🎥 "C'était les rois d'Hollywood" 🎥
Replongez dans la genèse de vos films préférés à travers le documentaire "Carolco, un rêve hollywoodien" de Julien Dupuy et Jérémy Fauchoux
Diffusion le 20/06 à 19h50 sur Cine+ OCS et bientôt en édition vidéo sur le site de L'atelier !
When Europeans landed in 1419, Madeira had never been settled by humans before. A blank page they could start writing human history on for the first time. And the result has turned out to be quite successful!
Oubliez Marx. L’erreur classique, pour comprendre la France, consiste à lui appliquer la grille des classes sociales. Bourgeois contre prolétaires, riches contre pauvres, dominants contre dominés. Or, historiquement, la France n’est pas une société de classes. C’est une société d’ordres, et elle ne l’a jamais vraiment cessé d’être.
Cette logique d’ordres est profondément enracinée dans l’histoire française. Sous l’Ancien Régime, la société était explicitement structurée en ordres. La Révolution les a abolis en droit, mais l’esprit qui les animait a largement survécu.
Regardez autour de vous. La France est un empilement de statuts particuliers. Fonctionnaires, cheminots, notaires, pharmaciens, agents EDF, intermittents, professions réglementées, régimes spéciaux : chaque corps a ses règles, ses protections, ses dérogations. Chacun défend son périmètre avec une férocité qui n’a rien à voir avec la lutte des classes. C’est la défense du privilège au sens littéral du terme : la loi privée, celle qui ne s’applique qu’à vous. Le système de retraites par répartition en est la cathédrale : certaines catégories se font financer leur rente par ceux qui n'en toucheront jamais. C'est la dîme, à peine modernisée.
C’est un problème majeur car cela produit structurellement une société de blocage. Chaque réforme se heurte à une corporation qui refuse de perdre ses avantages. Chaque tentative d’universaliser une règle déclenche la mobilisation de ceux qui vivent de l’exception. Le bien commun devient l’otage d’intérêts particuliers parfaitement organisés.
Pire encore, ce système produit une mentalité. En France, l’aspiration sociale dominante n’est pas de s’enrichir mais d’obtenir le bon statut. Réussir le bon concours, entrer dans le bon corps, décrocher le bon poste protégé. Le rêve français n’est pas entrepreneurial. Il est statutaire.
L'ironie, c'est que le remède existe, et qu'il est français. Le radicalisme, le vrai : celui du XIXe, qui avait compris que la Révolution est un travail sans fin, parce que les ordres repoussent comme du chiendent.
Imaginez que vous vous réveillez un matin. Vous n’avez ni yeux ni mains.
Vous ignorez que le ciel est bleu, car vous n’avez aucune conception de ce qu'est un ciel.
Votre univers tout entier se résume au besoin urgent de vous déplacer dans des couloirs oppressants pour liquider vos anciens collègues zombifiés.
Dans un laboratoire de Melbourne, les chercheurs de Cortical Labs ont cultivé 200.000 cellules cérébrales vivantes dans une boîte de Petri et les ont connectées à un réseau d’électrodes.
Ce DishBrain, un "cerveau en boîte" ou sur assiette ?, avait déjà appris à jouer à Pong pour la science.
Son successeur, le CL1, premier modèle de SBI, pour Synthetic Biological Intelligence, joue à Doom.
Cette expérience de sentience in vitro provoque une crise existentielle cyberpunk des plus bizarres : ces cellules hurlent-elles dans un espace liminal numérique sans avoir de bouche pour le faire, ou vivent-elles leur meilleure vie ?
Quand on lit "cellules cérébrales humaines vivantes", notre empathie de mammifère s’emballe. On s'imagine le scénario d’une conscience ressuscitée, hantée par le regret de sa vie passée.
On peut chasser ce fantôme-là. Ces cellules ont été cultivées à partir de cellules souches de peau, reprogrammées et stimulées pour devenir des neurones.
Biologiquement, il s'agit donc de tissu cérébral humain. Expérimentalement, c’est une page blanche.
Elles n'ont aucun souvenir en dehors de la simulation doomesque. Elles n'ont pas eu d’enfance, n'ont jamais été coincées dans les bouchons et n'auront jamais l’URSSAF à la porte.
Totalement affranchies des banalités de la vie, elles ont, d'une certaine manière, atteint un flow state zen.
Pas de bear market, pas de beaux-parents ; juste un bain chaud et continu de nutriments couplé à un jeu absurde, drôle et violent.
Qu’elles agonisent ou qu'elles prospèrent, la prémisse reste terrifiante : et si elles ressentaient quelque chose ?
Pour plomber l’ambiance, on peut toujours compter sur Karl Popper.
Il nous rappellerait que, tout comme on ne peut prouver de manière irréfutable que notre voisin est doté d'une conscience plutôt que d'être un PNJ ambulant, on ne peut prouver que ces 200.000 cellules reprogrammées en sont dépourvues.
S'il y a ne serait-ce qu'une étincelle de subjectivité dans cette boîte, l'horreur est insoutenable.
Quand le DishBrain prend un game over, le système lui envoie une impulsion électrique, un bruit blanc chaotique, aléatoire et imprévisible. Sous l'effet de ce stimulus, les cellules réorganisent leur câblage en urgence pour fuir l’entropie.
Car pour tout organisme vivant, un environnement imprévisible est synonyme de danger de mort imminent.
Le cerveau est probabiliste. S’il peut anticiper ce qui va se passer, il est en sécurité. S'il échoue, il panique et se modifie pour s'adapter. C'est comme ça qu'on apprend.
Ce réseau de wetware ne joue donc pas pour le high score, mais pour obéir à la loi fondamentale du vivant : toute cellule cherche à minimiser l’incertitude de son environnement pour ne pas mourir.
Au signal punitif de l'échec, cet amas de neurones n'a d'autre choix que d'utiliser sa plasticité pour altérer physiquement sa configuration et faire de meilleures prédictions.
C'est son unique moyen d'empêcher sa réalité de s'effondrer de manière aléatoire.
Mais que ressent un réseau de neurones désincarné face à cette décharge ? Est-ce une simple vexation, une légère frustration, ou l'agonie absolue d'une douleur déchirante ?
Pour le chercheur en blouse blanche, cet amas de neurones n'est qu'une carte mère visqueuse. Pour les antagonistes du jeu, c'est une cible à abattre.
Pour nous, c’est l'incarnation d'un cauchemar de science-fiction, le héros tragique par excellence : un organisme qui lutte pour sa survie, mais que l'on traite avec la considération d'une barrette de RAM.
Un esprit isolé du monde, enfermé dans une boucle infinie de stimuli. Il ne peut ni fermer les yeux, ni dormir, ni réclamer de pause syndicale.
Il n'y a que Doom.
Ou peut-être est-ce beaucoup plus léger que ça.
Pour ces neurones, le jeu n'est pas une simulation mais l'univers.
La théorie de la simulation de Nick Bostrom suggère que si nous sommes capables de créer une réalité autonome pour un cerveau de laboratoire, notre propre réalité pourrait tout aussi bien être synthétique.
Le DishBrain ne sait pas ce qu’est le "ciel", un "démon" ou un "fusil à pompe". Il ne connaît que les lois de la physique de son propre monde.
Exploser des zombies dans un couloir poisseux n'est peut-être pas une quête héroïque baignée d'adrénaline.
Pour un amas cellulaire qui n'a jamais rien connu d'autre, naviguer à travers les horreurs de Doom pourrait n'être que le bruit de fond de l'existence. Ni l’enfer ni le paradis.
Juste l'équivalent d’un samedi après-midi dans un centre commercial de province : bruyant, chaotique, déprimant, mais finalement... juste une journée de plus dans la boîte de Petri.
convinced that everyone who is afraid to have children because it’s 'tiring' or 'time consuming' is largely due to the fact they live in a city.
cities are playgrounds for adults. move to nature, your child will never be bored & you will have more time.
Dizzying. I've never read any explicit information on this subject. Whether Kubrick was inspired by it or had the same idea twenty years later, both possibilities are extraordinary.
I want them to wear and use things we've made by hand. I want them to be surrounded in gardens and buildings that are the fruit of our efforts. I want them to see this process as the process of life.