Une position politique responsable basée sur une vision bien pensée n’empêche pas d’initier des projets qui contribuent à améliorer la qualité de l’enseignement ou de venir en aide à des jeunes réfugiés. Un engagement politique qui ne contribue à améliorer les conditions de vie de la population n’a pas raison d’être. En plus, dans une démocratie, il faut une diversité d’idées et d’opinions, ça fait partie du développement.
Lire « À partir de là où je réside, je pense à cette jeunesse burundaise , plus de 65% de la population qui ne bénéficie pas d’un enseignement de qualité comme celui que nous avons bénéficié dans les années 1970 à 1993 »
Au Burundi, j’ai enseigné plusieurs années la relativité générale et la mécanique analytique en première et deuxième licence. Ma dernière mission d’enseignement à l’université du Burundi date de janvier 2015! À partir de là je réside, je pense à cette jeunesse burundaise plus de 65% de la population qui bénéficie d’un enseignement de qualité comme celui que j’ai bénéficié dans les années 1970 à 1993. Je fais tout ce que je peux avec le soutien de certains bailleurs pour améliorer la qualité de l’enseignement en Afrique et en particulier au Burundi. Je me réjouis de l’impact direct et visible sur le terrain. Bien sûr, c’est une goutte d’eau dans un océan car sans leadership politique qui promeut une éducation de qualité en dehors de toute politique, il n’y aura pas de miracle. @Ericmwiza
Ma dernière séance de l’année académique 2025-2026 sur les nombres complexes, #BA1, sciences économiques, #SBS-EM, un étudiant m’a offert un cadeau, une photo surprise😉. Enseigner, métier noble ! J’adore 🥰. Bon vent à Toutes les étudiantes et étudiants qui préparent leurs sessions d’examens.
Mise en place de l’équipe technique nationale chargée d’élaborer le référentiel national de compétences numériques et en Intelligence Artificielle au Burundi
Décision prise au cours des états généraux de l’éducation organisés à Bujumbura en 2022, la privatisation des services de Régie des Œuvres Universitaires se concrétise. Ce choix politique exclut la majorité des jeunes burundais issus des familles pauvres. Après l’instauration du prêt-bourse, cette mesure vient détériorer les conditions d’apprentissage des étudiants à l’université du Burundi.
Abbé Dieudonné Nibizi est curé de la Paroisse Esprit de Sagesse de Mutanga Sud et aumônier des intellectuels et des hommes politiques. Il livre ses messages je suppose en tant qu’aumônier mandaté par l’Eglise Catholique. Bien sûr, il a d’excellentes compétences en communication. Il ne faut pas oublier les messages des évêques burundais qui sont souvent lus au cours des messes dominicales. L’Eglise Catholique est restée au cheveux du peuple burundais 😉#SINDI UMUJA
Bravo à l’Eglise catholique qui remplit parfaitement bien sa mission. Ça inspire du respect contrairement à certains pasteurs. Un hommage appuyé et respect à l’Abbé Dieudonné Nibizi, un intellect prônant le bien être collectif plutôt qu’individuel, défendant des valeurs intrinsèques d’Ubuntu et d’Ubushingantahe, de solidarité, de générosité et de bienveillance. Ses enseignements sur la foi, la paix et le développement en disent long dans un pays qui traverse une crise multiforme. L’Abbé Nibizi ne cesse de rappeller aux leaders l'importance de changer de comportement et de mentalité pour le développement du Burundi. Il ne cesse de souligner que le souci d'enrichissement rapide est un obstacle majeur au développement et que la corruption est une "pourriture" qui altère la vérité. Ses enseignements reflètent l'engagement envers la justice sociale, la paix et le développement au Burundi. Bibwirwa benshi bikumva benevyo. Bravo à lui qui ose s'exprimer devant le Chef de l'Etat, entouré par les membres du Gouvernement , du Parlement, du Sénat et de la Magistrature, les partis politiques, la société civile, les médias, les confessions religieuses et le public. C’est ce qu’il faut retenir de cette nème croisade de prières.
Prière, unité et espérance : un rendez-vous qui rassemble la nation
À chaque fin d’année, le pays vit un moment singulier de recueillement collectif à travers trois jours de prière d’action de grâce organisés par la famille présidentielle. Bien au-delà d’un simple rendez-vous religieux, cette initiative s’est progressivement imposée comme un temps fort de la vie nationale, dédié à la reconnaissance, à l’unité et à la projection vers l’avenir. Elle traduit une vision où la foi, les valeurs morales et la responsabilité civique se rencontrent pour accompagner la marche de la nation.
Il convient de souligner avec précision que cette pratique n’est pas née en 2025. Elle remonte à l’année 2005, au moment où feu Pierre Nkurunziza venait d’accéder à la magistrature suprême. Cette période est particulièrement chargée de sens dans l’histoire nationale. Pour la première fois depuis les tragédies politiques du début des années 1990, un président élu parvenait à franchir les premiers mois au pouvoir, alors que la mémoire collective restait profondément marquée par l’assassinat du président Melchior Ndadaye, survenu en octobre 1993, moins de trois mois après son élection. Dans ce contexte de fragilité institutionnelle et de quête de stabilité, la prière d’action de grâce est apparue comme un acte de reconnaissance, mais aussi comme une démarche de protection morale et spirituelle pour la nation.
Au fil des années, cette initiative s’est enracinée et structurée, devenant une tradition jalousement gardée et assumée par la famille présidentielle actuelle dans un esprit de continuité. Elle reflète une conviction largement partagée selon laquelle le pays gagne à placer Dieu au centre de sa vie nationale. Cette orientation trouve d’ailleurs un écho institutionnel dans la Constitution, qui évoque explicitement la responsabilité devant Dieu, rappelant que l’exercice du pouvoir et la conduite des affaires publiques reposent aussi sur une exigence morale.
Dans un esprit rassembleur, ces trois jours de prière ne se veulent ni exclusifs ni clivants. Ils ne visent pas à opposer croyants et non-croyants, mais à proposer un cadre commun de réflexion, d’élévation et de responsabilité. Aux pessimistes, ce moment rappelle que l’espérance n’est pas une illusion, mais une force indispensable à la reconstruction et au développement. À ceux qui ne partagent pas la foi religieuse ou qui accordent peu de valeur à la prière, il offre une autre lecture possible : celle d’un espace de cohésion nationale, de discipline morale et de promotion de valeurs universelles telles que la paix, l’intégrité, le respect de l’autre et l’amour de la patrie. Dans une nation pluraliste, le respect mutuel et la reconnaissance de ce qui rassemble demeurent des piliers de la stabilité.
L’édition de 2025 a illustré avec force cette dimension nationale. Du 29 au 31 décembre, les trois jours de prière d’action de grâce se sont tenus à l’ETS Kamenge, à Bujumbura. Une foule nombreuse y a pris part, aux côtés de hautes autorités civiles, policières et militaires, témoignant de l’importance accordée à cet événement dans la vie publique du pays. Les enseignements dispensés ont été solidement ancrés dans la foi, tout en étant étroitement liés à la vision de développement à l’horizon 2040–2060. Comme chaque année, le président de la République, Son Excellence Évariste Ndayishimiye, a partagé des conseils majeurs, appelant à l’unité nationale, à la responsabilité individuelle et collective, à la droiture morale, au rejet des antivaleurs et à l’engagement concret de chaque citoyen dans la construction d’un avenir prospère, stable et pacifique.
Terminer l’année dans la gratitude et commencer la nouvelle dans la prière revient à faire un choix clair : celui de la confiance plutôt que de la peur, de l’engagement plutôt que du fatalisme, de l’espérance plutôt que du découragement. Cette tradition portée par la famille présidentielle n’est pas un simple rituel symbolique. Elle constitue un message fort adressé à la nation et au monde : le développement durable et la stabilité institutionnelle gagnent à s’appuyer sur un socle moral et spirituel solide. En ce sens, ces trois jours de prière demeurent un moment privilégié où la nation se recentre sur l’essentiel et affirme, avec dignité et responsabilité, sa volonté de bâtir l’avenir dans l’unité et la paix.
Il importe enfin de souligner le caractère profondément œcuménique de ces journées de prière. Toutes les confessions religieuses y sont représentées, sans distinction, aux côtés de citoyens issus de toutes les couches sociales, de toutes les générations et de toutes les sensibilités. Cette diversité assumée fait de ces trois jours un véritable symbole d’unité nationale, où la prière devient un langage commun au service de la cohésion, du vivre-ensemble et de la fraternité entre les filles et fils du pays.
#Burundi : Buja City Plaza : Un projet disproportionné et à haut risque
Le projet Buja City Plaza, porté initialement par Ubaka Nation Group (dont l'actionnariat est encore mystérieux) sur le site de l’ancien marché central de Bujumbura, viserait la reconstruction d’un complexe commercial moderne incluant plusieurs bâtiments et une tour de 30 étages.
Lancé comme une initiative privée financée par la diaspora burundaise via l’émission d’actions (à 103 000 BIF pour les résidents locaux et environ 100 USD pour la diaspora), il a rapidement rencontré des obstacles de mobilisation de capitaux, conduisant en novembre 2025 à un recentrage vers un partenariat public-privé (PPP).
Dans un contexte macroéconomique burundais marqué par une extrême vulnérabilité externe, ce projet soulève de sérieuses interrogations quant à sa viabilité financière, technique et économique.
Cette analyse s’appuie sur des indicateurs macroéconomiques récents et des principes d’économie du développement pour évaluer ses faiblesses structurelles.
1. Contexte macroéconomique : une contrainte externe insurmontable
Le Burundi reste l’un des pays les plus pauvres au monde, avec un PIB par habitant inférieur à 300 USD et un taux de pauvreté dépassant 70 %.
En 2025, les réserves de change nettes couvrent à peine 1 à 1,5 mois d’importations (environ 100-150 millions USD selon la Banque de la République du Burundi), un niveau critique bien en deçà des standards prudentiels (3 mois minimum recommandés par le FMI).
Cette pénurie chronique de devises fortes entraîne un rationnement des importations prioritaires (carburant, médicaments, intrants agricoles) et un écart massif entre le taux de change officiel et parallèle (près de 100-150 % en 2024-2025).
Un bâtiment de 30 étages, même dans un pays à bas coûts de main-d’œuvre, nécessite des inputs hautement importés : acier structurel, verre, ascenseurs, systèmes de climatisation, équipements électriques et matériaux de finition de haute qualité.
Les estimations conservatrices pour une tour de cette hauteur en Afrique de l’Est (hors terrains luxueux comme à Nairobi ou Dar es Salaam) se situent entre 100 et 400 millions USD, dont 70-80 % en devises étrangères pour les matériaux et l’expertise technique.
Dans un pays où la Banque centrale peine à allouer des devises pour des importations essentielles, financer 80-200 millions USD d’importations pour un seul projet relève de l’utopie sans un afflux massif de capitaux externes – qui fait défaut depuis la suspension du programme FMI en janvier 2025.
Le passage au PPP n’allège pas cette contrainte : l’État burundais, endetté à près de 70 % du PIB et en situation de « haut risque de surendettement » selon le FMI, ne dispose pas de marge budgétaire pour garantir ou cofinancer de tels flux.
Un PPP transférerait in fine le risque de change et d’approvisionnement vers le partenaire privé, rendant le projet peu attractif pour tout investisseur sérieux.
2. Modèle de financement initial : une mobilisation populaire irréaliste
La stratégie initiale reposait sur une levée de fonds participative auprès de la diaspora et des résidents locaux via des actions à prix différencié. Si l’idée d’impliquer la diaspora burundaise (estimée à plusieurs centaines de milliers de personnes, principalement en Belgique, Canada et Europe de l’Est) est séduisante sur le plan symbolique, elle se heurte à plusieurs réalités :
• Échelle requise : Pour atteindre ne serait-ce que 100 millions USD, il faudrait mobiliser plusieurs centaines d’investisseurs .
Les expériences similaires en Afrique (comme les « diaspora bonds » éthiopiens ou kenyans) n’ont fonctionné que dans des contextes de confiance institutionnelle élevée et de rendements garantis, ce qui n’est pas le cas au Burundi.
• Confiance des investisseurs : La diaspora burundaise, souvent issue de l’exil politique post-1993 ou post-2015, reste méfiante vis-à-vis des initiatives liées au gouvernement ou à des promoteurs locaux. L’absence d’un cadre réglementé (supervision bancaire, garanties de remboursement) et les antécédents de projets inachevés renforcent ce scepticisme.
• Effet de change : Les résidents locaux, payant en BIF à un taux officiel surévalué, verraient leur investissement déprécié par l’inflation (près de 40 % en 2025) et la dévaluation inévitable du franc burundais.
Ce modèle s’apparente davantage à un appel à la générosité patriotique qu’à un montage financier viable, expliquant l’échec rapide de la phase purement privée.
3. Risques techniques et opérationnels d’une tour de 30 étages
Au-delà du financement, la réalisation technique pose problème :
• Capacités locales : Le Burundi ne compte quasiment aucune entreprise capable de gérer seule un chantier de cette envergure (normes antisismiques, fondations profondes sur un sol lacustre, etc.). Des partenaires étrangers (chinois, turcs, tunisiens ou européens) seraient indispensables, augmentant la facture en devises.
• Coûts d’exploitation : Une tour de 30 étages implique des charges récurrentes élevées (électricité, maintenance des ascenseurs, sécurité). Or, le réseau électrique burundais est déficitaire (pannes fréquentes, capacité limitée), et les coûts énergétiques explosent avec la pénurie de carburant.
• Demande réelle : Bujumbura, ville de moins d’un million d’habitants avec un pouvoir d’achat extrêmement faible, n’a pas de marché pour des espaces commerciaux ou de bureaux haut de gamme. Les rares immeubles modernes existants peinent déjà à se remplir.
4. Le recours au PPP : un transfert de risque illusoire
Le pivot vers un partenariat public-privé, annoncé en novembre 2025, vise à impliquer l’État pour relancer le projet.
Cependant, dans les pays à faible revenu comme le Burundi, les PPP échouent souvent lorsque l’État n’a ni capacité de paiement ni garanties crédibles à offrir. Ici :
• Le gouvernement ne peut ni injecter de capitaux frais ni garantir des revenus futurs (loyers publics ou subventions).
• Tout PPP exposerait l’État à des passifs contingents massifs en cas d’échec (arbitrages internationaux, dettes cachées).
• L’expérience africaine (ex. : projets PPP abandonnés en Tanzanie ou en Ouganda pour cause de pénurie de devises) montre que ces montages aggravent souvent la situation budgétaire sans livrer l’infrastructure.
Conclusion : un projet disproportionné et à haut risque
1. Le Buja City Plaza, dans sa forme actuelle (tour de 30 étages) financé localement et par la diaspora, apparaît économiquement non viable dans le contexte burundais de 2025.
2. Les contraintes externes (réserves de change critiques, dépendance aux importations) rendent impossible l’approvisionnement en matériaux sans un miracle financier ou un retour massif de l’aide internationale – tous deux improbables à court terme sans réformes institutionnelles profondes.
3. Le modèle participatif diaspora a révélé ses limites, et le PPP ne fait que reporter le problème sur un État déjà fragilisé.
4. Une approche plus réaliste consisterait à redimensionner drastiquement le projet : reconstruction modeste du marché central en plusieurs phases, priorisant des bâtiments bas avec matériaux locaux, financés par des dons ou des prêts concessionnels multilatéraux.
Sans cela, Buja City Plaza risque de rejoindre la longue liste des chantiers fantômes burundais, pour reprendre l'expression de @iwacu dans sa dernière livraison, symbolisant plus les ambitions démesurées que le développement effectif.
Dans un pays où les priorités restent l’alimentation, l’énergie et la santé, un tel « flagship project » paraît non seulement prématuré, mais potentiellement contre-productif en détournant des ressources rares vers un symbole urbain hors de portée.
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