#Burundi CNDD-FDD : un parcours marqué par des dynamiques ethniques qui permet de mieux comprendre son rôle dans la crise en RDC
Pour comprendre le rôle du Burundi dans la crise en RDC, il est nécessaire de revenir sur l'histoire du CNDD-FDD et sur l'évolution de son mouvement rebelle.
L'idéologie du CNDD-FDD est fortement marquée par la question ethnique.
Comme je l'ai expliqué précédemment, l'aile politique du CNDD de Léonard Nyangoma a d'abord trouvé une base au Sud-Kivu. Nyangoma a vite entretenu des relations avec les autorités provinciales dirigées par Kyembo wa Lumona, dans un contexte de tensions visant notamment les Banyamulenge et de recherche d'une base militaire dans les Hauts-Plateaux.
En 1995, Nyangoma a été présenté aux Banyamulenge comme une autorité provinciale du Sud-Kivu chargé des réfugiés, avec la mission de faciliter leur retour vers le Rwanda.
Par la suite, le CNDD-FDD et les FNL se sont engagés dans le conflit en RDC aux côtés de l'armée congolaise contre les rebelles du RCD, perçu par leurs combattants comme un mouvement dominé par des Tutsi. Les blessés de ces affrontements auraient notamment été soignés à l'hôpital de Lemera, où exerçait le Dr Denis Mukwege.
Le CNDD-FDD et les FNL ont également été actifs le long du lac Tanganyika. Selon des témoins militaires, lors du massacre de Makobola, des combattants du CNDD-FDD combattaient aux côtés de groupes Maï-Maï. Ils ont également participé aux combats ayant conduit au déplacement des Banyamulenge de Vyura, dans l'actuelle province du Tanganyika.
Le leadership du CNDD-FDD
Après les changements géopolitiques de la fin des années 1990 et du début des années 2000, le CNDD-FDD est arrivé au pouvoir au Burundi à la faveur du processus de paix d'Arusha.
Une fois au pouvoir, le parti a continué à privilégier les enjeux de contrôle du pouvoir ethnique plutôt que le développement économique. Les relations avec le Rwanda se sont progressivement détériorées. Kigali a accusé le pouvoir burundais de soutenir des mouvements armés rwandais, notamment le P5 et les FDLR, tandis que Bujumbura accusait le Rwanda de soutenir des groupes hostiles au régime burundais.
Par la suite, le CNDD-FDD est entré en coalition avec plusieurs groupes Maï-Maï, inclus ceux de Kapapa, de Kasimbira John, d'Eyakutumba Amuri, de René Itongwa et de Biloze Bishambuke, ainsi qu'avec la plupart des groupes Maï-Maï opérant dans la plaine de la Ruzizi. Le Burundi soutient ces groupes sachant qu'ils revendiquent publiquement par des discours appelant à l'extermination des Tutsi en RDC mais aussi à l'idéologie des FDLR.
La guerre ethnique régionale
En 2023, le Burundi s'est engagé militairement dans le conflit dans l'est de la RDC contre l'AFC/M23, que les autorités burundaises considèrent comme un mouvement des Tutsi. Le Burundi définit le Rwanda comme un pays ennemi en raison de considérations fondées sur des différences ethniques. Pour le CNDD-FDD, le Rwanda est perçu comme un État dirigé par les Tutsi.
Le Burundi n'a pas choisi de soutenir les opérations militaires contre les CODECO, les ADF, les Mobondo, les Bakata Katanga, les Mbororo, les Kuluna ou d'autres groupes armés actifs en RDC. Il n'existe pas non plus de preuves publiques attestant d'opérations de l'armée burundaise visant à poursuivre les combattants de RED-Tabara dans les forêts d'Itombwe.
En revanche, le Burundi a choisi de s'engager militairement contre Minembwe et les Banyamulenge.
L'engagement militaire actuel du Burundi dans l'est de la RDC s'explique autant par des considérations des facteurs historiques, politiques et identitaires. Cette dimension n'est prise en compte dans les différents processus de médiation régionale et internationale, qui se concentrent principalement sur les relations entre la RDC, le Rwanda et l'AFC/M23.
Un message aux médiateurs internationaux
La crise dans l'est de la RDC ne peut être comprise uniquement comme un conflit entre la RDC, le Rwanda et l'AFC/M23 ou comme une guerre liée aux ressources minières. Il s'agit d'un conflit régional impliquant notamment le Burundi, dont l'engagement militaire et politique s'inscrirait dans une dynamique marquée par des considérations ethniques.
Les médiateurs internationaux accordent une importance excessive aux dimensions économiques et diplomatiques du conflit, sans prendre suffisamment en compte les questions de gouvernance, de citoyenneté, de protection des communautés et des tensions identitaires. Une paix durable nécessiterait de traiter ces enjeux en parallèle des accords politiques et économiques.
🚨 𝗔 𝗻𝗼𝘁𝗲 𝗼𝗻 𝗼𝘂𝗿 𝗶𝗱𝗲𝗻𝘁𝗶𝘁𝘆, 𝗮𝗻𝗱 𝗼��� 𝘁𝗵𝗲 𝗳𝗮𝗰𝘁𝘀 𝘁𝗵𝗮𝘁 𝗺𝗮𝘁𝘁𝗲𝗿.
𝗚𝗮𝗸𝗼𝗻𝗱𝗼 is a structured, global coordination body. Every Banyamulenge mutuality in the world, across continents, 𝘀𝗶𝘁𝘀 𝘂𝗻𝗱𝗲𝗿 𝗼𝘂𝗿 ���𝗺𝗯𝗿𝗲𝗹𝗹𝗮. That structure is real, it is documented, and it is the only one with the mandate to speak on behalf of the Banyamulenge mutualities as a whole.
𝗔𝗻 𝗮𝗰𝗰𝗼𝘂𝗻𝘁 𝗶𝗺𝗽𝗲𝗿𝘀𝗼𝗻𝗮𝘁𝗶𝗻𝗴 𝗚𝗮𝗸𝗼𝗻𝗱𝗼 𝗵𝗮𝘀 𝗯𝗲𝗲𝗻 𝗰𝗶𝗿𝗰𝘂𝗹𝗮𝘁𝗶𝗻𝗴 𝗰𝗼𝗻𝘁𝗲𝗻𝘁 𝘂𝗻𝗱𝗲𝗿 𝗼𝘂𝗿 𝗻𝗮𝗺𝗲. This is not Gakondo. It is the work of a small number of individuals who broke away from our structure to pursue their own interests, and who do not represent the mutualities, the community, or the civil society they claim to speak for.
To be clear: @𝗚𝗮𝗸𝗼𝗻𝗱𝗼𝗢𝗳𝗳𝗶𝗰𝗶𝗮𝗹 𝗶𝘀 𝗼𝘂𝗿 𝗼𝗻𝗹𝘆 𝗼𝗳𝗳𝗶𝗰𝗶𝗮𝗹 𝗮𝗰𝗰𝗼𝘂𝗻𝘁. We are non-political and non-profit. We do not speak for any government. We do not speak for any armed group. We speak for civilians, and only through this account.
We say this because the timing is not a coincidence. 𝗪𝗵𝗶𝗹𝗲 𝘀𝗼𝗺𝗲 𝘁𝗿𝘆 𝘁𝗼 𝗺𝘂𝗱𝗱𝘆 𝘁𝗵𝗲 𝘁𝗿𝘂𝘁𝗵, 𝘁𝗵𝗲 𝘁𝗿𝘂𝘁𝗵 𝗶𝘀 𝗱𝗼𝗰𝘂𝗺𝗲𝗻𝘁𝗲𝗱, 𝗱𝗮𝘁𝗲𝗱, 𝗮𝗻𝗱 𝘄����𝘁𝗻𝗲𝘀𝘀𝗲𝗱 𝗯𝘆 𝗺𝗮𝗻𝘆, 𝗶𝗻𝗱𝗲𝗽𝗲𝗻𝗱𝗲𝗻𝘁𝗹𝘆 𝗼𝗳 𝘂𝘀.
On 24–26 June 2026, Minembwe General Hospital was struck repeatedly by drone strikes, destroying its pediatric ward, pharmacy, and administrative building, and wounding patients and staff. 𝗧𝗵𝗶𝘀 𝗵𝗮𝗽𝗽𝗲𝗻𝗲𝗱 𝘄𝗶𝘁𝗵𝗶𝗻 𝗮 𝗱𝗮𝘆 𝗼𝗳 𝗮𝗻 𝗶𝗻𝘁𝗲𝗿𝗻𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝗮𝗹𝗹𝘆 𝗯𝗿𝗼𝗸𝗲𝗿𝗲𝗱 𝗰𝗼𝗺𝗺𝗶𝘁𝗺𝗲𝗻𝘁 𝘁𝗼 𝗱𝗲-𝗲𝘀𝗰𝗮𝗹𝗮𝘁𝗲 𝘁𝗲𝗻𝘀𝗶𝗼𝗻𝘀 𝗶𝗺𝗺𝗲𝗱𝗶𝗮𝘁𝗲𝗹𝘆, 𝗲𝘀𝗽𝗲𝗰𝗶𝗮𝗹𝗹𝘆 𝗮𝗿𝗼𝘂𝗻𝗱 𝗠𝗶𝗻𝗲𝗺𝗯𝘄𝗲.
These are facts. Anyone seeking to discredit them is not speaking for the Banyamulenge people.
We call on the international guarantors of that commitment, the United States, the African Union, Qatar, Togo, and the United Kingdom, to ensure it is honored on the ground, not just on paper. 𝗖𝗶𝘃𝗶𝗹𝗶𝗮𝗻𝘀 𝗶𝗻 𝗠𝗶𝗻𝗲𝗺𝗯𝘄𝗲 𝗱𝗲𝘀𝗲𝗿𝘃𝗲 𝗽𝗿𝗼𝘁𝗲𝗰𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗻𝗼𝘄.
For anything concerning the Banyamulenge mutualities and civil society, 𝗿𝗲𝗳𝗲𝗿 𝗼𝗻𝗹𝘆 𝘁𝗼 @𝗚𝗮𝗸𝗼𝗻𝗱𝗼𝗢𝗳𝗳𝗶𝗰𝗶𝗮𝗹. No other account speaks for us.
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