"Je ne peux plus supporter l’idée que mes filles risquent de se faire enlever. Alors j'ai préféré quitter le pays".
C'est le constat extrêmement amer et préoccupant que m'a tenu un ami entrepreneur dans la crypto.
Et ce constat, je pourrai tout à fait me l'appliquer à moi-même, ou aux autres acteurs de l'écosystème.
Depuis janvier, nous avons eu le droit à pratiquement une affaire par jour d'enlèvement, home jacking ou agression grave pour obtenir des cryptos. La France représente à elle seule 27% de toutes les affaires mondiales de violence dans ce secteur.
Et je suis le premier témoin de la gravité extrême de ce type d'exaction : il y a un an mon associé David et sa compagne ont été enlevés puis séquestrés pendant près de 72 heures, contre une rançon de plusieurs millions d’euros en crypto. David a été torturé et mutilé, avant d'être libéré par le GIGN.
Nous vivons avec une charge mentale permanente : celle de devoir protéger nos proches.
Certains n'y tiennent plus et préfèrent partir. Difficile de leur en vouloir.
Lors de mon passage hier soir sur RTL, Anne-Sophie Lapix m'a demandé si nous n'étions finalement pas en train de payer le prix de la liberté (c’est-à-dire le prix de détenir un actif en toute souveraineté tel que Bitcoin).
Ma réponse est claire : non.
Le prix que nous payons aujourd’hui est celui de la déliquescence de l’Etat.
L’Etat n’est malheureusement plus en capacité de garantir une vie paisible à ses citoyens. Les criminels opèrent avec un sentiment d’impunité quasi total, convaincus de la clémence judiciaire en cas d’arrestation.
À cela s’ajoute, bien entendu, le climat général d’insécurité que vivent tous les français au quotidien.
Alors que faire ?
La solution est pourtant simple.
Comme l’a rappelé le pénaliste Thibault de Montbrial undi soir lors de la Nuit de la Liberté : appliquer la loi.
Il faut que la justice applique réellement les peines, sans chercher à excuser les criminels ni à leur trouver systématiquement des circonstances atténuantes.
Car aujourd’hui, organiser un enlèvement avec séquestration coûte clairement trop peu : entre 20 000 et 30 000 euros. Il existe une manne quasi inépuisable de jeunes perdus pour la République, prêts à tout pour 2 000 euros. Ils sont recrutés via des messageries, organisés en cellules indépendantes, et téléguidés par des donneurs d’ordre opérant depuis l’étranger.
Avec une justice efficace, ferme et proportionnée, le coût d’une telle opération grimperait mécaniquement à plusieurs centaines de milliers d’euros.
Et le problème commencerait alors à se résorber.
Les solutions sont connues.
Ce qui manque encore, ce n’est ni le droit ni la loi.
C’est le courage de les exercer.
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