‼️🇺🇦🇺🇸🇬🇪🇷🇺🇪🇺 « LFI n'est pas pro-russe »
C'est faux. Voici leur ligne pour 2027.
En 3 mins, ce député sans colonne vertébrale enchaîne 21 (!!!) contre-vérités ahurissantes.
Je vais TOUTES les démonter.
C'est long. Réfuter une absurdité prend plus de temps que l'affirmer :
1. « La priorité devrait être de ramener la Russie dans le concert des nations européennes »
La Russie n’a pas été exclue arbitrairement. Elle a été suspendue puis exclue de plusieurs institutions après l’annexion de la Crimée en 2014, puis l’invasion à grande échelle de l’Ukraine en 2022.
Le problème principal n’est pas un manque d’intégration occidentale, mais la violation répétée du droit international par Moscou.
2. « On s’est mal débrouillés avec Poutine »
Entre 2000 et 2014, les Occidentaux ont au contraire multiplié les partenariats avec la Russie.
La Russie a rejoint le G8, l’Union européenne est devenue son premier partenaire commercial, et des projets énergétiques massifs ont été développés, notamment Nord Stream. Des milliers d’entreprises occidentales sont allées investir en Russie. Tout le monde était heureux de s’ouvrir à un marché de 140 millions de consommateurs.
La Russie est avant tout responsable de son isolement.
Je suis sincèrement dérangé de voir un député français expliquer que l’Occident serait responsable de la situation actuelle, alors que la Russie mène des guerres contre ses voisins depuis les années 1990.
Il suffit de regarder les pays baltes : ils ont rejoint l’OTAN parce qu’ils connaissaient parfaitement le danger que représentait Moscou.
3. « Il aurait fallu une diplomatie différente au début des années 2000 »
Au début des années 2000, Poutine avait déjà :
- Écrasé la Tchétchénie ;
- Réduit progressivement le pluralisme politique ;
- Renforcé le pouvoir des services de sécurité ;
- Fait pression sur les médias indépendants ;
- Emprisonné, contraint à l’exil ou fait taire de nombreux opposants.
Encore une fois : comment un député français peut-il affirmer sans trembler que nous serions responsables de la situation actuelle à cause d’un prétendu manque d’entente diplomatique ?
Pourquoi faut-il systématiquement dédouaner le régime russe de son durcissement autoritaire et de ses crimes ?
4. « Il ne fallait pas bombarder la Serbie »
Aurélien Taché nous ressort ici tous les poncifs habituels sur les Balkans.
L’intervention de l’OTAN peut être critiquée. C’est un débat parfaitement légitime. En revanche, lancer cette phrase sans aucun contexte historique est profondément trompeur.
Entre 1991 et 1999, les guerres de Yougoslavie font plus de 130 000 morts. Les forces serbes de Bosnie et le régime de Slobodan Milošević sont impliqués dans des campagnes de nettoyage ethnique à grande échelle contre les populations non serbes.
Quelques rappels :
- Le siège de Sarajevo dure près de quatre ans. Des milliers de civils sont tués par les bombardements et les tirs de snipers.
- Des forces serbes mettent en place des camps de détention et de concentration en Bosnie et en Croatie.
- En juillet 1995, le massacre de Srebrenica entraîne l’assassinat de plus de 8 000 hommes et adolescents bosniaques musulmans. Les juridictions internationales l’ont qualifié de génocide.
Des responsables comme Radovan Karadžić sont condamnés pour génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre. Milošević, président serbe, lui-même est inculpé pour crimes contre l’humanité avant sa mort.
Les frappes aériennes de l’OTAN en août-septembre 1995 (opération Deliberate Force) visent principalement les forces serbes de Bosnie après Srebrenica et les bombardements répétés de zones civiles, après des années d’inaction internationale face aux massacres.
Lorsque l’on arrive au Kosovo en 1998-1999, l’OTAN n’intervient pas dans le vide. Elle agit après des années de massacres, de déportations et de nettoyages ethniques dans l’ex-Yougoslavie, alors que Milošević est toujours au pouvoir.
Au Kosovo, les forces serbes mènent une campagne de répression contre la population albanaise. Des villages sont incendiés, des exécutions sont documentées et des centaines de milliers de Kosovars fuient leurs foyers.
Le massacre de Račak, où des dizaines de civils albanais sont retrouvés morts, joue notamment un rôle majeur dans la décision occidentale d’intervenir.
À la suite de cela ont lieu les négociations de Rambouillet entre Serbes et Kosovars. Elles échouent, chaque camp jugeant les propositions inacceptables.
L’alternative est alors entre une intervention militaire contestée et la poursuite probable d’une campagne de nettoyage ethnique déjà en cours.
On peut débattre de la légalité de l’opération de l’OTAN, de ses conséquences ou de ses erreurs. Mais présenter les bombardements de 1999 comme une agression gratuite contre la Serbie sans rappeler tout ce contexte revient à effacer l’essentiel de l’histoire.
5. « Les Russes pouvaient régler le problème serbe eux-mêmes »
Clairement non.
On a vu les résultats de cette diplomatie tout au long des guerres yougoslaves. Elle n’a empêché ni les massacres, ni les déplacements de population, ni l’escalade militaire.
La Russie soutenait Belgrade depuis des années. Aurélien Taché a raison sur un point : la proximité historique, culturelle et religieuse entre les deux pays était réelle.
Mais c’est précisément pour cette raison que Moscou n’était pas un acteur neutre.
Primakov et les dirigeants russes de l’époque soutenaient le régime de Milošević. Présenter la Russie comme un médiateur impartial dans cette crise n’a donc aucun sens.
6. « Le bombardement de la Serbie a convaincu les Russes qu'on ne pouvait pas faire confiance à l'Occident »
Beaucoup de responsables russes ont effectivement vécu le Kosovo comme une humiliation. Mais en faire l'origine de la rupture avec l'Occident est réducteur.
D'abord, les tensions existaient déjà avant 1999, notamment autour de l'élargissement de l'OTAN à l'Europe centrale, perçu à Moscou comme un recul de son influence. C’est d’ailleurs un réflexe impérialiste russe, et non occidental, puisque les nations sont souveraines dans leur choix d’alliances militaires, et que le contexte historique justifie largement leur volonté de se protéger.
Ensuite, la dégradation des relations ne s'explique pas seulement par les choix occidentaux. Elle est aussi liée à l'évolution de la Russie elle-même : concentration du pouvoir autour de Poutine, affaiblissement des contre-pouvoirs, montée de l'autoritarisme et volonté croissante de restaurer une sphère d'influence dans l'espace post-soviétique.
Encore une fois : les Russes n’ont qu’à se regarder dans le miroir. La main leur a été tendue à de très nombreuses reprises. Ce sont eux qui ont choisi la voie de la belligérance et de l’antagonisme permanent. Il suffit d’écouter la classe politique russe et ses médias.
7. « Après cela, Poutine a compris qu'il n'y avait pas d'avenir avec l'Occident »
Faux.
Là encore, l'affirmation ne résiste pas aux faits.
Si Poutine avait réellement conclu dès 1999 qu'il n'y avait « aucun avenir avec l'Occident », pourquoi la Russie a-t-elle continué à coopérer étroitement avec les États-Unis et l'Europe pendant plus d'une décennie ?
Après le Kosovo, Moscou soutient les États-Unis après le 11 septembre 2001, facilite les opérations en Afghanistan, participe à la création du Conseil OTAN-Russie en 2002, développe ses relations économiques avec l'Union européenne et construit même des projets stratégiques communs comme Nord Stream.
Les exemples sont légion. Bref, c’est encore un poncif sans ancrage dans le réel.
8. « Les révolutions en Géorgie ont été pilotées par les Américains »
Cette affirmation est non seulement fausse, mais aussi profondément insultante envers le peuple géorgien.
Oui, des ONG occidentales étaient présentes en Géorgie. Oui, des fondations américaines ont soutenu des médias indépendants, des observateurs électoraux ou des organisations de la société civile. Mais cela ne signifie pas qu'elles ont organisé ou contrôlé la Révolution des Roses.
La révolution éclate avant tout à la suite d'élections législatives massivement contestées pour fraude, dans un pays gangrené par la corruption et le banditisme. Des dizaines de milliers de Géorgiens descendent dans la rue, rejoints par une opposition qui bénéficie déjà d'un large soutien populaire.
Pour croire à la thèse d'un « pilotage américain », il faudrait expliquer comment Washington aurait pu manipuler à lui seul des centaines de milliers de citoyens géorgiens ayant leurs propres motivations politiques.
Cette lecture retire toute capacité d'action aux Géorgiens eux-mêmes. Elle suppose que lorsqu'une population post-soviétique se révolte contre un pouvoir impopulaire ou corrompu, elle ne peut pas le faire de sa propre initiative et doit nécessairement être dirigée depuis Washington.
C'est précisément l'un des postulats centraux de la propagande russe depuis vingt ans. C’est méprisant et profondément indécent.
Ça en dit aussi long sur Taché : apparemment, pour lutter pour la liberté dans son pays, il faudrait forcément toucher un billet. Je sais que cela peut paraître inconcevable pour vous, Monsieur le député, mais contrairement à ce que vous semblez croire, les peuples savent se mobiliser contre l'injustice sans être payés pour le faire.
Enfin, si les États-Unis contrôlaient réellement ces révolutions, il devient difficile d'expliquer pourquoi elles ont produit des résultats aussi différents selon les pays, les périodes et les dirigeants concernés. Les mouvements de contestation en Géorgie, en Ukraine ou au Kirghizstan ont tous suivi des trajectoires distinctes, parfois même défavorables aux intérêts occidentaux.
La réalité est beaucoup plus simple : les États-Unis ont soutenu des acteurs démocratiques et la société civile, mais aucune preuve sérieuse ne montre qu'ils ont « piloté » la Révolution des Roses. Confondre soutien politique et contrôle opérationnel est un raccourci qui ne résiste pas à l'examen des faits.
9. « Maïdan a été piloté par les Américains »
Là, c’est pareil. Il répète la propagande la plus crasse, la plus stupide et la plus dégoûtante du Kremlin sans rougir.
Maïdan commence en novembre 2013 après la décision du président Viktor Ianoukovytch de renoncer à l'accord d'association avec l'Union européenne, alors qu'il s'était publiquement engagé à le signer lors de sa campagne présidentielle.
Les premières manifestations sont spontanées et rassemblent essentiellement des étudiants, des journalistes et des citoyens ordinaires. Ce n'est qu'après la répression policière du 30 novembre, lorsque de jeunes manifestants pacifiques sont passés à tabac, que le mouvement prend une ampleur nationale.
Des centaines de milliers d'Ukrainiens descendent dans les rues de Kyiv et d'autres villes.
Affirmer que Washington aurait « piloté » un tel mouvement suppose que les États-Unis auraient été capables de contrôler des mois de manifestations, des centaines de milliers de participants et une multitude d'acteurs politiques, associatifs et citoyens. Or il n’existe pas la moindre preuve sérieuse pour étayer une telle affirmation. D’ailleurs, bien que très jeune à l’époque, j’y étais moi-même.
Les États-Unis ont bien soutenu politiquement l'opposition démocratique ukrainienne, comme ils l'ont fait dans de nombreux pays. Des responsables américains ont rencontré des opposants et exprimé leur soutien aux manifestants. Mais soutenir un mouvement et l'organiser sont deux choses très différentes.
Là encore, cette théorie souffre surtout d'un problème logique : elle retire toute capacité d'action aux Ukrainiens eux-mêmes. Elle part du principe que des millions de personnes ne peuvent pas se mobiliser contre la corruption, l'autoritarisme ou un changement de cap géopolitique sans être manipulées par une puissance étrangère.
C'est une vision profondément paternaliste et méprisante des peuples post-soviétiques.
10. « Il faut des référendums sur les territoires occupés »
Un référendum n'a de valeur que si les électeurs peuvent voter librement.
Or, dans les territoires occupés par la Russie :
- Des millions d'Ukrainiens ont fui ;
- Une partie de la population a été déplacée de force ;
- Les médias indépendants ont disparu ;
- La population subit la propagande russe 24 heures sur 24 depuis des années ;
- Toute opposition à l'occupation est réprimée ;
- Des citoyens ont été arrêtés, torturés ou intimidés pour leurs positions pro-ukrainiennes.
Dans ces conditions, il est impossible de déterminer qui devrait voter et dans quel environnement politique.
Surtout, le droit international est très clair : un État ne peut pas envahir un territoire, en prendre le contrôle militaire, puis organiser un référendum pour légitimer cette conquête.
Accepter ce principe reviendrait à créer un précédent extrêmement dangereux : n'importe quelle puissance pourrait annexer un territoire voisin puis réclamer un vote sous occupation pour valider le fait accompli.
Cette idée de « conférence des frontières », chère à Jean-Luc Mélenchon, est une véritable boîte de Pandore.
La véritable question n'est donc pas : « Faut-il un référendum ? », mais plutôt : pourquoi récompenser une invasion en accordant à l'agresseur le droit de redessiner les frontières qu'il a lui-même violées ?
Enfin, les Ukrainiens des territoires occupés n'ont jamais demandé de référendums avant l'invasion russe de 2014. C'est un mythe construit par Moscou. Il n'existait aucun mouvement séparatiste dans le sud ou l'est de l'Ukraine avant l'invasion russe.
11. « Zelensky n'a plus aucune légitimité populaire »
Encore une fois, on retrouve presque mot pour mot l'argumentaire développé par le Kremlin.
Comparez vous-mêmes :
JLM : « Monsieur Zelensky, dites-vous, vous plaisantez ? Il n'est président de rien. Depuis le mois de mai dernier, son mandat est arrivé à terme. »
Poutine : « Le président de l'Ukraine est élu pour cinq ans. Il n'existe aucun moyen de prolonger son mandat. »
JLM : « Si vous faites signer un accord par quelqu'un qui est ensuite remplacé par quelqu'un d'autre qui dit : "Moi, je n'étais pas au courant et lui, il ne représentait personne", et c'est fini, patatras, tout est ramené à zéro.
Nous avons donc besoin qu'il y ait un président légitime élu par les Ukrainiens (...) pour signer l'accord de paix. »
Poutine : « La signature doit être celle des autorités légitimes. Sinon (...) le prochain arrivera et jettera tout ça à la poubelle. »
D'abord, le mandat présidentiel ukrainien n'a pas été prolongé de manière arbitraire. La Constitution ukrainienne et la loi martiale interdisent la tenue d'élections nationales en temps de guerre. Cette règle existait bien avant l'invasion russe de 2022.
Organiser un scrutin alors qu'une partie du territoire est occupée, que des millions de citoyens sont réfugiés à l'étranger, que des centaines de milliers de soldats sont au front et que des villes sont bombardées quotidiennement serait matériellement et démocratiquement impossible.
Ensuite, malgré l'usure inévitable liée à plus de quatre ans de guerre, Zelensky demeure l'une des personnalités politiques les plus populaires du pays. Aucun opposant ne bénéficie aujourd'hui d'un soutien comparable à l'échelle nationale, à l'exception éventuelle de Zaloujny.
Depuis plusieurs années, Vladimir Poutine affirme qu'il ne peut pas négocier avec Zelensky car celui-ci serait devenu « illégitime » en raison de l'absence d'élection présidentielle.
Or cet argument ignore volontairement les dispositions du droit ukrainien en temps de guerre et sert avant tout à justifier le refus du Kremlin d'engager de véritables négociations.
Lorsque Aurélien Taché ou Jean-Luc Mélenchon reprennent cette idée, ils reprennent quasiment mot pour mot l'un des principaux éléments de langage utilisés par Moscou depuis des mois. Qu'ils le veuillent ou non, ils contribuent ainsi à légitimer le prétexte invoqué par le Kremlin pour poursuivre la guerre.
Si personne n'est « légitime » pour négocier côté ukrainien, alors aucune négociation n'est possible.
C'est précisément la position défendue par le Kremlin pour justifier la poursuite du conflit, alors même que les frappes russes continuent de tuer des civils ukrainiens chaque semaine.
12. « Une affaire de corruption éclate tous les quinze jours »
Populisme de bas étage.
Personne ne nie que la corruption demeure un problème en Ukraine. C'est d'ailleurs précisément pour cette raison que le pays a créé depuis 2014 plusieurs institutions spécialisées, comme le Bureau national anticorruption (NABU) ou le Parquet spécialisé anticorruption.
Si des scandales éclatent régulièrement, c'est aussi parce que ces structures enquêtent davantage qu'auparavant et que la société civile ukrainienne est particulièrement vigilante sur ces questions.
Ensuite, les affaires révélées ne démontrent pas l'absence de lutte contre la corruption, mais souvent l'inverse. Plusieurs ministres, hauts fonctionnaires, responsables militaires ou proches du pouvoir ont été limogés, poursuivis ou contraints à la démission.
Dans de nombreux pays, ces dossiers n'auraient jamais été rendus publics.
Surtout, l'argument est utilisé de manière très sélective.
La Russie figure parmi les pays les plus corrompus d'Europe selon la plupart des indicateurs internationaux, mais on entend rarement les mêmes conclure que le Kremlin aurait perdu toute légitimité pour autant.
13. « Une partie de l'aide disparaît »
C'est faux. Et c'est un argument particulièrement malhonnête.
Des audits français, américains et européens sont réalisés en permanence. On sait précisément où vont les aides étrangères et comment elles sont utilisées.
Si l'Ukraine était réellement un système où l'aide occidentale disparaissait massivement dans la corruption, il serait difficile d'expliquer comment elle a réussi à tenir plus de quatre ans face à l'armée russe, à moderniser ses capacités militaires et à mener des opérations complexes.
Les audits occidentaux ont identifié des cas de corruption et de mauvaise gestion, mais aucune preuve d'un détournement massif et systémique de l'aide militaire occidentale.
Tous les grands scandales de corruption de ces dernières années, notamment l'affaire Midas, qui concernait environ 100 millions de dollars détournés dans le secteur de l'énergie, ne portaient pas sur les aides étrangères.
Oui, la corruption existe. Mais prétendre que l'aide occidentale est massivement détournée est un mensonge que le Kremlin adore propager pour convaincre les Occidentaux d'abandonner l'Ukraine.
Aurélien Taché reprend ici exactement ce récit.
14. « Des hommes sont enlevés dans la rue pour être enrôlés »
Oui, des vidéos montrent parfois des méthodes brutales ou illégales employées par certains agents chargés de la mobilisation. Ces abus existent et sont régulièrement dénoncés en Ukraine même.
Mais parler d'« enlèvements » comme si l'État ukrainien kidnappait systématiquement ses citoyens est faux. L'Ukraine applique une conscription en temps de guerre, comme de nombreux pays l'ont fait dans leur histoire lorsqu'ils étaient confrontés à une menace existentielle.
Présenter ces vidéos comme la preuve que les Ukrainiens ne veulent plus se battre revient à confondre des abus ponctuels avec la réalité d'un pays mobilisé depuis plus de quatre ans pour sa survie.
15. « Les Ukrainiens ne veulent plus se battre »
Encore une phrase dénuée de sens.
Il existe une fatigue de guerre réelle en Ukraine. Après plus de quatre ans de conflit à grande échelle, des centaines de milliers de morts et de blessés, des familles séparées et une mobilisation prolongée, de nombreux Ukrainiens s'interrogent sur la stratégie à suivre. Cette lassitude s'est notamment accentuée après l'échec de la contre-offensive de l'été 2023, qui avait suscité d'importants espoirs.
Mais cette fatigue ne signifie pas que les Ukrainiens ne veulent plus se battre. Les sondages montrent généralement qu'une majorité de la population refuse toujours les concessions territoriales majeures et considère une victoire russe comme une menace existentielle.
Cela dit, il existe de réelles difficultés et le moral n'est plus celui de 2022. C'est parfaitement normal. Dans toutes les guerres longues — de la Première Guerre mondiale au Vietnam, en passant par l'Irak ou l'Afghanistan — les populations finissent par s'épuiser, douter et chercher une issue.
C'est la nature même de la guerre. Confondre fatigue, lassitude et volonté de capituler est une façon de déformer la réalité du terrain.
16. « Le récit du bien contre le mal est imposé »
Oui, Monsieur Taché.
La Russie a envahi un État souverain sans la moindre justification valable, détruit des villes entières et provoqué la mort de centaines de milliers de personnes.
L'Ukraine, elle, subit une guerre dont elle n'est en rien responsable.
Dans ce conflit, il n'est pas difficile d'identifier l'agresseur et l'agressé.
Votre faculté à le faire est indigne pour un député, et j’espère que vous ne le serez plus prochainement. Vous n’avez clairement pas les compétences pour.
17. « Les Russes sont présentés comme le mal et l'OTAN comme le bien »
Caricature grotesque.
La plupart des observateurs occidentaux ne présentent pas l'OTAN comme une organisation parfaite ou irréprochable. Les interventions en Irak, en Afghanistan ou en Libye ont fait l'objet de critiques extrêmement sévères en Europe comme aux États-Unis.
En revanche, dans le cas de l'Ukraine, le problème n'est pas une question de « bien » ou de « mal », mais de faits.
La Russie a envahi un État souverain, annexé des territoires, bombardé des villes, déporté des civils et commis de nombreux crimes documentés par les organisations internationales.
Le fait de rappeler ces réalités ne relève pas d'un récit manichéen, mais de la description d'événements observables.
L'argument est d'ailleurs révélateur : il ne répond pas aux accusations portées contre la Russie. Il cherche à les relativiser en suggérant qu'elles ne seraient qu'un produit de la propagande occidentale.
Or ce ne sont pas les médias occidentaux qui ont lancé l'invasion du 24 février 2022, bombardé Marioupol ou massacré des civils à Boutcha.
On peut critiquer l'OTAN autant qu'on veut. Cela ne change rien à la responsabilité de la Russie dans la guerre qu'elle a elle-même déclenchée.
18. « Les États-Unis ne sont même plus derrière cette ligne »
Plutôt vrai. Mais dans ce cas, il faudrait savoir : cette guerre est-elle une guerre américaine « provoquée par Washington », comme l'affirment depuis des années les propagandistes du Kremlin, ou non ?
Les États-Unis ont réduit leur implication et multiplié les signaux contradictoires. C'est précisément l'une des raisons pour lesquelles les Européens sont aujourd'hui contraints d'assumer davantage leurs responsabilités.
19. « L'Allemagne réarme à 100 % américain »
Factuellement faux.
L'Allemagne a certes acheté des F-35 américains, mais elle investit simultanément des dizaines de milliards d'euros dans son industrie nationale et européenne :
- Plus de 100 milliards d'euros de fonds spécial pour la Bundeswehr ;
- Commandes massives auprès de Rheinmetall (chars, munitions, véhicules) ;
- Participation aux programmes européens MGCS et FCAS ;
- Investissements dans les systèmes de défense aérienne européens.
Dire que l'Allemagne réarme « à 100 % américain » est tout simplement faux.
Mais bon, vérifier les faits avant de parler semble être devenu optionnel pour certains.
20. « L'Allemagne veut reprendre l'hégémonie militaire en Europe »
Prétendre que l'Allemagne cherche l'hégémonie militaire en Europe parce qu'elle réarme face à la plus grande guerre sur le continent depuis 1945, c'est confondre défense et expansionnisme.
Si Berlin voulait dominer l'Europe, elle ne placerait pas son réarmement dans le cadre de l'OTAN, de l'Union européenne et de programmes militaires communs avec ses voisins.
La doctrine officielle allemande met l'accent sur la défense collective, le soutien à l'Europe et la dissuasion face à la Russie. Rien de sensationnel.
21. « Quand les Allemands réarment, ce n'est jamais bon »
Honteux et insultant pour nos voisins allemands.
L'Allemagne de 2026 n'est ni celle de Guillaume II ni celle d'Hitler. C'est une démocratie libérale intégrée à l'Union européenne et à l'OTAN, dont l'armée est placée sous un contrôle parlementaire strict.
Son réarmement est une réponse directe à l'invasion de l'Ukraine par la Russie et s'inscrit dans un cadre collectif de défense avec ses alliés.
Par ailleurs, si l'on appliquait ce raisonnement à tous les pays, il faudrait considérer que la France est une menace dès qu'elle augmente son budget militaire à cause des guerres napoléoniennes, ou que le Royaume-Uni ne devrait plus avoir d'armée en raison de son passé colonial.
Voilà. 25000 signes pour debunker une connerie de 3 minutes. Aurélien Taché est une tâche pour la France et pour l’Assemblée. Vivement les prochaines élections pour qu’il soit battu.
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Ce lundi s'achève pour moi une période de plusieurs mois de chômage après un licenciement économique. Je n'en ai rien dit ici, mais cette période m'a conforté dans l'idée qu'il faut ne pas avoir vécu dans sa chair la situation de chômeur pour croire que ça peut être confortable. C'est stressant et il faut réussir à garder le moral en recevant chaque jour les mauvaises nouvelles des refus ou de l'absence de nouvelles offres. Vous vivez avec un sablier qui s'écoule : la durée d'indemnisation.
S'ajoute à ça un obstacle d'une nouvelle nature : l'IA.
En chômeur débutant (jusque là j'avais eu la chance d'avoir une trajectoire linéaire faite d'opportunités construites ou saisies), je n'avais pas bien saisi au début l'importance cruciale d'avoir un CV lisible par les logiciels de pré-sélection ATS utilisés par les RH et désormais aussi adaptés spécifiquement à chaque offre d'emploi. Je me suis fait rejeter sans explication de plusieurs offres où, sur le papier au moins, je cochais toutes les cases. Et j'ai fini par comprendre que mon CV n'était jamais lu par un humain.
Désormais vous ne devez plus avoir un seul CV. Vous devez créer une version différente de votre CV pour chaque offre d'emploi, qui raconte votre parcours et votre savoir-faire avec les mots qui seront ceux qui feront dire à l'IA du recruteur : "ce candidat mérite d'être vu".
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Il a changé la façon dont on pense les paysages. Presque personne ne connaît son nom.
J'ai appris avec tristesse la disparition de Dominique Soltner.
Ce nom ne vous dit peut-être rien, mais ses travaux ont transformé la compréhension des paysages agricoles.
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À la demande générale, voici un résumé beaucoup plus grand public, contextualisé et pédagogisé par votre serviteur de l’intervention d’Arthur Mensch devant la commission d’enquête sur la souveraineté numérique.
Comment fonctionne l’IA, pourquoi c’est important d’avoir une IA française
- L’Intelligence artificielle consiste à faire effectuer par des ordinateurs ou des robots des tâches complexes qui jusqu’à récemment étaient uniquement faisables par des humains.
- C’est une révolution technologique de la même ampleur que l’invention du monteur à explosion ou de l’électricité.
- La différence entre un pays qui embrasse l’IA et un pays qui ne le fait pas sera la même qu’entre pays industrialisés et pays non industrialisés au XIXe siècle (en gros quand l’Europe peut se permettre de coloniser la planète et dépecer la Chine.) il est donc indispensable que la France et l’Europe embrassent l’IA sous peine de perdre la maîtrise de leur destin.
- L’IA consiste en des « modèles » qui sont des logiciels qui exécutent les instructions qu’on leur donne. C’est la couche supérieure qui est en interface directe avec les entreprises et les particuliers. Pour fonctionner ces modèles ont besoin d’immenses ordinateurs empilés dans des entrepôts qu’on appelle data center ou centres de calcul en bon français. Ces centres de calcul ont besoin de microprocesseurs et d’électricité pour fonctionner.
- Dans la chaîne de valeur, ce sont les fournisseurs de modèle, comme Mistral, seul champion européen du secteur, qui ont les meilleures marges. En conséquence de quoi Mistral est bien positionné pour redescendre la chaîne de valeur, c’est à dire finir par produire in fine ses propres centres de calculs, puis ses propres microprocesseurs.
- La stratégie historique de l’Europe d’essayer de construire des centres de calculs directement sans avoir de champions au niveau des modèles a eu du mal à porter ses fruits car les marges étant faibles sur l’activité, il fallait du volume, or les Américains déjà installés comme Amazon ou Google bénéficiaient de gros volumes américains, pouvaient investir massivement dans la R&D et étaient donc plus difficilement rattrapable.
- Grâce aux fortes marges des modèles, Mistral a une chance de rester dans la course + de financer directement (en créant des filiales) ou indirectement (en commandant à des fournisseurs européens) toute la chaine de valeur du centre de calcul.
L’importance économique de l’IA
- On estime qu’à l’horizon des 4 prochaines années, l’Europe dépensera l’équivalent de 10% de sa masse salariale en IA. C’est-à-dire que pour chaque employé payé 50k€ par an, elle aura 5k€ de dépenses en IA pour l’épauler ou le compléter. À l’échelle de l’Europe, cela veut donc dire des besoins estimés à 1000 milliards par an. L’Europe est en excédent comercial de 120 milliards. Si elle commande l’essentiel de son IA à l’étranger, cela signifie un déficit commercial massif infinançable.
- L’Europe n’a par ailleurs pas beaucoup le choix dans la vitesse d’équipement en IA, car les entreprises européennes qui tarderont à s’équiper en IA seront moins compétitives, perdront des parts de marché, et donc creuseront le déficit commercial.
- La seule solution pour une Europe qui ne se paupérise pas est donc d’avoir les chaînes de valeur de l’IA sur son propre territoire, qui bénéficient à sa propre économie.
Mensch estime les besoins électrique nécessaires pour répondre à la demande IA. Là je trouve ses chiffres incohérents. Il a dû faire plusieurs jeux d’hypôthèses sans rester stable sur les bornes choisies.
- Mais pour simplifier, à 4 ans si la France a besoin de l’équivalent de 10% de sa masse salariale en IA, cela signifie qu’elle aura besoin de 100 à 150 Twh d’énergie supplémentaire. Elle a aujourd’hui un excédent de 89 Twh qu’elle exporte à bas coût. La période d’électricité excédentaire est non seulement bientôt finie, mais la France a donc besoin de 4 ou 5 EPR2 nouveaux dans les 5 ans. Autant dire que nous n’y sommes pas du tout.
- L’électrcitié ne représente que 10% des coûts de la chaîne de valeur. Cela signifie qu’exporter son électricité vers l’Allemagne comme aujourd’hui fait perdre à la France 90% de la valeur qu’elle pourrait tirer de son nucléaire.
Urgence stratégique
- Si la France et l’Europe se retrouvent à importer l’essentiel de son IA de l’étranger, elle n’aura aucun levier de négociation sur son avenir. Si elle est exportatrice d’IA, elle pourra négocier. Aujourd’hui Mistral fait 70% de son CA hors France et 25% hors d’Europe.
- Il y a une urgence à investir aujourd’hui dans la construction de centres de calculs en France, pour utiliser notre électricité à bon escient d’une part, ne pas avoir à utliser des modèles américains d’autre part. Les Américains ont prévu d’investir 1000 milliards en 2026, ce qui leur permet de se déployer en Europe, et d’absorber les excédent électriques français en les achetant à l’avance.
- L’enjeu n’est donc pas seulement d’avoir des centres de calculs en France, mais aussi des centres de calcul Mistral plus qu’Open AI en France.
- La seule façon de grandir à la bonne vitesse, c’est que l’Europe utilise sa commande publique. En Europe 50% du PIB est mené par la commande publique, mais on se refuse à l’utiliser de façon stratégique, alors que les États-Unis depuis les années 40 s’en sont servis pour faire émerger leur industrie de semi conducteurs et itnernet hier, l’IA aujourd’hui.
- La méthode européenne qui consiste à subventionner est mauvaise, ce qu’il faut c’est passer des commandes publiques massives, et de préférence en haut de chaine (des services IA), ce qui entraîne tout le secteur, et pas en bout de chaîne (commander des centres de calcul ou des processeurs)
- Aujourd’hui l’Europe souffre d’un empilement réglementaire qui favorise les entreprises assez grosses pour gérer la complexité, soit les entreprises américaines. Ainsi alors que le réglementaire devait protéger les entreprises européennes, il a au contraire bridé l’émergence de champions européens.
- Cependant il ne faut pas croire entièrement le récit américain « l’Europe n’a pas d’entreprises tech géantes car elle réglemente trop ». C’est un discours colonialiste visant à faire porter toute la responsabilité de sa colonisation sur le colonisé, alors que l’Europe souffre de la domination agressive et géopolitiques des États-Unis qui défendent becs et ongles leurs entreprises, en leur donnant des contrats publics à la maison, en empêchant de les brider à l’extérieur. C’est une lutte, il faut entrer dans la lutte.
- Si l’UE doit jouer son rôle en simplifiant ses normes et en participant à créer un marché commun unifié, les enjeux de court terme sont dans la main des états : commande publique étatique (exemple du Luxembourg), surplus énergétique national, champions industriels nationaux, etc. La France doit se battre et ne pas tout attendre de l’échellon européen.
Critiques sur l’impact écologique de l’IA
- L’impact écologique de l’IA est très exagéré, d’une part parce qu’il y a peu de technologies qui sont aussi denses et qui donc réclament aussi peu d’emprise au sol, d’autre part parce que les consommations d’eau et d’électrcitié mises en avant dans la presse grand public sont obsolètes depuis un moment, la technolgoie étant de plus en plus efficiente.
- Surtout, l’Europe consomme déjà de l’IA, et en consommera de plus en plus pour assurer sa survie. La question est donc de savoir où elle sera localisée. Or localisée en France avec son énergie nucléaire décarbonnée, l’IA aura un impact écologique bien meilleur qu’au Texas avec des centrales à gaz. (L’alternative aujourd’hui quand on consomme chez OpenAI)
- Si l’Europe a des géants de l’IA, elle aura son mot à dire sur les normes et les arbitrages écologiques, si elle n’en a pas, elle subira les décisions écologiques des autres.
Armée
- Mistral travaille avec les armées françaises. Contrairement à des sociétés américaines comme Anthropic qui refusent l’alliance avec des militaires, Mistral considère qu’ils n’ont pas la légitimité démocratique pour décider a priori de refuser de contribuer à la défense de leur pays.
- En outre l’IA devient un élément essentiel de la disuasion militaire. De plus en plus on envoie pas de soldats sur le front mais des robots, et des robots qui ne sont pas pilotés par des humains mais par des IA. Donc ne pas avoir de bonnes IA, c’est de pas être souverain militairement, et être en grande faiblesse.
- Concernant l’enjeu de cyberdéfense, les IA permettent de trouver de plus en plus de vulnérabilité dans les infrastructures critiques. Leur progression est linéaire et attendue. Il n’y a pas de rupture surprenante.
- Quand Anthropic a fait de son modèle Mythos un modèle très dangereux capable de mettre à bas toute l’informatique mondiale et réclamant une réaction globale coordonnée, on est plus sur du marketing de la peur que sur une vraie avancée radicale.
- Néanmoins l’enjeu cyber est désormais indissociable de l’IA, et les pays sans IA verront leurs infrastructures numériques à la merci des pays avec IA.
L’impact économique de l’IA
- L’IA va produire à court termes trois chocs simultanés sur notre économie :
1. Elle va profondément changer la structure des emplois, en remplacer, modifier leurs contenus, créer de nouveaux besoins. On va avoir besoin de beaucoup moins de niveau junior dans les services, de beaucoup plus d’électriciens. Et la transition ne sera pas sur des décennies, mais des trimestres.
2. Inflation : la demande en électricité va exploser, donc les prix de l’électricité, et par répercution inflation sur toute l’économie (puisqu’il faut de l’énergie pour tout produire)
3. Le déficit commercial va exploser, comme vu plus haut, car à court terme au moins nous allons consommer beaucoup plus d’IA américaine, et même remplacer des logiciels et humains français par de l’IA américaine.
- L’IA a de fortes chances de faire augmenter la productivité, et donc potentiellement les salaires et la croissance économique. Chez Mistral, la productivité des ingénieurs a été multipliée par 2 en 6 mois, ils n’écrivent plus de code à la main. Pour le service client, la productivité a été multipliée par 5.
- L’immense enjeu économique de l’IA est le suivant : on va de plus en plus remplacer du travail par de l’IA, donc du travail par du capital. Or tout notre système social et économique repose sur le travail. Si l’argent ne va plus au travail mais au capital, on peut se dire que l’on peut toujours taxer le capital. Mais si le capital est étranger, il y a une énorme déperdition de valeur, et au lieu de payer des employés français, les entreprises françaises vont payer des logiciels américains. Tout l’enjeu est donc d’avoir de l’IA française.
- Qui profitera des dividendes de l’IA ? Les Américains qui pourront les réinvestir chez eux et creuser toujours un peu plus l’écart, ou les Français qui pourront ainsi maintenir leur modèle social et rester dans la course technologique ? Aucune question économique n’est aujourd’hui plus importante.
- L’IA n’est pas une bulle. Un centre de calcul coûte 50 milliards à construire, mais crée 200 milliards de valeur pour le client, dont 100 milliards captés par le fournisseur d’IA. Les chiffres tiennent la route, à condition de ne pas se faire voler ses clients par les géants de la tech américaine.
Souveraineté cognitive
- Les modèles d’IA ne sont pas neutres, il propagent une vision du monde, son dépendants des corpus sur lesquels ils ont été entraînés, de l’idéologie de l’entreprise qui les produit, des personnes qui les ont post-entraînés, et de la langue utilisée.
- Cela signifie qu’une France sans IA propre est une France qui n’a plus d’indépendance cognitive, mais qui est soumises toute entière aux représentations culturelles et aux choix idéologiques étrangers. Ce serait donc même la fin de la France en tant que nation singulière, car de plus en plus nous nous en remettons à l’IA pour nos décisions, recherches, éducation.
- L’idéologie de l’IA n’est pas qu’implicite, elle est déjà la résultante de luttes, avec nombre de pays qui essayent d’influencer les corpus d’entraînement et les contenus appelés par les IA.
- Dans un futur ou toute information et toute décision est médiée par l’IA, ne pas avoir sa propre IA pour un pays c’est ne plus être un pays indépendant.
Indépendance des entreprises numériques européennes
- Mistral a moins de 30% de son capital qui est américain.
- Historiquement l’Europe est un appendice du marché américain. Quand une société européenne réussit, elle est rachetée par un géant américain.
- Le changement géopolitique rend cette situation intenable. Il ne faut plus que les sociétés européennes considèrent que déménager aux États-Unis ou se faire racheter par des américains soit un succès, c’est au contraire un échec mjeur.
- Cependant comme la France n’a pas de fonds de pension, elle a très peu de capitaux pour financer son IA. Elle est donc obligée d’avoir recours à des capitaux étrangers, souvent américains. Il faut quand même vérouiller la gouvernance de façon stricte pour que éviter toute ingérence, et il est quand même mieux d’avoir à verser des dividendes à des Américains que d’avoir à leur commander l’intégralité de sa consommation d’IA.
Résumé du résumé :
Maîtriser de façon autonome l'IA est indispensable pour conserver toute dose d'indépendance et de prospérité.
Pour maîtriser l'IA il faut beaucoup d'électricité, de centres de calcul et de commande publique.
La France est dans la course, mais tout se joue dans les 5 ans.
Excellente intervention de Mensch cette semaine à la commission d’enquête sur la souveraineté numérique.
Il aborde à peu près tous les thèmes avec brio, et expose parfaitement les enjeux.
C'est à se taper la tête contre les murs qu’il n’y ait eu qu’une poignée de personnes présentes, alors que c’est le futur du pays qui se joue là.
TOUS les politiciens devraient prendre verbatim son intervention et l'intégrer à leur programme 2027.
Ceux qui ne comprennent pas ce qu'il dit, ceux qui ne le prennent pas en compte, trahissent la France et son avenir.
Résumé :
Mensch commence par exempliquer que si la France et l'Europe passent à côté de l'IA, elles sortent de l'Histoire, et que ça se joue maintenant.
Stratégie de reconquête numérique : Le cloud, c'est l'IA. La distinction entre les deux est obsolète. La croissance et la marge à haute valeur ajoutée sont dans l'IA ; tout le reste suit.
Conséquence opérationnelle : on ne reconquiert pas le cloud par les couches basses (stockage, VM), on part de la couche haute marge et on redescend. C'est la matrice exacte d'un colbertisme technologique appliqué au numérique : capter l'amont stratégique, laisser l'aval se déployer.
Cadre macro. L'IA transforme électricité en tokens, ressource naturelle à traiter comme telle. Horizon 3-4 ans : 10% de la masse salariale européenne sera dépensée en IA, soit 1 trillion annuel. Importé, c'est 1 trillion de déficit commercial supplémentaire, réinvesti en R&D ailleurs. L'Europe n'a donc qu'un seul enjeu économique pour sa balance commerciale : produire de l'IA localement.
Horizon 5 ans : 1 kW d'IA potentiellement utilisable par personne, 40 GW à construire en France, 400 GW en Europe, 20 trillions d'investissement. C'est 24 EPR2 pour la France ! Sur la chaîne électron=>token, 10% de la valeur revient à l'électron, 90% au reste. Vendre seulement de l'électricité revient à abandonner 90% de la valeur. Mensch reprend cette idée essentielle que vendre de l'électrcité sans la tranformer en IA est une stratégie de pays non industrialisé. C'est précisément la trajectoire que la banane rouge doit empêcher : la France ne doit pas devenir la batterie d'un système industriel arbitré ailleurs.
Souveraineté = levier, pas isolationnisme. Importer 100% des services numériques = aucune carte à la table. Exporter de la technologie = levier réel. Mistral fait 70% hors de France, 25% hors d'Europe. Postionnement de Mensch contre le libre-échange naïf et contre l'autarcie symbolique.
Urgence : fenêtre de 2 ans. Les hyperscalers déploient 1 trillion en 2026 et monopolisent l'énergie européenne avant que la demande ne se matérialise. Surplus français de 9 GW capté par ceux qui paient avant la demande et aujourd'hui gaspillés en bradant à nos voisins. Mistral vise 1 GW d'ici 2029, insuffisant faute de visibilité marché. C'est le calendrier réel d'une résurgence civilisationnelle : deux ans pour reprendre une position dans la chaîne, ou disparition durable de la fonction.
Commande publique = levier décisif sous-utilisé. 50% du PIB européen. Doctrine américaine depuis les années 40. Tabou européen à briser. Préférence en bout de chaîne sur les services à forte valeur ajoutée, pas en subvention amont. Planifier la demande, pas la dépense. Application directe de la doctrine défendue ici : l'État ne distribue pas, il oriente la demande vers la base productive nationale.
Critique de la régulation comme protection. La régulation favorise toujours les gros, donc les Américains. RGPD + DSA + AI Act + copyright = empilement incohérent, 27 régulateurs.
Fragmentation : 60 telcos contre 3 aux US, fiscalité et droit social non unifiés. Mais attention au récit colonial intériorisé : "l'Europe a perdu car elle régule." Ce n'est pas le point central. Le point central est la domination géopolitique américaine et le manque d'investissement européen.
Validation directe du refus de l'échelle européenne : Mensch ne propose jamais d'action européenne coordonnée - à mon humble avis à raison, car les débats et les conflits à cette échelle empêchent d'être à la bonne vitesse d'exécution - il vise la commande publique nationale (Luxembourg cité en contre-exemple positif), le surplus énergétique national, les champions industriels nationaux. La seule chose qu'il demande à l'Europe c'est d'alléger sa réglementation.
Campus IA. Participation Mistral minoritaire. Capitaux étrangers faute de fonds de pension européens. Acceptable sous gouvernance contrôlée (siège BPI). Une partie servira les hyperscalers car la demande européenne est à 80% américaine ; trajectoire d'inversion à construire. Réfutation des critiques environnementale : nucléaire français = empreinte réduite vs Texas ; densité élevée (1 GW = 100 ha) ; internaliser la production pour avoir voix sur les externalités, sinon importer les arbitrages d'autrui. Logique banane rouge appliquée : un site énergie-ancré dont la chaîne aval reste à capturer.
Défense. Travail avec MinArm sans droit de regard sur l'usage final : pas de légitimité démocratique face à l'armée. (J'aime qu'ils n'essayent pas de se substituer à l'état contrairement aux hyperscaler américains). L'IA est désormais indispensable à la dissuasion conventionnelle (drones russes massivement IA-pilotés). Cyber : tous les modèles frontière découvrent vulnérabilités et orchestrent attaques, capacité linéaire et prédictible. Mythos d'Anthropic : marketing de la peur, pas une exclusivité technique.
Modèle économique et productivité. Chez Mistral, ingénieurs n'écrivent plus de code, x2 productivité en six mois. Services client x5. 10% masse salariale = prix d'achat pour 20% de gain net (règle : la techno ne capture jamais plus de 50% de la valeur créée). Trois chocs simultanés : destruction-transformation d'emplois rapide, inflation par conflit d'usage électrique, déficit commercial des services multiplié par 5. Triade analytique à intégrer. Le déplacement valeur travail→capital, avec capital majoritairement non-européen, est le problème distributif central : qui capte les gains de productivité IA en France, et comment cette captation peut financer la reproduction démographique des strates productives plutôt que repartir en dividendes hors-zone.
Bulle. Pas de bulle de demande, problème d'offre (semi, mémoire, hélium, électrons saturés). 50 Md$ pour 1 GW, retour attendu 100 Md,valeur client 200Md : ordres cohérents si parts captées vite.
Médiation cognitive. Les modèles "actionnent une politique" : biais de code, choix de bibliothèques, médiation de l'information et de l'action. Si les modèles sont importés, les représentations culturelles, la langue, l'éthique opérationnelle sont arbitrées ailleurs. C'est le mécanisme exact par lequel la France-fonction peut être désaccouplée de la France-civilisation : les institutions continuent d'opérer, mais sur des arbitrages cognitifs faits hors-sol. La contre-ingérence informationnelle n'est dès lors pas un service périphérique, c'est la condition d'existence d'une souveraineté cognitive dès lors que l'IA générative médie l'accès à l'information.
Indépendance. Capital américain dans Mistral < 30%. Mission : rester indépendant, viser cotation, refuser rachat. "Si vous vous faites racheter, vous avez raté." Critique frontale de la culture exit-vers-US dominante dans l'entrepreneuriat européen, c'est-à-dire de la stratégie qui transforme systématiquement chaque succès européen en filiale américaine.
Impression globale très satisfaisante de m'entendre moi-même dans le smots de Mensch.
Il reste cependant encore tellement de travail de plaidoyer pour que ces évidences prénètrent l'esprit de tous les politiques.
Mais nous sommes sur le bonne voie.
https://t.co/rSLjA5yA1O
Je sais que la guerre en Ukraine n’est plus à la une de nos médias.
Pourtant, elle continue.
La place Maïdan, couverte de drapeaux représentant chacun un mort, dont des 🇫🇷, en est un rappel permanent.
N’oubliez jamais l’ampleur du sacrifice ukrainien pour la liberté. 🇺🇦🕯️
🚨🇫🇷 FLASH – Le gouvernement lance FranceFuite, une plateforme permettant de consulter en temps réel les fuites de données issues des services de l’État.
@palais_au Je ne sais pas si je trouve ça beau-laid ou laid-beau... ça m'interpelle, il y a une idée, une esthétique, et ça, c'est essentiel... bravo !
The history of Auschwitz is among the best documented of the German Nazi concentration and extermination camps.
The primary sources of knowledge about the history of the Auschwitz camp are the accounts and testimonies of witnesses.
The authors of these accounts were primarily:
- Survivors of Auschwitz,
- SS members of the camp staff,
- residents of Oświęcim and surrounding villages (including members of the resistance movement),
- civilian workers employed in the expansion of the camp and working alongside the prisoners on construction sites and in factories, chiefly in Upper Silesia.
Among the testimonies written during the war, the following in particular should be mentioned:
- the manuscripts of Sonderkommando prisoners, which they had hidden (buried) near the Birkenau crematoria,
- the secret messages and reports written by resistance movement members and smuggled out of the camp,
- correspondence illegally smuggled out of the camp to avoid SS censorship,
- the reports of those who had escaped from the camp—both Poles and Jews.
Of the key sets of records, the most important in confirming the existence and functioning of the gas chambers in Auschwitz include:
- transport lists (Transportlisten) of Jews sent to Auschwitz from transit camps in various countries of Europe, sometimes containing last-minute deletions of individuals withdrawn from the transport and the inclusion of the names of those added to make up the transport quota;
- collective lists of Jews from various transports who were given prisoner numbers (Zugangslisten Juden – nicht fotografiert);
- similar lists of registered prisoners, including Jews as well as other deportees, prepared by members of the resistance movement (Liste der Männertransporte, corresponding lists for women, and separate lists of male and female Jews assigned numbers preceded by the letters A and B).
The above sources indicate that from the commencement of regular selections of Jewish transports on the Auschwitz ramps, the number of deportees began to dramatically exceed, by several orders of magnitude, the number of prisoners registered in the camp.
Moreover, there exist:
- a few surviving reports on the results of selections on the Birkenau ramp after the arrival of transports, prepared by the KL Auschwitz Employment Department;
- statistical summaries compiled at Bletchley Park based on SS radiograms intercepted and deciphered by British cryptologists during the war;
- extensive files of the Central Construction Office of the SS and Police Auschwitz O/S containing information about the planning and progress of construction work, including the construction of crematoria and gas chambers;
- files of the Camp Administration Department (Verwaltung), including certificates for purchase and delivery of Zyklon B;
- files of the camp Employment Department (Arbeitseinsatz), including reports of the number of prisoners employed in the Sonderkommando;
- photographs of the burning of corpses in incineration pits, taken by members of the resistance movement within the Sonderkommando;
- photographs taken by the SS, showing the selection procedure on the Birkenau railway ramp, from the arrival of a transport of Jews to the place where the deportees waited to enter the gas chambers;
- SS photographs showing the progress of work on the construction of the crematoria and gas chambers;
- aerial photographs of Auschwitz and Birkenau taken by the pilots of Allied reconnaissance aeroplanes in 1944, showing the plumes of smoke rising from the incineration pyres;
as well as many other documents containing information confirming the existence of gas chambers.
Above all, the Museum grounds contain the ruins of the crematoria and gas chambers, which, despite having been blown up by the SS, still retain their clear functional layout. Moreover, Gas Chamber and Crematorium I building have survived in the Auschwitz I main camp.
@GeoTales_ Pour ma part, même si je réagis rarement, je fais la différence entre les comptes qui m’apportent quelque chose et les autres. Et vous faites partie des comptes qui apportent quelque chose, évidemment. Soutien !