Aujourd’hui, quand on regarde les images du Concorde, on reste incrédule. On se demande comment il y a 60 ans, la France, avec l’Angleterre, a pu concevoir à la règle a calcul, un tel avion de ligne supersonique, le certifier et l’exploiter durant 27 ans.
La réponse est simple : la France savait prendre des risques. Elle a fait le pari que les hommes se déplaceraient toujours plus vite, plus loin. Un pari qui a en partie échoué : coûts de développement multipliés par 10, échec commercial. Mais si le Concorde n’a jamais été rentable, il demeure un succès technologique indéniable dont les retombées irriguent encore l’aviation aujourd’hui. Premier avion civil à commandes de vol électriques. Entrées d’air pilotées électroniquement pour ralentir le flux de Mach 2 à Mach 0,5. Transfert de carburant en vol pour déplacer le centre de gravité. Sans le Concorde, il n’y aurait pas d’Airbus tel qu’on les connaît aujourd’hui. L’avion qui perdait de l’argent à chaque vol a rendu possible ceux qui en font gagner aujourd’hui à Airbus et aux compagnies aériennes partout dans le monde.
Un pari, par définition, peut échouer. C’est le propre du progrès. Depuis 2005 le principe de précaution est tristement inscrit dans la Constitution, symptomatique d’une France peureuse et rabougrie. On ne parie plus. On se protège. On a interdit la culture des OGM tout en continuant à en importer. On a interdit le gaz de schiste sans même explorer. On a inventé le DPE, qui devait protéger les locataires mais a retiré des centaines de milliers de logements du marché.
Une nation ne progresse qu’en prenant des risques, et en laissant ses citoyens en prendre.
En 1969, on faisait voler Concorde. En 2026, on interdit, on bloque, on diagnostique.
On te vend depuis 40 ans que sans « sensibilité de gauche », les gens crèvent de faim.
C’est exactement l’inverse de ce que disent les chiffres.
1990 : 2,3 milliards d’êtres humains en pauvreté extrême. 38 % de l’humanité.
2025 : 808 millions. Environ 10 %.
1,5 milliard de personnes sorties de la misère absolue en 35 ans.
La plus grande réduction de souffrance humaine de toute l’histoire de l’espèce.
Qui a fait ça ?
Pas l’aide internationale.
Pas les ONG.
Pas les programmes de redistribution.
Pas la sensibilité de gauche.
Le marché.
L’ouverture commerciale.
La Chine de Deng qui abandonne le maoïsme en 1978.
L’Inde qui libéralise en 1991.
Le Vietnam, l’Indonésie, le Bangladesh qui s’ouvrent au capitalisme.
Les seuls endroits où l’extrême pauvreté a explosé sur la même période ?
Le Venezuela socialiste (de 27 % à plus de 80 % en dix ans, inflation à 130 000 %, un Vénézuélien moyen qui a perdu 11 kilos).
La Corée du Nord.
Cuba.
Le Zimbabwe de Mugabe.
La gauche ne nourrit pas les pauvres.
Elle les fabrique.
Le capitalisme produit tellement de richesse que même ses « perdants » américains vivent mieux que la classe moyenne soviétique.
Un pauvre américain a un frigo, une voiture, un téléphone, la clim et internet.
Un pauvre cubain attend du riz.
Et le « social américain est un désastre » reste une légende française.
PIB par habitant US : 80 000 $.
France : 45 000 $.
Un Mississippien (l’État le plus pauvre des États-Unis) a un revenu médian supérieur au Français moyen.
Dans un système libéral, il y a plus de richesse créée, plus largement distribuée, et beaucoup moins de pauvres.
Partout. Sans exception. Sur toutes les périodes mesurées.
Être de gauche en 2026 face à ces données, ce n’est plus de la sensibilité.
C’est préférer la posture morale aux résultats.
La compassion sans résultats, ça s’appelle de la vanité.
@FredGaulois Je compatis totalement. Mais à un moment, se plaindre du manque de moyens, et en même temps, se plaindre constamment de payer des impôts, il y a un moment, faut être cohérent...
En une seule journée, trois décisions politiques et juridiques illustrent la méfiance et l'inadaptation de la France face au progrès scientifique et technologique :
- Le Conseil constitutionnel interdit l'usage de la généalogie génétique pour la résolution d'enquêtes criminelles.
- Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, ferme la porte à l'homologation de la conduite autonome FSD de Tesla.
- Le tribunal administratif de Poitiers ordonne la destruction de quatre réserves d'eau agricoles en Charente-Maritime.
@Rainmaker1973 To hinder the bodies ability to clean up damaged cell is surely bound to backfire. Fuck with God's systems and pay the price. Life extension by messing with biological processes is all but playing with fire.
🏚️ En septembre dernier, une annonce de location parisienne recevait en moyenne 743 candidatures. Certaines ont dépassé le millier. Face à cette foule, une question simple : où sont passés les appartements ? Réponse : personne ne les a interdits. On a fait mieux — on a rendu leur location comptablement absurde. Je vous montre le calcul que Bercy ne fera jamais devant vous. 🧵
Prenez un cas banal : un 60 m² haussmannien, 9 530 €/m² de valeur, dans un patrimoine soumis à l'IFI. Loyer encadré : environ 26 €/m², soit 18 900 € par an. Retirez les charges non récupérables, l'assurance, l'entretien d'un immeuble ancien : ~14 500 €. Retirez la taxe foncière parisienne — dont le taux a bondi de 52 % en 2023 : reste ~13 000 €. L'impôt maintenant : au taux marginal de 41 %, plus la CSG-CRDS relevée à 18,6 % en janvier, l'État prend 59,6 % du revenu foncier : reste ~5 200 €. Et voici la dernière mâchoire : l'IFI, assis non pas sur le loyer mais sur la VALEUR du bien — 0,7 à 1 % en tranche marginale, soit 4 000 à 5 700 € pour ce seul appartement. Faites la soustraction : il reste zéro. Souvent moins. Louer ce bien rapporte un taux d'imposition réel supérieur à 100 %. Le propriétaire qui le laisse vide s'appauvrit moins que celui qui le loue. 🧮
Arrêtez-vous sur la mécanique, car elle est d'une perversité remarquable. L'encadrement des loyers plafonne le FRUIT du capital. L'IFI taxe la VALEUR du capital. Or que fait la pénurie créée par le plafonnement ? Elle soutient les prix — 9 530 €/m² malgré des ventes en chute de 24 % — donc elle soutient l'assiette de l'IFI. La mesure qui étrangle le revenu locatif gonfle l'impôt assis sur la valeur locative. Chaque tour de vis sur les loyers resserre mécaniquement l'autre mâchoire. Et le seuil de l'IFI, 1,3 million, n'a jamais été réévalué depuis 2018 : l'inflation immobilière y fait entrer chaque année des bailleurs qui ne s'y attendaient pas. C'est ce que j'appelle la destruction par truchement comptable : aucune loi n'interdit de louer — les lois, combinées, rendent la location ruineuse. L'interdiction n'a pas besoin d'exister : elle s'additionne.
Les résultats sont exactement ceux qu'on attendrait. Offre de location longue durée : −25 % par rapport à l'avant-Covid (SeLoger). Investissement locatif : tombé de 31 % à 23,9 % des acquisitions parisiennes (Century 21) — un investisseur sur quatre a disparu. Au national, un bailleur sortant sur deux vend (LPI-SeLoger). Et pendant que 743 dossiers s'entassent par annonce, la Ville de Paris publie une étude — commandée par elle, réalisée avec elle — concluant que l'encadrement n'a pas réduit l'offre. Le pyromane a rendu son rapport sur l'incendie : il conclut à la combustion spontanée.
La suite est écrite : l'expérimentation expire le 23 novembre, sa pérennisation est déjà votée en première lecture. On gravera donc dans le marbre le dispositif dont chaque locataire parisien paie la pénurie — 743 concurrents par visite —, et l'on s'étonnera, l'hiver prochain, que les appartements dorment volets fermés pendant que les files s'allongent. L'aquoibonisme a gagné les bailleurs, et il est, ici aussi, parfaitement rationnel.
Louer à Paris n'est pas interdit.
C'est juste devenu ruineux.
(Sources : PAP, septembre 2025 ; SeLoger/LPI ; Century 21, bilan annuel ; Apur, évaluation 2026 ; CGI, art. 964 à 977 ; délibérations Ville de Paris 2023)
La Bulgarie ne fera plus partie de la « coalition des volontaires »
C'est ce qu'a déclaré le Premier ministre Rumen Radev dans une interview accordée à la Radio nationale bulgare [BNR] :
« J'ai personnellement reçu une invitation du président Macron pour que la Bulgarie participe à la « coalition des volontaires », mais nous ne participons pas à une coalition qui insiste sur la poursuite de l'aide financière et militaire à l'Ukraine. »
Le Premier ministre a également déclaré que le règlement du conflit ukrainien n'était possible que par la voie diplomatique, et non par une nouvelle escalade et la livraison de nouvelles armes.
Thomas Sowell, le plus grand intellectuel vivant ?
Beaucoup de jeunes non-Blancs, note Thomas Sowell, sont avant tout victimes non pas des Blancs, mais des dynamiques endogènes à leurs communautés (prévalence des familles monoparentales, dévalorisation de la réussite scolaire, sous-cultures antisociales…). Or en imputant les difficultés des minorités uniquement au racisme de la société, certains progressistes enferment les minorités dans un rôle de victimes passives, impuissantes à agir sur le cours de leur destin, condamnées au ressentiment. Implicitement, ces discours envoient un message aux communautés en difficulté : c’est aux autres de fournir des efforts, pas à vous.
Sowell rappelle que dans la société britannique du début du 18ème siècle, les Écossais occupaient une position relativement périphérique. Plutôt que de cultiver leur rancœur à l’égard de la majorité, David Hume les a enjoints à apprendre l’anglais, à se former à la science et à développer leurs compétences dans les arts. Les Écossais ont alors connu une ascension impressionnante, dépassant les Anglais dans de nombreux domaines et contribuant significativement au débat intellectuel (Adam Smith, James Watt, Walter Scott et Hume lui-même étaient par exemple tous écossais). Si les défenseurs de la justice sociale étaient mus par le désir d’améliorer les conditions de vie des minorités plutôt que par celui de se donner le beau rôle, c’est ce modèle qu’ils privilégieraient.
Tout au long de son œuvre, Sowell revient régulièrement sur le thème des disparités entre groupes humains. Il montre qu’aucune société, à aucune époque, n’a connu une répartition proportionnelle des différents groupes ethniques, culturels ou religieux dans les diverses sphères de la vie sociale. Ces écarts tiennent à une multitude de facteurs : différences d’histoire, de culture, de normes familiales, de capital humain transmis, d’aptitudes linguistiques ou de structures d’incitation. Pourtant, observe-t-il avec ironie, dans le climat intellectuel contemporain, toute déviation par rapport à une représentation strictement égalitaire est perçue comme une preuve définitive du racisme de la société. Cette confusion entre inégalités de résultats et injustice structurelle constitue, selon Sowell, l’un des grands sophismes de notre temps.
Sur le même modèle, Sowell déconstruit l’idée que les asymétries entre hommes et femmes seraient nécessairement le fruit du patriarcat ou de discriminations misogynes sur le marché du travail. En analysant minutieusement les données empiriques, il démontre que les écarts bruts observés sont souvent le résultat de choix féminins (en matière d’orientation professionnelle, de temps de travail ou de priorités de vie), qu’il n’est pas nécessairement souhaitable de déconstruire s’ils relèvent de l’exercice du libre-arbitre. « Beaucoup de ce qu’on l’on désigne comme des “problèmes sociaux” s’amuse-t-il, ne sont souvent que des divergences entre les constructions théoriques des intellectuels et la réalité concrète. Quand la réalité ne concorde pas avec sa théorie, l’intellectuel conclut souvent qu’il faut modifier la réalité plutôt que sa théorie. »
Aujourd’hui, l’une des formes les plus tenaces de cette volonté de réagencement social réside dans les politiques cherchant à imposer une parité parfaite entre hommes et femmes dans différents secteurs de la vie publique. Face à ces projets d’ingénierie sociale, Sowell cite souvent Adam Smith, qui notait que de nombreux intellectuels « épris de la beauté de leur vision de la société idéale » en viennent à considérer leurs concitoyens comme une matière inerte à laquelle ils peuvent imprimer un mouvement « avec autant de facilité que la main dispose les pièces sur un échiquier ». Mais contrairement aux pièces d’échecs, les individus disposent de préférences et d’aspirations, incompatibles avec les grands projets des ingénieurs sociaux. C’est d’ailleurs en raison de cette incompatibilité que l’ingénierie sociale tend inévitablement à verser dans la coercition et l’autoritarisme.
Plus largement, l’œuvre de Sowell est traversée par un scepticisme radical à l’égard de ceux qui, parmi l’élite, se considèrent investis de la mission de régir le destin de leurs concitoyens, persuadés de savoir mieux que l’homme ordinaire ce qui est bon pour lui et de pouvoir préempter ses décisions. Ce scepticisme n’est pas motivé par une quelconque forme de populisme, mais par une analyse rationnelle des mécanismes permettant l’émergence d’un ordre social stable et harmonieux.
Premièrement, en disciple de Hayek, Sowell insiste sur un point fondamental : la connaissance est dispersée dans la société, enracinée dans des situations locales ; les théoriciens, même les plus brillants, ne peuvent y avoir pleinement accès. C’est pourquoi les décisions politiques ou les prescriptions de l’intelligentsia (produites à partir d’un savoir partiel, souvent abstrait) sont fréquemment moins soutenables que les arbitrages spontanés émergeant de l’intelligence collective mobilisée via des millions de décisions individuelles décentralisées. « Puisque personne ne détient ne serait-ce que 1% de toute la connaissance présente dans une société, il est vital que les 99 % restants, dispersés en petites quantités presque négligeables à l’échelle individuelle, puissent être librement mobilisés par les individus au gré de l’échange et des arrangements spontanés. Voilà pourquoi le marché libre, la limitation du pouvoir des juges, et la confiance dans les décisions enracinées dans l’expérience collective sont si précieuses. »
Deuxièmement, Sowell constate (et son intuition est largement confirmée par les dernières décennies de travaux en sciences cognitives) que l’on se trompe bien davantage lorsque on ne subit pas soi-même les conséquences de ses erreurs. Or c’est précisément le cas des tiers (intellectuels, bureaucrates, experts…) qui prétendent décider pour l’individu à sa place (par exemple en imposant des interdictions, en subventionnant avec son argent ce qu’il devraitvouloir consommer, ou en façonnant ses préférences en le rééduquant). Non seulement ces tiers vivent souvent à l’abri des conséquences de ce qu’ils prônent, mais en plus, ils sont jugés non pas selon l’efficacité de leur action mais selon leur degré d’adhésion au conformisme du moment. Peu importe que des politiques éducatives échouent, que des programmes sociaux engendrent dépendance et désintégration familiale, ou que de belles intentions écologiques détruisent des filières économiques, ce qui compte, c’est l’image vertueuse que ces idées renvoient de ceux qui les défendent. À l’inverse, lorsqu’un individu se trompe, il en subit directement les conséquences ; ainsi est-il incité à ne pas se tromper. « Il est difficile d’imaginer manière plus stupide ou plus dangereuse de prendre des décisions que de les confier à des personnes qui ne paient aucun prix lorsqu’elles se trompent », résume Sowell.
Troisièmement, lorsque les décisions sont laissées aux individus plutôt qu’imposées par le haut, l’erreur reste circonscrite à celui qui la commet, et peut être corrigée rapidement et localement avant qu’elle ne contamine l’ensemble de la société, comme le ferait une politique publique mal conçue mais administrée uniformément. Comment expliquer qu’une partie de l’intelligentsia voit d’un mauvaise œil les régimes d’incitations où ceux qui prennent de bonnes décisions sont récompensées ? « Ces systèmes, nous dit Sowell, suscitent des rancunes chez ceux qui sont convaincus que seuls l’aisance oratoire, l’engagement politique et l’ardeur morale devraient valoir distinction. » Piste intéressante pour expliquer l’anticapitalisme de l’élite universitaire…
On ne peut conclure sans évoquer le thème qui irrigue chacun des ouvrages de Sowell et constitue pour lui le fondement implicite de toute réflexion politique, économique ou sociale : la nature humaine. Il distingue deux visions de l’Homme : la vision candide (« il n’y a pas de perversité originelle dans le cœur humain ») et la vision tragique (« la frontière entre le bien et le mal traverse le cœur de chaque homme »).
Ceux qui adoptent la vision tragique (Sowell en fait évidemment partie) cherchent à concevoir des institutions qui fonctionnent malgré les limites humaines, s’attachant à construire des systèmes d’incitations capables de canaliser ses penchants les plus nuisibles et de tirer parti de ses motivations ordinaires pour produire des effets collectifs bénéfiques. Ils savent que la vie en société implique des frictions, des tensions et des limitations (liées à l’imperfection de la nature humaine) et que ce n'est pas parce qu’un système produit des résultats imparfaits que le système en lui-même est imparfait. Le système est bon s’il limite la portée des erreurs et génère l’ordre et l’harmonie relative sans exiger l’infaillibilité de chacun de ses agents.
À l’inverse, ceux qui adhèrent à la vision candide de la nature humaine croient qu’il est possible de construire un système produisant des résultats parfaits (et se montrent donc insatisfaits de tout système ne les produisant pas), ce qui explique leur soif de table-rase. Par exemple, ce qui les frappe n’est pas la rareté relative du mal dans nos sociétés, mais son existence même, perçue non comme une constante anthropologique, mais comme une faillite collective (imputable à une institution ou à une classe sociale). De même, ce qu’ils cherchent à expliquer n’est pas la prospérité (envisagée comme l’état naturel des choses), mais la pauvreté, dont la persistance justifierait la condamnation de de notre système économique. Ces personnes, écrit Sowell, « se demandent rarement pourquoi nos sociétés ne connaissent pas la pauvreté de l’Inde, l’oppression politique de la Corée du Nord, l’anarchie du Libéria, ou les massacres du Rwanda. Il ne leur vient donc pas à l’esprit que cela pourrait être lié aux valeurs, aux traditions, et aux constructions sociales qu’ils s’acharnent à déconstruire. »
L’autre erreur des adeptes d’une vision naïve de la condition humaine, selon Sowell, est de percevoir chaque aspect insatisfaisant de la réalité sociale comme un dysfonctionnement appelant une solution, plutôt que comme le résultat d’un arbitrage entre contraintes inconciliables. Là où il faudrait voir des choix difficiles entre des biens en tension dans un monde aux ressources limitées, certains ne voient que des problèmes à résoudre avec de la volonté politique et un désir de justice sociale. C’est pourquoi ils se demandent : « comment éliminer telle caractéristique déplaisante de la situation actuelle ? » plutôt que : « Que doit-on sacrifier pour atteindre telle amélioration, et cela en vaut-il la peine ? » Pourtant, la bonne question ne devrait pas être de savoir si l’on est dans l’absolu favorable aux biens poursuivis par une politique publique (mettons : l’accès à la culture via le chèque culture, l’accès à la connaissance via la gratuité de l’université, le soutien à la société civile via les subventions aux associations, etc.), mais de savoir si l’on préférerait que les ressources allouées à la poursuite de ces biens soient allouées à la poursuite d’autres biens (mettons : à la justice, à l’hôpital, à l’école, au pouvoir d’achat via des baisses d’impôts, etc.). « La première chose que l’on apprend en économie, écrit Sowell, c’est que les ressources sont limitées. La première chose que l’on apprend en politique, c’est d’ignorer la première leçon de l’économie. »
Malheureusement, le fait de voir des solutions plutôt que des arbitrages engendre un biais d’action. Or, comme le démontre Sowell, la plupart des solutions présumées ont un coût, créent de nouveaux problèmes ailleurs (« la plupart des problèmes d’aujourd’hui sont les solutions d’hier », écrit-il), ou reviennent simplement à déplacer la charge sur des groupes moins visibles ou moins bruyants (admirateur de Bastiat, Sowell ne cesse de rappeler qu’il y a ce que l’on voit, mais aussi ce que l’on ne voit pas). Une fois que le législateur est intervenu, la nouvelle configuration n’est souvent qu’un arbitrage différent – et moins bon puisqu’il n’est pas le fruit de l’expérience ou de la coordination des acteurs concernés, mais d’une décision prise par des tiers peu au fait des réalités du terrain et peu exposés aux conséquences de leur décision.
@LilyCroftVT En hiver, il y a du chauffage. Si la maison est bien isolée, il y a moins de déperditions et on consomme moins.
En été, ce raisonnement ne marche que s'il y a du refroidissement (clim). Autrement, la chaleur finit par rentrer.