L’un des impacts les plus critiques du changement climatique sur l’agriculture est aussi l’un des plus méconnus du grand public : le manque de froid en hiver.
Des hivers trop doux peuvent favoriser la survie de certains ravageurs et agents pathogènes. Mais ils menacent également un processus fondamental pour l’arboriculture : la floraison.
Car les arbres fruitiers ont besoin d’accumuler une certaine quantité de froid pendant l’hiver pour sortir correctement de leur dormance et assurer une floraison homogène au printemps. Lorsque ce besoin n’est pas satisfait, le débourrement peut devenir irrégulier, la floraison s’étaler ou s'affaiblir et les rendements diminuer. C’est ce qu’on appelle le besoin en froid hivernal ou "vernalisation"
Et c’est potentiellement l’un des plus grands bouleversements agricoles du siècle. Pour certaines filières arboricoles, le manque de froid pourrait devenir une contrainte aussi déterminante, voire davantage, que les canicules et les sécheresses.
Prenons l’exemple du pommier. Selon les variétés et les méthodes de calcul, ses besoins peuvent s’étendre approximativement de 400 à 1 500 heures de froid, avec de nombreuses variétés traditionnelles nécessitant autour de 1 000 à 1 200 heures.
Or, d’ici la fin du siècle, les projections climatiques indiquent que le Sud-Ouest de la France pourrait ne plus accumuler suffisamment de froid pour satisfaire les besoins de nombreuses variétés de pommiers actuellement cultivées dans la région. Résultat : une floraison plus aléatoire (voire pas de floraison !) et des rendements potentiellement compromis.
Avec des cumuls qui pourraient descendre localement autour de 200 à 600 heures de froid dans le sud de la France, les conditions hivernales deviendraient davantage compatibles avec les besoins de certaines espèces et variétés à faibles exigences en froid, notamment parmi les agrumes.
Et c’est toute la géographie de notre arboriculture qui pourrait être progressivement redessinée (on parle de biogéographie, mon coeur de connaissance en modélisation d'ailleurs).
Certaines variétés devront être remplacées, des espèces pourraient migrer vers de nouvelles régions et des bassins de production historiques risquent de perdre une partie de leur potentiel climatique.
Mais un verger ne se déplace pas en quelques années. Il faut sélectionner les variétés, expérimenter, planter, attendre l’entrée en production, structurer les filières et développer de nouveaux savoir-faire. C’est un chantier de plusieurs décennies, avec des investissements considérables (je pense que vous n'êtes pas conscience encore du chantier !).
Et c’est bien là tout le problème (qui m'agace de part ailleurs !) : nous devons anticiper dès aujourd’hui une transformation agricole majeure, alors que nos politiques publiques et nos stratégies économiques restent trop souvent concentrées sur le court terme.
Le manque de froid hivernal pourrait provoquer un véritable séisme dans l’arboriculture française. Et contrairement aux canicules, ce bouleversement avance silencieusement, hiver après hiver. Et on est clairement pas prêt.
@ExtremeMeteo@rafle1188 Zut zut zut, je gardais X pour deux trois profils dont le tien, fb, je l'ai supprimé yba deux mois, c'est un rs comme X, trop de conneries. Et sur bluesky??
Parmi les causes de la récurrence grandissante des périodes anticycloniques subtropicales sur l'Europe de l'ouest et notamment durant une de plus en plus large période estivale, on évoque de plus en plus clairement le "cold blob" au sud du Groenland né de la perturbation de la circulation thermohaline. L'afflux d'eaux de fonte froides du Groenland, modifie les températures océaniques et déplace par conséquent le jet stream pour favoriser des vagues de chaleur sur l'ouest de l'Europe et en Méditerranée.
A mesure que la perte de glace du Groenland s'accélère, l'Europe rentre dans un cercle vicieux avec des vagues de chaleur de plus en plus intenses et de plus en plus fréquentes et pas seulement l'été.
Ces mécanismes sont étayées par une étude lors de l'été écoulé, étude réalisée par Marilena Oltmanns au National Oceanography Centre du Royaume Uni.
Pour ma part, je suis pas scientifique mais ça me semble très très probable que la fonte des glaces du Groenland joue un rôle prépondérant dans la modification de la circulation atmosphérique au dessus de l'Europe. On ne peut pas seulement l'expliquer que par des "facteurs conjoncturels" liés à une récurrence d'un type d'ondes de Rossby favorisant les crêtes anticycloniques.
D'une manière plus technique sur le schéma posté appuyant ces récurrences, voici les détails suivants :
Nous présentons donc ici un nouveau mécanisme en cascade impliquant différents phénomènes au sein du système terrestre. Nous fournissons des preuves d’un pont atmosphérique à longue portée qui relie finalement l’adoucissement des eaux atlantiques subpolaires, dû à la fonte estivale de la calotte glaciaire du Groenland, à l’intensification des vagues de chaleur sévères et des événements convectifs dans l’ouest euro-méditerranéen via des dynamiques des latitudes moyennes. L’augmentation de la fonte des glaces contribue à des gradients plus forts de SST dans l’Atlantique Nord, renforçant la baroclinicité et favorisant la formation cyclonique, ce qui stimule la construction de crêtes en aval au-dessus de l’Europe occidentale. Les conditions anticycloniques persistantes impactent la surface sous forme de vagues de chaleur atmosphériques et marines extrêmes et durables, et enfin, adaptent l’environnement au développement d'orages extrêmes, grâce à une forte disponibilité en humidité et en chaleur.
Schéma illustratif résumant le mécanisme en cascade : L’afflux d’eau douce provenant de la fonte des glaces de la calotte glaciaire du Groenland refroidit localement les eaux de surface subpolaires de l’Atlantique Nord (SST), renforçant l’énergie barocline et favorisant les méandres du jet-stream en raison de la cyclogenèse extratropicale.
On a une advection de vorticité et d’air chaud et humide (WHAA) par le développement d'advections chaudes (WCB), ce qui provoque la construction de crêtes anticycloniques en aval. La construction persistante de crêtes induit la formation de vagues de chaleur atmosphériques et marines (HW) et d'orages parfois extrêmes et impactants lorsqu'un peu d'air froid d'altitude s'infiltre au-dessus de la Méditerranée occidentale. Dans cette cascade d’événements, la masse d’air saharienne (SAM) est forcée de se déplacer vers le nord, ce qui indique que le processus de construction persistante et/ou amplifiée de crêtes causé par les dépressions extratropicales tend à s’accompagner (ou à faciliter) un allongement vers le nord de la crête subtropicale d’Afrique du Nord et de son air associé surchauffé.
Les résultats suggèrent ainsi que les années marquées par une fonte et un ruissellement extrêmes au Groenland déclenchent une chaleur et une activité orageuse plus extrêmes au-dessus de l’ouest euro-méditerranéen. Le derecho méditerranéen record et destructeur de l’été 2022 (août), les vagues de chaleur atmosphériques et marines extrêmes et les conditions à grande échelle de cette année-là, peuvent alors être considérées comme s’étant développées sous ce mécanisme en cascade.
L'été 2026 est bâti exactement sur ce schéma avec ce mécanisme tendant à être "structurel" appuyé en + par un train d'ondes de Rossby assez stationnaire favorable aux crêtes anticycloniques subtropicales ouest européenne. On en revient encore à la prépondérance de plus en plus importante de ce régime East Atlantic (EA+) de plus en plus récurrent et ce en toute saison, appuyant la présence des anticyclones subtropicaux.
Pour affronter les décennies à venir, il faut comprendre ces modifications de la circulation atmosphérique. Cela s'ajoute aux constats statistiques implacables.
Article mixé Extrême Météo - Thomas Reis via compte X
Très gros coup de chaud en vue entre vendredi et ce week-end. De nouveaux records de chaleur mensuels risquent d'être battus.
Les 40°C sont même modélisés par le modèle européen, et le modèle européen n'est pas réputé en plus pour surestimer le niveau des températures bien au contraire.
On continue sur cette terrible lancée.
Footage emerging from Nepal’s Rasuwa and Nuwakot districts in the wake of the massive flash flood is some of the most apocalyptic I have ever seen. The scale of the devastation is hard to fathom, with hundreds feared dead.
@ExtremeMeteo Ne serait il pas judicieux de mettre en place une alerte tornade avec les abris prévu comme aux states, dans les endroits sensible comme Vallee de l'aude, plaine du nord etc
@ExtremeMeteo Je me pose cette question depuis hier, quand on suit les comptes sérieux comme le tien et d'autres, on était au courant du risque tornadique, mais pas pour le grand public, et avec le rc, ce genre de phénomènes n'est apperement pas anticipé par les autorités. Du coup ma question
@CaroleDelga Bonjour Mme Delga, il va falloir prendre des mesures à la hauteur du RC, hier certaines pages sérieuses de météo ont publié une alerte tornades sur Aude Hérault et Gard, hors aucunes alertes existes en France sur ces phénomènes là, il va donc falloir s'adapter et très vite.
🌪 ALERTE - Dégâts considérables au sud de Carcassonne, dans le secteur du village de Pomas, après le passage de la puissante #tornade dans l'Aude. De nombreuses habitations sont endommagées, certaines complètement détruites. De nombreux pompiers affluent sur les lieux.
Aucun bilan humain n'est connu à cette heure. Le centre opérationnel départemental a été activé, annonce la préfecture. (L'Indépendant)
Interesting update from ECM
Much more unsettled signal developing as we head through Autumn
Note the increasing signal for Atlantic/Greenland blocking as we get into winter, would give higher risk of colder weather
Too far out to take literally but this winter is a wildcard
Le RN, qui balançait des fatwas de fachos contre toute personne qui nous alertait sur le réchauffement climatique, se fait désormais passer pour des gens qui ont écouté les recommandations du GIEC. 🙃
Ces gens sont dangereux ! Heureusement, on a des archives pour le prouver.