Bompard "décrypte la propagande des pétroliers". Démontons son décryptage, point par point. Spoiler : c'est un cours de comptabilité fiscale donné par quelqu'un qui n'en a manifestement jamais ouvert un manuel.
Argument 1 de Bompard : "Total ne paie pas ses impôts en France."
Faux. Total paie en France ce que la loi française lui demande de payer, sur les bénéfices qu'il y réalise. Total a une activité de raffinage et de distribution en France qui est structurellement peu rentable (marges raffinage faibles, parc de stations vieillissant, concurrence GMS). Les bénéfices du groupe viennent de l'amont (exploration-production) qui se fait... en Afrique, en mer du Nord, au Moyen-Orient. Pas à Levallois.
Demander à Total de payer l'impôt français sur des barils sortis du Nigeria, c'est demander à Carrefour de payer l'impôt français sur les tomates cultivées en Espagne. Personne ne fait ça. Parce que les États n'aiment pas trop qu'on leur pique leur assiette fiscale.
Argument 2 : "Total n'a pas de bénéfices en France, c'est louche."
Non, c'est juste comment fonctionne le raffinage européen depuis 20 ans. Demandez à Petroplus, à LyondellBasell Berre, à ExxonMobil Fos. Tous fermés ou en perte. La marge de raffinage européenne est structurellement écrasée par la concurrence asiatique et moyen-orientale qui raffine moins cher.
Si raffiner en France était si rentable, BP, Shell, Esso ouvriraient des raffineries. Ils en ferment.
Argument 3 : "Total fait du transfer pricing pour évacuer ses bénéfices."
Ah, le grand classique. Sauf que :
Le transfer pricing est encadré par l'OCDE (principe de pleine concurrence), audité par l'administration fiscale française, et Total est un des groupes les plus contrôlés de France. S'il y avait fraude, Bercy l'aurait redressé. Comme il l'a fait pour Google, Apple, McDonald's.
Bompard ne cite aucun chiffre, aucun rapport, aucune décision de redressement. C'est une accusation gratuite déguisée en révélation.
Au passage, depuis 2024, l'impôt minimum mondial OCDE à 15% (Pilier 2) ferme précisément cette porte. Total y est soumis.
Argument 4 : "Total a augmenté ses bénéfices de 51% sur le dos des Français."
C'est là que ça devient drôle. 4,96 Md€ de bénéfice trimestriel d'un groupe qui réalise moins de 10% de son CA en France. Donc 90% des "superprofits" que Bompard veut taxer ont été réalisés sur des consommateurs qui ne sont pas français.
Bompard veut taxer en France des profits faits ailleurs, par une entreprise qui paie déjà ses impôts là où elle opère. Et il appelle ça de la justice fiscale.
La vraie séquence si on l'écoute :
Taxe sur les "superprofits" → Total délocalise son siège (Total est déjà coté à Londres et NY, juridiquement c'est trivial) → la France perd les emplois du siège, les impôts français résiduels, et le plafonnement à 1,99€/litre (que Total a mis en place de son propre chef et qu'il a prévenu retirer en cas de taxe).
Résultat net pour le Français moyen : essence plus chère, moins d'emplois, moins de recettes fiscales. Triple perdant. Bravo.
Bonus : la nationalisation à 70 Md€.
Bompard propose de "racheter Total" pour 70 Md€ alors que sa capitalisation est de 174 Md€. C'est-à-dire spolier les 60% d'actionnaires restants. Le coût réel ne sera pas 70 Md€, ce sera 174 Md€ + procès internationaux + fuite immédiate des capitaux français + dégradation de la note souveraine. Sans parler du précédent : qui investit dans un pays qui exproprie ses entreprises à moitié prix ?
Le Venezuela a nationalisé son pétrole en 2007. Production divisée par 4 en 15 ans. Cuba a nationalisé son sucre en 1960. Production divisée par 3. La France a nationalisé Renault en 1945 : il a fallu 50 ans pour rentabiliser.
Conclusion : Bompard ne décrypte pas la propagande des pétroliers. Il en fabrique une autre, à destination de ceux qui ne comprennent pas comment fonctionne une multinationale, et qui veulent juste un coupable. Il leur en sert un sur un plateau. C'est plus simple que d'expliquer que la fiscalité internationale, c'est compliqué et que le populisme économique, ça coûte cher quand on l'applique.
➡️Terrible nouvelle d’apprendre le décès de Framboise…😔
Fidèle de nos spaces, engagée, toujours positive et pleine d’humour, elle va énormément manquer à notre communauté sur X.
Toutes mes pensées vont à sa famille, à ses proches et à tous ceux qui l’appréciaient.🖤🕊️
@LCP C’est tout de même incroyable que le seul réflexe, dans ce genre de circonstance, ce soit la taxation de tout ce qui peut l’être. À aucun moment on n’envisage de remettre à plat notre modèle social pour corriger ce qui ne fonctionne pas. Une perpétuelle fuite en avant, c’est fou.
Cette insouciance de @JLMelenchon est criminelle.
C’est au mot prêt ou presque le même discours que Zapatero en 2010.
“L’Espagne n’est pas la Grèce, nous sommes trop grands pour être déstabilisés”. Bla bla bla.
Deux ans plus tard, en juin 2012, l’Espagne à genoux demandait un prêt de 100 milliards à l’Eurogroupe pour éviter la faillite.
Et malgré cette aide débloquée par les fonds de sauvetage européens, six semaines plus tard, seule l’intervention in extremis (“quoi qu’il en coûte”) du président de la BCE Mario Draghi a permis d’éviter la banqueroute du pays et la sortie de l’euro. S’en suivit un programme d’ajustement budgétaire brutal.
Avec le programme insoumis associé à l’insouciance Mélenchoniste, nous y irions tout droit.
@publicsenat@PJouvet Tout bouge et change, dans le Monde. Ce dernier n’a plus rien à voir avec ce qu’il était ne serait-ce qu’il y a 50 ans. Même l’Europe, minée par un état d’esprit rétrograde, va avoir beaucoup de mal à se maintenir. Et pendant ce temps là, en France…
En ce lendemain du 4 mai, Jour de Libération des Actifs, je partage à nouveau cette video de juillet dernier, quand à l’@AssembleeNat j’avais dénoncé tous ceux - politiciens, cour des comptes, COR… - qui préfèrent garder la tête dans le sable.
Neuf mois plus tard je n’en changerais pas un mot.
🇫🇷🇷🇺« C'était une erreur de faire des provocations comme l'élargissement de l'OTAN jusqu'aux frontières de la Russie ».
On pourrait croire à une phrase lâchée par Vladimir Poutine mais non, c'est une députée française.
L'OTAN n'a pas cherché à s'élargir, ce n'est pas une alliance qui « drague » les pays pour grandir toujours plus et venir menacer la Russie. Ce sont les pays, des États souverains, qui, pour leur défense et parce qu'ils se sentent menacés, demandent à rejoindre l'OTAN pour trouver des alliés militaires fiables.
De plus, l'OTAN ne menace personne puisque c'est une alliance militaire DÉFENSIVE et qu'il est rédigé dans sa charte même que la clause d'autodéfense ne peut être déclenchée qu'en cas d'attaque sur un État membre. Le narratif comme quoi l'OTAN a provoqué volontairement ou a menacé la Russie, c'est un élément de langage créé à Moscou.
Étrange, ensuite, d'entendre Mme @Clemence_Guette déclarer que « tout le monde le savait, les analystes géopolitiques le savaient ». Sur ce point, je suis très curieux de savoir QUI soutient cette thèse car n'importe quel analyste un minimum sérieux (donc pas les Aberkhane autoproclamés experts en tout) sait pertinemment que l'OTAN est une alliance défensive qui ne menace pas la Russie.
On a donc une députée de gauche qui reprend le narratif du Kremlin mot pour mot. Deux hypothèses, la première (ma préférée) c'est qu'elle ne connaît absolument rien à la géopolitique et aux enjeux autour de l'OTAN et de la Russie. La seconde, c'est qu'elle a une complaisance pour la Russie et, là, on a un vrai problème.
Personnellement, j'ai peur que ce soit les deux en même temps.
@Maiannah Il est surtout temps de mettre un terme aux parcours universitaires qui se terminent en voie de garage et qui ne servent à rien. Ça éviterait que les étudiants s’embarquent dans des galères inutiles 😉
@NicoBISPUTHE@Guigz75116 Pas la bêtise non : la démagogie. D’abord on choisit les cibles que déteste son électorat, ensuite on tape sur les coupables en question, ça soude l’électorat en lui vendant le discours binaire qu’il a envie d’entendre (les gentils et les méchants).