J'ai regardé la conférence Black Hat qui rapporte des éléments nouveaux et surprenants sur le hack d'HuggingFace : c'est extrêmement alarmant.
Et il me semble que ça mérite d'être porté à l'attention du plus grand monde.
Merci à @Numerama pour ce résumé: https://t.co/njCgKw9cOg
Il suffit de lire le rapport.
Ce sont les femmes étrangères enceintes, souvent récemment arrivées sur le territoire, qui font augmenter ce taux.
Je ne le savais pas et je l'ai appris avec ce rapport...
Le taux pour les naissances de femmes françaises est très stable (3/1000).
@Historionome Je viens de regarder un peu les taux par pays et on est passés sous le Royaume-Uni, tandis que les Russes et les USA ne sont plus si loin en-dessous. Comment c'est possible ? Est-ce qu'à nos niveaux (bas) ce n'est pas l'épaisseur du trait ?
L'hédonisme sécuritaire est devenu tellement hégémonique qu'on peut faire un political compass avec comme coordonnées « jouir » et « sans Arabes » qui correspondrait presque au political compass réel
Pourquoi tous les dirigeants occidentaux devraient lire The Blank Slate de @sapinker, le meilleur livre jamais écrit sur la nature humaine.
Pourquoi les belles intentions progressistes aggravent-elles si souvent les maux qu'elles prétendent guérir ? Parce qu’elles accouchent de politiques publiques qui reposent sur une mauvaise compréhension de la nature humaine. Bien gouverner, ce n'est pas afficher des objectifs vertueux, mais réussir à mettre en place les incitations (parfois cruelles en apparence) qui font converger des millions de volontés vers la paix civile et la prospérité. Or cela n'est possible que si l'on comprend ce qui meut l'individu. Voilà pourquoi l'élite occidentale ferait bien de lire le meilleur livre jamais écrit sur la nature humaine : The Blank Slate de Steven Pinker. Dans cet essai époustouflant, l’auteur montre qu’un dogme s'est emparé de notre intelligentsia : le mythe selon lequel le cerveau humain est une page blanche sur laquelle la société imprime sa marque. C'est cette croyance qui s’exprime lorsque l’on affirme que tout écart de représentation entre les sexes trahit une discrimination, que nos goûts ne sont que des conventions culturelles arbitraires, que l’échec scolaire d’un enfant est toujours imputable à son environnement, que les stéréotypes culturels sont la cause (et non le reflet) des comportements humains, ou qu'il suffirait de reconstruire la société pour façonner un homme nouveau.
Proposer une recension exhaustive d’un livre aussi riche serait impossible ; concentrons-nous donc sur l’une des manifestations les plus tenaces de la théorie de la page blanche : l’idée selon laquelle la « cause première » de la violence réside toujours dans des facteurs sociaux. « Tout le monde sait, déclarait Lyndon Johnson en 1967, que ce qui construit la violence est l’ignorance, la discrimination, la pauvreté, les maladies, le manque d’emplois. » Cette idée présuppose une anthropologie : celle du bon sauvage, pour qui la violence n'est jamais inscrite dans l'homme mais toujours dans nos institutions. Dans le monde académique, contester ce présupposé peut coûter cher. Pinker raconte en effet, parmi d’autres anecdotes édifiantes, que l'anthropologue Napoleon Chagnon fut victime d'une cabale académique après avoir documenté la fréquence des guerres et des raids chez les Yanomamö (société de chasseurs-horticulteurs en Amazonie). Il avait montré que les hommes qui tuaient le plus avaient davantage d'épouses et de descendants que les autres, ce qui impliquait que leur violence était « rationnelle » d’un point de vue évolutif (et donc que la sélection naturelle façonne peut-être autre chose que des bons sauvages). Chagnon fut accusé (à tort) d'avoir fabriqué ses données, fomenté les guerres qu'il décrivait, et même d’avoir contribué à un génocide !
Ce que ces campagnes d’intimidation cherchaient à étouffer n'était pourtant qu'un constat scientifique. Rassemblant les données, Pinker démontre que la violence est une stratégie inscrite dans le répertoire de la nature humaine. Pour ne citer que quelques éléments : le meurtre délibéré de congénères existe chez la plupart des chimpanzés ; une corrélation entre testostérone, dominance et agressivité est établie ; la taille et la force supérieures des hommes sont la signature d'un passé évolutif de compétition violente entre mâles ; l'âge le plus violent n'est pas l'adolescence mais la petite enfance (la moitié des garçons de deux ans frappent, mordent et donnent des coups de pied). Quand on observe ce dernier fait, remarque le professeur de sciences cognitives à Harvard, on comprend que la bonne question n'est pas « comment les enfants apprennent-ils à agresser » mais « comment apprennent-ils à ne pas agresser ? »
Pourquoi tant de gens rejettent-ils l’idée que la violence puisse être « naturelle » ? Premièrement parce qu’ils croient qu’admettre cela reviendrait à la cautionner. Pourtant, répond Pinker, « la violence humaine n’a pas besoin d’être une maladie pour mériter qu’on la combatte. Au contraire, l’idée que la violence est une aberration est sans doute dangereuse, car elle nous conduit à oublier la facilité avec laquelle elle peut éclater ». D’autant qu’aujourd’hui, ajoute-t-il, la culture de l’excuse ne vient pas d’une foi dans un déterminisme biologique mais d'une foi dans un déterminisme environnemental. En effet, lorsque l’on considère que le criminel est la victime impuissante de son conditionnement social, on tend à transférer la responsabilité du mal de l’individu à la société (incriminée tout entière pour les comportements déviants de certains de ses membres) et à abolir partiellement la responsabilité individuelle (chaque acte de violence étant « expliqué » par des facteurs sociaux antérieurs).
La deuxième raison pour laquelle les progressistes rechignent à localiser le mal dans le cœur humain tient à leur volonté de croire qu’il est possible « d’éliminer la violence par de bienveillants programmes sociaux plutôt que par une dissuasion punitive ». Ramsey Clark, ministre de la Justice de l'administration Johnson, exprimait cette vision dans un best-seller des années 1970 : « Des individus sains et rationnels comprendront qu’ils sont le mieux servis par une conduite qui ne cause aucun tort. Réhabilité, un individu ne pourra plus se résoudre à blesser autrui. »
Contre cette vision naïve, Pinker propose un modèle de la nature humaine où la violence n’est pas une pathologie mais souvent un choix rationnel auquel peuvent se résoudre même des individus sains (« pourquoi les gens dévalisent les banques ? Parce que c’est là que se trouve l’argent »). De même, contre la doxa néo-féministe, popularisée par Susan Brownmiller en 1975, qui veut que le viol n’ait « rien à voir » avec le sexe et soit le produit d’une construction culturelle patriarcale, Pinker montre que le mobile sexuel des violeurs est central.
Dès lors, les politiques publiques les plus efficaces contre la violence (sexuelle ou non) ne sont ni les campagnes de rééducation culturelle, ni les ateliers de déconstruction de la masculinité toxique, ni les cours d’empathie, mais celles qui « frappent directement les incitations rationnelles : une forte probabilité de sanction déplaisante élève le coût anticipé du délit ». Les psychologues évolutifs Martin Daly et Margo Wilson décrivent d'ailleurs la soif de vengeance comme le produit d'un mécanisme mental dont la fonction adaptative est « de faire en sorte que les contrevenants ne tirent aucun bénéfice de leurs méfaits » ; cet instinct humain augmente le coût individuel de la déviance (car le déviant s’expose à des représailles), et rend possible une société pacifiée. Si cet instinct n’est pas institutionnalisé, civilisé par l’État, il réapparaît sous la forme d’une culture de l’honneur souvent sanglante.
Un autre totem progressiste que Pinker réfute est l’idée selon laquelle nous serions tous prédisposés de la même façon à la violence. « Certains individus, écrit-il, sont par leur constitution plus portés que d’autres à la violence. […] Les individus enclins à la violence ont tendance à être impulsifs, d’intelligence réduite, hyperactifs et peu attentifs. Ils sont vindicatifs, prompts à la colère, rebelles à l’autorité, perturbateurs, et ils tendent à tout mettre sur le dos des autres. Ces traits apparaissent tôt dans l’enfance, persistent tout au long de la vie et sont fortement héritables. » De là une conséquence que l'on oublie trop souvent : la prison ne sert pas seulement à dissuader. Elle sert aussi à mettre hors d'état de nuire cette petite minorité d'individus au tempérament (en partie héréditaire) très criminogène. Le bénéfice de la neutralisation de ces récidivistes, parce qu'ils concentrent une part disproportionnée des actes violents (7 % des jeunes hommes commettent 79 % des délits de violence avec récidive, rapporte Pinker) est immense.
En outre, l'héritabilité partielle de la prédisposition à la violence invite à bien sélectionner les individus que l'on accueille dans notre pays : celui qui est davantage porté aux comportements prédateurs que la moyenne transmettra une part de cette prédisposition à sa descendance. « Les unes après les autres, les études montrent que la tendance à commettre des actes antisociaux, entre autres à mentir, voler, déclencher des batailles et détruire le bien d'autrui, est en partie héréditaire », écrit Pinker. On pense aux travaux de l'économiste Gregory Clark qui, dans un livre référence (The Son Also Rises), a reconstitué les trajectoires de milliers de familles immigrées sur plusieurs siècles. Son constat : les lignées qui se sont rapidement intégrées ont souvent contribué positivement au pays de génération en génération ; celles qui ont échoué d'emblée sont souvent restées à la traîne pendant des siècles. Si le statut social se transmet avec une telle inertie, c'est que sa racine est parfois partiellement génétique. Encore une fois, une compréhension de la nature humaine ancrée dans les faits (plutôt que dans le dogme) peut orienter l’action publique pour le meilleur.
Pour finir, anticipons une question : un livre qui montre que la nature humaine est traversée de passions diverses et parfois sombres n’est-il pas déprimant ? Non, au contraire. Une fois dissipées nos illusions sur la bonté originelle de l'homme, on comprend que la civilisation est une prouesse, que la paix n'est pas notre état naturel, mais une conquête. On apprend à aimer la société dans laquelle on vit. À l’inverse, c’est lorsque l’on adhère à une vision candide de la nature humaine que l’on nourrit un ressentiment envers nos sociétés, parce qu’on cherche à expliquer non pas la rareté relative du mal, mais son existence même. Aussi interprète-t-on sa persistance (par exemple aujourd’hui : celle des violences faites aux femmes) comme le symptôme d’une faillite collective (culture du viol, patriarcat, etc.). De même, dans la sphère économique, ce que l’on cherche à expliquer n’est pas la prospérité (envisagée comme l’état naturel des choses), mais la pauvreté, dont la persistance justifierait la condamnation de notre système économique. « Lorsque nous ne prenons pas la mesure des progrès laborieusement réalisés par l’humanité au fil des siècles, écrira Pinker dans Le Triomphe des Lumières (2018), nous en venons à croire que l’ordre et la prospérité sont l’état naturel des choses, et que chaque problème est un scandale qui exige de blâmer des malfaiteurs ou de démanteler des institutions ».
Pinker, lui, nous dit que l’homme est un animal imparfait dont nos institutions canalisent la part d’ombre, nous rappelle que la civilisation est un acquis fragile, et nous invite, dès lors, à entreprendre tout changement d'une main tremblante. On songe à la phrase du philosophe Thomas Sowell : « Certains intellectuels se demandent rarement pourquoi nos sociétés ne connaissent pas la pauvreté de l’Inde, l’oppression politique de la Corée du Nord, l’anarchie du Libéria, ou les massacres du Rwanda. Il ne leur vient donc pas à l’esprit que cela pourrait être lié aux valeurs, aux traditions, et aux constructions sociales qu’ils s’acharnent à déconstruire. » Pinker se définit avant tout comme un libéral, mais, comme Sowell, dans le sillage duquel il s’inscrit, cela ne l’empêche pas d'être finement conservateur.
On le sait depuis un moment, mais leur quantité impressionne toujours pour cette forêt longtemps décrite comme "vierge". Des relevés LiDAR ont permis de "voir" à travers la canopée de la forêt amazonienne (surtout dans la région de l’Acre au Brésil, près des frontières avec la Bolivie et le Pérou) des centaines de structures vieilles d'au moins 2 000 ans. Il s'agit souvent de vestiges d'anciens centres cérémoniels. Ces découvertes confirment que l'Amazonie n'était pas vide. Et qu'au contraire, d'anciennes sociétés complexes y ont aménagé le paysage depuis longtemps. Ces sites semblent avoir été abandonnés vers 850-950 apr. J.-C., et la forêt a ensuite recouvert ces structures. https://t.co/y1rDsFacoJ
1/3 - L’épidémie d’obésité qui frappe le monde épargne relativement la France et la Suisse. L’obésité y est 4 fois moindre qu’aux États-Unis et 3 fois moindre qu’au Royaume-Uni. Or l’obésité est un facteur de risque de maladies cardiométaboliques, de cancers et d’Alzheimer.
@Vertumne1@solsenois Différence reprise par Michelet pour en faire une qualité de race : "les Orientaux sont en meilleure santé et ça se voit dans leur Ayurvéda !"
J'imagine que @DFintelligence doit me ranger parmi les gens qui ont "crié au loup" pour avoir fait par exemple cette vidéo (il me reprochait à l'époque de "surfer sur des fantasmes anxiogènes") :
https://t.co/FVGyB7X59u
@gugus_bontaquin@posta_octavian Il y a un nationalisme "par destination" chez Jaurès par exemple : il faut sauver la France parce qu'elle a enfanté la Liberté. Mais justement, c'est par destination, le lien familial qui est à la base du nationalisme est nié.
@solsenois La concurrence ça permet vraiment de voir ce que chacun a dans le ventre. Personne dépasse Onfray, même le BHL grande époque c'était plus fin.
Cet article de Timothy Gowers est le plus intéressant que j'ai lu parmi les réactions de mathématiciens aux progrès récents des IA en maths.
Quelques réflexions que ça m'inspire sur "l'utilité épistémique" des êtres humains (et ça pourrait faire l'objet d'une vidéo un jour).
La vérité est que la majorité des électeurs se contrefichent de la liberté d’expression, du débat public ou de la vie privée.
Ce qu'ils veulent c'est pouvoir continuer à sous-traiter l'éducation de leurs enfants à des écrans, tout en délestant leur responsabilité sur l'État-nounou.
De plus, pour la plupart des gens, les réseaux sociaux ne sont pas une agora. Ils consomment les réseaux comme ils consomment la télévision, en scrollant sur le canapé du contenu prédigéré.
Quant aux autres, ils sont terrifiés par leur propre ignorance technologique et se persuadent que ces plateformes sont un dark web fantasmé et un cloaque “d’extrême-droite”.
Les politiques centristes sont avant tout des boutiquiers du suffrage universel qui naviguent à vue avec pour unique boussole la réélection.
L'électeur moyen n'ayant strictement cure du débat d'idées, il n'y a absolument rien à gagner sur le plan électoral à monter au créneau pour défendre la liberté d'expression et d’opinion.
En revanche, le coût d'une opposition est exorbitant. Qui veut risquer de perdre des points sur la ligne de départ des présidentielles en ramassant en direct sur un plateau télé une accusation de mise en danger des enfants?
Cette histoire a déjà eu lieu au Royaume-Uni avec l’Online Safety Act. La demande de censure était massive et transpartisane.
Ça s’est terminé par l'exigence du Digital ID pour tout le monde, la pulvérisation du débat public, des parlementaires et des journalistes censurés, et la police qui débarque à votre porte en pleine nuit pour vous arrêter ou vous sommer d'effacer un post.
Malgré la descente dans l’autoritarisme, les sondages récent montrent la majorité des britanniques prêts a voter pour le parti qui promettra encore plus d'interdictions en ligne, même si la plupart de ces mêmes électeurs avouent qu'ils savent pertinemment que ces lois échoueront à atteindre le but initial promis.
La politique fonctionne comme n'importe quel marché : si la demande est pathologique, l'offre sera toxique.
Si voter une loi liberticide permet de gratter des points dans les sondages et offre un bénéfice électoral maximum pour un coût nul, vous aurez la loi liberticide.
Garbage in, garbage out.
La bonne nouvelle est que l'État n'a absolument pas les moyens techniques de ses ambitions totalitaires.
La mauvaise est que ça ne change rien.
L’électeur sait que son bulletin individuel a un poids proche de zéro. Le coût d'être complètement déconnecté du réel est lui aussi de zéro.
L'électeur utilise l'urne comme un bien de consommation pour exprimer une émotion, signaler sa vertu ou soulager une angoisse, même si la loi qui en résulte est totalement dysfonctionnelle.
La flemme intellectuelle et l'irrationalité offrent un effet d'aubaine bien plus monumental à la classe politique qu'une soif de dictature.
Ces lois n'ont donc même pas besoin de coder droit pour faire des ravages.
Elles prospèrent très bien sur la médiocrité de l’électeur moyen, la lâcheté de l’opposition et l'opportunisme crasse des gestionnaires du bloc central.
@PaulFortune1975 Il y a deux ou trois ans : sortie de Total War Pharao dont ils sont l'antagoniste canonique. Mais je grossis peut-être ma propre bulle.