Monsieur le Sénateur,
Puisque vous m’interpellez (je m’en tiens au vouvoiement car nous n’avons pas gardé les chèvres ensemble), je vous réponds sans détour : oui j’ai été adhérent des Verts @EELV parce que je suis engagé pour l’écologie depuis le lycée (il y a plus de 35 ans) : j’ai cru que ce parti pouvait devenir un parti de gouvernement qui mettrait l’écologie au premier rang de ses priorités.
J’ai quitté ce parti - il y a 11 ans - quand j’ai bien vu qu’il ne mettait pas l’écologie au premier rang de ses priorités, qu’il était déconnecté de la science (le saccage d’un labo de l’INRAE m’avait beaucoup choqué), hostile à la technologie et surtout à l’économie de marché.
L’hostilité à l’économie de marché et l’anticapitalisme - importés de la gauche radicale - sont d’ailleurs plus importants que l’écologie pour le parti de @marinetondelier
Sans compter la course à la radicalité que j’avais dénoncée dès 2014 et qui s’est amplifiée à un point que je n’avais pas imaginé !
Et les derniers congrès des Verts ont bien montré qu’il n’y aurait aucune remise en question interne - malgré les échecs électoraux répétés (européennes, municipales).
Bref, ce nouvel épisode de canicule montre à quel point, pour une écologie qui agit, on ne peut pas compter sur les Verts. Dommage.
Les livres se vendent de moins en moins. Une majorité de jeunes ne lit plus. Les librairies ferment plus qu’elles n’ouvrent. Les éditeurs indépendants disparaissent les uns après les autres, les plans sociaux ravagent la presse. Sommes-nous en train d’atteindre un point de non-retour ? Films, séries TV, réseaux sociaux comme YouTube, TikTok, Instagram… les écrans sont en train de tout absorber.
Ce n’est pas une simple crise de marché. C’est une civilisation qui perd son oxygène : l’attention longue, la nuance, l’empathie forgée par l’immersion dans l’écrit. Sans lecture profonde, plus de pensée complexe. Sans journaux exigeants, plus de débat démocratique. Juste des flux, des émotions brutes, des cerveaux formatés par l’algorithme.
Le déclin est en cours. Il est visible, mesurable, brutal, et il est peu probable qu’il puisse être stoppé. Mais continuons de regarder ailleurs, après tout, c’est ce que nous faisons de mieux.
Sources : https://t.co/0I1ZKTrBz2
https://t.co/WMD0VCrzxE
https://t.co/i81UuvvlWA.
La bien-pensance a un nouveau projet pour la France :
après nous avoir fait prendre 20 ans de retard sur la climatisation, nous faire prendre 30 ans de retard sur l’IA
@cosmoslitterair La confrontation, de Clara Dupont-Monod. Le pitch ne fait pas rêver : un preneur d'otages qui affirme qu'il est Elon Musk. En réalité, un livre très intéressant qui pose des tas de questions sur l'IA et les réseaux sociaux. Et qui se lit très vite !
Mes chers amis,
Dans quelques mois aura lieu une élection présidentielle cruciale pour la France.
Rarement la situation politique de notre pays aura été aussi confuse, et rarement elle aura connu un tel blocage.
Après 10 ans d’un pouvoir centriste qui prétendait rassembler les meilleurs de chaque famille politique, ce grand pays merveilleux est étrangement menacé sinon de disparition, à tout le moins de relégation durable, alors qu’il dispose d’atouts considérables : nous avons la première armée d’Europe, le deuxième réseau diplomatique du monde, les eaux territoriales les plus vastes du monde, des leaders industriels dans l’armement, l’aéronautique, la pharmacie, le luxe, les meilleurs vins et la meilleure gastronomie du monde - on dit souvent que les autres pays ont une cuisine, et que la France a une gastronomie.
Il suffirait de presque rien pour que ce pays redevienne une puissance de premier rang : mon opinion est qu’il suffirait de travailler plus et taxer moins.
Il n’est bien sûr aucunement question pour moi de devenir le 40ème candidat à l’élection présidentielle.
Je reçois de nombreux messages de Français valeureux et désespérés par le déclin de notre pays.
J’ai décidé qu’il était temps de nous tourner vers eux à travers un nouveau média, média au sens latin, medium, intermédiaire, que j’ai appelé Français Libres.
A travers des vidéos, des interviews, des tribunes, je vais mettre en lumière les Français qui se battent et qui, ce faisant, gagnent leur liberté et permettent la nôtre, collective, celle de la France.
Ces Français, ce sont à la fois les créateurs d’emplois, ceux que d’aucun aurait appelé les « premiers de cordée », et ceux dont le dévouement force notre respect, les « premiers de corvée ». Ce sont aussi bien les entrepreneurs et les patrons conquérants que ceux qui s’occupent de nos aînés, de nos malades, ce sont nos professeurs qui font le métier le plus beau et le plus vital pour notre pays, ce sont ceux qui tiennent les petits commerces qui vont vivre nos villages, ceux qui se lèvent à l’aube pour travailler loin de chez eux, les mères de famille qui élèves difficilement leurs enfants, ce sont nos policiers et nos gendarmes qui affrontent les narcotrafiquants, ce sont nos militaires déployés à l’étranger, et je ne peux pas les évoquer sans rendre hommage à ceux qui sont morts depuis le début de l’année 2026 pour la France, Arnaud Frion, Florian Montorio et Anicet Girardin.
J’ai enregistré ce depuis un lieu emblématique de cette France Libre que je vais partager avec vous dans les mois qui viennent : le siège d’ATELIERS DE FRANCE, entreprise remarquable qui compte plus de 3000 collaborateurs dans le monde, leader dans le domaine des métiers d’art qui travaille à la restauration des plus beaux bâtiments, qu’il s’agisse de la cathédrale Notre-Dame, du château de Versailles ou même du bureau ovale à la Maison-Blanche. Antoine Courtois, son fondateur, magnifique entrepreneur, sera l’un de mes premiers Français libres.
Le temps est venu de renouer avec notre esprit de conquête.
Avec ce concept, qui ne trouve de traduction littérale dans aucune langue étrangère : le panache.
Elles le traduisent, selon les cas, comme le « style », « l’assurance », « l’élan », « la grâce », « la bravoure »…
C’est un peu tout cela en même temps.
Une des meilleures définitions que l’on puisse trouver sont ces mots du colonel Lepic, colonel des armées de Napoléon qui, voyant ses cavaliers baisser la tête à la bataille d’Eylau, en 1807, parce que des boulets de canon leur passaient au-dessus, leur lança : « Haut les têtes ! La mitraille, c’est pas de la merde ! »
Alors chers amis, chers Français Libres, haut les têtes ! Envoyez-moi vos témoignages, vos tribunes, vos propositions d’articles et de reportages, et à travers eux, nous nous battrons à notre façon ensemble pour ce beau et grand pays que nous aimons.
https://t.co/dmX0nj6dCM
Chère @marinetondelier, la mairie de @Paris a été dirigée pendant 12 ans par une femme, @Anne_Hidalgo. Sous ses deux mandatures, les affaires de harcèlement sexuel contre des enfants par des animateurs périscolaires se sont développées en toute impunité dans 84 écoles maternelles, une vingtaine d’écoles élémentaires et une dizaine de crèches. Marine, réfléchissez deux secondes avant d’éructer vos slogans creux.
Tout mon soutien au grand réalisateur iranien Jafar Panahi, dont la condamnation à une peine de prison vient d'être confirmée par les tribunaux iraniens. Palme d'Or à Cannes en 2025 pour "Un simple accident", Jafar Panahi s'était courageusement engagé aux côtés du mouvement #FemmeVieLiberté et des combattants iraniens pour la liberté. Ne l'oublions pas ! #JafarPanahi
@Babar_le_Rhino@EugenieBastie Invoquer Rousseau comme défenseur de la cause des femmes laisse rêveur.... Lisez ce qu'il dit de l'éducation des femmes, vouées à permettre aux hommes de pleinement s'épanouir. Une conception très traditionnelle des rôles. On est très loin du féminisme.
@EugenieBastie Son discours est truffé de raccourcis et d'anachronismes faciles et faux. Rousseau est un mauvais témoin à charge : champion de l'égalité politique entre citoyens, il est aussi l'un des théoriciens les plus influents de la division traditionnelle des rôles entre hommes et femmes!
@EugenieBastie Annie Ernaux dit : "La ville des rois et du peuple vivant", elle ne dit pas les "rois morts" et commence par établir un pont entre le passé et le présent. Jusque là ça va...La suite sur la condition des femmes Ancien régime vs aujourd'hui est beaucoup plus discutable...
Sandrine Rousseau envisage de rejoindre une flottille pour Gaza. @SophiaAram lui suggère d'embarquer aussi pour la Chine, l'Iran ou le Soudan. L'humoriste s'interroge, cette semaine, sur ces causes que l'on choisit de défendre... et celles que l'on préfère ignorer.
➡️ https://t.co/SzpicCJwzx
« La décadence d’une société commence quand l’homme se demande : “Que va-t-il arriver ?” au lieu de se demander : “Que puis-je faire ?” », Denis de Rougemont
Pour @lemondefr , si tu es laïque, critique de l'islam (les autres religions on peut, c'est recommandé), universaliste, anti-islamo-gauchiste et anti-woke, profondément républicain, bref tout ce que n'est pas LFI, tu es "conservateur" (on sent qu'on a échappé au mot fasciste de justesse). Le naufrage
Parce que Gilles Lellouche s’est refusé à mêler Jean Moulin,le Conseil National de la Résistance et le programme de LFI, dans une question qui n’avait rien à voir avec le film,vous publiez cette charge et vous titrez ainsi? Et vous êtes tous d’accord au @LeHuffPost ?
Écœurant.
J'ai vu "L’Abandon" et ça m'a renvoyé quelques années en arrière quand, en janvier 2008, j’ai pris mes fonctions en anti-terro.
Les choses sont à peu près passées ainsi : on m’a donné mon badge, j’ai signé une palanquée de documents, puis on m’a fait asseoir devant un ordinateur pour regarder la vidéo de décapitation de Nick Berg.
Nick Berg était un citoyen américain. Un type étrange, une sorte d’aventurier un peu branque, persuadé qu’il allait décrocher des contrats de reconstruction dans l’Irak en guerre et sympathiser avec les gars du coin. Il s’est fait enlever à la sortie de son hôtel et Zarkaoui l’a décapité quelques jours plus tard.
Je me souviens de sa combinaison orange. Et du bruit que faisait sa gorge. Une sorte de glouglou sinistre, tandis que son corps tentait d’arracher quelques secondes supplémentaires à la mort.
Puis l’écran est devenu noir. J’étais un peu nauséeux.
Mon nouveau chef de groupe a souri, pas mécontent de m’avoir choqué. Il m’a dit :
"Voilà contre quoi on se bat ici."
Ensuite, j’ai été pris dans la lessiveuse.
L’explosion du Caire, en février 2009, fut mon premier attentat. Les activités terroristes de Rachid Kassim, en 2017, ma dernière grosse affaire. Entre les deux, j’ai travaillé, à des degrés d’implication divers, sur pratiquement tous les attentats islamistes survenus en France. Et puis il y a aussi eu ceux qui n’ont pas eu lieu. Tous ceux que nous avons empêchés. Des dizaines, probablement.
Il y a des gens, aujourd’hui encore, qui sont en vie parce que nous avons bossé comme des dingues durant ces années de violence et de confusion. Nous avons largement sacrifié nos vies de famille et esquinté nos santés à force de stress, de fatigue et de nuits écourtées.
Je dis cela : cela n’appelle pas de remerciements particuliers. Nous avions choisi ce métier. Nous étions payés pour le faire. Nous sommes de grands garçons et de grandes filles, fiers de certaines affaires, pleins de regrets au regard de celles que nous avons ratées.
En réalité, ce que je veux vous dire, c'est que nous avons aussi été aux premières loges pour observer l'incapacité de la société française à se confronter à la réalité. Les critiques adressées au film "L’Abandon", y compris lorsqu’elles émanent de certains enseignants, relèvent encore une fois de ce déni.
Alors écrivons-le clairement.
Il existe, là dehors, des islamistes radicaux qui vous détestent et qui souhaitent votre mort.
Depuis des années, ils assassinent des gens qui n’avaient d’autre tort que de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment. Ils ont tué un couple de policiers chez eux, devant leur enfant en pyjama. Ils ont décapité un professeur. Ils ont massacré des anonymes à une terrasse de café, dans une salle de concert, sur une promenade au bord de la mer.
Faire semblant de ne pas voir cette haine à la fois passionnée et méticuleuse au nom du « vivre ensemble», du « pas d’amalgame » ou de la peur de nourrir l’islamophobie ne la fera pas disparaître. La bonne volonté ne neutralise pas le gars qui nourrit le projet de vous tuer.
Si vous implorez pour votre vie en expliquant à quel point vous êtes ouvert au dialogue, arrangeant, « prêt à faire des concessions sur plein de choses », il vous tuera quand même, ET EN PLUS, il se foutra de votre gueule.
Je sais que c’est un gros morceau à avaler.
Alors, pour autant, cela ne signifie pas qu’il ne faille pas garder la tête froide et les idées claires. Quand mon fils était très malade et hospitalisé pendant plusieurs semaines, son infirmière préférée était une jeune femme algérienne qui portait le voile. Et lorsque deux copains musulmans viennent jouer avec mon fils pour une après-midi Playstation, je trouve plutôt normal d’acheter des bonbons sans gélatine de porc pour agrémenter leur coupe du monde.
Plusieurs réalités peuvent coexister dans le même espace-temps. C’est troublant. Fatiguant, parfois. Cela exige un effort intellectuel et moral permanent. Je n’ai pas de recette toute faite.
J’ai juste cette certitude forgée sur le tas : il faut regarder les choses en face. La réalité est le matériau de la pensée et le film "L’Abandon" me semble tout à fait utile.
Merci à Christophe Clavé pour cet éclairage sur l’appauvrissement de la langue et la ruine de la pensée 🙌
"La disparition progressive des temps (subjonctif, passé simple, imparfait, formes composées du futur, participe passé…) donne lieu à une pensée au présent, limitée à l’instant, incapable de projections dans le temps.
La généralisation du tutoiement, la disparition des majuscules et de la ponctuation sont autant de coups mortels portés à la subtilité de l’expression.
Supprimer le mot «mademoiselle» est non seulement renoncer à l’esthétique d’un mot, mais également promouvoir l’idée qu’entre une petite fille et une femme il n’y a rien.
Moins de mots et moins de verbes conjugués c’est moins de capacités à exprimer les émotions et moins de possibilité d’élaborer une pensée.
Des études ont montré qu’une partie de la violence dans la sphère publique et privée provient directement de l’incapacité à mettre des mots sur les émotions.
Sans mot pour construire un raisonnement, la pensée complexe chère à Edgar Morin est entravée, rendue impossible.
Plus le langage est pauvre, moins la pensée existe.
L’histoire est riche d’exemples et les écrits sont nombreux de Georges Orwell dans « 1984 » à Ray Bradbury dans « Fahrenheit 451 » qui ont relaté comment les dictatures de toutes obédiences entravaient la pensée en réduisant et tordant le nombre et le sens des mots.
Il n’y a pas de pensée critique sans pensée. Et il n’y a pas de pensée sans mots.
Comment construire une pensée hypothético-déductive sans maîtrise du conditionnel ? Comment envisager l’avenir sans conjugaison au futur ? Comment appréhender une temporalité, une succession d’éléments dans le temps, qu’ils soient passés ou à venir, ainsi que leur durée relative, sans une langue qui fait la différence entre ce qui aurait pu être, ce qui a été, ce qui est, ce qui pourrait advenir, et ce qui sera après que ce qui pourrait advenir soit advenu ? Si un cri de ralliement devait se faire entendre aujourd’hui, ce serait celui, adressé aux parents et aux enseignants : faites parler, lire et écrire vos enfants, vos élèves, vos étudiants.
Enseignez et pratiquez la langue dans ses formes les plus variées, même si elle semble compliquée, surtout si elle est compliquée. Parce que dans cet effort se trouve la liberté. Ceux qui expliquent à longueur de temps qu’il faut simplifier l’orthographe, purger la langue de ses «défauts», abolir les genres, les temps, les nuances, tout ce qui crée de la complexité sont les fossoyeurs de l’esprit humain. Il n’est pas de liberté sans exigences. Il n’est pas de beauté sans la pensée de la beauté."
Christophe Clavé