Taxer les stablecoins, ficher les wallets, alourdir l'exit tax : on ferme la porte au lieu de donner envie de rester. L'économiste Hirschman l'a montré en 1970 : quand on ne peut plus partir, il ne reste qu'à protester. Mais le capital, lui, n'attend pas. Il part avant qu'on verrouille la sortie.
@Mileistesfr 5,4 % de déficit et une croissance quasi nulle : la France fait exactement ce que ce post décrit. Chaque euro emprunté par l'État est un euro que l'entrepreneur ne peut pas investir. Moins de dépenses publiques, plus de croissance.
@balajis Exit beats voice. A network state doesn't ask permission. People opt in, build the community, and the old states have to compete for their citizens. Freedom to build is the whole game.
@ns123abc Data, talent, compute, sales. The one missing: open weights. DeepSeek R1 shipped them in Jan 2025, and on Jan 27 Nvidia lost ~$590B in a single session. A moat you can download is not a moat.
Le pire n'est pas l'interdiction. C'est l'outil qu'on prépare pour la faire respecter.
La loi mobilités du 24 décembre 2019 prévoit des caméras qui lisent ta plaque dans la zone. Un fichier d'État dit aussitôt si ta voiture a le droit d'être là.
Si tu es en règle, tes données sont « détruites immédiatement ». Sinon, elles peuvent être gardées huit jours ouvrés.
Dès 2018, le Conseil d'État notait que ces photos permettent « la saisie sur une grande échelle » de données sur tes déplacements.
La loi interdit de filmer toutes les entrées. Pour l'instant.
Aujourd'hui, ces caméras sont prévues, pas en service. Paris ne met aucune amende avant le 31 décembre 2026.
Une interdiction sans sanction. En attendant la caméra.
Et le motif ? Selon le SDES, seules Paris et Lyon dépassent encore régulièrement les seuils de qualité de l'air. 23 agglomérations qui les respectent ont quand même une ZFE.
Strasbourg ne supprime pas la sienne. Elle repousse l'interdiction des Crit'Air 3 à 2028.
Une règle qui survit au vote des élus, frappe d'abord les plus modestes et prépare la caméra pour tout le monde.
Ta voiture, ton trajet, ta vie. Ça ne devrait pas dépendre d'un sticker.
Le Parlement a voté leur suppression. Elles tiennent toujours.
Les ZFE, c'est une interdiction que les députés ont votée contre, et qui tient quand même.
14 avril 2026 : la loi de simplification est adoptée. Son article 37 supprime les zones à faibles émissions.
21 mai 2026 : le Conseil constitutionnel censure l'article. Pas sur le fond. Pour un vice de procédure, un « cavalier législatif ».
Résultat : le vote des élus ne compte pas, la vignette collée sur ta voiture, si.
8 octobre 2026 : deuxième essai, une proposition de loi pour en finir. L'amendement qui vidait le texte est rejeté par 164 voix contre 49.
Et puis minuit sonne. La séance s'arrête. Pas de vote final.
Deux fois les élus disent stop. Deux fois la machine continue.
À Paris, Crit'Air 3, 4, 5 et non classés sont interdits en semaine de 8h à 20h. À Lyon, c'est 24h sur 24, avec 68 € d'amende.
Ta voiture est payée. Elle roule. Elle t'emmène au boulot. Et un sticker décide si elle a encore le droit d'entrer chez toi.
Ce n'est pas de l'écologie. C'est un permis de circuler collé sur ton pare-brise.
Paris a déjà eu son mur pour trier qui entre. Une révolution l'a aboli. Il est revenu sept ans plus tard.
1785 : on construit autour de Paris un mur de 24 km, avec 55 barrières. Pas contre une armée. Contre ta barrique de vin.
C'est l'octroi, la taxe pour entrer en ville. Hors du mur, le vin coûte quatre fois moins cher.
Du 12 au 14 juillet 1789, les bureaux d'octroi sont dévastés ou incendiés, au moment même de la prise de la Bastille.
1791 : l'octroi est aboli. 18 octobre 1798 : il revient à Paris.
En 1852, l'exposé des motifs d'un décret l'assume noir sur blanc. Ce sont les taxes d'octroi et la cherté des denrées « qui seules peuvent arrêter le mouvement irréfléchi qui pousse les populations vers les villes ».
Trier qui a le droit d'entrer en ville. Écrit par l'État, signé par l'État.
Il faudra attendre le 1er janvier 1949 pour qu'il disparaisse pour de bon.
Supprimé en 1791. Revenu en 1798. Encore 150 ans avant de disparaître.
Supprimer, ça ne veut pas dire que ça s'en va. Les ZFE en sont la preuve.
Hier c'était le vin à la barrière. Aujourd'hui c'est ta vignette sur le pare-brise.
Sources 👇
Rapport Thévenoud, « Un taxi pour l'avenir, des emplois pour la France », avril 2014 (235 000 € en 2013, 180 000 € en 2007, 185 000 € de moyenne, 15 800 contre 14 000, tableau du ministère de l'Intérieur, attente, retraite, loi de 1995) : https://t.co/GvG5xUTeUd
Rapport sur les obstacles à l'expansion économique (Rueff-Armand), remis le 21 juillet 1960, § 1.50.1 : https://t.co/x9WVz7RQOq
Loi n° 2014-1104 du 1er octobre 2014, article L. 3121-2 du code des transports : https://t.co/SESOXK8ckk
Conseil constitutionnel, décision 2015-484 QPC du 22 septembre 2015 : https://t.co/in7qnwski5
Conseil constitutionnel, décision 2015-468/469/472 QPC du 22 mai 2015 : https://t.co/hNV0PhHDbu
franceinfo, arrivée d'UberPop : https://t.co/JIG42N4sNz
France 24, suspension d'UberPop le 3 juillet 2015 : https://t.co/u6p5pe0CMx
Observatoire national des T3P, rapport 2026 (71 000 VTC, 63 000 taxis, cartes pro 2025) : https://t.co/lrZ3dPLsew
Tribunal administratif de Paris, jugement du 23 avril 2026 (n° 2322603) : https://t.co/yczRIakMdg
Communiqué du tribunal administratif de Paris (et jugement en PDF : https://t.co/rmyKcIiItI) : https://t.co/C6PPLjnl7t
Wikipédia, Taxis parisiens (numerus clausus de 1937) : https://t.co/pjwIqyW9qY
Adam Smith, The Wealth of Nations (1776), livre I, chapitre X, Project Gutenberg : https://t.co/cqEmfrZaS2
Jusqu'à 235 000 €. Le prix d'un droit qu'Adam Smith disait sacré dès 1776.
En 2013, dans la zone des taxis parisiens, le rapport Thévenoud relève des licences échangées jusqu'à 235 000 €. En 2007, c'était 180 000 €.
Depuis 2007, 5 738 licences ont été achetées, environ 800 par an. Prix moyen : 185 000 €.
L'autre option ? La licence gratuite, sur liste d'attente.
Le rapport l'écrit : « L'attente dure entre 15 et 20 ans à Paris. »
Pour un jeune chauffeur, deux chemins.
Attendre 15 ans. Ou s'endetter lourdement avant sa première course.
Adam Smith, Richesse des nations, 1776, livre I, chapitre X : « The property which every man has in his own labour, as it is the original foundation of all other property, so it is the most sacred and inviolable. »
La propriété de ton propre travail est le fondement de toutes les autres, donc la plus sacrée. Traduction maison.
Conduire quelqu'un d'un point A à un point B ne nuit à personne. Depuis 1937, il faut pourtant une permission en nombre limité.
Ce n'est pas un marché. C'est une file d'attente avec un guichet de revente.
Ton travail t'appartient. Le droit de l'exercer ne devrait jamais se racheter à quelqu'un d'autre.
Ce soir, je te raconte comment l'État a fabriqué cette rente, comment il l'a protégée, et comment un téléphone l'a contournée.
Le chauffeur qui a payé sa licence n'est pas le méchant. C'est l'otage.
Le rapport Thévenoud le dit sans détour. La valeur de la licence « est donc un élément essentiel pour les chauffeurs, qui peuvent ainsi financer une partie de leur retraite ».
Voilà le piège d'une permission rare. Ceux qui l'ont payée cher ont besoin qu'elle reste rare.
Chaque ouverture du marché menace leur crédit. Alors ils défendent la barrière.
C'est humain, et c'est exactement ce que le système a fabriqué.
1937 : l'État décide combien de personnes auront le droit de transporter des gens. 2026 : on se dispute encore une voie de la rue de Rivoli.
Smith, 1776, toujours au livre I : « to hinder him from employing this strength and dexterity in what manner he thinks proper, without injury to his neighbour, is a plain violation of this most sacred property. »
Empêcher quelqu'un de travailler comme il l'entend, sans nuire à personne, c'est violer la plus sacrée des propriétés. Traduction maison.
La solution n'est pas d'écraser ceux qui ont payé. C'est d'arrêter de vendre des places dans une file que l'État a lui-même créée.
Ta vie, ton argent, ton travail t'appartiennent. Personne ne devrait avoir à acheter la permission de s'en servir.
Une licence, ce n'est pas un métier. C'est un péage sur le droit de travailler.
Sources 👇
Ministère de la Culture, grandes dates des monuments historiques (1913, loi n° 92 du 25 février 1943, LCAP 2016) : https://t.co/f6DQfbEZ11
Ministère de la Culture, chronologie des sites patrimoniaux (1943, 500 mètres) : https://t.co/DxGdqmC6kD
Loi de 1913 consolidée (article 13 bis abrogé en 2004) : https://t.co/A5v8gnITbX
Code du patrimoine, L. 621-30 et L. 632-2 : https://t.co/TGm9iMpPdB
Ministère de la Culture, bilan 2024 des monuments historiques (45 223) : https://t.co/yFJmk8uU9c
Ministère de la Culture, bilan 2024 des sites patrimoniaux (535 300 avis, 30 %, plus de 5 000 PDA) : https://t.co/i8YUXOTjD5
Ministère de la Culture, travaux en abords et FAQ : https://t.co/0LvFSV5cJI
UDAP Isère, délais d'instruction (janvier 2025) : https://t.co/9h2uOOZOWZ
Sénat, rapport n° 780 (2023-2024), tome I (189 ABF, 63 % contre 6 %, Conseil d'État 1976 et 2020) : https://t.co/ma23C7qx7F et https://t.co/QujBqa9844
Sénat, rapport n° 780, tome II, comptes rendus des auditions (489 000 dossiers en 2023, citation sur les délais du tribunal administratif, citation sur le PVC) : https://t.co/VkLR0JB6LN
Sénat, synthèse du rapport n° 780 (0,2 % de recours) : https://t.co/dM3kNZNf2e
Banque des Territoires, 31 octobre 2025, ABF et photovoltaïque (2,5 %, 8 %, 11,5 %, 7 %, près de 18 %) : https://t.co/6dJhRWeS6w
Ministère de la Transition écologique, dématérialisation des autorisations d'urbanisme : https://t.co/jcffmch3td
Dossier législatif du projet de loi Jeanbrun : https://t.co/guOeOEeCRb
Texte de la commission de l'Assemblée n° 3188 (art. 2 et art. 6 bis) : https://t.co/P3Mb7VkOtn
NosParlementaires, scrutin du 7 juillet 2026 : https://t.co/f9GIedRLr8
Batinfo (AFP), 17 juillet 2026 (Jeanbrun, ANABF) : https://t.co/k4hLTaJB1h
Bastiat, La Loi (1850), Wikisource : https://t.co/2QYyZ38jd5
Ta maison t'appartient. Sauf si un fonctionnaire la voit depuis un monument à 500 mètres.
1913 : l'État protège le monument historique. La loi du 31 décembre permet déjà de le classer sans l'accord de son propriétaire.
25 février 1943 : en pleine Occupation, sous Vichy, l'État français ajoute une couche. La loi n° 92 soumet à autorisation les travaux sur les immeubles situés dans le champ de visibilité d'un monument.
Ce n'est plus le monument qu'on protège. C'est la vue.
Et la vue, ce sont les maisons autour. Parfois la tienne.
Le rayon est posé : 500 mètres.
Construire, démolir, changer l'aspect de ta maison ? Autorisation préalable.
83 ans plus tard, ce cercle décide toujours de tes fenêtres.
Le régime de Vichy est tombé. Sa permission, elle, a vécu dans la loi de 1913 jusqu'en 2004, puis elle est passée dans le Code du patrimoine.
En 2016, la loi LCAP aurait pu tourner la page avec des périmètres sur mesure. Mais à défaut, le cercle automatique de 500 mètres reste.
Fin 2024, un peu plus de 5 000 monuments ont un périmètre sur mesure. Sur 45 223.
En 2024, les Architectes des Bâtiments de France et leurs services ont rendu plus de 535 300 avis. Environ 30 % des autorisations d'urbanisme du pays, selon le ministère de la Culture.
Un droit de regard né sous l'Occupation et toujours en vigueur en 2026, ce n'est pas un détail technique. C'est une philosophie de la propriété.
Ta maison t'appartient. Son aspect, depuis 1943, un peu moins.
Ta maison existait avant le permis. Ta propriété aussi.
Bastiat l'écrit en 1850, dans La Loi : « Ce n'est pas parce que les hommes ont édicté des Lois que la Personnalité, la Liberté et la Propriété existent. Au contraire, c'est parce que la Personnalité, la Liberté et la Propriété préexistent que les hommes font des Lois. »
L'ordre compte.
D'abord tu possèdes. Ensuite la loi protège.
1850 : la loi est au service de la propriété. 1943 : la propriété passe sous le regard de l'administration.
Avec les ABF, l'ordre s'inverse.
Ton volet attend un avis. Ta clôture attend un avis.
Ta façade dépend d'un regard porté depuis un monument à 500 mètres.
Tu as les murs. Le fonctionnaire a la vue.
Une propriété qu'on doit faire valider à chaque coup de peinture n'est plus une propriété. C'est un bail précaire avec l'État.
Personne ne demande de raser les cathédrales. Le monument mérite d'être protégé, et son propriétaire peut en prendre soin.
La question, c'est le voisin. Celui qui n'a rien classé, rien demandé, et qui découvre qu'un cercle tracé en 1943 décide de ses fenêtres.
Le projet Jeanbrun ouvre deux brèches. Le reste du débat est devant nous, et je veux ton avis.
Le patrimoine qu'on voit depuis la rue appartient à qui ? Au propriétaire qui paie les murs, ou à ceux qui les regardent ?
Alors je te pose la question franchement : autour des monuments, tu donnerais à l'ABF un veto, un simple avis consultatif, ou rien du tout ? Et pourquoi ?