🚨 L'Assemblée vient d'adopter plusieurs mesures de surveillance dans le cadre de la loi RIPOST.
Au menu ce matin :
➡️Art. 15 : extension des lecteurs de plaques d'immatriculation (LAPI)
➡️Art. 15bis : exploitation algorithmique des données de déplacement par le renseignement
➡️Art. 19 : prolongation de la vidéosurveillance algorithmique jusqu'à fin 2030, désormais possible aux abords de tout lieu ouvert au public (pas seulement concerts et matchs)
➡️L'amendement de @midy_paul qui persiste et signe à vouloir légaliser la VSA dans les supermarchés est aussi passé, alors que des boîtes comme Veesion opèrent aujourd'hui dans l'illégalité totale
Ce dernier point pourrait être retoqué par le Conseil constitutionnel comme cavalier législatif.
Les débats se terminent ce soir. Peu d'illusions sur l'issue dans cette Assemblée.
C'est passé. 331 contre 304.
Cet après-midi le Parlement européen a voté l'urgence sur Chat Control le scan de vos messages privés. Pas le vote final : jeudi. La manœuvre est plus intéressante que le résultat.
Le Parlement avait déjà refusé ce texte. La dérogation a expiré en avril. Alors le Conseil l'a ressuscité en seconde lecture la procédure où il faut réunir une majorité absolue de 361 voix pour le bloquer, où les abstentions comptent comme des oui, calée pile sur la dernière séance avant l'été quand la moitié de l'hémicycle est déjà en vacances. Le service juridique du Conseil lui-même dit que ça viole l'article 7 de la Charte. Ils le savent. Ils le font quand même.
Mais voici ce que personne ne veut voir.
Le problème n'est pas que ces gens soient malveillants. Ils ne le sont probablement pas. La technocratie de Bruxelles n'utilisera sans doute jamais cet outil pour vous écraser elle est trop molle, trop procédurière, trop occupée à se justifier.
Le problème est qu'on ne construit jamais une infrastructure pour le pouvoir qu'on a. On la construit pour le pouvoir qui vient.
Et ce qu'ils assemblent, brique par brique, dérogation « volontaire » par dérogation « volontaire », c'est l'arsenal parfait. Le jour où une vraie crise économique portera au pouvoir des gens qui, eux, n'auront aucun scrupule, ils n'auront rien à inventer. Tout sera déjà là. Le scan généralisé, normalisé, légal, opérationnel. Une arme chargée posée sur la table, qu'il suffira de ramasser.
Hayek l'avait compris : la route de la servitude est pavée par des administrateurs pleins de bonnes intentions. On ne cède pas sa liberté d'un coup. On la cède ligne par ligne, « pour protéger les enfants », « pour lutter contre le terrorisme », toujours pour une raison que personne n'ose contester.
L'histoire ne retiendra pas ces gens comme les protecteurs de quoi que ce soit. Elle les retiendra comme les architectes de la cage. Ceux qui ont bâti l'appareil, et l'ont tendu, souriants, à ceux qui savaient s'en servir.
Jeudi, 361 voix. C'est le dernier verrou.
Il faut qu'on parle de Chat Control, parce que ça se joue cette semaine et que presque personne ne comprend de quoi il s'agit.
En clair : l'UE veut autoriser le scan de vos messages privés. Vos conversations WhatsApp, vos mails, vos DMs. Pas ceux d'un suspect. Ceux de tout le monde, en permanence, par défaut.
Le prétexte est imparable, et c'est ça le piège : « protéger les enfants ». Personne ne peut être contre. C'est exactement pour ça que c'est l'outil parfait. On ne vous fera jamais avaler une surveillance de masse au nom de la surveillance de masse. On vous la fait avaler au nom des enfants, du terrorisme, de la désinformation. Toujours une cause que vous n'oserez pas contester.
Comprenez bien la mécanique en deux temps.
Aujourd'hui c'est la version « douce » : les plateformes ont le droit de scanner, sur la base du volontariat, les messages non chiffrés. Anodin en apparence. C'est le pied dans la porte.
Ensuite vient la vraie version, celle en négociation : le scan obligatoire, y compris de vos messages chiffrés, analysés directement sur votre téléphone avant même d'être envoyés. Plus de 500 cryptographes ont signé une lettre disant que c'est techniquement infaisable sans créer des failles de sécurité exploitables par n'importe quel hacker ou État hostile. Vous cassez le chiffrement pour tout le monde, y compris pour les criminels que vous prétendez traquer.
Et le pire n'est même pas là.
Le vrai danger n'est pas que les technocrates de Bruxelles vous surveillent demain. Ils sont probablement trop mous pour ça. Le danger, c'est qu'ils construisent l'infrastructure. Une fois que scanner les messages de tout le monde est devenu normal, légal, opérationnel — le rail est posé. Et sur ce rail roulera tout ce qui vient après. Le jour où une crise portera au pouvoir des gens sans scrupules, ils n'auront rien à inventer. La machine sera déjà là, clé en main.
Aucune infrastructure de surveillance n'est jamais restée cantonnée à son usage d'origine. Aucune. C'est une loi de la nature administrative : un outil construit pour X finit toujours par servir à Y.
Ce qui rend ce texte dangereux, ce n'est pas ce qu'il fait aujourd'hui. C'est ce qu'il rend possible pour toujours.
Le vote décisif est jeudi. Le dernier verrou.
🇪🇺👁️ALERTE SCANDALE DEMOCRATIQUE - Ce 7 juillet 2026, le Parlement européen a adopté, par 331 voix contre 304 (11 abstentions), une demande de procédure d’urgence (C10-0178/2026) concernant le Chat Control.
Ce que cela signifie concrètement : cette procédure accélérée permet d’examiner le texte sans suivre l’ensemble de la procédure parlementaire ordinaire, en réduisant les étapes de débat et d’examen habituellement prévues avant un vote.
Depuis sa présentation en 2022, le projet Chat Control a déjà connu plusieurs tentatives d’adoption et de relance, régulièrement freinées par l’absence de majorité.
Le Chat Control ouvrirait la voie à la détection automatisée des communications privées sur les services de messagerie !