On va bientôt pouvoir produire des millions de livres avec l’IA. Petit problème : qui va les lire ?
Et si l’avenir de la littérature n’était pas de produire davantage de romans, mais d’inventer de nouvelles façons de lire ?
📺 https://t.co/1zmWPW9oon
🎧 https://t.co/BMlttuhi0D
@eparody@badsquirrell Et surtout, le plaisir de lire, c est un plaisir de partager, ou de savoir qu un autre que moi lit la meme chose ou a lu la meme chose.
Si je lis dans mon coin un livre oneshot, il n y a plus aucun intérêt
@BaptisteDetombe@AlbinMichel Pas d'accord.
L anxiété contemporaine nait de l impossibilité de se calibrer sur un modèle fiable.
Les réseaux sociaux feignent cette calibration à condition de validation artificielle.
C'est cette quête obsessionnelle, artificielle qui produit le mal être contemporain.
@StephaneMallard Ce qu'il dit est exagéré sur la forme mais pas tellement sur le fond.
Sur des phénomènes humains très complexes et hautement imprédictibles, où la décision dépend de paramètres sans solutions exactes, l'IA (pour l'instant) n'est qu'un recours marginal.
Accident publicitaire dans "Le Figaro" ce matin.
En deux temps.
Page 20, un superbe article sur cette histoire qui ridiculise tout le monde "littéraire" parisien.
Suite...
@FrancoisCame Les Picasso ne sont pas mauvais, ils sont très mauvais. Pour qqu un qui connait bien ce peintre, c est ridicule.
En revanche sur les styles inventés, il y a pleins de choses qui vont pas, mais c est une bonne première base.
@PEntremont La réponse est simple
MATHS/CODE = système ultra déterministe à une seule sortie vraie démontrable.
LITTÉRATURE =système non déterministe avec une infinité de sortie potentiellement vraies non démontrables.
@StephaneAzihari Les bonnes questions, oui.
Mais la bonne réponse, ce sera certainement pas un flicage généralisé, ni un abandon de l'écrit, pilier des civilisations depuis 5000 ans je rappelle.
Cette polémique est fascinante. Elle constitue déjà un tournant et pose des questions vertigineuses.
Si tout cela était avéré, sommes-nous confrontés à un phénomène durable d'évincement de l'homme dans la création artistique ? Ou à une erreur de parcours en passe d'être rectifiée à mesure que notre vigilance et notre capacité à détecter l'IA et ses tics de langage augmentent ? D'ailleurs, ces tics de langage seront-ils toujours reconnaissables ? Ou faut-il s'attendre à ce qu'ils se dissipent à mesure que ces outils se perfectionnent ?
Comment les instances et les intermédiaires qui font la pluie et le beau temps sur le marché littéraire vont-elles se relever d'une telle humiliation, si elle était avérée ? Balzac avait déjà fustigé un milieu qu'il accusait d'être corrompu, où les qualités littéraires succombaient devant le favoritisme, les attitudes moutonnières et le conformisme de l'entre-soi. Si - et seulement si - les accusations étaient fondées, cette affaire jetterait un peu plus le discrédit sur ces institutions, qui seraient plus que jamais sommées de se remettre en question, et de trouver les moyens de regagner la confiance du public, en réinventant des procédures plus impartiales et transparentes.
De toute évidence, les réactions outrées - y compris de ceux qui ont apprécié le livre - rappellent, comme le martèle @SamuelFitouss10 que les oeuvres de l'esprit ne sont pas des produits comme les autres. Le contrat implicite qui lie les artistes à leur clientèle induit une clause d'authenticité et d'humanité qui, lorsqu'elle est bafouée, donne le sentiment d'être trompé. Et quand on se sent trompé par une marchandise, peut-être l'est-on vraiment.
Pas plus que l'on se rend dans un restaurant gastronomique pour apprendre plus tard qu'on a mangé un plat surgelé, on n'achète pas un Léonard de Vinci plusieurs centaines millions d'euros pour apprendre ensuite par un expert que l'image a été générée par l'informatique ou un copiste lointain qui lui est complètement étranger.
Ceci étant dit, jusqu'où s'étend cette clause d'authenticité ? Le recours à des plumes est loin d'être marginal en littérature. Et le simple fait que tant d'écrivains fantômes ont, dans l'histoire, renoncé à la notoriété pour mettre leur talent au service d'une personnalité installée en dit assez sur l'imperfection d'un marché où l'effet de mode et de réputation sont susceptibles de prévaloir sur les critères esthétiques objectifs...sans quoi les écrivains fantômes et autres nègres ne tireraient aucun avantage de leur anonymat et affronteraient le jugement du public sans intermédiaire ni caution.
On lit ici et là que les détecteurs d'IA sont incapables de distinguer un texte entièrement généré par la machine d'un texte rédigé par un humain qui a été reformulé par la machine. Qu'en est-il vraiment ? Et à partir de quel niveau d'utilisation de l'IA un artiste rompt-il le contrat implicite qui le lie à son public ? Pour reprendre l'analogie avec les arts picturaux, aurions-nous le sentiment d'être trompés en apprenant que telle peinture ou sculpture qu'on attribuait à un artiste célèbre a été conçue par un robot humanoïde à 5 %, 13 % ou 18,2 % ?
Et s'il est avéré que le public n'est pas disposé à consommer des créations explicitement artificielles, comment les auteurs contemporains seront-ils en mesure de garantir l'authenticité de leurs travaux ? Devront-ils travailler davantage leur présence physique et orale pour inspirer confiance ? Devront-ils se soumettre à des procédures plus strictes ? Garder et horodater leurs brouillons et leurs jets successifs sur un logiciel dédié, que les maisons d'édition devront certifier auprès du public ? Tout cela est-il techniquement faisable ? Et si non, la littérature contemporaine survivra-t-elle à l'IA, ou est-elle en effet condamnée à disparaître, comme le pressent l'ami @SamuelFitouss10, au profit de formats plus difficiles à falsifier, comme l'oral ?
Bonne chance aux nouvelles générations.
@Beatrice_Rosen Ce qui s est passé est très grave.
Toutes les civilisations depuis l invention de l écriture, il y a 5000 ans, reposent sur un seul pacte implicite : la cobfiance accordée à l écrit.
La machine à écrire, écrit, mais ne pense pas.
Avec l'IA, on ne sait plus qui pense...
Maintenant que la plume médiocre de l'IA saute aux yeux de tout le monde*, j'espère qu'on demandera des comptes à tous ceux qui s'en servent de prête-plume. Car avant celui qui est conspué aujourd'hui, il y en a eu une flopée.
https://t.co/LKYazpJOlf
@VincentCespedes Tu as raison, on peut écrire un chef d'oeuvre avec de l'IA.
Ce qui a choqué, ici, c'est le mensonge adoubé par l'intelligentsia.
Le doute va se généraliser.
Toutes les civilisations post écriture reposent sur un pacte : la confiance accordée à l écrit.
On sait plus qui parle.