C'est le texte le plus affreux que la Ve République ait produit depuis la Libération.
J'ai été lire le rapport n° 875 du Sénat sur « la régulation de l'information dans l'espace numérique », adopté le 8 juillet avec les prérogatives d'une commission d'enquête. 160 pages, 56 recommandations. C'est absolument édifiant.
Pendant que tout le monde regarde ailleurs, ce texte sert de cheval de Troie : on part de la lutte contre l'ingérence étrangère Viginum, un service légitime, borné par quatre critères cumulatifs dont l'implication d'une « entité étrangère » et on propose froidement de construire son « pendant » tourné vers l'intérieur. Vers vous. Vers moi. Vers n'importe quel Français qui publie.
Lisez la recommandation n° 1. Elle propose de créer, avant la présidentielle, un « observatoire » financé sur fonds publics, chargé d'inciter les plateformes « à modifier leurs algorithmes ou à invisibiliser un utilisateur fautif » à l'approche des élections. Vous avez bien lu. « Invisibiliser un utilisateur fautif. » Fautif de quoi ? Décidé par qui ? Sans juge, sans procès, sans défense. Un organisme para-étatique qui désigne des citoyens à faire disparaître des fils de recommandation, précisément au moment où la parole politique compte le plus. Le shadowban comme instrument de politique publique.
La recommandation n° 4 va plus loin : imposer aux plateformes des obligations « plus strictes de retrait des contenus, voire de suspension des algorithmes pendant la campagne électorale ». Suspendre la distribution de la parole pendant la campagne. Dans quel pays libre a-t-on jamais écrit ça ?
Article 11 de la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen de 1789, bloc de constitutionnalité : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi. » Répondre de l'abus DEVANT UN JUGE, APRÈS publication. Pas être invisibilisé préventivement par un consortium subventionné.
Le Conseil constitutionnel a déjà tranché deux fois. En 2018 (décision 2018-773 DC), il n'a sauvé le référé « fake news » qu'en le réduisant à presque rien : seules des allégations manifestement fausses, diffusées artificiellement et massivement, avec un risque manifeste d'altérer le scrutin. En 2020, il a censuré la loi Avia (décision 2020-801 DC) parce que faire retirer des contenus sans juge portait une atteinte disproportionnée à la liberté d'expression. Ce rapport propose exactement ce que le Conseil a déjà déclaré contraire à la Constitution — en pire, puisqu'on y ajoute la désignation nominative de « fautifs ».
Et ce n'est que le début.
Recommandation n° 5 : permettre à des associations militantes de déclencher elles-mêmes des poursuites pour « fausses nouvelles » au titre de l'article 27 de la loi de 1881. La délation processuelle privatisée.
Recommandation n° 9 : créer des délits NON INTENTIONNELS de diffamation, d'injure ou de discrimination, punissables par simple « négligence » quand une IA est impliquée. Deux siècles de droit de la presse reposent sur l'intention. On propose de condamner pénalement des gens pour des propos qu'ils n'ont pas voulu tenir.
Recommandations n° 14 à 17 : inscrire dans le droit européen une définition officielle de la « désinformation », graduée en niveaux de risque jusqu'au « risque inacceptable », en visant expressément la désinformation « climatique, de santé ». L'État qui définit le vrai et le faux sur les sujets scientifiques contestés, avec une échelle de peines. Un ministère de la Vérité avec une nomenclature.
Recommandations n° 20 à 26 : conditionner l'agrément de presse (CPPAP), donc les aides et le statut fiscal, au respect de « chartes déontologiques » et à la consultation d'une « association agréée agissant en matière de déontologie journalistique ». Traduction : pour être reconnu comme presse, il faudra penser correctement. C'est le retour de l'autorisation préalable, abolie en... 1881.
Recommandations n° 29 et 53 : conditionner les achats publicitaires de l'État à l'exclusion des « sites de désinformation », puis « prévoir un mécanisme incitatif voire une obligation » pour que les annonceurs PRIVÉS orientent leurs budgets vers les médias labellisés. L'asphyxie économique des médias non conformes, organisée par la loi.
Recommandations n° 31, 32, 36, 37, 38 : obliger YouTube, TikTok, Instagram à « paramétrer leurs algorithmes » pour mettre en avant des « services d'intérêt général » désignés par l'Arcom et placer les créateurs indépendants « à forte audience » sous la régulation directe de l'Arcom, « au même titre que dans le champ de l'audiovisuel ». Un influenceur qui marche trop bien devient une chaîne de télé soumise à licence. Et pendant qu'on régule d'une main, on subventionne de l'autre : recommandations n° 39 et 40, un « soutien financier spécifique » et des grilles de rémunération pour les créateurs d'information. Le bâton pour les insoumis, la gamelle pour les dociles.
Recommandations n° 12 et 13 : élargir l'identification pénale des auteurs d'« infractions au droit de la presse » et créer une « requête nommée » pour lever l'anonymat en ligne. La fin de l'anonymat, pour des délits d'opinion.
Prenez du recul une seconde. Mis bout à bout : un organe qui désigne les citoyens à invisibiliser, des algorithmes suspendus pendant les campagnes, une définition légale de la vérité, des délits sans intention, la presse sous agrément déontologique, la publicité fléchée par l'État, les créateurs sous licence Arcom, l'anonymat levé sur requête. Chacune de ces briques serait déjà un scandale. L'ensemble forme une architecture complète de contrôle de l'information, présentée dans la langue anesthésiante de la « régulation » et de la « qualité de l'information ».
L'article 34 de la Constitution confie à la loi le soin de fixer les garanties des libertés publiques pas d'organiser leur démantèlement par observatoires interposés. L'article 4 de la Constitution garantit « les expressions pluralistes des opinions ». L'article 10 de la CEDH protège la liberté d'expression y compris pour les idées qui « heurtent, choquent ou inquiètent » (Handyside, 1976). Ce rapport heurte frontalement les trois.
S'il y a des avocats, des constitutionnalistes, des professeurs de droit public qui lisent ceci et veulent se saisir de l'affaire documenter, publier, préparer les QPC et les saisines le jour où ces recommandations deviendront des amendements manifestez-vous.
Parce que je pèse mes mots : je pense que c'est le texte le plus affreux que la Ve République ait produit depuis la Libération. Pas le plus brutal. Le plus profond. Celui qui ne censure pas un livre mais qui redéfinit qui a le droit d'informer, ce qui est vrai, et qui mérite d'exister dans l'espace public.
J'ai été lire ce rapport-là et c'est absolument édifiant. Lisez-le vous-mêmes. Rapport d'information n° 875, Sénat, session extraordinaire 2025-2026. Tout y est.
L’image est peut-être parue dans la presse, mais ce n’est en aucun cas une "photo de presse". C’est une prestation éditoriale. On en fait régulièrement.
On la reconnaît à la maîtrise totale de la mise en scène (drapé, cheveux, pose) et à une post-production qui emprunte aux codes des magazines de mode : peau lissée au dodge and burn, ombres refroidies au bleu, retrait de magenta dans le rouge de la robe, ciel artificiellement turquoise etc.
À l'inverse, la véritable photographie de presse est soumise à des règles déontologiques et à des critères de retouche minimaux.
Derrière ce résultat, il y a des professionnels et des agences, et une facture finale qui comporte un certain nombre de zéros.
D’autant qu’il faut aussi rémunérer la période d’embargo et d’exclusivité.
Les Français n'ont peut-être pas payé directement cette prestation, à condition d'ignorer très opportunément l'existence des subventions à la presse.
Mais pour faire passer la commande d’une série de portraits éditoriaux bénéficiant des plus hauts niveaux de retouche et de mise en scène pour une photo de presse faite lors d’une interview, il faut avoir un boulard à ne plus passer les portes de l’Assemblée nationale.
Thierry Breton qui traite Elon Musk de « chat noir »…
Le mec a TOUT gagné depuis 30 ans. Tesla, SpaceX, Starlink, Neuralink, xAI, X… malgré tous les « ça va faire faillite ».
Never bet against Elon Musk.
Thierry, c’est TOI le chat noir.
Tout ce que tu as touché depuis 30 ans s’est transformé en merde :
• France Télécom : tu as lancé la restructuration toxique et la culture du harcèlement managérial. La vague de suicides a suivi.
• Atos : acquisitions à crédit à tout va pendant 10 ans. L’entreprise s’effondre juste après ton départ (dette explosive, démantèlement, valorisation en chute libre).
• Tes régulations à la con à la Commission européenne (DSA, DMA, AI Act) : tu as voulu punir et contrôler les plateformes US, tuer l’innovation en Europe. Résultat ? Zéro champion tech européen, et X est toujours là, plus libre que jamais, malgré tes menaces d’amendes records.
T’as passé 30 ans à tout foirer en costard et à pondre des lois pour emmerder ceux qui créent de la valeur.
Musk construit l’avenir. Toi tu chiales à la télé en traitant de « chat noir » celui qui gagne.
Pathétique.
J’ai voulu vérifier les propos d’Emmanuel Macron sur la « labellisation » des « bonnes informations ». En effet, même si nous savons qu’il parle beaucoup dans le vide, sa fonction et sa volonté d’exister dans sa fin de mandat crépusculaire doivent nous inciter à la plus grande vigilance face à ce qui ressemblerait à un « ministère de la vérité », caractéristique de tous les totalitarismes. Ses propos sont les suivants.
19 novembre 2025 (débat avec des lecteurs de La Voix du Nord) :
- « Ce n’est pas le gouvernement ou l’État qui peut dire “ceci est une information, ceci n’en est pas” », mais « je pense que c’est important qu’il y ait une labellisation faite par des professionnels » des médias, « qui puissent dire “ceci correspond à la déontologie” » du secteur.
- « Tout faire pour que soit mis en place un label »
- « On doit distinguer les réseaux et les sites qui font de l'argent avec de la pub personnalisée et les réseaux et les sites d'information ».
- « On va créer des mécanismes qui détectent et dénoncent les ingérences informationnelles»
... « Viginum, c’est un très bon début, on va maintenant essayer de le monter en charge »
28 novembre 2025 (échange avec des lecteurs de la presse régionale du groupe Ebra)
- « Cette semaine, j’ai tenu un conseil de défense sur la lutte informationnelle où j’ai demandé » au gouvernement « qu’on ait justement un travail qui me soit rendu d’ici la fin d’année ».
Bref, alerte rouge. En effet, quand Emmanuel Macron explique vouloir “mettre en place un label” pour distinguer les “bons” sites d’information et créer des mécanismes qui “détectent et dénoncent” les contenus jugés problématiques, il franchit une ligne fondamentale.
En démocratie, on ne délègue pas à une instance agréée par l’exécutif le pouvoir de dire ce qui serait “fiable”. ON GARANTIT LE PLURALISME ET LA LIBERTÉ, ON NE LES CERTIFIE PAS.
Pour résumer, face au vrai problème soulevé, les solutions sont dans le pluralisme (celui qui est attaqué régulièrement par le
camp du bien) de l’information, l’action judiciaire immédiate et ferme en cas de diffamation (ou d’« intelligence avec l’ennemi » dans les cas d’attaques des intérêts français), l’apprentissage rigoureux de la raison critique dès le plus jeune âge, l’identification des contenus produits par de l’IA.
La tentation de labelliser “les bons médias” traduit une dérive liberticide particulièrement grave. Qu’il faudra combattre par tous moyens si elle se traduisait en projet.
On apprend que 6 personnes ont été placés en garde à vue pour avoir déclencher les feux de la forêt de Fontainebleau, parmi eux, il y a un pompier volontaire qui a allumé un feu avec un briquet et de l'essence.
Qu'on arrête de nous faire chier avec le climat, la vérité est qu'une bande d'encu... allument des feux par plaisir 😡.
Qu'on les attachent à des arbres à proximité d'un incendie puisqu'ils aiment tant les flammes...
👑MACRON 🔥
Le bon plaisir du prince pendant que les Français comptent leurs centimes ? 🇫🇷
Les chiffres CHOC des dépenses de l’Élysée viennent de tomber, et ça ne passe pas :
• Budget de l'Élysée : +10% en 2024, +3 millions d'euros en 2025.
• Déplacements : Des coûts qui ont littéralement DOUBLÉ depuis 2021.
• Fastes : 171 réceptions en un an (Record absolu de la Ve République).
• Dîner de gala (Charles III) : 474 000 € pour une seule soirée (Homard bleu et champagne).
🥂 Brigitte Macron : 300 000 € par an à la charge du contribuable.
💵Pendant ce temps : augmentation de 700 €/mois pour les sénateurs et 300 €/mois pour les députés... tout en demandant au peuple de se serrer la ceinture.
Trouvez-vous cela encore acceptable en période de crise ?
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Dix ans après l'humiliation du général de Villiers forcé à la démission, Emmanuel Macron se paie le luxe de faire rôtir au soleil en plein midi dans les jardins de l'hôtel de Brienne tous les chefs des forces armées, tandis qu'il est à l'ombre avec M. Lecornu et Mmes Vautrin et Rufo. Comme si la République n'avait pas d'auditorium climatisé...
Il parle comme s'il était encore là pour dix ans, comme s'il avait la moindre légitimité démocratique après sa dissolution ratée.
Il se vante avec une impudence d'autant plus aisée qu'il a en face de lui des gens entraînés à tenir la tranchée par tous les temps, et avec sérénité.
Il prend l'air important et se décerne des satisfecit. Il prétend avoir lancé il y a quatre ans une "économie de guerre" (défense de rire) alors que l'Ukraine nous fait payer ses achats d'armes aux Américains.
Malgré l'échec du Scaf et la révélation de l'anti-jeu de l'Allemagne, il persiste et signe dans sa chimère absurde de la défense européenne.
Il termine avec une déclaration sentimentale qui révèle à elle seule la dérive égotique d'un président que ne devrait pas dire ça : "vous avez ma confiance !" Etonnant pour un président sans majorité qui n'a plus que dix mois de mandat.
Il est plus que temps de libérer la France et ses forces armées de cette politique des grands mots.
Il nous faut retrouver une présidence digne, respectueuse, prudente et sérieuse qui prépare vraiment la guerre parce qu'elle veut vraiment la paix, au lieu, une fois de plus, de faire de la com', encore de la com', toujours de la com'.
Quand j’explique à quel point le cancer m’épuise, ainsi que le manque d’ambition de nos politiciens concernant la lutte contre le cancer et les aides pour ceux qui vivent avec la maladie, certains me répondent que je devrais m’estimer heureux d’être soigné et de toucher une allocation. Pourtant, lorsque je leur propose d’échanger nos places, plus personne ne répond. Pour eux, à partir du moment où je bénéficie d’un traitement, je n’aurais plus le droit de critiquer ce qui ne fonctionne pas. Comme si être soigné effaçait les difficultés du quotidien. Cela fait maintenant six ans que je vis enfermé dans une bulle imposée par un cancer de stade 4. La maladie est déjà un combat permanent, mais le manque d’accompagnement et les difficultés administratives rendent ce parcours encore plus lourd. Je n’ai pas le droit de critiquer Emmanuel Macron sans que ses petits bots me disent de quitter le pays si je ne suis pas content. La critique devient difficile car le système nous oblige à nous estimer heureux du peu qu’on a pendant qu’une petite partie de la population obtient tout ce qu’elle souhaite.