J’entends déjà les caricatures : « Le PQ est contre le TGV, contre le transport collectif, contre le développement et contre la modernité. Il veut replier le Québec sur lui-même et le garder petit. »
Mettons les choses au clair.
Le réflexe d’être favorable à un TGV est parfaitement compréhensible. Les déplacements interrégionaux sont un sujet émotif, parce qu’ils touchent directement notre qualité de vie, nos familles, nos régions et notre façon d’occuper le territoire. Moi aussi, au départ, j’étais favorable à ce projet. J’aime les TGV. Mais aimer les TGV ne signifie pas devoir appuyer n’importe quel projet de TGV.
Le Parti Québécois n’est pas contre le TGV en soi. Il est contre le projet ALTO tel qu’il est actuellement conçu et imposé par Ottawa : un projet pharaonique pouvant atteindre 200 milliards de dollars, dont la part assumée par les Québécois pourrait avoisiner 40 milliards, alors que les coûts réels, le tracé, les retombées et même les bénéfices sur la circulation demeurent incertains.
Et lorsque j’entends : « Ce n’est pas grave, c’est le fédéral qui paie », il faut rappeler une évidence : l’argent du fédéral, c’est aussi notre argent. Ottawa ne crée pas cet argent par magie. Il le prélève auprès des contribuables, notamment québécois, puis décide comment le redistribuer.
ALTO s’inscrit également dans la vision de Mark Carney de grands projets de nation-building visant à « bâtir le Canada fort » et à créer une seule économie canadienne plutôt que treize. Mais un Canada plus fort ne signifie pas nécessairement un Québec plus fort. Ces projets sont définis selon les priorités canadiennes, souvent sans véritable approbation du Québec, alors même que les Québécois y contribuent financièrement de façon importante.
Le PQ fait depuis longtemps la promotion du transport collectif. Il propose précisément d’investir dans nos propres réseaux : transport collectif urbain et interurbain, infrastructures routières, écoles et hôpitaux. Le Québec traîne un déficit majeur d’entretien de ses actifs. Nos écoles, nos hôpitaux, nos routes et plusieurs de nos infrastructures sont désuets. Voilà une véritable urgence nationale.
Pendant ce temps, Ottawa, déjà lourdement endetté et déficitaire, veut engager des dizaines de milliards supplémentaires dans un projet dont la planification demeure opaque. Avant de signer un autre chèque en blanc, il est parfaitement légitime de demander si c’est réellement la meilleure utilisation de l’argent des Québécois.
Comme le souligne Jocelyn Caron, il faut aussi éviter un « Mirabel 2.0 » : un projet décidé à Ottawa, présenté comme inévitable, puis imposé aux agriculteurs, aux municipalités et aux familles qui risquent de subir les expropriations. Le développement ne consiste pas à sacrifier des terres agricoles et des communautés entières au nom d’un projet encore mal défini.
Être favorable au développement, ce n’est pas applaudir automatiquement chaque mégaprojet fédéral pour avoir l’air moderne. C’est faire des choix responsables, selon nos besoins et nos priorités.
Le PQ ne veut pas garder le Québec petit. Il veut que le Québec décide lui-même comment il se développe et où il investit son argent.
C’est avec beaucoup de fierté que nous annonçons aujourd'hui la candidature officielle de Fatima Aboubakr dans Laval-des-Rapides!
Fatima a quitté le Maroc avec sa famille en 2005. Depuis, elle a travaillé comme éducatrice qualifiée à la petite enfance avant d’offrir son expertise en gestion à plusieurs établissements de services de garde. Elle milite également depuis des années pour protéger le modèle de laïcité choisi par les Québécoises et les Québécois.
En s’établissant au Québec, Fatima a trouvé une nation accueillante et fière, à laquelle elle désire contribuer. Notre candidate croit en une société universaliste où toutes et tous, peu importe l'origine, participent pleinement au «nous» québécois.
Depuis l’annonce de sa candidature à l’investiture, Fatima a été la cible de nombreux commentaires violents en ligne. Toutefois, ces attaques n’affectent en rien sa motivation à défendre ses idées en faveur de la laïcité québécoise. Elle ne cédera jamais devant celles et ceux qui tentent d’effacer son droit de participer à la vie publique et elle peut compter sur notre appui indéfectible.
Bienvenue dans l’équipe, Fatima!
La séquence surréaliste anti-indépendantiste de La Presse continue.
J’ai lu ce matin l’éditorial de Stéphanie Grammond, où elle parle de l’importance de créer des ponts plutôt que de parler de référendums, comme le font les Québécois et les Albertains. Elle tente de dépeindre négativement les mouvements indépendantistes en les présentant comme des sources de division, pour ensuite faire un parallèle invraisemblable avec l’incapacité du Canada à s’entendre sur des règles commerciales internes assouplies. À La Presse, il ne faudrait surtout pas voir la vérité en face : dans ce pays-là, il y a autant d’intérêts divergents qu’il y a de provinces.
Ce procédé n’a rien de nouveau. C’est le genre de texte qu’on peut souvent lire dans La Presse, qui ne se gêne pas pour afficher son caractère foncièrement fédéraliste et anti-indépendantiste.
On l’a vu dès le 27 mars, quand Francis Vailles s’est fendu d’un texte cherchant à démontrer l’existence d’un trou de 27 milliards que le Québec aurait avec le fédéral, un argumentaire bancal facilement démonté par mon ami et ancien collègue Nicolas Marceau.
La séquence s’est poursuivie le 5 avril, lorsque Stéphanie Grammond nous a servi un dossier sur le Brexit expliquant que les indépendantistes britanniques seraient en fait la cause de la montée des mouvements anti-immigration. Donc, des indépendantistes qui seraient intolérants et extrémistes : c’est surprenant.
Le 14 avril, Yves Boisvert écrit une chronique complète pour établir des parallèles douteux entre PSPP et Trump, chronique qu’il conclut ironiquement en se défendant de vouloir dire que PSPP serait trumpiste.
Le 5 mai, Stéphanie Grammond insinue qu’il existerait une possible ingérence russe dans le mouvement indépendantiste québécois sans même avancer l’ombre d’une preuve.
Le 26 mai, Michel C. Auger écrit une chronique lunaire inventant « un malaise » au sein du Parti québécois autour de ce « virage à droite » allégué. S’appuyant moins sur de réels témoignages ou observations de terrain — un terrain qu’il ne fréquente plus depuis longtemps —, il aligne les procès d’intention et les distorsions de la réalité pour commenter ce qui reviendrait, selon lui, à « bazarder » l’héritage social-démocrate des anciens chefs du PQ.
Il s’agit d’éditoriaux et de chroniques, donc de textes subjectifs, mais qu’on ne peut analyser sans tenir compte des reportages, également parus dans La Presse, qui tentent désespérément de faire porter au Parti québécois le poids d’un rapport des OUI Québec qui ne parle pas de lui, ou encore de prétendre qu’on aurait cherché à bousculer les chefs autochtones en les consultant sur le contenu du Livre bleu.
Et pendant ce temps, on continue de chercher les chroniques ou les éditoriaux qui viendraient faire contrepoids au point de vue inconditionnellement fédéraliste que La Presse se gêne de moins en moins de mettre en vitrine.
Bref, il y a toujours eu dans La Presse un manque d’équilibre quand vient le temps de commenter la question nationale. Dans ce contexte, la seule chose qu’on puisse faire est de démontrer le biais fédéraliste de ce journal et de sensibiliser la population à cette posture sans équivoque.
@marc_tanguay Avouez que c’est très ironique de lire un tel commentaire de votre part, vous qui avez déjà été péquiste et actif pour le oui lors du dernier référendum! 🤷🏻♂️😉