Le 11 septembre 2001, la population d'une petite ville canadienne a augmenté de plus de moitié en quelques heures.
Trente-huit avions de ligne venaient de se poser sur son aéroport, et personne ne savait quoi faire d'eux.
La ville s'appelle Gander, à Terre-Neuve, et compte 10 000 habitants.
Les États-Unis ferment tout leur espace aérien après les attentats du matin.
Aucun appareil en route vers l'Amérique ne peut continuer. Le Canada ouvre ses aéroports et en détourne plus de 200.
Gander en reçoit 38 : 6 122 passagers et 473 membres d'équipage.
On garde d'abord tout le monde à bord, parfois plus de vingt-quatre heures. Puis on ouvre les portes, et il n'y a pas assez d'hôtels dans la région pour en loger un dixième.
Alors la ville fait autrement. Les écoles, les églises et les salles des fêtes deviennent des dortoirs. La patinoire sert de chambre froide pour la nourriture apportée par les habitants.
Les gens ouvrent leurs maisons, leurs douches, leurs machines à laver. Les pharmaciens refont gratuitement les ordonnances restées en soute. Les chauffeurs de bus, en grève depuis des semaines, arrêtent la grève le matin même.
Ils restent plusieurs jours. Personne ne leur fait payer quoi que ce soit.
À Terre-Neuve, un « come from away » est celui qui vient d'ailleurs.
En repartant, les passagers d'un de ces vols créent une bourse pour les lycéens de Gander. Elle a dépassé le million de dollars.
Le ciel a rouvert et Gander est redevenue une petite ville.
Au village voisin d'Appleton, un parc abrite aujourd'hui une poutre d'acier venue des tours jumelles.
Quand il était président, Charles de Gaulle estimait que l’argent public devait être strictement intouchable.
Au Palais de l’Élysée, il était impensable que l’État prenne en charge la moindre dépense personnelle.
Son épouse, Yvonne de Gaulle, tenait un petit carnet dans lequel elle notait avec rigueur toutes les dépenses du foyer : électricité, nourriture, vêtements, savon… rien n’était laissé au hasard.
Chaque mois, le couple envoyait un chèque au Trésor public afin de rembourser ces frais strictement privés.
Un jour, le comptable de l’Élysée lui fit remarquer que cela n’était « pas nécessaire ».
Elle répondit avec fermeté :
« Tout ce qui n’est pas public est privé, et ce qui est privé, c’est à nous de le payer. »
Leur exigence allait encore plus loin :
leurs enfants et petits-enfants n’avaient pas le droit d’utiliser les voitures officielles pour des déplacements personnels.
Charles de Gaulle refusait les privilèges liés à sa fonction.
Il réglait lui-même toutes ses dépenses à l’Élysée — jusqu’au savon ou aux repas de famille — et avait même choisi de renoncer à son salaire présidentiel, vivant uniquement de sa pension de général.
À sa mort, il ne laissa aucune fortune, seulement sa maison à Colombey-les-Deux-Églises, acquise avant la guerre.
On raconte même qu’il envoyait spontanément des chèques au Trésor public dès qu’un doute existait sur une dépense privée réglée par l’État.
Un sens de l’intégrité et du devoir qui force encore aujourd’hui le respect…
et qui rappelle que le véritable prestige ne réside pas dans les privilèges, mais dans l’exemplarité. 🇫🇷🙏🏻
Le maréchal de Saxe dit à un soldat condamné à être pendu pour un menu larcin :
- II faut que tu sois bien misérable pour risquer de perdre ta vie pour six livres.
- Parbleu, mon général, je la risque bien tous les jours pour cinq sous.
Grâce à cette répartie, il fut gracié.
Le poète Juan de Tassis y Peralta prétendait devant la reine Élisabeth d'Espagne que la femme qu'il aimait était la plus belle du royaume. Curieuse, la reine lui demanda de lui faire parvenir son portrait.
Il lui envoya un miroir.
#28janvier 1793
La nouvelle de l’exécution de Louis XVI arrive à Hamm où réside Monsieur. Celui-ci, suivant l’usage, proclame son neveu Roi de France sous le nom de « Louis XVII ».
Son neveu, âgé de 8 ans, n’étant pas majeur, Monsieur se déclare Régent par lettres patentes, et nomme son frère, M. le comte d’Artois, Lieutenant général du Royaume.
#Histoire
"Au lieu de cacher sa fille atteinte du syndrome de Down, Charles de Gaulle l'éleva fièrement, et elle devint le cœur de sa vie.
Lorsque Charles de Gaulle mourut en 1970, il fit une demande discrète qui surprit beaucoup de gens. Il ne voulait pas de funérailles d'État grandioses à Paris. Il demanda à être enterré dans le petit village de Colombey-les-Deux-Églises, près de sa fille Anne. Pour lui, ce lieu de repos importait plus que n'importe quel monument.
Anne naquit le 1er janvier 1928, la cadette de trois enfants. Elle avait le syndrome de Down, une condition entourée de peur et de désinformation à l'époque. Les médecins et la société blâmaient souvent les parents et conseillaient de cacher des enfants comme elle au regard du public. Pour les familles puissantes et de statut, il était courant d'envoyer ces enfants loin des yeux.
Charles et Yvonne refusèrent. Ils élevèrent Anne à la maison, avec son frère Philippe et sa sœur Élisabeth. Il n’y eut ni secret, ni honte, ni séparation. Elle était tout simplement leur fille.
Aux yeux du monde, de Gaulle était un homme distant et intransigeant, un leader façonné par la guerre, la discipline et le commandement. Mais dans son foyer, Anne révéla un côté que peu de gens virent. Avec elle, il riait librement, chantait des chansons, racontait des histoires et jouait à des jeux. Ses amis remarquaient que l’homme qui montrait rarement ses émotions se transformait complètement en sa présence.
Il l'appelait "ma joie". Anne ne lui demandait rien d'autre que de l'amour, et dans cette simplicité, il trouvait la paix. Elle n’était jamais traitée comme fragile ou inférieure. Elle était pleinement respectée, toujours incluse, et aimée sans condition.
Cet amour ne se limita pas à la famille. Après la guerre, Charles et Yvonne fondèrent la Fondation Anne de Gaulle. Ils transformèrent un château en foyer pour les jeunes femmes handicapées intellectuelles, dont beaucoup avaient été abandonnées. À une époque où le soutien était quasi inexistant, ils choisirent l’action plutôt que le silence.
La vie d’Anne fut courte. Elle mourut de la pneumonie en 1948, juste après avoir fêté ses vingt ans, dans les bras de son père. Dans sa douleur, de Gaulle murmura qu’elle était désormais comme les autres, enfin libre des limites imposées par le monde.
Après sa mort, il portait partout une photo d’Anne. Il croyait que sa présence le protégeait, même lors d'une tentative d'assassinat quelques années plus tard. Que ce fût par foi ou par destin, il ne douta jamais de son importance dans sa vie.
Charles de Gaulle trouva son calme le plus profond non dans le leadership ou la victoire, mais dans l'amour d'une enfant que le monde ne comprenait pas. Sa famille montra que la dignité ne dépend pas de l’aptitude. Elle dépend de la manière dont nous choisissons de prendre soin."
Sources :
"De Gaulle: The Ruler" par Jean Lacouture
"Anne de Gaulle: A Tribute to Her Life" par the Fondation Anne de Gaulle
Décembre 1682 (mercure de France) : soirée d'appartement
Les divertissements, que le Roi donne, commencent par le bout de la galerie (salon de la Paix), qui n’est pas encore découvert, parce que la peinture et les ornements qui doivent l’accompagner ne sont pas achevés. Vingt-six lustres de cristal, et seize chandeliers d’argent éclairent cet endroit.
On y voit un billard accompagné de vingt-quatre formes de velours vert à frange d’or.
On passe ensuite dans le bout de la galerie qui est découvert, parce qu’il est achevé. Ce que l’on voit fait assez juger quel sera ce merveilleux ouvrage où M. Le Brun peint dans la voûte de l’Histoire du Roi. Des glaces font de fausses fenêtres vis-à-vis des véritables, et multiplient un million de fois cette galerie, qui paraît n’avoir pas de fin.
Huit brancards d’argent portant des girandoles font entre quatre caisses d’orangers d’argent portés par des bases de même métal, et garnissent l’entre-deux des fenêtres ; et huit vases d’argent accompagnent les brancards qui sont aux côtés des portes. Quatre torchères dorées portent dans les angles de grands chandeliers d’argent. Huit girandoles d’argent sont sur des guéridons dorés, posées au milieu des fenêtres de glace. Aux bouts pendent deux lustres d’argent à 8 branches. Les tabourets sont de velours vert, entouré d’une bande de brocard d’or, avec une frange de même.
Le salon (salon de la Guerre), qui suit la galerie, est de marbre enrichi de trophées en relief doré. Le Roi à cheval, grand comme le naturel, est en relief sur la cheminée. Huit grands brancards d’argent portent des chandeliers de deux pieds. Deux vases, de même hauteur, accompagnent chaque brancard, et garnissent les entre-deux des fenêtres et des portes. On voit dans les angles des vases d’argent posés sur quatre guéridons or et azur. Un grand chandelier d’argent, à huit branches, pend au milieu de ce salon ; et au-dessous, il y a un foyer d’argent de deux pieds de haut, sur trois et demis de diamètre.
De ce salon, on entre dans la Chambre du Trône (salon d’Apollon), dont la tapisserie est d’un velours cramoisi, enrichi d’un gros galon d’or. La table, les guéridons, la garniture de cheminée et le lustre sont d’argent. Au fond de la chambre s’élève une estrade couverte d’un tapis perse à fonds d’or, d’une richesse et d’un travail particulier. Un Trône d’argent, de huit pieds de haut, est au milieu. Quatre enfants, portant des corbeilles de fleurs, soutiennent le siège et le dossier, qui sont garnis de velours cramoisi, avec une campane d’or en relief. Sur le haut du ceintre qui forme le dossier, Apollon est en pied, ayant une couronne de lauriers sur la tête et tenant sa lyre. La Justice et la Force sont assises. Le dais est de même que la tapisserie. Aux deux côtés du Trône, sur l’estrade, deux scabellons d’argent portent des carreaux aussi de velours. Aux deux angles sont posés des torchères de huit pieds de haut. Quatre girandoles, portées par des guéridons d’argent de six pieds de haut, parent les quatre coins de la Chambre. Un « David » du Dominicain est à la droite du Trône. On voit à la gauche un Thomiris qui trempe la tête de Cyrus dans le sang. Elle peinte par Rubens. Dans les côtés, on a mis quatre grands tableaux de Guide, des Travaux d’Hercule, Apollon est, dans le milieu du plafond, entouré des Saisons et des Mois. Quatre tableaux cintrés par le haut accompagnent le rond. Sur les portes sont deux tableaux du Van Dick, l’un représente le Prince Palatin et son frère ; et l’autre, une vierge, un David, et une Magdeleine. C’est dans cette Chambre que le Roi donne audience aux ambassadeurs. Elle est destinée pour la musique et pour la danse, dans les trois jours qui sont nommés « jour d’Appartement ».
Après la Chambre du Trône, on voit celle de Mercure (salon de Mercure) où est le lit. Ce dieu paraît au haut du plafond dans un char trainé par des coqs. La tapisserie est pareil à celle de la Chambre du Trône. Le lit de même étoffe et de même est entouré d’une grande campane d’or en relief, et doublé d’or plein. Quatre pommes blanches et couleur de feu, garnies de grandes aigrettes blanches, sont au-dessus des piliers. Les fauteuils, les tabourets, les pores et les paravents sont comme la tapisserie. Une Assomption et un Saint-Sébastien, d’Annibal Carrache, parent le fond de l’alcôve. Au côté droit prend une musique de Dominiquain, et au gauche une Vierge du Titien. Sur les portes, on voit deux portraits de Van Dick. Une balustrade d’argent sur laquelle posent huit chandeliers de même matière entourent l’estrade, qui est de marqueterie. Deux scabelons d’argent portent, dans les angles, deux cassolettes. Quatre bassins d’argent, avec des bassins, portent aux côtés de la cheminée, et à l’opposé des vases de deux pieds et demi. Deux chenets d’argent parent le foyer. La corniche de la cheminée est enrichie de vases, et de cassolettes de même matière. Un très grand lustre d’argent à six branches, portant chacune trois bougies, pend au milieu de la chambre. Entre les fenêtres, au-dessus d’une grande table, on voit un miroir. La table est garnie d’une grande corbeille et quatre chandeliers, deux grands et deux petits. Aux deux côtés sont des girandoles à sept branches, portées par des guéridons, posés sur des brancards ; le tout d’argent. Une table pentagone, une carrée et une en triangle sont dans le long de la chambre et servent pour le jeu du Roi, de la Reine et de la Maison Royale ; quoique ces tables soient marquées pour eux, ils ont la bonté de se mêler avec tous ceux qui jouent dans les chambres suivantes.
Après la chambre de Mercure, on trouve celle de Mars (salon de Mars), choisie pour l’assemblée des joueurs. Six portraits du Titien sont sur les quatre portes, et sur deux cabinets de marqueterie. Six groupes de figures d’argent, quatre statues, et quatre Buires de même métal ornent les deux cabinets. Deux cuvettes d’argent en ovale portent des vases et quatre sceaux les accompagnent. Quatre grands buires sont aux angles, et deux grands lustres, le tout en argent, pendent aux deux bouts de la chambre. Deux grands miroirs, avec des bordures d’argent à cartouche, sont au-dessus de deux tables, sur lesquelles posent deux grandes corbeilles, quatre grands chandeliers et quatre petits aussi d’argent ainsi que les tables. Des girandoles portées par quatre guéridons de même richesse accompagnent ces deux tables, et parent les entre-deux des fenêtres. Des chenets et des vases d’argent ornent la cheminée ; au-dessus de laquelle on voit un tableau de Paul Véronèse, représentant la Sainte-Famille. Au côté droit est un grand tableau où Paul Véronèse a peint Notre Seigneur avec des pèlerins d’Emmaüs. De l’autre côté, on voit la famille de Darius aux pieds d’Alexandre, tableau de M. Le Brun. Un trou-madame de marqueterie, posé sur une table de velours vert, entouré de pentes de velours cramoisi à frange d’or, est au milieu de la chambre. Une table carrée, quatre en triangle et six à pans sont autour. Elles sont couvertes de velours vert, galonné d’or et garnies de flambeaux d’argent à tous les angles posés sur de petits guéridons. On jour sur ces tables de jeux de cartes, ainsi qu’à divers jeux de hasard. La bassette et le hoca en sont bannis, la prudence du Roi l’ayant ainsi jugé à propos pour le bien de ses sujets. On voit encore dans la même chambre des tables pour plusieurs autres jeux nouvellement inventés, et qui selon toutes les apparences n’ont pas de quoi engager les joueurs à se servir d’une adresse qui n’est pas permise pour gagner.
De cette grande salle, on passe dans celle de Diane (salon de Diane). Cette déesse est peinte au milieu du plafond. Quatre grands lustres d’argent et quatre chandeliers de même matière, posés sur des guéridons, sont aux angles d’un billard couvert d’un grand tapis trainant à terre, de velours cramoisi, garni d’une frange d’or au bas. Quatre formes du même velours galonné d’or, posées sur deux estrades couvertes de tapis de Perse réhaussés d’or et d’argent, servent aux dames quand elles veulent s’asseoir pour regarder jouer au billard. Quatre caisses d’orangers d’argent, posées sur des bases de même matière, et quatre girandoles d’argent portées par des guéridons dorés sont aux côtés des formes. Une grande cassolette, quatre grands vases et quatre plus petits parent le bord de la cheminée, et deux chenets d’argent son au foyer.
La salle de Vénus (salon de Vénus) suit celle de Diane. On la voit dans le milieu du plafond, couronnée par les Grâces. Quatre tableaux carrés accompagnent ce milieu, et représentent des héros que l’Amour a portés aux grandes actions. Cette salle est d’un très beau marbre. Dans une niche, entre deux portes, est une statue du Roi en relief, vêtu à la romaine. Elle est de M. Varin. Deux grands lustres d’argent pendant sur deux foyers ; huit girandoles de cristal, portés par des guéridons dorés, éclairent les quatre coins de la salle. Les portières et les tabourets sont de velours vert galonné d’or. Cette salle étant destinée à la collation, on voit tout autour plusieurs tables sur lesquelles elle est dressée. Ces tableaux sont couverts de flambeaux d’argent, et de corbeilles de filigrane, rondes, longues et carrées. Les fruits crus, les citrons, les oranges, les pâtes et les confitures sèches de toutes sortes, accompagnés de fleurs, les remplissent en pyramides. Comme toute cette collation n’est servie que pour être entièrement dissipée, elle demeure exposée pendant les quatre heures que durent les divertissements, et chacun choisit et prend soi-même, ce qui est le plus de son goût.
On entre ensuite dans un salon où sont dressés les buffets (salon de l’Abondance). Des bas-reliefs, représentant l’Abondance, sont au-dessus de la porte de marbre. La tapisserie, les portières et les tabourets sont de la même richesse que dans la salle de Vénus. Huit bustes de porphyre, posés sur des scabellons de même matière, sont aux côtés des portes et de la fenêtre. Plusieurs guéridons, or et azur, qui portent des girandoles, éclairent ce salon, aussi bien qu’un lustre d’argent qui pend au milieu. Trois grands buffets sont aux trois côtés du même salon. Celui du milieu, au-dessus duquel on voit une grande coquille d’argent, est pour les boissons chaudes comme le café, le chocolat… Les deux autres buffets sont pour les liqueurs, les sorbets et les eaux de plusieurs sortes de fruits. On donne de très excellent vin à ceux qui en souhaitent, et chacun s’empresse à servir ceux qui entrent dans ce même lieu ; ce qui se fait beaucoup d’ordre et de propreté.
Chacun se présente à l’heure marquées pour être reçu dans ces superbes appartements. Cela procure l’avantage d’y voir aisément le Roi, et d’y être vu. Cependant, Sa Majesté, qui veut donner du plaisir à sa Cour, ne veut pas qu’elle l’achète par l’embarras de la faute, toujours presque inévitable dans les grandes fêtes. La volonté du Roi étant connue, il n’est plus besoin d’avoir quantité de gardes comme autrefois, et aucun ne se présente qu’il n’ait eu auparavant que l’entrée lui est permise.
Le duc d’Aumont, premier gentilhomme en année, qui sait les intentions du Roi, les fait observer avec grand ordre.
Tous ceux qui ont le bonheur d’entre dans ces magnifiques lieux, s’attachent à mesure qu’ils entrent, aux plaisirs qui les touchent d’avantage. Les uns choisissent le jeu et les autres s’arrêtent à un autre. D’autres ne veulent que regarder jouer, et d’autres que e promener pour admirer l’assemblée et les richesses de ces grands appartements. La liberté de parler y est entière, et l’on s’entretient les uns les autres selon qu’un se plait à la conversation. Cependant le respect dans lequel chacun se tient, fait que personne ne haussant trop la voix, le bruit qu’on entend n’est point incommode.
Le Roi, la Reine et toute la Maison Royale descendent de leur grandeur pour jouer avec plusieurs de l’assemblée qui n’ont jamais eu un pareil honneur.
Le Roi va tantôt à un jeu, tantôt à un autre. Il ne veut ni qu’on se lève, ni qu’on interrompe le jeu qu’il approche. Sa présence console ceux qui perdent, et ceux qui gagnent ont tant de plaisir en le voyant qu’ils oublient même leur gain, pour donner leurs pensées à la gloire qu’ils reçoivent.
Lorsque le Roi fait l’honneur aux joueurs de prendre partie parmi eux, et qu’on est obligé de jeter ses regards en plusieurs endroits pour le démêler de la foule.
Lorsque l’on est las d’un jeu, l’on joue à un autre. On entend ensuite la symphonie, ou l’on va danser. On fait conversation ; on passe dans la chambre des liqueurs, ou à celle de la collation. Personne ne s’embarrasse en servant, parce qu’il n’y a que le nombre suffisant pour servir.
On y voit ceux qui servent, sans qu’on s’imagine qu’ils soient mis là pour servir, puis qu’ils ont tous des justaucorps bleus, avec des galons d’or et argent. Ils sont derrière toutes les tables des joueurs, et ont soin de donner des cartes, des jetons et les autres choses dont on peut avoir besoin. Même selon les jeux où l’on joue, ils épargnent aux joueurs la peine de compter, comme au trou-madame, où ils calculent les points qu’on fait et les écrivent. Ce service se fait sur l’ordre et par les soins de M. Bontemps, premier valet de chambre du Roi.
La présence du Roi fait perdre aux jureurs l’habitude de jurer, et aux piqueurs celle de se servir d’insultes pour gagner.
Louis XIV n’a pas voulu s’arrêter au seul divertissement, il en a fait une fête, mais une fête avec de l’ordre, ce qui n’avait jamais été vu, une fête où se présentent seulement ceux à qui l’entrée en est permise.
#histoire #versailles #LouisXIV @CVersailles #soiree #décembre
"Tous les mardis à 15 h, ma mère appelle le même mauvais numéro.
Depuis six ans.
" bonjour voici Susan. Robert est là ? "
Même réponse à chaque fois : "Pas de Robert ici. Mauvais numéro. "
"Oh, désolé de vous déranger. "
Puis elle raccroche. Définit un rappel pour mardi prochain.
Je pensais que c'était la démence. Maman a 71 ans. Peut-être en oubliant qu'elle avait déjà essayé ce numéro.
"Maman, ce n'est pas le numéro de Robert. Tu l'as appelé 300 fois. Pourquoi tu continues à appeler ? "
Elle m'a regardé bizarrement. "Je sais que ce n'est pas le numéro de Robert. "
"Alors pourquoi"
"Parce que quelqu'un répond. "
En fait, la femme qui répond a 83 ans. Vit seul. A une grave anxiété sociale. Ne quitte jamais son appartement. Pas de famille. Pas d'amis.
« Il y a six ans, j'ai appelé l'ancien numéro de ton frère par erreur », a expliqué maman. "Femme répondit. On a parlé pendant deux minutes. Quand je me suis excusé pour le mauvais numéro, elle a dit : « Veuillez rappeler quand même. Personne ne m'appelle. '"
"Alors tu viens juste de... Tu as continué d'appeler ? "
"Chaque mardi. On parle pendant exactement douze minutes. Sur rien. Météo. Émissions télé. Son chat. Puis je dis que je dois y aller, et elle dit ok. "
"Pendant six ans ? "
"Pendant six ans. "
« Est-ce qu'elle sait que tu appelles exprès ? "
"Bien sûr. Je ne suis pas subtil. Mais nous maintenons la fiction. J'appelle "accidentellement". Elle "arrive" à répondre. On fait semblant que c'est le hasard, pas le choix. "
"Pourquoi faire semblant ? "
« Parce qu'accepter de l'aide est dur. Accepter un mauvais numéro est facile. "
Le téléphone de maman a sonné. Mardi, 15 h rappel.
Elle a appelé. " bonjour voici Susan. Robert est là ? "
Une pause. Puis rires. "Pas de Robert ici, Susan. Mais je suis là. Comment était ta semaine ? "
Je les ai écouté parler. À propos du temps. Une série télé. Le rendez-vous vétérinaire du chat.
Douze minutes exactement. Alors, "Je devrais te laisser partir. "
"D'accord, Susan. Même heure la semaine prochaine ? "
"Oh, je suis sûr que je vais encore accidentellement composer ce numéro. "
Plus de rires. Au revoir.
Maman a raccroché. Regarde-moi. "Elle s'appelle Dorothy. Je ne l'ai jamais rencontrée. Je ne connais pas son nom de famille. Je ne connais pas son adresse. Juste sa voix chaque mardi pendant douze minutes. "
"Et si tu arrêtes d'appeler ? "
"Puis elle arrête d'avoir le mardi. "
Maman est morte l'année dernière. Soudainement. Crise cardiaque.
J'ai trouvé le numéro de Dorothy dans son téléphone. Je l'ai appelé.
" bonjour ? "
"Salut. Je m'appelle Sarah. Je suis la fille de Susan. Je pense... Je pense que vous attendiez son appel aujourd'hui. "
Silence. Puis pleurer.
"Elle est partie, n'est-ce pas ? "
"Oui, je suis désolé. "
"Je peux te demander quelque chose ? Vous a-t-elle déjà dit pourquoi elle a vraiment appelé ? "
"Elle a dit que tu avais besoin de quelqu'un à appeler. "
"C'est ce qu'elle vous a dit. Mais j'appelle pour vous dire pourquoi j'ai répondu. Parce que la voix de ta mère le mardi était la seule chose qui me maintenait en vie. J'avais les pilules prêtes quatre fois. Quatre mardis différents. Et à chaque fois, à 15 h, elle appelait. Et je ne pouvais pas le faire après avoir entendu sa voix. "
J'appelle Dorothy tous les mardis depuis neuf mois maintenant.
En même temps. Même fiction de "mauvais numéro".
Parce que ma mère m'a appris, parfois l'appel le plus important que tu passes est à la mauvaise personne.
Exprès.
Chaque mardi.
Tant que quelqu'un répond. "
.
Par Grace Jenkins
#13décembre 1774
Le baron de Blôme, envoyé extraordinaire du Roi du Danemark, présente, à Louis XVI, 20 gerfauts d’Islande. Ce présente, que le Roi du Danemark est dans l’usage de faire tous les ans au Roi de France, est reçu par le duc de La Vallière, Grand Fauconnier de France, et par le marquis de Forget, capitaine du vol du cabinet du Roi.
#histoire #danemark
Le 22 novembre 1791, la nouvelle que le Roi de France a pu sortir de Paris arrive à Coblence. Personne ne sait d’où vient cette nouvelle et par qui, mais on y croit. De toute part, s’élèvent des cris d’allégresse.
Ces cris redoublent quand on annonce que Louis XVI viendra directement à Coblence, escorté par 100 000 hommes recrutés dans les garnisons soulevées sur son passage.
L’Electeur de Trèves, oncle de Louis XVI, donne l’ordre de tirer au canon dès que Louis XVI paraîtra. Monsieur et M. le comte d’Artois arrivent au palais de leur oncle ; le prince de Condé arrive également de Worms.
La ville se pavoise : aux croisées apparaissent des drapeaux blancs ; les cloches sont en branle ; les maisons s’illuminent.
Les émigrés sont convaincus que leur exil est fini, qu’ils vont rentrer en France derrière leur Roi victorieux.
Le 23 novembre 1791, des informations plus précises viennent détruire les radieuses espérances de la veille, et démentent le bruit de l’évasion de Louis XVI : fausse nouvelle. Le découragement des émigrés est plus âpre et plus morne.
#Histoire #22novembre #23novembre
En 1914, l'empereur Guillaume II demande à l'ambassadeur suisse Alfred de Claparède :
- La Suisse a une armée de 500 000 hommes. Que feriez-vous si une armée allemande d'un million d'hommes envahissait votre pays ?
- Chacun de nos soldats n'aurait qu'à tirer deux fois.
Elle prenait des notes depuis le couloir pour ne pas déranger ses professeurs.
Clara Belle Drisdale Williams (1885-1993) fut la première Afro-Américaine diplômée de l'université d'État du Nouveau-Mexique.
Beaucoup de ses professeurs ne lui permettaient pas d'entrer dans la salle de classe parce qu'elle était noire ; elle devait prendre des notes depuis le couloir pour ne pas déranger ses professeurs.
Le jour de la remise des diplômes, elle n'a pas été autorisée à défiler avec ses camarades de classe pour recevoir son diplôme.
Clara s'est mariée et a eu trois enfants qui sont ensuite devenus médecins. Elle était une excellente enseignante. Le jour, elle donnait des cours à des étudiants noirs, et le soir, elle enseignait à leurs parents et aux esclaves affranchis.
En 1980, elle a reçu un doctorat en droit de la NMSU, qui lui a présenté ses excuses pour la façon dont elle avait été traitée lorsqu'elle était étudiante...
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Le posthume.
C'était il y a 709 ans : le 14 novembre 1316 naît Jean Ier de France. Fils posthume de Louis X, il décède quelques jours après, ouvrant une période de crise de succession au trône qui aboutit à la fin de la dynastie des capétiens directs et l'avènement des Valois.
Pour l'anecdote, il est de fait le seul roi à être à la fois né et mort sur le trône de France.
Immense admiration pour Pedro Elias Garzon Delvaux, 15 ans, lycéen de Rambouillet, qui visitait le Louvre avec sa mère le jour du cambriolage. Un photographe de @AP a pris cette photo qui a intrigué le monde entier. Elle a été publiée par les plus grands journaux et a fait le buzz sur les réseaux sociaux. On a imaginé que l’adolescent était peut-être un enquêteur, genre Hercule Poirot. En réalité, le jeune homme s’habille toujours de cette façon, très élégante et un peu rétro. Même au lycée. Ça nous change des sweats à capuche et des pantalons de survêtement tombant sur des baskets.
C'était il y a 238 ans: le 7 novembre 1787, Louis XVI signe l'Edit de Versailles qui accorde un État civil aux non-catholiques (protestants et juifs). Inspiré par des philosophes de l'époque, il précède de deux ans la liberté de culte accordée par la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen.