Je risque d’inventer l’eau tiède, mais il est utile de rappeler à ceux qui confondent le doigt et la lune que réduire l’action du Rwanda en RDC à une simple prédation minière relève d’une lecture chimérique.
Kinshasa est géographiquement et logistiquement opposée au Kivu. De ce fait, l’évacuation des productions minières passe inévitablement par les pays frontaliers pour atteindre la mer, l’option aérienne étant économiquement prohibitive. Autrement dit, le Rwanda n’a nul besoin de l’instabilité pour capter ces flux : ils transitent naturellement par son territoire. Pire encore, l’instabilité nuit à la régularité du marché et les gains issus du blanchiment sont rapidement annulés par le coût réputationnel. Le minerai n’est donc qu’un gain collatéral ; l’enjeu réel est ailleurs.
1. La bataille géopolitique entre l’Occident et l’Orient
Le Congo, État pauvre, corrompu, fragmenté et désorganisé, est une proie idéale pour les offres les plus indécentes. L’exemple du port sri-lankais saisi par la Chine en dit long. Permettre qu’un gisement géologique du calibre congolais bascule durablement dans l’orbite orientale reviendrait à livrer le village des Schtroumpfs à Gargamel. Le chaos entretenu en échange d’aides internationales devient alors un instrument stratégique.
2. Le cycle du recyclage politique comme moteur économique
À chaque désescalade, un État affaibli se voit contraint au dialogue, ce qui permet de recycler les élites corrompues et de maintenir un statu quo favorable aux économies frontalières. Ainsi, l’Est congolais alimente une part significative des revenus touristiques rwandais. Le chaos devient un levier de marché commerciaux et touristique.
3. Le fantôme d’Habyarimana
En 1994, Kagame n’avait pas anticipé que la destruction de l’avion présidentiel déclencherait l’un des épisodes les plus sanglants de l’histoire africaine. Depuis, l’extrémisme s’est enraciné des deux côtés. Le Rwanda, traumatisé, cherche à contrôler son environnement immédiat, hanté par la crainte de subir à son tour ce qu’il a infligé. Le pays ne s’est jamais réellement remis de 1994 ; la paranoïa d’État est devenue une doctrine.
4. Quand on naît par le sang, on persiste par le sang
Kagame n’est pas qu’un homme : il incarne une philosophie. Les « Ikontanyi » sont nés du sang, vivent par le sang et pour le sang. Sans ennemi, ils sont privés de l’énergie qui les structure. Il n’y aura pas de véritable dialogue inter-rwandais car le conflit demeure le carburant du régime. Et le Congo, hélas, reste un terrain de jeu d’une vulnérabilité désarmante facile à ériger en menace pour la populace d’énergie Ikontanyi.
RDC : Justin Bitakwira tacle les Kinois
Lors d’une sortie médiatique très commentée, jeudi 18 septembre, le député Justin Bitakwira n’a pas mâché ses mots à l’égard des habitants de Kinshasa. Comparant la capitale à un salon face aux « chambres » que représenteraient les provinces, il a dénoncé ce qu’il considère comme un profond désintérêt des Kinois pour les réalités vécues dans le reste du pays.
« Déjà à 9 heures, 7 millions de personnes qui vivent à Kinshasa sont ivres. Comment vont-elles savoir réellement ce qui se passe dans l’Est ? », a-t-il lancé, pointant ce qu’il perçoit comme une déconnexion inquiétante entre la capitale et les zones en crise.
Profitant de cette tribune, Bitakwira a également déclaré être le candidat idéal pour succéder à Vital Kamerhe à la présidence de l’Assemblée nationale, mettant en avant sa légitimité et sa connaissance des enjeux nationaux.
Joshua Desvers Nsiala
joshua.nsiala