Je ne ferai pas partie des statistiques
Mon premier contrat en enseignement m'a été offert en août 2018. Ce contrat, à plus de 90%, impliquait que j'enseigne à des élèves de 1re, 2e et 3e secondaires, ainsi qu'à des élèves d'adaptation scolaire (premier cycle adapté et formation préparatoire au travail). Dès lors, j'ai réalisé les défis inhérents à la profession enseignante : intégration, gestion de classe, relations de travail, formation continue, système scolaire, CCÉ, CÉ, FG et TNP (autant d'acronymes qu'il faut s'approprier), évaluation et planification, etc.
Fort d'un baccalauréat en enseignement de l'univers social au secondaire et d'un microprogramme en adaptation scolaire et sociale, j'ai réussi à passer au travers de cette année tumultueuse, avec son lot de défis.
Suis-je satisfait, avec le recul, de cette première année en enseignement ? Absolument pas. En ai-je retiré du positif chose ? Énormément. L'enseignement et le système scolaire forment un écosystème complexe, vivant, avec ses points forts et ses points faibles. Il faut y naviguer pour comprendre à quel point c'est un milieu de travail unique, motivant, structurant, mais ô combien difficile.
Cependant, avez-vous remarqué un détail jusqu'ici ? Je n'ai toujours pas mentionné le mot élève. Pourtant, c'est ce mot qui se retrouve le plus dans l'ensemble de mes travaux universitaires et c'est ce qui doit être au centre des préoccupations de tous les enseignants. C'est aussi, à l'aube de ma 6e année en enseignement, ce qui me motive à poursuivre ma carrière en enseignement.
Mettre l'élève au centre des préoccupations de l'école québécoise, c'est cependant très compliqué aujourd'hui. Qu'entendons-nous, collectivement, par cette affirmation? Dans le milieu, on parle de permettre aux élèves de développer leur plein potentiel. Il est impossible d'être contre la vertu sur cette question. Un Québec fou de ses enfants doit mettre en place les paramètres nécessaires pour que cela se produise.
Néanmoins, cela m'amène à aborder l'une des problématiques qui nuit le plus à la rétention des jeunes enseignants (5 ans et moins d'expérience) : conjuguer le développement du plein potentiel des élèves et enseigner. Dans un système public où les projets personnels particuliers se multiplient, avec des objectifs louables, le temps d'enseignement est de plus en plus réduit. Les projets particuliers se déroulent sur des heures de classe. Cette situation est d'autant préoccupante, puisque le temps d'enseignement de certaines disciplines se voit réduit de 12% à 50%. Je tiens à spécifier ici que la totalité du programme et des apprentissages doit tout de même être vue dans le respect du cadre d'évaluation. Les enseignants d'expérience y arrivent, tant bien que mal, et les enseignants qui débutent leur carrière essayent d'y parvenir, au mieux de leur capacité. Je tiens cependant à mentionner que voir mes élèves se développer à travers la musique, le sport, les arts, etc. me fait chaud au cœur. Je suis donc dans l'ambivalence émotionnelle lorsque je travaille.
L’hétérogénéité des groupes dits réguliers est aussi dommageable et complexe pour les enseignants qui débutent. Comment accompagner des élèves de ce cheminement alors que les résultats varient de 30% à 99% ? Comment donner un enseignement de qualité à ceux et celles qui en veulent plus et accompagner ceux qui auraient besoin de plus de temps, d'accompagnement et de rétroactions ? Comment les aider, alors que l'aide tarde à arriver dans les milieux (pénurie oblige). C’est difficile, dans ce contexte, de se sentir efficace.
Conjuguer les éléments ci-haut mentionnés, tout en étant quotidiennement devant 30 élèves, a développé chez moi un sentiment d'incompétence. Pourquoi ? Parce que je souhaite le mieux pour mes élèves et parfois, je n'arrive pas à leur offrir. Je souhaite avoir le temps d'enseigner aux élèves, en respectant leur rythme d'apprentissage, en leur donnant des rétroactions quotidiennes, en leur faisant vivre des apprentissages significatifs, en étant efficace et en les préparant suffisamment bien pour qu'ils soient en mesure d'avoir des bases solides dans la poursuite de leur cheminement.
Heureusement, je commence à y arriver. Je commence à me sentir confortable. Je navigue de mieux en mieux dans ce chaos structuré qu'est notre système scolaire. J'interroge de plus en plus mes élèves. Je leur donne de meilleures rétroactions et mes intentions pédagogiques se précisent. J'intègre progressivement la triangulation des traces d'apprentissage dans mon enseignement. Je lis sur l'enseignement explicite, sur l'activation des neurones, sur l'intégration efficace et songée du numérique en classe, etc.
Je termine sous peu ma 5e année en enseignement et je suis fier d'y être parvenu. Ce n'est pas facile au quotidien et notre profession est complexe, unique et aucune formation ne permet pleinement une intégration professionnelle efficace. Ce qui fait que je suis toujours dans le réseau aujourd'hui, ce sont mes collègues. Aussi exceptionnels soient-ils, ce sont uniquement des humains qui ont pris le temps de me conseiller, de m'aider, de me rassurer et de m'accompagner. Sans eux, et sans les élèves bien sûr, je ferais partie des statistiques.
Je t'invite à partager ce texte, à l'aimer et à le commenter.
Ce texte est très personnel. Il n'est lié à aucun de mes emplois, ni à aucun de mes employeurs. Le tout vient d'un désir de partager sur l'éducation et sur la réalité des jeunes enseignants.
@PYMcsween Merci pour les multiples capsules. Très pratique quand j’enseigne à mes grands ados. Ils sont pas sûrs, mais ils finissent par accrocher ! Bonne continuité ! :)
CHATGPT & ENSEIGNEMENT EXPLICITE | « En suivant ce guide, vous apprendrez à intégrer efficacement #ChatGPT dans votre pratique #pédagogique et à tirer le meilleur parti de ses capacités. » par @HerftEducator traduit par @alexandre_gagne #EduQc#Education#IA#AI#explicite
Jouer au hockey avec mes jeunes en éduc.
-Prendre le temps d’expliquer aux filles de prendre leur place malgré la forte présence masculine.
Voir pendant la partie, la jeune fille se donner un élan avec son bâton pour snapper les mollets de l’adversaire 🥲🤦🏼♀️
@mariejmainville Effectivement, le hic faut rester alerte. J’ai eu le malheur de pas le faire une fois et j’ai eu un ballon dans face. Pas pire wake-up call pour une troisième période. Ça réveille ! 😅
Pendant que l'on dépense nos énergies sur des anecdotes et des hommes de paille, près de la moitié (48) des démocraties sont en recul, laissant la porte ouverte à l'extrême-droite:
https://t.co/4UAnL8LWJN
Nathalie Collard.
« Les experts s’entendent pour dire que plus un jeune travaille, plus il court le risque de décrocher. Ce risque est de 31 % pour un jeune qui travaille plus de 16 heures par semaine et de 14 % s’il travaille moins de 11 heures. » https://t.co/D9HAeI3pRC
Les élèves à risque de décrocher présentent souvent un retard scolaire sur leurs camarades de classe. Avec la pandémie, l’écart entre les élèves forts et les élèves faibles s’est creusé. Les garçons sont aussi plus nombreux à quitter les bancs d’école.
https://t.co/ynarwxLbD1
Pédiatrie.
« les écrans ne sont pas recommandés pour les enfants de moins de deux ans. (..) Pour les enfants de 2 à 5 ans, limiter le temps d'écran à une heure ou moins par jour (..) et d'éviter les écrans au moins une heure avant le coucher.» https://t.co/LwU09v477U