En un demi-siècle, la France a divisé par trois le taux de pauvreté des retraités et multiplié par deux celui des jeunes.
La pauvreté a changé d'âge, mais nous faisons semblant de ne pas le voir.
En revanche, cette présentation du Monde est incorrecte.
La part du budget de l'Éducation nationale (ou d'autres missions) allouée aux retraites ne correspond pas « au versement des pensions des fonctionnaires rattachés à ces missions ».
Elle correspond à l'ensemble des pensions de la fonction publique, qui est ensuite réparti entre les budgets des différentes missions au prorata de leur part actuelle dans la masse salariale (hors primes).
Par exemple, la retraite d'un fonctionnaire des Postes ou des Télécoms est nécessairement allouée à d'autres missions que les PTT, puisque cette mission n'est plus, aujourd'hui, remplie par l'État. Il faut donc bien répartir le coût de ce demi millions de retraités des PTTs quelque part. Les crédits de pensions de l'enseignement scolaire sont donc en partie destinés à des retraités qui n'ont jamais eu aucun rapport avec cette mission.
Comme je l'ai déjà fait remarquer, ce système comptable est trop absurde pour le cerveau humain, qui a naturellement besoin d'ordre et lui prête donc une logique qu'il n'a pas. Il y a des pensions de postiers dans le budget de l'enseignement scolaire.
Je me souviens très bien de l'année 2015, je ne crois pas avoir passé une seule bonne vraie nuit au cours de cette année là.
Il y a eu Charlie/Montrouge/l'hyperCacher. il y a eu l'attentat contre les militaires de Nice. il y a eu Villejuif, le meurtre d'Aurélie Chatelain par Syd Ahmed Ghlam. Il y a eu Yassine Sahli qui a décapité son patron en Isère. il y a eu l'attentat manqué du Thalis et, bien sûr, les terrasses et le Bataclan. En Syrie, les choses allaient mal aussi. Chaque semaine ou presque nous recevions des vidéos de propagande, des meurtres commis par des membres de l'Etat Islamique et nous étions tenus de les regarder parce qu'un de nos gars, un de nos objectifs allaient peut-être y apparaitre, comme bourreau ou comme "témoin".
Ainsi, j'ai vu des dizaines de pauvres types se faire égorger. j'ai vu un pilote jordanien brûlé vif dans une cage de métal. j'ai vu des gars se faire noyer dans une autre cage descendu dans une piscine, des caméras HD filmant les dernières bulles d'air expulsés de leur poumons gorgés d'eau.
J'ai vu un gars se faire écraser par un char. La victime était assise, immobile, sans doute droguée et le pilote du char prenait tout son temps pour avancer sur lui et le réduire en une longue trainée de chair et de sang. j'ai vu des enfants, des ados, tirer sur des gars avec des pistolets. j'ai vu d'autres enfants jouer au foot avec la tête d'un soldat qui venait de se faire décapiter, un grand classique chez les djihadistes.
On bossait nuit et jour. on bossait sur les attentats commis et on tentait de prévenir ceux à venir. A la fin, avec tout ce stress, c'était difficile de trouver le sommeil. On prenait des cachets pour dormir on prenait des cachets pour se réveiller. Entre les deux, on buvait et on fumait trop.
Tout ça pour dire : "la barbarie de ces gens là", je vois très précisément de quoi il s'agit.
En revanche, " la grandeur de la République", je n'ai aucune idée de ce que c'est et, d'ailleurs, à mon avis, personne ne le sait. En tout cas, je ne l'ai pas vu dans l'exercice de mon métier, ni dans aucune de mes 51 années de vie.
" la grandeur de la République", ça me semble être une idée tout à fait vague, un chouette slogan à floquer en lettres capitales sur un tee-shirt.
Aussi, je n'ai jamais été en contact direct, à peut-être une ou deux exceptions près, avec des familles de victimes d'attentat terroriste. On nous le défendait, et c'était très bien comme ça, parce que ce n'était pas notre boulot. Mais pour qui voulait savoir, il y avait des mémos, des notes des antennes locales. On y apprenait que certaines victimes et leurs familles sombraient dans des dépressions terribles, le coeur vide, le corps brisé par la douleur de leurs blessures et/ou l'âme usée par la disparition de leurs proches. La plupart d'entre eux éprouvait de la rancoeur et de la colère, même après ces grands procès à qui on prête à tort des vertus thérapeutiques, "la possibilité de se reconstruire" et tout le barnum opimistico-mystique de l'époque.
Ainsi, certains sont devenus alcooliques. D'autres connaissent parfois des accès de violence. ils cassent tout chez eux certaines nuits trop difficiles. Des flics du commissariat du coin débarquent et, sachant qui est qui, ils essaient d'arranger les choses. "Recouchez-vous, Madame " "Monsieur, voulez-vous que l'on appelle quelqu'un ?"
Bien sûr, je m'avance un peu en l'affirmant ici, mais il y en a pas mal qui n'en ont rien à foutre des problèmes hygiaphone de Salah Abdeslam. Ils sont trop prisonniers de leur monde de douleur pour s'en préoccuper. Moi-même, je n'en ai rien à foutre. Et très sincèrement, je ne crois pas que cela fasse de nous des gens épouvantables ou des citoyens de seconde zone. Et quand bien même ce serait le cas, eh bien, pour tout vous dire, j'en ai rien à foutre.
Des rythmes scolaires au scandale du périscolaire : une leçon politique
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La scène m’a été racontée par un membre du cabinet de feu Gérard Collomb, quand ce dernier était maire de Lyon. Elle se passe à l’hiver qui suit l’élection de François Hollande à l’Élysée. Son ministre de l’Éducation, Vincent Peillon, se déplace dans la capitale des Gaules : il veut convaincre Gérard Collomb de mettre en place au plus vite sa réforme des rythmes scolaires à Lyon. Pour l’en persuader, il est arrivé avec, sous le bras, des études de pédagogues et despécialistes en biorythmes. Tous sont formels : il est préférable pour les enfants de passer à lasemaine de 4 jours et demi.
Gérard Collomb n’est pas hostile au gouvernement - il est d’ailleurs du même bord. Mais il éconduit le ministre. « Il faudrait recruter, très vite, des milliers d’animateurs, lui dit-il en substance. Je ne sais pas le faire de façon sereine pour la rentrée 2013. » Tant pis pour l’affichage qu’est venu chercher Peillon. « Il faudra attendre, » persiste dans la presse le maire de Lyon – un personnage singulier, au passage, qui tel l’Inspecteur Columbo planquait son érudition derrière sagouaille de fils de métallo.
Tout le monde n’a pas eu son discernement. A Paris, notamment, la mairie a décidé d’appliquer la réforme dès la rentrée 2013, et pour tout le monde gratuitement… Ce qui a généré des besoins massifs et rapides en animateurs, recrutés tous azimuts, sans prendre le temps des vérifications ou de la sélection. Treize ans et un terrible scandale plus tard, Emmanuel Grégoire a annoncé, cet été,vouloir revenir sur ces fameux rythmes à l’horizon 2027.
Ne réduisons pas à cela l’énorme scandale du périscolaire : c’est un scandale protéiforme, sur la longue durée, avec des alertes dès 2015, sur lequel une commission sénatoriale enquête, et pour lequel plusieurs plaintes ont été déposées. Ce que je dis, en revanche : c’est qu’une réforme conçue pour le bien-être des enfants, faute d'avoir pensé les réalités de sa mise en œuvre, afabriqué les conditions d’une mise en danger.
La leçon ne se limite d’ailleurs pas à ce scandale. Je la résumerais avec les mots de De Gaulle : « Il n'y a pas de politique qui vaille en dehors des réalités. » Vous pouvez être mu par le projet le plus louable, s’il s’affranchit del’étude des moyens et de l’analyse de l’impact, il est au mieux un coup d’épée dans l’eau, au pire : il sécrète le désastre. Pour l’avoir oublié, nous avons commis plusieurs catastrophes cesdernières décennies, par exemple dans notre politique énergétique, ou encore notre politique de santé – avec le numérus clausus.
« Il n’y a pas de politique qui vaille en dehors des réalités ». En ce début de campagne présidentielle, c’est une maxime à garder entête.
6000 euros. C'est le prix de Léa, 13 ans, vendue par des proxénètes. À trois reprises en 2025, l’adolescente suivie par l'ASE s’est volatilisée. À Marseille, Paris, Auxerre. Enfermée dans des Airbnb, elle a été livrée à des hommes. 1/…
Une femme passe ses nuits penchée sur un livre de mathématiques, la main sur un ventre de sept mois. Elle est convaincue qu'elle va mourir en couches, et se dépêche de finir.
Elle a raison. Il lui reste quelques semaines.
Trente ans plus tôt, c'est une jeune aristocrate qui déjoue tout ce qu'on attend d'une fille de son rang. Elle apprend le latin, les mathématiques, la physique, quand les femmes en sont tenues à l'écart.
Les académies et les cafés savants lui sont interdits parce qu'elle est une femme. On raconte qu'un jour, refusée à la porte d'un café où se réunissent les savants, elle y revient habillée en homme, et entre.
Elle devient la compagne d'un jeune écrivain déjà scandaleux, Voltaire. Pendant quinze ans, dans leur château de Cirey, ils travaillent côte à côte, montent un laboratoire, se disputent la science.
Elle cherche à comprendre ce qu'est l'énergie d'un corps en mouvement. Ses calculs annoncent une idée que la physique mettra un siècle à admettre.
Puis, à 42 ans, elle tombe enceinte d'un jeune poète. À cette époque, accoucher à cet âge tue souvent la mère. Elle le sait.
Alors elle se lance dans une course. Traduire en français le grand livre de Newton, celui qui explique la gravité et le mouvement des astres, resté illisible pour presque tous.
Elle accouche d'une fille au début du mois de septembre. Elle termine son manuscrit à temps. Six jours plus tard, la fièvre l'emporte.
Elle s'appelait Émilie du Châtelet, morte le 10 septembre 1749.
Sa traduction de Newton paraît dix ans après sa mort. Deux siècles et demi plus tard, c'est toujours celle qu'on lit en français.
Les salles de classe sont devenues des champs de bataille, en grande partie à cause de la submersion migratoire extra-européenne (tout le monde le sait), et sur fond de destruction de l'autorité éducative (et du "pas-de-vaguisme" de l'administration).
100 000 professeurs menacés tous les ans, dont 900 avec arme, soit 4 à 5 par jour (commission Paty au Sénat) !
On ne retrouvera aucune attractivité sans prendre en compte cela.
I resigned from Anthropic today. I spent the last three years doing pretraining research at both OpenAI and Anthropic. Neither company is acting responsibly. They are racing straight to self-improving superintelligence and gambling with our lives. More thoughts below.
This is a super cool website.
You can scroll around and look at any country's population pyramid, fertility rate, and mortality rate by year.
Check this out:
“How did you go bankrupt?
Two ways. Gradually, then suddenly.” — Hemingway
You can be in a danger zone for an undetermined amount of time, and then one day trust is gone and everything unravels. Bottom line, you’re accepting to be at the mercy of others.
🔴🇫🇷INFO - Le Canard enchaîné révèle que le gouvernement a enterré un rapport sur la hausse de la #mortalité infantile. En 2024, 2709 #enfants sont morts avant leur 1er anniversaire, soit un taux de 4,1 décès pour 1000 naissances. La France est désormais 23ème sur 27 dans l’UE.
Il faut saluer l’immense courage de @BoyGeorge
Pour avoir voulu sortir une chanson hommage aux victimes du festival Nova, il perd son label manager, un rôle au London Palladium et quelques « amis ».
Il n’est pas juif. Il n’a rien à y gagner, tout à y perdre. Tout sauf son honneur et son âme.
« La vérité l’emportera toujours », dit-il. On aimerait que ce soit contagieux. #WeWillDanceAgain
Après des décennies de sécheresse, le niveau de l'eau ne cesse de remonter au Sahel africain, rare zone du monde qui « bénéficie » du réchauffement climatique qui intensifie les moussons et les pluies torrentielles, remplissant les nappes phréatiques.
https://t.co/83Len8LHpq
Ce tweet est gravissime.
Au Vietnam, plus de 160 prisonniers politiques sont détenus pour avoir exercé pacifiquement leur liberté d’expression ou critiqué le pouvoir. Les articles 117 et 331 du Code pénal permettent de condamner jusqu’à vingt ans de prison pour « propagande contre l’État » et jusqu’à sept ans pour « abus des libertés démocratiques ».
Le régime emprisonne journalistes, blogueurs et simples citoyens pour leurs publications : 29 journalistes étaient encore derrière les barreaux en mars 2026, et le Vietnam figurait au 174ᵉ rang sur 180 pour la liberté de la presse.
Son décret 147 impose déjà l’identification des comptes, le retrait des contenus jugés illégaux et la transmission des données des utilisateurs aux autorités avec très peu de garanties.
La France, qui avait pour étendard la liberté, remercie donc publiquement l’un des régimes les plus répressifs du monde d’avoir rejoint son “mouvement”. Lorsque le Vietnam adopte votre modèle de contrôle de la parole, ce n’est pas une consécration : c’est une alerte.
Fil 🧵 EXCLUSIF [CANCERS CHEZ LES MOINS DE 50 ans en France 🇫🇷]
Je vous partage en avant-première notre dernier article, écrit avec le Pr Jacques Robert dans le numéro de cet été de @afis_science
🔗 https://t.co/Sve9lrbIWo
Un gros travail original, fondé sur les données françaises.
Jamais publié : une exclusivité AFIS qui est une revue de premier ordre selon moi brillamment coordonnée par @jp_krivine
Commençons par la conclusion :
Non, il n’y a pas d’« explosion » générale des cancers avant 50 ans en France.
(Infographie résumée crée par chatGPT5.6)
1/⤵️
"Nous sommes des milliers de personnes handicapées à alerter depuis des mois sur le fait que l'aide à mourir va nous impacter directement, et les députés du centre et de gauche refusent de nous entendre !"
Voici le cri de révolte de Charlotte de Vilmorin
#findevie#aideàmourir
Un entretien éclairant avec Michael McPhaden, l'un des plus grands spécialistes du phénomène El Niño - qu'il observe dans le Pacifique depuis près de 50 ans.
L’océanographe américain a bâti le réseau TAO (pour Tropical Atmosphere Ocean), ces quelque 70 bouées ancrées en haute mer qui surveillent en temps réel les vents, les courants, les températures de surface et la chaleur cachée sous le Pacifique équatorial.
Il y observe aujourd'hui des signaux proches de ceux qui avaient précédé les grands épisodes de 1997 et 2015... Les semaines et mois à venir seront cruciaux. 👇
https://t.co/PmFNX8hLQi
My weekend column is a long look at how the Nordic countries achieved economic success (Norway has higher per capita income than the US and also enjoys higher productivity), relative equality and some of the highest levels of happiness in the world. But I'm struck by how knee-jerk the reactions are: The American left is inclined to emulate Scandinavia and the right is inclined to savage it.
Partly, I think, that's because both tend to confuse the Nordic model with socialism, when it's basically about free markets coupled with wage compression and very heavy investments in human capital and in empowering women in the labor force: Excellent child care, family leave benefits, flexible work, education, etc.
But the model is under real strains from immigration and fiscal pressures, and it's rooted as much in norms as in laws. I don't think the US can adopt it wholesale, but I do think there are things we can learn from it -- especially the investments in young people. And when you see a model that generates such economic success and individual happiness, it's crazy to dismiss or fear it. Here's a gift link to my column: https://t.co/EwuZYSLeuO
Au canal Saint-Martin, c'est carnaval depuis que Hamza et ses copains ont décidé d'ambiancer le quartier. Personne ne semble se poser LA question, pourtant la seule à se poser : pourquoi (pourquoi ici, pourquoi maintenant, et dans quel but) ? La focalisation sur Hamza masque peut-être l'essentiel.
Dans mon dernier article, j'ai examiné les faits et leur chronologie.
Et comme c'est les soldes, camarade, exceptionnellement, il est en accès libre ! (Que de joie). https://t.co/cJXYfrZAF8