Joyeux Aïd el-Kébir à tous nos concitoyens musulmans de Brétigny et d’ailleurs !
Que cette fête soit l’occasion de beaux moments de partage avec votre famille, vos proches, avec tous ceux que vous aimez !
J'ai vu "L’Abandon" et ça m'a renvoyé quelques années en arrière quand, en janvier 2008, j’ai pris mes fonctions en anti-terro.
Les choses sont à peu près passées ainsi : on m’a donné mon badge, j’ai signé une palanquée de documents, puis on m’a fait asseoir devant un ordinateur pour regarder la vidéo de décapitation de Nick Berg.
Nick Berg était un citoyen américain. Un type étrange, une sorte d’aventurier un peu branque, persuadé qu’il allait décrocher des contrats de reconstruction dans l’Irak en guerre et sympathiser avec les gars du coin. Il s’est fait enlever à la sortie de son hôtel et Zarkaoui l’a décapité quelques jours plus tard.
Je me souviens de sa combinaison orange. Et du bruit que faisait sa gorge. Une sorte de glouglou sinistre, tandis que son corps tentait d’arracher quelques secondes supplémentaires à la mort.
Puis l’écran est devenu noir. J’étais un peu nauséeux.
Mon nouveau chef de groupe a souri, pas mécontent de m’avoir choqué. Il m’a dit :
"Voilà contre quoi on se bat ici."
Ensuite, j’ai été pris dans la lessiveuse.
L’explosion du Caire, en février 2009, fut mon premier attentat. Les activités terroristes de Rachid Kassim, en 2017, ma dernière grosse affaire. Entre les deux, j’ai travaillé, à des degrés d’implication divers, sur pratiquement tous les attentats islamistes survenus en France. Et puis il y a aussi eu ceux qui n’ont pas eu lieu. Tous ceux que nous avons empêchés. Des dizaines, probablement.
Il y a des gens, aujourd’hui encore, qui sont en vie parce que nous avons bossé comme des dingues durant ces années de violence et de confusion. Nous avons largement sacrifié nos vies de famille et esquinté nos santés à force de stress, de fatigue et de nuits écourtées.
Je dis cela : cela n’appelle pas de remerciements particuliers. Nous avions choisi ce métier. Nous étions payés pour le faire. Nous sommes de grands garçons et de grandes filles, fiers de certaines affaires, pleins de regrets au regard de celles que nous avons ratées.
En réalité, ce que je veux vous dire, c'est que nous avons aussi été aux premières loges pour observer l'incapacité de la société française à se confronter à la réalité. Les critiques adressées au film "L’Abandon", y compris lorsqu’elles émanent de certains enseignants, relèvent encore une fois de ce déni.
Alors écrivons-le clairement.
Il existe, là dehors, des islamistes radicaux qui vous détestent et qui souhaitent votre mort.
Depuis des années, ils assassinent des gens qui n’avaient d’autre tort que de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment. Ils ont tué un couple de policiers chez eux, devant leur enfant en pyjama. Ils ont décapité un professeur. Ils ont massacré des anonymes à une terrasse de café, dans une salle de concert, sur une promenade au bord de la mer.
Faire semblant de ne pas voir cette haine à la fois passionnée et méticuleuse au nom du « vivre ensemble», du « pas d’amalgame » ou de la peur de nourrir l’islamophobie ne la fera pas disparaître. La bonne volonté ne neutralise pas le gars qui nourrit le projet de vous tuer.
Si vous implorez pour votre vie en expliquant à quel point vous êtes ouvert au dialogue, arrangeant, « prêt à faire des concessions sur plein de choses », il vous tuera quand même, ET EN PLUS, il se foutra de votre gueule.
Je sais que c’est un gros morceau à avaler.
Alors, pour autant, cela ne signifie pas qu’il ne faille pas garder la tête froide et les idées claires. Quand mon fils était très malade et hospitalisé pendant plusieurs semaines, son infirmière préférée était une jeune femme algérienne qui portait le voile. Et lorsque deux copains musulmans viennent jouer avec mon fils pour une après-midi Playstation, je trouve plutôt normal d’acheter des bonbons sans gélatine de porc pour agrémenter leur coupe du monde.
Plusieurs réalités peuvent coexister dans le même espace-temps. C’est troublant. Fatiguant, parfois. Cela exige un effort intellectuel et moral permanent. Je n’ai pas de recette toute faite.
J’ai juste cette certitude forgée sur le tas : il faut regarder les choses en face. La réalité est le matériau de la pensée et le film "L’Abandon" me semble tout à fait utile.
💡3 gestes simples pour soutenir Édouard Philippe :
1️⃣ Adhérez à son parti @HorizonsLeParti
👉 https://t.co/pRSxQyPvwN 2️⃣ Venez et invitez vos proches au meeting du 5 juillet à Paris 👉 https://t.co/ALceiRuXzF 3️⃣ Faites un don 👉 https://t.co/JGEIZ0sOEm
#election #présidentielle #EdouardPhilippe
Des questions nombreuses et particulièrement pertinentes pour l’échange avec @EPhilippe_LH et @ChristopheBechu en première partie du Conseil National @HorizonsLeParti.
Une envie collective intense de réfléchir et de convaincre. C’est de très bon augure pour la suite !
JL Mélenchon tient tête à Poutine en :
- écrivant en 2014: « La Crimée est perdue pour l’OTAN? Tant mieux ».
- qualifiant de « pipeau » le risque de guerre fin 2021 et les Ukrainiens de néonazis
- s’opposant à l’envoi d’armes à l’Ukraine.
Vladimir Poutine en tremble encore.
En ce dimanche de Pâques, je souhaite une très belle fête à tous les chrétiens.
Que cette fête soit porteuse de joie, de renouveau et d’espérance, qu’elle soit aussi l’occasion de partager des moments en famille lorsque cela est possible.
Joyeuses Pâques à toutes et à tous !
Après les débordements de dimanche dernier lors de l’annonce des résultats électoraux dans certaines communes, la dégradation de la mairie de Fresnes est un nouvel événement particulièrement choquant.
Ces dérives ne sont pas acceptables et sont inquiétantes pour la suite. Ceux qui encouragent ou tolèrent la brutalisation de la vie politique portent une lourde responsabilité.
Avec la mort de Lionel Jospin, c’est une figure politique majeure des années Mitterrand et Chirac qui quitte la scène.
C’est une époque politique qui semble bien lointaine aujourd’hui.
Une époque où le débat politique n’était pas plus tendre, mais était sans doute plus réfléchi, plus charpenté. L’idéologie et les longs compagnonnages - et donc les partis - structuraient bien plus qu’aujourd’hui la vie publique.
Lionel Jospin était à l’image de cela, homme d’appareil et de réflexion, participant à toutes les structurations et recompositions de la gauche entre socialistes, communistes et même trotskystes.
La réflexion sur le fond et la profondeur de l’engagement forçaient le respect malgré les divergences politiques.
On pouvait être chiraquien et estimer Jospin. On pouvait être critique sur les 35h et aimer sa rigueur protestante. On pouvait penser qu’il ne faut jamais se résigner et être respectueux de ses adieux du 21 avril 2002.
On peut encore aujourd’hui avoir de la gratitude pour son engagement et pour l’exigence qu’il portait dans la vie publique.
C’est la fin du Ramadan.
Aïd Mubarak à tous nos concitoyens musulmans de Brétigny, d’Essonne et d’ailleurs !
Tous mes meilleurs vœux de paix, de bonheur et de prospérité, pour vous et pour tous ceux qui vous sont chers !
🚨Là, respect : Sophia Chikirou enchaîne des mensonges tellement éhontés que cela en devient franchement drôle.
Car tout ce qu'elle dit est faux. Absolument tout.
-Les congés payés ont été apportés par l'extrême gauche : non. Certainement pas.
Suite aux grèves de mai-juin 1936, déclenchées par la base aux usines Bréguet du Havre, à la victoire du Front populaire (coalition des socialistes de Léon Blum, des radicaux de Daladier et du PCF) et à la réunification de la CGTU (communiste) avec la CGT réformiste, les congés payés sont nés des accords de Matignon, passés entre les syndicats et le patronat.
Suite à quoi "l'extrême gauche" - à l'époque, le PCF, inquiet d'avoir été débordé par la base - a immédiatement appelé à reprendre le travail.🙂
-La Sécurité sociale a été apportée par l'extrême gauche : non. Pas du tout.
Le principe de la Sécu est né du Conseil national de la Résistance (CNR) - donc des communistes, mais aussi des socialistes et des gaullistes.
Il a été très lourdement inspiré par le rapport publié en 1942, en Angleterre, par William Beveridge... donc par un membre du Parti libéral britannique.🙂
Et il a été entièrement conçu, en France, par Pierre Laroque, un haut fonctionnaire plutôt proche de De Gaulle.🙂
Avant d'être mis en place sous l'autorité d'Ambroise Croizat, ministre communiste du Travail ... dans le gouvernement De Gaulle.
-L'école publique a été apportée par l'extrême gauche : non. Mais vraiment non...
L'école publique gratuite, laïque et obligatoire est un vieux thème porté par les Républicains, au XIXe siècle.
Elle a été instaurée par Jules Ferry (ministre de l’Instruction publique), avec les lois Ferry de 1881-1882 :
1881 : gratuité de l’enseignement primaire public.
1882 : obligation scolaire (6-13 ans) et laïcité (suppression des prières et enseignement religieux à l’école publique).
A l'époque, Jules Ferry est le chef de file des républicains modérés, dits "opportunistes" (groupe parlementaire "Gauche républicaine" puis "Union républicaine" dans les années 1880).
Il incarne donc le centre-gauche pragmatique de la République naissante : réformiste progressif, mais prudent, attaché à des réformes graduelles.
Bref, il est tout sauf extrême gauche.🙂
(La gauche lui a même beaucoup reproché sa défense du colonialisme...)
-Le logement public, bref le logement social, a été apporté par l'extrême gauche : non. Mais carrément non.
Le logement social est né d'une loi déposée en 1894 par un riche armateur, qui fut maire du Havre, sénateur républicain modéré, et s'appelait Jules Siegfried.
Bien sûr, ce riche dirigeant d'entreprise était tout sauf un trotskiste : il dirigeait d'ailleurs une sorte de "think tank" libéral progressiste, le "Musée social", qui regroupait notamment de grands patrons, tels Edouard Michelin.🙂
C'est J. Siegfried qui inventa les HBM ("habitations à bon marché"), et encouragea la construction de logements salubres et abordables destinés aux classes populaires (ouvriers notamment).
Le logement social fut ensuite étendu par la loi Loucheur de 1928, première grande loi de programmation prévoyant la construction massive de HBM, avec un financement direct de l’État et des aides pour les pavillons individuels.
Sachant que Loucheur, ingénieur, industriel (patron dans les matériaux de construction), homme politique de centre gauche, était tout sauf un extrémiste.🙂
Puis vint la loi Bonnevay (1912) créant les offices publics de HBM - facilitant la construction du logement social par les communes.
Bonnevay, député rad'-soc lyonnais, plusieurs fois ministre (Travail, Intérieur, etc.), étant également très loin de l'extrême gauche.🙂
Bref, résumons : comme d'habitude, Sophia Chikirou ment; elle ment éperdument.
Pour mieux masquer le fait que les vraies réformes sociales n'ont jamais été le fait de l'extrême gauche révolutionnaire, partisane du tout ou rien...
... mais qu'elles sont toujours venues de la base; et ont toujours été mises en place par une gauche sociale, républicaine et réformiste.🙂
Cette année, par le hasard du calendrier, le début du Ramadan et celui du Carême coïncident.
Je souhaite de tout cœur que ce temps particulier pour nos concitoyens chrétiens et musulmans soit l’occasion de beaux moments de recueillement, de partage, d’espérance.
Cette coïncidence nous rappelle aussi ce qui doit nous rassembler à Brétigny comme ailleurs : le respect des convictions de chacun, la fraternité et le dialogue. Dans notre République laïque, la liberté de croire ou de ne pas croire est un droit fondamental. L’égale considération due à chacun est un de nos piliers pour faire société commune.
Bon Carême !
Ramadan Mubarak !
Le 13 février 2006, il y a 20 ans, Ilan Halimi mourrait après avoir été séquestré et torturé pendant 24 jours par le « gang des barbares ». Il avait été ciblé parce qu’il était juif.
Force est de constater que les clichés antisémites qui ont conduit à son calvaire et à sa mort sont encore présents aujourd’hui, sans doute avec encore davantage d’intensité.
C’est notre responsabilité collective de ne pas oublier, de rejeter sans la moindre équivoque l’antisémitisme, de ne pas tolérer la violence verbale qui arme les « barbares » et de ne pas fermer les yeux face à la propagation des préjugés qui tuent.
La protection de l’indépendance de l’Europe, et de son système politique démocratique, n’est plus dans l’intérêt des États-Unis et moins encore dans l’intérêt du clan Trump. Il est urgentissime de se doter des moyens de notre souveraineté continentale. On en est très très loin.
Ma nouvelle chronique pour @lesechos est en ligne.
Lien en bio.
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Image : Le loup et l'agneau - Gravures d'après Gustave Doré
Le régime vénézuélien est sans aucun doute une dictature qui oppresse son peuple et l’appauvrit malgré la richesse issue des revenus du pétrole. Il emprisonne nombre d’opposants et a poussé à l’exil plusieurs millions de Vénézuéliens.
Néanmoins, cela ne justifie pas l’intervention américaine et l’enlèvement du Président, en dehors de tout mandat international. Trump vient même d’affirmer sa volonté d’installer des entreprises pétrolières américaines assumant ainsi ses intentions prédatrices. Une telle intervention doit être condamnée.
C’est une étape de plus vers l’effacement du multilatéralisme et du droit international au profit du retour des empires et de la loi du plus fort.
Depuis l’agression par la Russie de l’Ukraine et la réélection de Donald Trump, bien des digues sautent.
La relative stabilité internationale que nous avons connue ces dernières décennies semble désormais bien loin. Le monde devient plus dangereux et nous ne pouvons plus compter sur nos anciens amis américains. Nous devons lucidement nous y préparer.
Belle et heureuse année 2026 à chacune et à chacun d’entre vous, que vous soyez de Brétigny, de l’Essonne ou d’ailleurs !
Que cette nouvelle année vous garde en bonne santé, ainsi que ceux qui vous sont chers, qu’elle vous apporte de la joie, des moments heureux au-delà du raisonnable et qu’elle vous permette de mener à bien les projets qui vous tiennent à cœur !
Même si le contexte est difficile, je nous souhaite à tous l’esprit positif et l’enthousiasme qui rendent possible le meilleur !
Très belle fête de Noël à chacune et à chacun d’entre vous !
Je forme le vœu que vous puissiez partager ce moment de joie et d’espérance avec vos proches, avec celles et ceux qui vous sont chers.
Merci à nos commerçants brétignolais d’avoir parés leurs vitrines de leurs plus beaux atours en cette occasion, pour le plaisir de tous !
Un grand merci également à nos agents municipaux et à tous les agents des services publics qui veillent sur nous en ce soir de fête. Ainsi à Brétigny, du fait de l’alerte météo, l’équipe d’astreinte sera de sortie pour saler préventivement les axes principaux.
Joyeux Noël à tous !
Taliban celebrate closure of girls school by dancing in their empty classroom.
In Afghanistan girls are banned from attending school beyond sixth grade.
Over 2.2 million girls and women have been barred from secondary and higher education.💔
♻️ Hier, le Département a voté des mesures clés pour la transition écologique.
📝 Une charte ZAN a été signée pour limiter l’artificialisation des sols
🎯 Objectif : Zéro Artificialisation Nette d’ici 2050.
Merci à nos partenaires !
🎙️ @nmeary
Je me permets de reposter un fil ancien sur le sens de la fête de Hanoucca, en priant ceux qui l'ont déjà lu de bien vouloir excuser mon radotage. Avec une pensée toute particulière pour les victimes du massacre antisémite de Bondi Beach, en Australie.
Juif laïque, juif mécréant, j'allumerai pourtant, aujourd'hui, comme chaque année, la première bougie de Hanoucca ("fête des Lumières").
Le mot Hanoucca signifie “inauguration”. Les trois consonnes qui forment la racine du mot renvoient à l’idée de “fondation”. C’est elle qui permet de former, en hébreu, les mots “éducation”, “instruction”... Une belle racine, qui donne de beaux arbres…
On ne trouve pas dans la Bible hébraïque même l’origine de cette fête qui commémore un épisode postérieur à la clôture du canon ("l’Ancien Testament"). Seul Le Livre de Daniel, écrit à l’époque même de ces événements, y fait quelques allusions.
L'événement fondateur est relaté dans les livres dits «deutérocanoniques» (les deux livres des Maccabées, écrits en grec). Cela se passe entre 165 et 163 avant J.-C. La fête commémore la victoire des Judéens contre Antiochus IV Épiphane, roi grec de la dynastie des Séleucides.
Antiochus ayant interdit la pratique du judaïsme et installé des idoles dans le Temple, les Judéens, menés par la famille des Maccabées (dont le plus célèbre est Judah Maccabée) reconquirent Jérusalem, détruisirent l’autel profané dans le Temple et en édifièrent un nouveau.
Le livre des Maccabées se contente de dire que la fête a été instaurée pour rappeler l’inauguration du Premier Temple par Salomon (8 siècles plus tôt), qui avait duré 8 jours. Mais les rabbins ont ajouté, dans le Talmud, une légende beaucoup plus belle.
La légende dit que, au cours de la purification, on découvrit un flacon d’huile consacrée, mais à peine suffisant pour alimenter une seule journée le Chandelier à 7 branches du Temple : or, contre toute attente, cette huile aurait brûlé 8 jours.
Quel sens donner à cette fête ? Certains y voient la victoire du petit peuple des Hébreux contre l’Empire (des Grecs, eux-mêmes dominés par Rome) : lutte de libération nationale qui se conclut par le rétablissement d’une indépendance de la Judée en 141, pour un siècle environ.
D’autres exalteront le récit d’un combat contre des persécutions religieuses qui auraient fait, toujours selon le Livre des Maccabées, des dizaines de milliers de victimes (l’épisode donne lieu aux premières célébrations de « martyrs »).
D’autres préfèrent y voir le récit d'une guerre civile et culturelle – celle des pieux zélotes (les Hassidim) contre le parti des Hellénisants (qui osaient fréquenter le gymnase et y courir tout nus !) : déjà l'éternelle querelle de l'assimilation !
Comme pour la fête de Pessah (Pâques), et sans doute pour des raisons analogues, il est cependant remarquable que les rabbins de l’époque talmudique qui ont conçu cette fête, sans éluder la dimension nationale-religieuse, semblaient se méfier d'une interprétation trop étroitement politique des événements.
Peut-être parce qu’ils tenaient en piètre estime la dynastie des rois asmonéens, issue des Maccabées, qui régnait alors en Judée, les rabbins ont donc ajouté à la commémoration de cet épisode un symbole qui n'y figurait pas initialement, et dont la signification est plus spirituelle que politique.
C’est le "miracle" du chandelier qui les a retenus (et qu’ils ont inventé par la même occasion), et qui perdure aujourd'hui même dans les foyers les moins religieux, qui aiment à allumer les bougies de leur chandelier à huit branches (la "hanoukia") sans trop se soucier de l’arrière-plan historique.
Ceux-là perçoivent ce qu’a de profond et d’universel cette "fête des Lumières" (autre nom de cette célébration) - qui illumine les maisons en hiver et se tourne vers le monde extérieur (il est requis de placer le chandelier près d’une fenêtre).
La lumière qui vient de ces bougies ne doit pas être utilisée à des fins trivialement pratiques (on ne s'en sert pas pour éclairer une pièce de la maison). C'est une lumière dont on doit jouir de manière désintéressée. C’est pourquoi les chandeliers de Hanoucca comportent désormais une 9e bougie, utilitaire, qui sert à allumer les autres.
Le reste des bougies procure un feu qui se prête simplement à la contemplation, à la méditation, et qui n’a de sens que d’être regardé. C’est à nous de veiller sur lui pendant une demi-heure; les bougies peuvent brûler plus longtemps pourvu qu’on ne les quitte pas des yeux...
Si l'on veut savoir ce que je trouve beau dans ce rite, moi, le Juif mécréant, je dirai : la mémoire et la promesse.
Cette mémoire qui nous relie à des millions de prochains nous rattache aussi à ces disparus qui, allumant ces bougies, s’obstinaient à croire au sens de la vie.
Mais j'aime aussi la promesse de cette lumière : cette idée que la minuscule fiole d’huile a déjoué tous les pronostics - et tant pis si c’est une légende, puisque pareils miracles se produisent tous les jours.
Nous sommes si souvent éprouvés, condamnés à "puiser dans nos réserves", convaincus qu’il nous reste à peine l’énergie de survivre petitement en attendant le tarissement définitif de notre énergie - et voilà que nos forces renaissent. Cet élan n’est ni rationnel ni rationné.
Le prix de notre vie ne tient pas dans des bilans d’épicier ; ce que nous sommes excède la somme de nos actes, l’addition de nos œuvres ou la froide comptabilité de nos échecs Nous sommes au-delà de tout ce qu’on sait sur nous, et de ce que nous-mêmes croyons en savoir.
L’auteur, Michel Guerrin, a raison !
« Le triomphe de Notre-Dame de Paris accentue la posture peu charitable de l’Eglise, qui refuse de faire payer l’accès de la cathédrale aux touristes » https://t.co/8eFoTw4HnS