Martin Fayulu s’enfonce profondément dans un débat non seulement primitif et incohérent, mais ne semble pas se rendre compte du caractère potentiellement génocidaire de ses propos.
L’extrait du discours initial du Mr @FayuluPresi
Vous avez dit:
« La première question sur la communauté banyamulenge. Moi, j’ai un problème sérieux, OK ? Il faut qu’on nomme les gens. Ça veut dire quoi, les Banyamulenge ? C’est quoi, Banyamulenge ? Si les gens disent que c’est une communauté rwandaise qui est venue s’installer au Congo et que, bon, ils veulent avoir la nationalité congolaise, c’est ce qu’on avait dit à la Conférence nationale souveraine : la nationalité peut se demander individuellement. Ou bien les enfants qui sont nés ici sont congolais.
Moi, je fais partie d’une tribu. Quand je suis parti à Tervuren, au musée, vous allez voir toutes les tribus du Congo, et chaque tribu a une langue. Moi, je fais partie des locuteurs de ma tribu, le Kimbala. Je sais parler cette langue. Est-ce qu’il y a une langue qui s’appelle Mulenge ? Ils parlent kinyarwanda. J’entends des gens dire des choses bêtement. Soyons sérieux. S’ils sont congolais, ou si ceux qui veulent être congolais souhaitent le devenir, un Belge qui était belge peut devenir congolais. Si vous dites que vous êtes congolais d’origine rwandaise, au Congo, il n’y a pas de tribu comme ça. Vous pouvez me couper le cou comme vous voulez. Je le dirai.
Les gens qui sont là-bas, les Bafuliru, les propriétaires de ces terres, sont des Congolais. Ils disent non. Nous n’acceptons pas ça. Et vous, ici, vous allez dire non, que vous les Fuliru… »
Analysons votre discours Mr Fayulu.
Votre discours ne se limite pas à contester la nationalité des Banyamulenge ; vous véhiculez également un message virulent de haine et d’incitation à la violence ethnique, en encourageant implicitement les populations bafuliru à prendre les armes et à s’attaquer aux Banyamulenge pour défendre leurs "terres". Donc, Fayulu vous suggèrez que les Banyamulenge n’ont pas de droits sur les terres congolaises.
Mr Fayulu, vous soutenez que certains disent qu’il s’agit d’une communauté rwandaise venue s’installer au Congo. Donc vous affirmez que les membres de cette communauté devraient demander individuellement la nationalité congolaise. Vous vous appuyez sur la CNS comme modèle, alors que celle-ci constitue un événement national qui a contribué aux crises de violences et genocides resultant de débats sur la citoyenneté et l’identité depuis les années 1990. Vous prêchez une idéologie génocidaire.
Vous niez l’identité ethnique et linguistique des Banyamulenge: une menace sociale et psychologique.
Mr. Fayulu, aucun congolais n’a remis en question votre langue, le Kimbala, comme une langue. De quel droit pouvez-vous questionner la langue des autres ? En tant que futur dirigeant, ne trouvez-vous pas cette manière de penser comme primitive et dangereuse ? La nationalité congolaise se détermine-t-elle à travers une langue ? Quel article de la Constitution le prévoit ? Ne connaissez-vous pas d’autres tribus ayant des langues transfrontalières, ou des groupes ethniques qui partagent une même langue ?
Mr Fayulu, une langue est un système de communication structuré utilisant des mots, des sons, des signes ou des symboles écrits. C’est le principal outil dont les humains se servent pour partager leurs pensées, leurs sentiments et leurs idées. Chaque langue est façonnée par des règles culturelles et une histoire uniques. Le kinyamulenge est une variété linguistique apparentée au Kinyarwanda et au Kirundi. Pourquoi le système de communication des Banyamulenge est-il un problème pour vous ou de nationalité?
Les Banyamulenge sont congolais, mais il n’y a pas de tribu « Banyamulenge ». Mr. Fayulu vous vous réfèrez aux archives coloniales pour étayer cette affirmation.
Mr Fayulu, ne trouvez-vous pas un complexe scientifique selon lequel seuls les Belges et les Blancs pourraient déterminer qui est Congolais et qui ne l’est pas. Vous reprenez ainsi certains qualificatifs dénigrants que les racistes belges utilisaient dans les écrits coloniaux, genre « Le Nègre congolais » sans independence de raisonnement. C’est extrêmement dénigrant, de la part d’un intellectuel congolais, de croire que l’histoire du Congo commence avec les Belges.
Même si l’on s’en tenait à cette approche, il existe des mentions des Banyarwanda dans ces archives. Ceux du Sud-Kivu sont devenus les Banyamulenge dans les années 1960. Le Congo venait de changer le nom aussi. Il a changé de nom à plusieurs reprises au cours des cent dernières années. Cela reste le Congo. Les provinces du Congo ont également changé de nom. Pour autant, leurs peuples n’ont pas changé. Les Watutsi du Sud-Kivu ou les Banyarwanda du Sud-Kivu peuvent changer leur nom quand ils le souhaitent. Mr Fayulu, sortez de ces idées primitives et de cette approche fondée sur l’ignorance et une colonisation mentale.
« Congolais mais sans tribu » Martin Fayulu.
Mr Fayulu, vous avez présenté les Banyamulenge comme des personnes d’origine étrangère qui devraient acquérir la nationalité congolaise par naturalisation, à l’instar de ressortissants belges. Mais vous niez avoir contesté leur nationalité congolaise. Vous les décrivez comme des Banyamulenge, tout en affirmant que cette tribu n’existe pas et que ses membres peuvent être considérés comme congolais sans l'identité ethnique de leur choix. Quelle incoherence Mr Fayulu?
Mr. Fayulu, pourquoi ne faites-vous aucun débat sur les autres tribus du Congo? Vous exploitez cette stigmatisation des Banyamulenge en RDC pour vous faire élire? Une stratégie de compétition sur le degré de haine envers les Tutsi afin de se faire élire. Les Banyamulenge sont présents au Congo avant les Bambala et avant le Congo soit né. C’est une erreur de penser qu'une famille linguistique détermine le droit à la citoyenneté ou à l’appartenance nationale. Mr Fayulu, quittez ce populisme qui réduit tragiquement votre capacité de raisonnement en un niveau primitif.
LES PROPOS DE M. FAYULU SUR LA COMMUNAUTÉ BANYAMULENGE
La déclaration de Martin Fayulu démontre, à elle seule, pourquoi nous nous sommes levés et pourquoi, depuis des décennies, notre peuple est contraint de se battre.
Et de se battre, non pas contre la Nation, mais contre cette idéologie d’exclusion.
Notre lutte n’a jamais été une quête de minerais, de postes politiques, de privilèges ou d’une quelconque part du pouvoir. Elle est d’abord et avant tout une lutte pour faire reconnaître notre droit le plus légitime : celui d’être une partie intégrante de la société congolaise et du tissu national, avec les mêmes droits, la même dignité et la même protection que tout autre citoyen congolais.
Pour des descendants des pasteurs d’Itombwe, établis dans les Hauts Plateaux bien avant l’arrivée des Belges, il est injuste d’avoir à prouver sans cesse notre appartenance au Congo ou notre loyauté à la Nation.
À ceux qui parlent de victimisation ou de manipulation extérieure, les propos de Martin Fayulu suffisent à révéler les préjugés et l’idéologie d’exclusion au cœur de notre souffrance et de la crise nationale.
Tristement, cette semaine, nous commémorons le 22ᵉ anniversaire du génocide de Gatumba, qui a coûté la vie à 166 Banyamulenge.
Gatumba nous rappelle une vérité que l’histoire ne permet plus d’ignorer : le génocide ne commence pas avec le premier coup de feu.
Le génocide commence par une simple pensée négative, traduite en mots.
Il s’ensuit la transformation d’une identité en accusation.
Il passe par la considération d’une communauté voisine comme une menace, au nom d’intérêts politiques obscurs.
Il continue avec la négation de l’appartenance d’une communauté, la contestation de sa citoyenneté, sa désignation comme « étrangère », « infiltrée » ou « dangereuse », jusqu’à la banalisation de sa déshumanisation.
La haine se banalise à travers les discours politiques, voire dans les églises ou lieu de culte.
Toute une communauté est rendue responsable des actes de quelques individus
Vient ensuite l’étape de la stigmatisation d’une communauté par des qualificatifs qui mènent à l’exclusion et au rejet de l’autre.
Les mots préparent les esprits. L’exclusion désigne les cibles. La haine finit par rendre la violence acceptable, voire « patriotique ».
22 ans après Gatumba, le devoir de mémoire est aussi un devoir d’alerte : le « Plus jamais ça » commence bien avant les massacres. Il commence par le refus des discours de haine.
Cette leçon reste tragiquement actuelle en RDC, où des discours divisionnistes et des lectures biaisées de l’histoire sont dangereusement portés, notamment par ceux qui aspirent à diriger le pays, à l’instar de M. Fayulu, menaçant ainsi la cohésion nationale et la stabilité des Grands Lacs.
Le Congo ne sera vraiment grand que lorsque chaque communauté pourra reconnaître la douleur de l’autre et s’accepter mutuellement, afin de construire en définitive une identité congolaise commune, plurielle et indivisible, où chacun pourra regarder le même drapeau sans s’y sentir exclu.
@SecRubio@StateDept@US_SrAdvisorAF@HouseForeign@HouseForeignGOP@PatrickMuyaya@kayikwambaT@IsokoUSA@CranePrevention@PaulKagame@KagutaMuseveni@Presidence_RDC@onduhungirehe@SugiraMireille@bbisimwa@CNangaa
@SugiraMireille@US_SrAdvisorAF@statedeptspox Sister, ce Monsieur le Secrétaire Louis est concentré sur ses propres intérêts. Si l’on tue un Tutsi, cela ne semble pas être son problème
The President of the Republic of Rwanda @UrugwiroVillage is right on #Minembwe.
The silence and inaction of the International community is parallel to that of 1994 genocide against in Rwanda. The Congolese and Burundian government actions should be condemned by all.
Since 2017: Banyamulenge communities in South Kivu have faced repeated attacks, including killings, village burnings, cattle looting, and mass displacement.
1. UN Findings (2019–2020):
171 documented human rights violations in the Hauts Plateaux.
2. 38% of victims were Banyamulenge.
15% of violations were committed by FARDC (Congolese army).
3. Hate Speech: UN reports documented persistent incitement portraying Banyamulenge as “foreigners” or “Rwandans,” fueling ethnic violence.
4. Government-backed Militias: Human Rights Watch (2025) found that the Congolese government continued supplying Wazalendo militias despite their documented abuses against Banyamulenge civilians.
5. In 2026 to date: FARDC, allied militias, and Burundian forces encircled Minembwe, while drone strikes, blocked humanitarian aid, and attacks on civilians worsened the humanitarian crisis.
As a fierce leader who stopped the genocide against the Tutsis in Rwanda, he’s absolutely right to speak out against these atrocities. Don’t stop Mr. President.