celui qui est davantage porté aux comportements prédateurs que la moyenne transmettra une part de cette prédisposition à sa descendance. « Les unes après les autres, les études montrent que la tendance à commettre des actes antisociaux, entre autres à mentir, voler, déclencher des batailles et détruire le bien d'autrui, est en partie héréditaire », écrit Pinker. On pense aux travaux de l'économiste Gregory Clark qui, dans un livre référence (The Son Also Rises), a reconstitué les trajectoires de milliers de familles immigrées sur plusieurs siècles. Son constat : les lignées qui se sont rapidement intégrées ont souvent contribué positivement au pays de génération en génération ; celles qui ont échoué d'emblée sont souvent restées à la traîne pendant des siècles. Si le statut social se transmet avec une telle inertie, c'est que sa racine est parfois partiellement génétique. Encore une fois, une compréhension de la nature humaine ancrée dans les faits (plutôt que dans le dogme) peut orienter l’action publique pour le meilleur.
Pour finir, anticipons une question : un livre qui montre que la nature humaine est traversée de passions diverses et parfois sombres n’est-il pas déprimant ? Non, au contraire. Une fois dissipées nos illusions sur la bonté originelle de l'homme, on comprend que la civilisation est une prouesse, que la paix n'est pas notre état naturel, mais une conquête. On apprend à aimer la société dans laquelle on vit. À l’inverse, c’est lorsque l’on adhère à une vision candide de la nature humaine que l’on nourrit un ressentiment envers nos sociétés, parce qu’on cherche à expliquer non pas la rareté relative du mal, mais son existence même. Aussi interprète-t-on sa persistance (par exemple aujourd’hui : celle des violences faites aux femmes) comme le symptôme d’une faillite collective (culture du viol, patriarcat, etc.). De même, dans la sphère économique, ce que l’on cherche à expliquer n’est pas la prospérité (envisagée comme l’état naturel des choses), mais la pauvreté, dont la persistance justifierait la condamnation de notre système économique. « Lorsque nous ne prenons pas la mesure des progrès laborieusement réalisés par l’humanité au fil des siècles, écrira Pinker dans Le Triomphe des Lumières (2018), nous en venons à croire que l’ordre et la prospérité sont l’état naturel des choses, et que chaque problème est un scandale qui exige de blâmer des malfaiteurs ou de démanteler des institutions ».
Pinker, lui, nous dit que l’homme est un animal imparfait dont nos institutions canalisent la part d’ombre, nous rappelle que la civilisation est un acquis fragile, et nous invite, dès lors, à entreprendre tout changement d'une main tremblante. On songe à la phrase du philosophe Thomas Sowell : « Certains intellectuels se demandent rarement pourquoi nos sociétés ne connaissent pas la pauvreté de l’Inde, l’oppression politique de la Corée du Nord, l’anarchie du Libéria, ou les massacres du Rwanda. Il ne leur vient donc pas à l’esprit que cela pourrait être lié aux valeurs, aux traditions, et aux constructions sociales qu’ils s’acharnent à déconstruire. » Pinker se définit avant tout comme un libéral, mais, comme Sowell, dans le sillage duquel il s’inscrit, cela ne l’empêche pas d'être finement conservateur.
@brivael Exactement. « Les choix »
L’IA peut être un Marx ou Hayek de poche pour débattre. Elle peut t’aider à monter le projet A ou B. Mais Le choix ultime repose encore sur nous et ceux qui avaient d’excellentes intuitions mais qui étaient très « yakafokon » voient leur valeur explosée
Exactement, la praxeologie, cad l’action finalisée dans le temps et l’espace sont une data fondamentale qui aujourd’hui permettent d’affirmer qu’au delà de l’incroyable capacité de performance cognitive de l’IA elle ne peut pas ( pour le moment) se substituer à l’homme.
L’IA ne va pas écrabouiller l’homme.
Elle va lui donner des moyens immenses pour faire ce qu’il sait faire de mieux, et ce que ni le chimpanzé ni l’IA ne sauront jamais faire.
Si on reste dans le cas de l’intelligence cristallisée, formelle et qui peut être restituée, alors oui : l’écart entre l’IA et nous peut devenir du même ordre que l’écart qui sépare l’homme du chimpanzé.
Sauf que l’IA et le chimpanzé ont ceci de commun qu’aucun des deux n’a d’action intentionnelle au sens praxéologique.
Le chimpanzé agit, certes, mais ses gestes restent du côté de l’impulsion, du conditionnement, du schéma réflexe. Il n’a aucune intention de construire un futur meilleur qu’aujourd’hui.
L’IA, structurellement, c’est la même chose sous une autre forme. Elle n’a pas d’action intentionnelle mais une capacité immense à mobiliser rapidement la connaissance et l’information déjà produites par d’autres.
Elle optimise des fonctions, enchaîne des probabilités… mais c’est toujours sur demande d'un plan individuel qui projette l’action de l’IA.
Ces "intelligences" ne seront jamais de la même nature que l’intelligence humaine qui est intentionnelle et qui se projette dans le futur parfois via des circonstances particulières de temps et de lieu, qui resteront inconnues.
L’IA peut commoditiser la connaissance cristallisée et faciliter le paramétrage d’un plan futur, mais pas plus.
Mais sur le plan de l’action intentionnelle, elle rejoint directement le chimpanzé, l’IA sera en revanche un moyen monstrueux pour faciliter l’action humaine.
Je me mets à la place de Bernard Arnault
Toute sa vie, une partie du pays l’a traité de voleur, de parasite et d’ennemi du peuple simplement parce qu’il avait réussi
Et pour une fois, il découvre sur X une vague de soutien colossal
Pas celle des éditorialistes subventionnés ou des militants qui n’ont jamais créé un emploi
Celle des entrepreneurs, des indépendants, des salariés qui bossent vraiment et de tous ceux qui comprennent ce qu’il faut de talent, de risque et d’obsession pour bâtir un groupe comme LVMH
Il doit être refait
Pendant des décennies, seuls ses détracteurs avaient le micro
Aujourd’hui, ceux qui créent de la valeur peuvent enfin répondre
Évidemment qu’il vient sur X
C’est probablement le premier endroit où il entend enfin une partie de la France lui dire merci
Bienvenue Bernard !
The best way to communicate with the world is directly in your own words, not through the reality distortion nightmare mirror that is the legacy mainstream press
Selon certains économistes, sociologues et historiens , l’Occident produit désormais trop de diplômés, notamment en sciences sociales. [... ] Cette surproduction de diplômés, malheureusement, provoque des effets secondaires. Pour le comprendre, il faut garder à l’esprit que les diplômés surnuméraires ont été formés avant tout aux idées. Ils maîtrisent la science politique et la sociologie, savent analyser les représentations culturelles et les discours, peuvent interroger les rapports entre les sexes, sont éveillés aux structures de domination, ont étudié les limites de nos institutions. Par conséquent, plus nombreux sont les diplômés en « études critiques », plus nombreuses sont les critiques formulées contre notre société. Ces critiques légitiment la création de métiers pour lesquels les diplômés possèdent précisément les compétences : celui de contrôleurs idéologiques. Autrement dit, la surproduction d’individus spécialisés dans l’idéologie entraîne le besoin de politiser l’existence du commun des mortels, pour que les premiers puissent mettre leurs compétences à exécution.
De quels métiers parlons-nous ?
Dans l’industrie littéraire, les diplômés surnuméraires deviennent par exemple lecteurs en sensibilité, chargés de corriger les manuscrits et de gommer ce qui pourrait offenser certaines minorités. À Hollywood, ils deviennent consultants en inclusivité, chargés de vérifier que les scénarios ne véhiculent rien de « problématique ». Dans le cinéma français, ils dispensent des « formations » contre les violences sexistes et sexuelles. Dans le monde académique, ils sont les employés « diversité, équité et inclusion », qui sensibilisent la communauté étudiante aux micro-agressions et à l’utilisation des bons pronoms, créent des plateformes de dénonciations d’incidents liés aux préjugés inconscients , et policent les comportements (certains professeurs de Harvard dénoncent le déploiement d’une « bureaucratie du sexe » dans leur propre institution). Aujourd’hui, les grandes universités américaines comptent presque autant de personnel administratif que d’étudiants de premier cycle. Dans les entreprises, les diplômés surnuméraires rejoignent les départements de ressources humaines interventionnistes, organisent des stages contre les biais inconscients, œuvrent en faveur du respect de certaines statistiques identitaires (notamment au niveau du recrutement) et travaillent à la transformation de la culture de l’entreprise pour la conformer à certains attendus idéologiques. Dans les mairies, ils sont « géographes du genre », experts chargés de concevoir des politiques publiques « inclusives » pour les toilettes et les cours de récréation. Dans les institutions étatiques ou internationales, les diplômés surnuméraires deviennent ceux qui, souhaitant se rendre utiles à la société, débusquent un « problème » et produisent en réponse des normes, des lois ou des impôts pour financer un nouveau poste de dépense.
Ces nouveaux métiers permettent d’absorber une partie des élites surnuméraires, mais pas toutes. Résultat : une quantité trop importante de diplômés se bat pour un nombre trop faible de postes. Avec quelles conséquences ?
Premièrement, les diplômés sont incités à critiquer exagérément la société pour voir ouverts de nouveaux postes pour lesquels ils seront qualifiés. Pour un formateur contre le sexisme, une institution n’aura jamais suffisamment déconstruit les stéréotypes de genre. Il est toujours nécessaire d’aller plus loin. Pour un spécialiste de la régulation des fake news, les réseaux sociaux seront toujours trop permissifs. Les progrès peuvent difficilement être salués. Il est difficile de faire comprendre une chose à un individu qui a intérêt à ne pas la comprendre, dit l’adage. Or un employé du bureau « diversité, équité et inclusion » d’une grande université américaine touche entre 75 000 et 400 000 dollars par an .
Deuxièmement, l’asymétrie entre le nombre de postes valorisants et la quantité de diplômés nourrit peut-être le ressentiment de millions de jeunes gens à l’égard d’une société qui ne leur accorde pas les postes et le statut social qu’ils estiment mériter. Dès 1944, Joseph Schumpeter redoutait « l’expansion vigoureuse de l’appareil éducatif […] au-delà du point fixé par des considérations d’équilibre entre le coût et le rendement de l’éducation ». Il prédisait une « multiplication » de diplômés « psychologiquement inemployables dans des occupations manuelles sans être devenus pour autant employables dans les professions libérales ». Ceux-ci, contraints d’investir des « emplois aux conditions peu satisfaisantes », ne se sentiraient pas reconnus à leur juste valeur et se radicaliseraient. Selon l’historien Peter Turchin, la surproduction d’aspirants à l’élite a été l’un des facteurs précipitant la chute de l’Empire romain et de l’Ancien Régime, mais aussi l’une des causes de la révolution bolchevique .
Troisièmement, les diplômés se livrent peut-être à une compétition féroce mais discrète, qui expliquerait certaines des évolutions idéologiques récentes. Le fait d’invoquer la personnalité ou les opinions d’un individu pour l’exclure du débat public (la cancel culture) serait une façon de libérer une place pour soi-même, tout comme l’accusation de racisme, brandie avec une désinvolture croissante. Le souci affiché pour la parité hommes-femmes pourrait s’inscrire dans une logique de compétition pour des postes. Si certains membres de minorités ethniques mettent en avant des griefs, ce serait pour espérer les voir compensés (admissions préférentielles, emplois…) dans un contexte où le statut de victime est devenu un atout stratégique. Si des militants créent fréquemment de nouveaux concepts (privilège blanc, appropriation culturelle, fluidité de genre, racisme systémique, mansplaining…), ce serait pour disqualifier ceux qui ne se tiennent pas à jour. [...] Enfin, les attaques contre des entreprises coupables de faux pas idéologiques serviraient à montrer à leurs dirigeants que leurs employés n’ont pas les codes, et les inviter à embaucher ceux qui pourront les aider à corriger leurs erreurs : les diplômés surnuméraires.
Ils se préoccupent de l’algorithme de X alors que la télévision, à l’ère de son monopole, ne favorisait aucun candidat ni n’influençait aucunement le vote des Français, c’est bien connu. C’est l’hôpital qui se fout de la charité.
Vous voulez comprendre comment fonctionne la mentalité anti-IA et anti-technologie ? C'est assez simple à comprendre :
La technologie accentue les inégalités entre les individus, ou plutôt, elle rend les inégalités déjà existantes encore plus évidentes.
C'est pour cette raison que les médiocres sont aussi les plus technophobes : ils ne veulent pas voir les autres s'élever.
Ils veulent maintenir un système où tout le monde est équitablement misérable, c'est à dire un système archaïque.
Pour s'en convaincre, il suffit d'étudier l'ensemble des progrès techniques et technologiques de l'histoire de l'humanité.
Au tout début, il n'y a que la précarité, la subsistance pure. C'est le point de départ de toute société.
Peu importe votre QI, votre potentiel et vos talents, quand vous devez manger, vous faites comme tout le monde : vous êtes paysan et votre vie tourne autour de cette simple activité.
Un paysan avec un QI de 120 est le même qu'un paysan avec un QI de 80. Leur productivité marginale est semblable.
Progressivement, les progrès de la production et la technologie libèrent les individus de ces tâches répétitives et laborieuses.
Le temps et l'énergie humaine sont alors réalloués vers d'autres activités. Des activités qui capitalisent sans cesse davantage sur l'intelligence, l'ingéniosité et la créativité humaine.
Avec les progrès, les inégalités entre les individus se révèlent au grand jour. On se rend de plus en plus compte que les individus sont inégaux.
C'est tout le paradoxe de la technologie : elle égalise les individus sur le plan matériel. Un pauvre vit mieux que les rois de jadis. Mais elle révèle également les inégalités.
C'est pour cette raison que l'IA est une innovation géniale, car elle abat toutes les barrières (techniques, financières, etc.) pour permettre à chacun de confronter son idée au monde.
C'est aussi pour cette raison que les plus médiocres et les plus envieux d'entre nous luttent contre l'IA et la technologie.
Ils ne veulent pas voir des individus objectivement meilleurs qu'eux s'élever grâce à leur mérite.
À la manière d'hypocrites, ils se drapent des meilleurs sentiments et de sophismes pseudo-intellectuels pour dénoncer la technologie.
Mais cela ne fonctionnera pas, car lutter contre le progrès n'a jamais fonctionné dans l'histoire.
Très bonne présentation par @davidchalmers42 des objections contre la conscience des LLM ainsi que des éléments en sa faveur.
Si lui-même ne pense pas que ces modèles soient actuellement conscients, il estime tout à fait possible que leurs successeurs le soient à l'avenir.
Post intéressant qui me permet de clarifier plusieurs choses sur ma vision de l'IA et comment je l'utilise personnellement.
Déjà, oui l'IA permet d'égaliser les rapports de force entre l'intelligentsia déconnectée, qui a mis depuis trop longtemps la main sur la pensée, et le reste de la population qui, lui, n'a pas cette chance de pouvoir se consacrer à plein temps au combat des idées en étant rincé d'argent public. C'est pour cela que, selon moi, l'IA est un outil essentiel pour venir contester et briser les monopoles de la pensée.
Elle le fait de manière redoutable, surtout quand on allie sa puissance de traitement des données à une pensée profondément ancrée au réel (et qui résonne naturellement chez les individus). C'est pourquoi Brivael cartonne, c'est la recette magique.
Tout ça nous rappelle aussi une vérité économique relativement simple, et le marché des idées n'y déroge pas : ce qui compte toujours, c'est l'étape finale de la production, c'est à dire la consommation et la validation des idées par les individus.
Tout le reste, c'est à dire les étapes intermédiaires de la production des idées, au fond on s'en fout, car ce n'est pas ça qui compte réellement pour le consommateur final. La consommation dicte ses lois à la production, pas l'inverse (erreur trop souvent faite).
On le découvre de manière brutale avec l'IA, et ça fait grincer des dents.
C'est aussi simple, brute et désintéressé que ça. N'en déplaise aux luddites de l'IA, plus soucieux de conserver un monopole de la pensée, un faux prestige péniblement acquis, ou de faire du virtue signaling sur le sujet.
Pour le reste, je dirais juste que @brivael et moi sommes assez différents dans l'usage que nous faisons de l'IA. Je n'utilise pas l'IA pour écrire mes textes, automatiser la publication de mes posts et tenir la cadence qui est la sienne (un post toutes les 30 minutes).
J'aime écrire, et ça, je continuerai à le faire. J'utilise en revanche l'IA pour accélérer grandement mon travail de recherche et d'indexation de tout ce que j'ai pu écrire par le passé, depuis des années, sur mon Substack ou ailleurs. Ce qui me permet de retrouver mes textes, notes, passages de lecture, favoris et idées extrêmement rapidement, en établissant des connecteurs logiques dans une sorte de wiki géant de tout ce que j'ai écrit et lu sur ces sujets (libertarianisme, libéralisme, économie autrichienne, BTC...).
C'est le cerveau IA de @karpathy.
C'est un outil fabuleux qui, d'ailleurs, a tendance à créer un phénomène assez intéressant dont on parle peu : il vous permet d'apprendre de vous-même. Votre agent repère les liens, les connecteurs logiques dans tout votre merdier, entre un article écrit en 2015, un article mis en favori en 2021 et un post X fait en 2024. Bonus appréciable, puissant et redoutable.
Dernier point, reste une chose que l'IA ne remplacera pas : ce sont les interactions humaines qui permettent de jauger et juger véritablement la personne que vous avez en face de vous. C'est essentiel dans un monde où le moindre écrit devient suspect.
C'est pour cela que j'ai un podcast et une chaine Youtube, car c'est via ces entretiens qu'on retrouve le réel et la vraie richesse des échanges libres d'idées. C'est là, et nulle part ailleurs, qu'on pourra demain (et dès aujourd'hui) juger sur pièces.
Asseyez-vous deux secondes pour réfléchir à cette dinguerie :
On vit tellement dans un système éclaté que oui, Philippe a profondément raison ici : les retraites sont un transfert de richesse massif des actifs vers les boomers qui la transmettront à leur tour à leurs héritiers.
Réfléchissez bien à ça deux secondes.
On vit dans un pays où ce que vous léguez n'est pas moins le fruit de votre travail que de votre capacité à capter passivement le capital des autres individus via la redistribution organisée par l'État.
C'est un gigantesque transfert de richesse horizontal et interfamilial, une perversion totale de ce qu'est censé être l'héritage, la transmission verticale et intrafamiliale du capital.
C'est ça, le système socialiste arrivé en bout de course et devenu totalement fou.
Hayek cite en permanence Ferguson en donnant la clée pourtant évidente de sa théorie : « le résultat de l’action humaine, mais non l’exécution d’un dessein humain »
Toujours fasciné par ces "libéraux" qui font comme si l'émergence de l'État qu'ils conspuent était un phénomène extraterrestre posé là artificiellement.
Soit l'État est de toute façon le produit de cet "ordre spontané" au même titre que n'importe quelle communauté médiévale qui semble légitime et "spontanée" dans son discours, soit il faut admettre qu'il n'existe aucun ordre humain qui soit "spontané", et que l'Histoire est toujours le produit de la volonté humaine, fût-elle lourdement déterminée par certains facteurs.
Je penche pour la deuxième solution, un "ordre spontané" ça n'existe pas quand on parle de politique. C'est une illusion provoquée par la multiplicité des volontés qui s'opposent, le chapelet de communautés politiques au moyen-âge n'est pas plus "spontané" que l'État moderne, et son origine est souvent la décomposition d'un pouvoir politique fort qui l'a précédé.
Je passe sur la partie sur les Gaulois qui est purement fallacieuse.