L'un des poèmes les plus marquants de la littérature française écrit par le très grand Victor Hugo après la mort de sa fille Léopoldine :
" Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.
Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.
Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur. "
(Demain, dès l'aube.../Victor Hugo)
"Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l'amour infini me montera dans l'âme,
Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, heureux comme avec une femme."
Arthur Rimbaud, extrait "Sensation"
Pendant la guerre, un jeune Juif de Strasbourg a fabriqué de faux papiers et fait passer des dizaines d'enfants en Suisse, déguisé en chef scout.
Pour lui-même, il a choisi un nouveau nom dans un vers de Victor Hugo.
Il naît en 1923, fils d'un boucher. En 1939, Strasbourg est évacuée et la famille se replie dans le Sud-Ouest, puis à Limoges.
En 1942, il entre dans la Résistance avec son frère Alain. Il fabrique des papiers pour des jeunes qui fuient le travail forcé en Allemagne.
Il en fait aussi pour son frère et pour lui, au nom d'un général de la Révolution cité dans « Les Châtiments ». « J'étais né dans le Bas-Rhin et je voulais bouter les Allemands hors de France », expliquera-t-il.
En février 1944, son père est arrêté à Limoges. Déporté, il est assassiné à Auschwitz.
À la Libération, le fils, qui parle anglais, devient officier de liaison auprès de l'armée du général américain Patton.
Puis il entre au théâtre, chez Charles Dullin et Étienne Decroux, le maître de l'art du geste.
Le 22 mars 1947, le jour de ses 24 ans, il crée sur une petite scène de Montparnasse un personnage au visage blanc. Il l'appelle Bip.
Bip ne parle jamais. Avec lui, il joue soixante ans dans le monde entier. Michael Jackson vient le voir jouer.
Au cinéma, en 1976, il dit le seul mot parlé d'un film muet de Mel Brooks : « Non ! »
Le fils du boucher, le faussaire, le mime.
Il s'appelait Marcel Mangel. Le nom trouvé chez Victor Hugo était Marceau. Marcel Marceau est mort le 22 septembre 2007, à Cahors.
Il repose au Père-Lachaise sous son nom de résistant.
"Enivrez-vous
Il faut être toujours ivre. Tout est là. C'est l'unique question. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du temps qui brise vos épaules, et vous penche vers la terre. Il faut vous enivrer sans trêve.
Mais de quoi ? De vin, de poésie, ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous.
Et si, quelquefois, sur l'herbe verte d'un fossé, dans la solitude morne de votre chambre, vous vous réveillez, l'ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l'étoile, à l'oiseau, à l'horloge, à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est . Et le vent, la vague, l'étoile, l'oiseau, l'horloge vous répondront : "Il est l'heure de s'enivrer ! Pour n'être pas les esclaves martyrisés du temps, enivrez-vous, enivrez-vous sans cesse ! De vin, d'amour ou de vertu, à votre guise."
Charles Baudelaire, Le Spleen de Paris - XXXIII
Paul Simon pays tribute to 9/11 by performing "The Sound Of Silence".
A native New Yorker, you can see the deep emotion in Paul's face as he sings.
Heartbreaking.
« J’ai inventé Peter Pan pour ne pas laisser mourir les enfants que j’ai le plus aimés dans ma vie. »
Depuis l’enfance, la vie m’a frappé avec violence. J’ai perdu mon frère David dans un accident alors que je n’avais que 13 ans. Il était le préféré de ma mère… et après sa mort, elle n’a jamais été la même. Je faisais l’impossible pour la faire rire, je suis même allé jusqu’à m’habiller comme lui, espérant le ramener à travers moi. Mais rien n’y faisait. J’ai compris que, pour beaucoup, la douleur ne disparaît pas… elle se déguise. 📷📷
Avec le temps, j’ai trouvé refuge dans l’écriture. Mais c’est en rencontrant les enfants d’une amie, Sylvia Llewelyn Davies, que mon monde a changé. Ces enfants sont devenus ma source d’inspiration, ma famille de cœur, ma nouvelle raison d’imaginer. Nous inventions des jeux, des histoires où l’on volait… et ensemble, nous avons créé le Pays de Jamais-Jamais.
Peter Pan est né grâce à eux.
Mais lorsque Sylvia est morte d’un cancer, la douleur est revenue, implacable. J’ai pris soin de ses enfants comme s’ils étaient les miens.
Beaucoup trouvaient étrange qu’un adulte s’entoure d’enfants et écrive sur des fées et des sirènes. Ce que peu savaient, c’est que mon âme était brisée… et que cette histoire était ma manière de rester à la surface. Je me suis accroché à la fantaisie parce que la réalité me faisait trop mal.
Peter Pan n’était pas seulement un enfant qui refusait de grandir.
Il était le reflet de ceux qui partent trop tôt, de ceux que le monde oublie, de ceux qui ne vivent plus que si on continue à se souvenir d’eux.
Le plus douloureux, c’est que, plus tard, j’ai aussi perdu certains d’entre eux. George est mort à la guerre. Michael s’est noyé dans un lac. Et chaque fois que quelqu’un ouvre un livre de Peter Pan, sans le savoir… il redonne vie à ces enfants. À eux. Et à mon cœur aussi.
« Il y a des blessures invisibles… et c’est pour cela que les gens ne comprennent pas qu’on écrive des histoires de fantaisie. Mais parfois, ces fantaisies sont la seule chose qui nous garde en vie. »
#peterpan #histoire #en
The artist who painted this had killed a man and was hiding from a death sentence. He hid a secret into this painting, a message meant for the only person on earth who could save him...
This is David with the Head of Goliath by Caravaggio, made around 1610. A young David holds up the severed head of the giant he has just slain. But David is not triumphant. Look at his face. There is no victory in it, only sorrow and a strange pity, as if he takes no pleasure in what he has done.
And then you notice the deatil that changes everything: the severed head is a self-portrait. Caravaggio painted his own face onto the head of the slain giant...
In 1606 Caravaggio killed a man named Ranuccio Tomassoni in a brawl in Rome, and from that day he was a fugitive with a death sentence on his head, drifting from city to city, hunted, and unable to go home.
He painted this in the last year of his life, on the run, and he did something almost no artist has ever dared. He cast himself not as the hero, but as the villain, the guilty one, the monster who deserved to die.
But it is more than an admission of guilt: it's a plea. Caravaggio sent this painting to Cardinal Scipione Borghese, the most powerful art patron in Rome and the nephew of Pope Paul V, the one man who could secure him a pardon and bring him home.
On David’s sword is an inscription that reads H-AS OS, Humilitas occidit superbiam, "humility kills pride." He was saying: I know what I have become, I offer you my own severed head, take the worst of me and let the rest of me live. Let me come home and be forgiven.
The pardon was granted, but it came too late. Caravaggio died in the summer of 1610, at just thirty-eight, before the news of his forgiveness could reach him. When word of his death spread through the literary world, Giambattista Marino, one of the most celebrated poets of the era, beautifully put into words the sense of loss and awe that Caravaggio had inspired:
"Death and Nature made a cruel plot against you, Caravaggio: Nature feared being surpassed by every image you created. Death burned with indignation because those cut down by his scythe you returned to life, with interest."
I started my newsletter because the past is full of masterpieces like this one, and so few people ever stop to give them the attention they deserve. Every week I try to. If that is something you'd like to be part of, you can join through the link in my bio! And if you'd like to support my work, a paid subscription is what makes it possible.
Thanks for reading.
"Mourir, c'est la seule chose intelligente qu'on va faire après cette naissance que nous n'avons pas choisie.
Je n'ai pas peur de mourir. Il faut s'aimer comme des fous pour avoir peur de mourir.
Et s'aimer en fonction de quoi ?
Nous sommes provisoires.
Nous sommes éphémères.
Rien ne nous est dû.
Qu'est-ce qui nous est dû ?
Même pas la vie. Alors, cette putain de vie, il faut la vivre. Il faut essayer que ce soit joli, que ce soit tendre.
Et là, c'est difficile parce que nous ne sommes pas du tout armés. On n'est pas armés pour vivre mais on est très armés pour mourir.
Moi, tout le monde m'a appris à mourir, depuis que je suis né. On m'a appris à mettre de l'argent de côté, à être prudent...
On apprend aux filles à épouser un gars qui n'est pas trop bête, qui a de l'argent...
Toutes ces choses, qui sont le contraire de vivre et qui apprennent la mort, c'est désolant."
Jacques Brel, Interview sur Europe 1 (mai 1968)
« Le diable n'est pas le principe de la matière, le diable est l'arrogance de l'esprit, la foi sans sourire, la vérité qui n'est jamais effleurée par le doute. »
Umberto Eco
Un 27 de agosto de 1950, se suicidaba en Turín, Cesare Pavese.
Una de las últimas cosas que escribió en su diario fue;
"No nos matamos por el amor de una mujer. Nos matamos porque un amor, cualquier amor, nos revela en nuestra desnudez, miseria, desvalimiento, nada."
"Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.
Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.
Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur."
Victor Hugo, Les Contemplations
"Je suis terriblement choqué par les gens qui vous disent qu'on est libre, que le bonheur se décide, que c'est un choix moral. Les professeurs d'allégresse pour qui la tristesse est une faute de goût, la dépression une marque de paresse, la mélancolie un péché. Je suis d'accord, c'est un péché, c'est même le péché mortel, mais il y a des gens qui naissent pécheurs, qui naissent damnés, et que tous leurs efforts, tout leur courage, toute leur bonne volonté n'arracheront pas à leur condition. Entre les gens qui ont un noyau fissuré et les autres, c'est comme entre les pauvres et les riches, c'est comme la lutte des classes, on sait qu'il y a des pauvres qui s'en sortent mais la plupart, non, ne s'en sortent pas, et dire à un mélancolique que le bonheur est une décision, c'est comme dire à un affamé qu'il n'a qu'à manger de la brioche."
Emmanuel Carrère, D'autres vies que la mienne
L’embrigadement est un signe des temps, de notre temps. Les hommes qui pensent en rond ont les idées courbes. Les sociétés littéraires sont encore la Société. La pensée mise en commun est une pensée commune.
Mozart est mort seul, accompagné à la fosse commune par un chien et des
"La vida es una cosa increíble. Puedes ver cómo se avecinan los problemas y no puedes hacer nada para evitar que lleguen. Solo tienes que sentarte, mirar y esperar".
V.S. Naipaul
📷Josef Koudelka