Écouter les lycéennes et les lycéens, examiner leurs revendications et construire avec eux des réponses concrètes : c’est le sens du dialogue engagé depuis le début de la semaine.
Dans les établissements, avec les réunions des conseils de la vie lycéenne et des conseils d’administration. Dans les académies, comme ce matin à Versailles, où j’ai échangé avec les élus lycéens. Et au niveau national.
Demain, je recevrai successivement les organisations syndicales représentatives des personnels, les associations de parents d’élèves, les associations lycéennes et les élus du Conseil national de la vie lycéenne.
Avec un objectif, faire de ces échanges des avancées concrètes au service des élèves, des personnels et de l’École.
Écouter les lycéens, examiner leurs demandes, apporter des réponses : c’est le sens du dialogue que nous engageons.
J’ai demandé aux proviseurs de réunir dès cette semaine, partout où c’est nécessaire, les conseils de la vie lycéenne, et aux recteurs de réunir sous 48 heures les conseils académiques de la vie lycéenne.
Les proviseurs devront aussi convoquer un conseil d’administration extraordinaire associant représentants des personnels, des lycéens et élus locaux pour examiner les revendications et les réponses à y apporter.
Dès lundi, une grande plateforme de concertation permettra à tous les lycéens qui le souhaitent d’exprimer leurs attentes, leurs inquiétudes et leurs propositions, individuellement ou collectivement.
Chaque voix doit pouvoir être entendue. Les contributions seront analysées localement et j’en organiserai une restitution nationale. Pour agir, dans l'intérêt des élèves et de l'École.
Les lycéens ont le droit d’avoir des revendications et de manifester. Leur parole doit être entendue et écoutée. Dans chaque lycée, des instances démocratiques leur permettent de s’exprimer et de dialoguer.
Ce qui est inacceptable, c’est le déchaînement de violence contre nos personnels et nos élèves. Depuis le début de la mobilisation, 76 d’entre eux ont été blessés.
Derrière ce chiffre, il y a un jeune qui a perdu l’usage d’une partie de la main en tirant un mortier. Des proviseurs visés par des tirs de mortier. Des professeurs pourchassés par des voyous.
Aucune revendication ne peut justifier de tels actes. Je le dis sans détour : ces violences doivent cesser. En démocratie, il n'y a qu'un chemin : celui du dialogue et de l'action.
Aujourd’hui, au moins 10 personnels de l’Éducation nationale et plusieurs élèves ont été blessés, notamment par des tirs de mortier.
Les premiers sont des fonctionnaires, qui servent l'intérêt général et le service public. Les seconds sont des élèves que nous avons tous les jours dans nos classes.
Je leur adresse tout mon soutien, ainsi qu’aux équipes mobilisées pour protéger les élèves et leur permettre d’aller en cours.
Il y a les images qui circulent sur les réseaux sociaux. Et il y a ce qu’elles ne montrent pas toujours : un professeur frappé dans le Nord, un proviseur blessé par un tir de mortier dans les Hauts-de-Seine, un autre menacé de mort en Essonne. À Toulouse, plusieurs personnels ont été pris pour cible.
Toutes les mesures sont prises pour assurer leur protection et les poursuites judiciaires contre ces agissements sont engagées.
Ces violences sont inqualifiables. En démocratie, dans notre service public, rien, absolument rien, ne peut les justifier. Le droit de manifester est une liberté fondamentale, qui ne saurait servir de caution à de tels actes. Les légitimer ou appeler, dans ce contexte, à étendre les blocages, c’est mettre en danger nos élèves comme les agents publics. C’est irresponsable.
Porter des revendications est un droit. Frapper, menacer, brûler ou empêcher les autres d’étudier n’en est pas un.
La démocratie scolaire a ses instances : les conseils de la vie lycéenne permettent aux élèves d’exprimer leurs demandes, de proposer et de dialoguer, dans chaque lycée. J’ai demandé qu’ils se réunissent cette semaine dans les lycées touchés par ces perturbations. Ils sont légitimes parce qu'élus par leurs camarades.
Ce cadre ne peut être contourné ni détourné au service de mots d’ordre politiques souvent sans lien avec la vie des établissements.
Certains voudraient faire croire que l’État délaisse les élèves de certains territoires. Les faits disent le contraire.
En Seine-Saint-Denis, l’État investit 13 % de plus par élève à l'école primaire que la moyenne nationale. Au lycée en voie générale et technologique, le nombre moyen d'élèves par classe est inférieur de deux élèves par rapport à la moyenne nationale.
On peut toujours discuter du niveau d'encadrement en Seine-Saint-Denis, et plus généralement du fonctionnement du service public de l'éducation. Pas diffuser des fausses informations pour faire croire à une relégation bien éloignée de l'intérêt réel des élèves.
Le débat sur l’École exige de la rigueur. Nos élèves méritent mieux que des contre-vérités.
Rien ne justifie les violences et les blocages qui ont eu lieu devant des lycées d’Île-de-France. Je les condamne fermement.
Les difficultés scolaires doivent être entendues et traitées. Nous nous y employons, établissement par établissement, avec des réponses concrètes.
Mais instrumentaliser politiquement la jeunesse et empêcher les élèves d’apprendre ne résout aucune de ces difficultés. Pire, cela nuit à leur scolarité, et donc à leur réussite.
Mon soutien va aux personnels mobilisés et aux élèves. L’École doit pouvoir remplir sa mission avec constance et sérénité.
La culture ouvre les horizons, donne des repères et forme des citoyens libres. L’École doit en ouvrir les portes à chaque élève.
Aujourd’hui à Nancy, les collégiens de Niki de Saint Phalle et de La Craffe en font la démonstration : théâtre, arts plastiques, cinéma, médias, découverte du patrimoine… Ils rencontrent les œuvres, pratiquent et créent.
Pour que cette ambition bénéficie à tous, il faut aller plus loin. Nous allons :
👉 Faire découvrir le patrimoine de proximité, en encourageant les partenariats entre les établissements scolaires et les lieux culturels qui les entourent.
👉 Donner le goût de lire, avec des recommandations de lecture adressées aux familles avant chaque période de vacances.
👉 Transmettre le goût des grandes œuvres : chaque mois, une personnalité partagera une œuvre littéraire ou cinématographique qui l’a marquée, accompagnée de ressources pédagogiques pour les classes.
👉 Passer du petit au grand écran, avec la publication, dans les prochains jours, d’un référentiel pour construire un parcours progressif d’éducation au cinéma et à l’image animée.
👉 Mieux reconnaître le rôle des professeurs documentalistes, véritables passeurs de culture.
Connaître, rencontrer, pratiquer : chaque élève doit pouvoir vivre ces trois piliers de l’éducation artistique et culturelle.
L’École est un sujet de campagne : elle n’en est pas le décor.
Les candidats à la présidentielle pourront rencontrer les personnels volontaires en dehors des cours, mais naturellement pas faire campagne dans les classes ni se photographier aux côtés d’élèves dans un cadre scolaire.
Une circulaire publiée aujourd’hui vient poser clairement ces règles. C’est une question de bon sens et de neutralité du service public.
Une professeure a été menacée de manière inadmissible. Je lui apporte tout mon soutien, ainsi qu'à ses collègues, aux élèves et à leurs familles. Les faits rapportés sont d’une extrême gravité.
Une plainte a été déposée et la protection fonctionnelle lui a été accordée.
En parallèle de l’action judiciaire en cours, cette situation donnera lieu à l’une des premières applications du décret publié cet été pour protéger les personnels face aux menaces et aux violences de parents d’élèves.
Aucun professeur ne doit avoir peur d’exercer son métier. S’en prendre à l’un d’entre eux, c’est s’en prendre à l’institution tout entière.
Pour lutter contre l’envahissement des écrans, il faut envahir la vie de nos enfants de livres.
Lire, c’est enrichir son vocabulaire, mieux comprendre, mieux apprendre. C’est résorber les lacunes en compréhension écrite mises en avant dans PISA.
C’est pourquoi, avant les périodes de vacances, nous proposerons aux parents des listes de lecture adaptées à chaque niveau.
Les résultats de #PISA2025 sont une alerte collective. Nous devons y répondre par une mobilisation durable, avec une priorité : relever le niveau de nos élèves.
Le constat dépasse largement nos frontières. Dans la quasi-totalité des pays de l’OCDE, les résultats stagnent en sciences et reculent nettement en compréhension de l’écrit, sur fond de chute de la lecture. En mathématiques, la baisse se poursuit pour la deuxième session consécutive.
La France n’échappe pas à cette évolution. Nos élèves restent dans la moyenne de l’OCDE en sciences et en compréhension de l’écrit. En mathématiques, leur recul est plus marqué.
Ce phénomène est largement partagé. Cela ne diminue en rien notre responsabilité d’agir.
Les explications sont multiples, mais trois signaux communs aux pays de l’OCDE ressortent :
👉 La consommation massive de réseaux sociaux, associée à de moins bonnes performances scolaires.
👉 Le téléphone utilisé à des fins de loisirs dans l’établissement : trois heures de distraction par jour correspondent à un écart de performance équivalent à une année scolaire entière.
👉 Le recul de l’implication des parents dans le suivi scolaire, particulièrement marqué en France : 48 % de parents investis en 2025, contre 62 % en 2022.
À ces tendances s’ajoutent nos propres fragilités : une part d’élèves en grande difficulté qui se stabilise, mais reste importante ; moins d’élèves excellents ; un climat de classe dégradé.
Nous devons donc agir à la fois pour les élèves qui peinent et pour ceux qui peuvent aller plus loin. Cela suppose des objectifs d’apprentissage plus clairs, des pratiques pédagogiques efficaces et une formation renforcée de nos professeurs.
C’est le sens des décisions engagées depuis le début de ma mission.
Protéger les temps d’apprentissage, avec l’interdiction du téléphone portable au lycée et la mobilisation de la France, à l’initiative du Président de la République, pour interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Ces résultats renforcent l’urgence d’agir face à la surexposition aux écrans.
Fixer un cap partagé, avec la refonte des programmes publiés depuis la rentrée 2025 et des objectifs annuels exigeants. La maîtrise du langage et du raisonnement scientifique sont au cœur de cette ambition.
Faire progresser chaque élève, avec la lutte contre la grande difficulté scolaire engagée depuis janvier 2026 dans les 800 « collèges en progrès », et la création du concours général du collège pour valoriser l’excellence.
Mieux former nos professeurs, avec la réforme de la formation initiale, dont les premiers concours ont fait le plein dès cette année.
Mais nous devons aller plus loin. En particulier au collège, où le niveau des élèves s’effrite.
Dès le retour des vacances de la Toussaint, tous les parents et les élèves recevront les objectifs d’apprentissage qui correspondent à leur niveau. Chaque famille doit savoir ce que son enfant doit apprendre pour pouvoir l’accompagner.
Avant chaque période de vacances scolaires, des propositions de listes de lecture seront mises à disposition des élèves et des familles, pour chaque niveau.
Dans le premier degré, les 18 heures annuelles de formation obligatoire pourront être modulées jusqu’à 36 heures, en fonction des besoins exprimés par les équipes.
Au-delà de ces mesures, nous devons permettre à l’École de se concentrer sur son cœur de métier : enseigner et faire progresser.
Cela passe aussi par davantage d’autonomie pour les collèges.
La baisse démographique nous offre une possibilité que nous devons saisir : augmenter de 50 %, d’ici cinq ans, les heures d’autonomie accordées aux collèges. Pour renforcer le soutien aux élèves en difficulté, pour diversifier l’offre et ouvrir davantage de possibilités à tous les élèves.
Nous devons poser les bases de ce travail dès maintenant.
Relever le niveau exige de la clarté, de la constance et un engagement collectif. Nous le devons à nos élèves. C’est l’avenir de l’École, et celui du pays, qui se jouent.
Faire vivre l’éducation aux médias et à l’information !
C’est l’ambition du partenariat signé entre le ministère de l'Éducation nationale et Radio France.
En développant des projets communs, nous donnons aux jeunes les clés pour mieux comprendre un monde où les sources d’information se multiplient, exercer leur esprit critique et devenir des citoyens éclairés
Comme à l’école Polangis de Joinville-le-Pont, où de jeunes journalistes en herbe ont créé un journal en partenariat avec franceinfo. Une expérience immersive pour apprendre à chercher, vérifier et transmettre l’information.
La Conférence nationale du handicap est un rendez-vous majeur pour faire progresser l’accessibilité et construire une société pleinement inclusive.
L’École est au cœur de cette ambition. Depuis 9 ans, sous l’impulsion du Président de la République, des progrès importants ont été accomplis : à la rentrée 2026, plus de 560 000 élèves en situation de handicap sont scolarisés, en hausse de 62 % depuis 2017.
Nous devons poursuivre cette dynamique : la #CNH 2026 fixe une feuille de route ambitieuse pour développer une véritable culture de l’accessibilité à l’École, améliorer le parcours des élèves et simplifier la vie des familles.
Notre objectif est clair : permettre à chaque enfant d’aller au bout de ses potentialités.
🇫🇷 Le drapeau tricolore dit qui nous sommes et nous unit depuis plus de deux siècles.
Lamartine l’a défendu sur les marches de l’Hôtel de Ville en 1848. Partout où il flotte, il inspire le respect et la fierté. C’est pour cela qu’il est présent au fronton de nos écoles comme de nos mairies. La question de la présence du drapeau français dans nos écoles ne se pose pas : il y est et y demeurera.
Mais depuis quelques jours, des débats ont lieu pour savoir si un maire peut décider d'organiser, sur le temps scolaire, une levée des couleurs. J'ai indiqué la réponse avec clarté : un maire ne décide pas de ce qui se passe pédagogiquement dans une école, ni à Nice, ni ailleurs. C’est la compétence de l’Éducation nationale.
C'est précisément dans ce cadre et à ce titre que j’ai décidé il y a plusieurs mois que toutes les écoles élémentaires, tous les collèges et tous les lycées commémoreront le 11 novembre, journée d’hommage aux Morts pour la France. Parce qu’il faut savoir d’où l’on vient pour savoir où l’on va. Notre drapeau y aura, comme il se doit, sa place. C'est cela, unir. S'inscrire dans une histoire, faire l'expérience de l'unité, apprendre et comprendre.
Qu’il soit arrivé hier ou que ses ancêtres aient fait la guerre de Cent Ans, tout enfant qui s’assied sur les bancs d’une école est un enfant de la République.
L’École est la fabrique de l’unité et de la citoyenneté.
C’est pourquoi le 11 novembre, journée d’hommage à tous les Morts pour la France, sera désormais commémoré dans toutes les écoles et tous les établissements, à partir du CM1.
Wonderful conductor Rafael Kubelik d otd 30 years ago! His interpretations were always so fresh and natural; and a wonderful man too - with absolute integrity, refusing to compromise. His return to Prague in 1990 seemed to offer hope of a better world to come - at the time...
Devoir de 14 juillet. Merci à @CorvalCharles de me l’avoir proposé et à Lucas Pousin de l’avoir mis en ligne avec grand soin.
@CEVIPOF@ScPo_CHSP
https://t.co/gXFBcqJ9wx
Après une rude semaine où chacune, chacun a tant donné pour nos élèves, une pensée pour Clifford Brown, mort à 25 ans dans un accident de voiture le 26 juin 1956. Écoutons, réécoutons-le jouer "Tenderly" à Los Angeles en avril 1954 : https://t.co/pH9dTI1UDI
Dilexit veritatem : il chérissait la vérité. Et à travers elle, la France, dont il avait fait siens l'héritage et l'histoire, dont il a défendu les principes et les promesses, dont il respirait l'air jusqu'à ce que les nazis lui ôtent la vie. Marc Bloch entre au Panthéon pour son œuvre, son engagement en faveur de l'enseignement et son courage.
Professeur de lycée, maître de conférences, historien majeur et résistant, Marc Bloch n’a cessé, tout au long de sa vie, de servir la France.
Admis au Panthéon aux côtés de son épouse, Simonne Bloch, il devient le premier historien à y faire son entrée. « Que doit-on faire quand un pays renonce à ce qu'il est ? » Lui rester fidèle, témoigner, résister.
Vive Marc Bloch, vive la République, vive la France.