« Maintenant, posez-vous la vraie question : qu'aurait-il touché s'il avait simplement mis cet argent de côté lui-même ? »
On ne peut pas raisonner de cette manière. La retraite par répartition ne peut pas être pensée aussi simplement, en la comparant à un placement alternatif.
Historiquement, la répartition a été mise en place car elle permet de traiter immédiatement la misère des vieux du moment. La capitalisation, par contraste, ne peut être mise en place que pour les actifs cotisants, laissant ouverte la question de la misère des vieux. Typiquement, c'est pour cela que le choix entre répartition et capitalisation n'est pas une comparaison de rendement, mais la réponse à une urgence historique : prendre en charge une génération vieille et démunie, comme aux États-Unis dans les années 1930 ou en France à l'issue de la Seconde Guerre mondiale.
Lorsque les premiers actifs prennent en charge les premiers retraités, ils acquièrent une créance historique implicite sur les générations suivantes. Et ainsi de suite de génération en génération... La répartition est une dette historique, souvent issue d'une circonstance tragique, que l'on roule via un système de retraite. Avec ses cotisations, chaque génération rachète à la précédente cette créance, augmentée des intérêts.
Le taux d'intérêt qu'on peut payer sur cette créance — c'est-à-dire le taux de rendement du système — doit être égal ou inférieur à la croissance économique. Pourquoi ? Parce que si vous roulez une dette perpétuellement, elle croît au rythme du taux d'intérêt. Si cette croissance est plus rapide que vos revenus, alors la dette et ses intérêts croissent plus rapidement que vos ressources et vous finissez surendetté.
Donc la bonne comparaison, c'est celle du taux de récupération des baby-boomers avec la croissance de l'économie entre leur vie active et leur retraite. Or, alors qu'ils récupèrent plus de deux fois leurs cotisations, la taille de l'économie n'a, elle, été multipliée que par environ 1,6.
C'est cette différence qui est problématique : plutôt que de simplement transmettre le passif de la répartition, ils l'alourdissent pour toutes les générations suivantes. Ce qui se manifeste concrètement dans les taux de cotisation de leurs enfants et petits-enfants. Pour la cohorte de 1950, le taux de cotisation était de 22 % en moyenne sur sa vie active. Si elle récupère 2,2 fois sa mise alors que la taille de l'économie n'a été multipliée que par 1,6, il faut que le taux de cotisation de la génération suivante soit de 22 % × 2,2 / 1,6 = 30 %. C'est exactement ce qui s'est passé.
Si chaque génération se comportait de la même manière, il faudrait que le taux de cotisation soit multiplié par 2,2 / 1,6 de père en fils. On serait à 41 % dans 30 ans, 57 % dans 60 ans, 78 % dans 120 ans, et ainsi de suite. Clairement une trajectoire intenable pour le système.
Il y a encore dix ans les lois de contrôle et de limitation de l'accès aux réseaux sociaux étaient des trucs dignes des pires régimes autoritaires d'orient et d'Asie.
Aujourd'hui ça passe comme une lettre à la poste et les principaux promoteurs du projet tyrannie sont ces centristes BCBG qui ont construit toute leur identité politique sur la défense de la démocratie libérale et le contraste avec Poutine et les régimes "illibéraux".
C'est d'ailleurs exactement la même chose avec le sport, on nous a toujours répété que l'utilisation des victoires sportives pour faire la promotion d'un régime et de son idéologie était typique des dictatures, cette pratique est aujourd'hui parfaitement assumée par l'intégralité du spectre politique français diversitaire.
Les chevaliers de la démocratie libérale sont devenus très exactement tout ce qu'ils avaient juré de combattre et tout ce contre quoi ils nous avaient mis en garde depuis la naissance, avec l'inexpugnable conviction que la trahison systématique de leurs principes se fait pour la défense de ces mêmes principes.