Robert Bresson, Jean-Luc Godard, Paul Valéry :
Quand couper, quand finir ? Quand dire d'une oeuvre qu'elle est achevée ?
JEAN-LUC GODARD à Robert Bresson :
"Et comment voyez-vous les questions de forme — si l'on peut dire ? Je sais bien qu'on n'y pense pas tellement, en tout cas pendant, mais on y pense avant, et on y pense après. Par exemple, quand on découpe, on n'y pense pas. En même temps, je me demande toujours, après : pourquoi ai-je coupé là plutôt que là ? Et chez les autres aussi, c’est la seule chose que je n’arrive pas à comprendre : pourquoi couper ou ne pas couper ?"
ROBERT BRESSON : "Je crois, comme vous, que c’est une chose qui doit devenir purement intuitive. Si elle n’est pas intuitive, elle est mauvaise. En tout cas, pour moi, c’est la chose la plus importante."
JEAN-LUC GODARD : "Ça doit pouvoir, quand même, s'analyser..."
ROBERT BRESSON : "Moi, je ne vois mon film que par la forme. C’est curieux : quand je le revois, je ne vois plus que des plans. Je ne sais pas du tout si le film est émouvant ou non."
JEAN-LUC GODARD : "Je crois qu'il faut très longtemps pour arriver à voir un de ses films. Un jour, vous vous trouvez dans un petit village, au Japon ou ailleurs, et puis vous revoyez votre film. A ce moment-là, on peut le recevoir comme un objet inconnu, au même titre qu’un spectateur normal. Mais je crois qu’il faut vraiment très longtemps. Il faut aussi ne pas être préparé à recevoir le film."
ROBERT BRESSON : "Pour moi, et j’y reviens, j’attache une énorme importance à la forme. Enorme. Et je crois que la forme amène les rythmes. Or, les rythmes sont tout puissants. C’est la première chose. Même quand on fait le commentaire d'un film, ce commentaire est d'abord vu, senti, comme un rythme. Ensuite, il est une couleur (il peut être froid ou chaud), ensuite, il a un sens. Mais le sens arrive en dernier."
(Entretien avec Robert Bresson, par Jean-Luc Godard et Michel Delahaye, Cahiers du cinéma 178, mai 1966)
Paul Valéry : "Quand dire d'une oeuvre qu'elle est achevée ? A quel moment ? Il faudrait un événement-signal." (Cahiers Poïétique, Pléiade)
Dominique Païni : "Quand et pourquoi finir ? Quand et pourquoi couper ou laisser durer une scène ou un plan séquence ? Dramatiser des manques par des ellipses narratives, différer la fin d'un désir en ne bouclant pas une fiction, ouvrir une oeuvre pour que, par ce ratage mortel que constitue un inachèvement, la vie s'y engouffre et finisse d'elle-même le travail. Utopie morale et choix de style. Mais ne s'agit-il pas encore de constater le gouffre qui sépare la représentation et un réel désirable ? Le caractère vestigial de certains films ou leur forme "en débris" (trouvés à la ferraille, dirait Godard) seraient les restes de l'expérience de ce gouffre." (Dominique Païni, L'expérience du gouffre, L'inachèvement au cinéma Cahiers du cinéma 376, Octobre 1985)
found an obscure soviet-era georgian folk singer and her voice is angelic, it’s absolutely ethereal. there’s almost nothing written about her life in english. none of her music was released during her lifetime and she passed away in 1977. it’s truly a hidden gem.
Instead of watching an hour of Netflix, watch this 60 minute lecture from Steve Jobs after being fired from Apple. It will teach you more about building companies than most startup books ever will.
I saw The Clash maybe 20 times. This video is perhaps the best representation of what they were actually like.
They were very exciting but also a bit clunky.
Their sets never peaked. They just sort of shouted at you.